Le prix de l’Eglise dans sa plenitude

COMBIEN DE FOIS FAUT-IL PARDONNER?

Le samedi 24 decembre 2005,
l’Eglise grecque-orthodoxe de Jerusalem, Mere de toutes les Eglises de
Dieu (tel est son titre), aura un nouvel archeveque: Theodosios-Attallah
Hanna , nomme au siege de Sebaste  situe en Cisjordanie.  Il est
certain que l’ordination d’un eveque de langue et de culture arabes,
parlant une langue arabe tres riche et connaissant de maniere
remarquable les expressions arabes des traditions chretiennes et
musulmanes, serait susceptible d’enrichir le patrimoine spirituel des
chretiens vivant au proche-orient dans des conditions extremement
difficiles.

J’avais souligne dans ma note precedente que la decision du
nouveau Saint Synode de Jerusalem d’ordonner trois archeveques sur
trois semaines sans la reconnaissance de l’Etat hebreu, en l’absence
d’une reponse positive de la part du Beyt HaMishpat HaElyon [Cour
Supreme d’Israel] constituait un manquement grave et – je l’espere
essentiellement inconscient – au respect le plus elementaire que l’Etat
des Juifs est en droit d’attendre de toute Institution, en particulier
de l’Eglise dont la dite Cour Supreme avait, voici quelques annees,
reconnu la "venerable anciennete" et son droit d’ainesse parmi les
Eglises car elle est presente depuis deux mille ans sur la Terre
Sainte, egalement appelee en hebreu, Eretz Israel (Terre d’Israel).
Cette expression est celle employee a propos de la fuite de Jesus en
Egypte et son retour dans la terre de sa naissance (Matthieu 2, 21).
L’antiquite de l’Eglise grecque-orthodoxe de Jerusalem doit etre
respectee. C’est en son sein que s’est developpee, en particulier sous l’impulsion de
Saint Sabbas du desert, les formes liturgiques aujourd’hui repandues
dans le monde entier. L’Eglise Roum-orthodoxe de Jerusalem (reference a
l’Empire Romain dirige par l’empereur grec Constantin), se considere comme
depositaire de la primitive Eglise de Saint Jacques,premier eveque de Jerusalem, martyrise en 62.
Ainsi,  dans les turbulences tres graves qui agitent cette Eglise, il y
a aussi une question sous-jacente, constante parmi toutes les Eglises
du Christ: le droit d’ainesse et d’anciennete, les formes les plus
pures et antiques de la foi et de la succession apostolique; on y
trouve surtout, formulee comme par repli naturel sur soi, la substitution au peuple juif et ici, le
verset de saint Paul aux Galates 3, 10-14. De maniere assez fascinante,
le dialogue, peut-etre "impossible" ou pour l’instant "monologue" entre
le christianisme et judaisme, prend tout son sens dans l’affrontement
entre la jeune nation israelienne ET juive et l’Eglise orthodoxe de
Jerusalem, ancienne et qui est confrontee au defi de son ouverture a la modernite contemporaine. L’esprit prophetique se heurte le plus souvent au desir de rigidifier ce qui est en mouvement. Ce dialogue
prolonge l’affrontement spirituel autrefois mene par les Juifs envers
une nation hellene paienne (Livre des Maccabees). La fete de Hanukkah
(Dedicace du Temple apres la victoire des Juifs sur les Grecs) porte la
trace theologique de ce conflit de service et d’ainesse. Cette fete
commence en cette annee juive 5766 le 25 kislev, c’est-a-dire le
dimanche 25 decembre au soir, un jour apres l’ordination episcopale du
P. Theodosios-Attallah.

Ainsi que je l’ai deja mentionne dans ma note anterieure, le probleme n’est pas politique. Il serait tres facile de le reduire a un evenement de pression de telle ou telle faction. Il est aussi clair que les Arabes chretiens ont un droit naturel dans l’Eglise a disposer d’un clerge non-importe de l’exterieur, mais nourri sur place de la tradition pluriseculaire de l’arabite chretienne. Tel n’est pas mon propos ici. n

Le sens de la voie legale est une evidence au sein de la societe israelienne. L’Etat d’Israel prend en charge, depuis 1967, la maniere dont les Eglises chretienne de Terre Sainte peuvent se developper dans ce contexte totalement inattendu: aucune Eglise ne pouvait penser un jour "dependre ne fut-ce que juridiquement" d’un Etat des Juifs et de ses institutions legales. Nous touchons ici a une situation sans precedent. Il est facile de verser dans le jugement politique car il brouille d’emblee toute comprehension des evenements en cause. Mais, si l’Etat d’Israel ne reconnait pas le nouveau patriarche de Jerusalem, Theophilos III – au demeurant un homme de grande profondeur spirituelle, sommes-nous, en tant que Eglise orthodoxe de Jerusalem, en droit de paser outre toute decision gouvernementale et legale (tel l’absence de reponse de la part de la Cour Supreme)?n

Je le dis car nous sommes solidaires les uns des autres dans l’Eglise. Nous sommes, comme le dit aussi Paul de Tarse, "les membres les uns des autres". Or nul ne se choisit dans l’Eglise. Cette phrase a pu etre galvaudee, precisement dans l’Eglise, pour justifier, en forme de paradoxe, un elitisme segregationniste. Mais il y a plus: l’Eglise de Jerusalem est le lieu unique au monde ou elle est nee, issue de cette Terre et du Messie Jesus ne sujet de la Loi juive (Galates 4, 4). Or, l’Eglise, dans sa plenitude est le rasssemblement des Juifs et des Gentils. Trop souvent, il semblerait plus facile de faire fi ou d’ignorer que le discours de saint Jacques de Jerusalem (Actes des Apotres ch. 15) ne supprime pas la Loi juive, mais que le Synode de Jerusalem adresse le "modus operandi" n”,1]
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Ainsi
que je l’ai deja mentionne dans ma note anterieure, le probleme n’est
pas politique. Il serait tres facile de le reduire a un evenement de
pression de telle ou telle faction. Il est aussi clair que les Arabes
chretiens ont un droit naturel dans l’Eglise a disposer d’un clerge
non-importe de l’exterieur, mais nourri sur place de la tradition
pluriseculaire  de l’arabite chretienne tout en etant enracine dans la tradition des Peres grecs. Tel n’est pas mon propos ici.

Le sens de la voie legale s’impose comme une evidence au sein de la
societe israelienne. L’Etat d’Israel prend en charge, depuis 1967, la
maniere dont les Eglises chretienne de Terre Sainte  peuvent se
developper dans ce contexte totalement inattendu: aucune Eglise ne
pouvait penser un jour "dependre ne fut-ce que juridiquement" d’un Etat
des Juifs et de ses institutions legales. Nous touchons ici a une
situation sans precedent. Il est facile de verser dans le jugement
politique car il brouille d’emblee toute comprehension des evenements
en cause. Mais, si l’Etat d’Israel ne reconnait pas le nouveau
patriarche de Jerusalem, Theophilos III – au demeurant un homme de
grande profondeur spirituelle, sommes-nous, en tant qu’ Eglise
orthodoxe de Jerusalem, en droit de passer outre toute decision
gouvernementale et legale (telle l’absence de reponse de la part de la
Cour Supreme)?

Je le dis car nous sommes solidaires les uns des autres dans
l’Eglise. Nous sommes, comme le dit aussi Paul de Tarse, "les membres
les uns des autres". Or personne ne se choisit dans l’Eglise. Cette phrase a
pu etre galvaudee, precisement pour justifier, en forme
de paradoxe, un elitisme segregationniste. Mais il y a plus: l’Eglise
de Jerusalem est le lieu unique au monde ou elle est nee, issue de
cette Terre et du Messie Jesus ne sujet de la Loi juive (Galates 4, 4).
Or, l’Eglise, dans sa plenitude est le rasssemblement des Juifs et des
Gentils. Trop souvent, il semblerait plus facile de faire fi ou
d’ignorer que le discours de saint Jacques de Jerusalem (Actes des
Apotres ch. 15) ne supprime pas la Loi juive, mais que le Synode de
Jerusalem adresse le "modus operandi" aux Gentils et non aux Juifs! Si le chretien prend la peine de lire l’epitre aux Ephesiens 2, 11-16: "Rappelez-vous donc qu’autrefois, vous les paiens – qui etiez tels dans la chair, vous qui etiez appeles "prepuce" par ceux qui s’appellent "circoncision", … d’une operation pratiquee dans la chair! – rappelez-vous qu’en ce temps-la vous etiez sans Christ, exclus de la Cite d’Israel, etrangers aux Alliances de la Promesse, n’ayant ni esperance ni Dieu en ce monde! Or voici qu’a present, dans le Christ Jesus, vous qui etiez jadis loin, vous etes devenus proches, grace au sang du Christ.n

Car c’est Lui qui est notre paix, lui qui des deux "realites" (Israel et les Gentils, Nations du monde) n’a fait qu’une, detruisant la barriere qui les separait, supprimant en Sa chair la haine, cette Loi des preceptes et des ordonnances (les Mitzvot ou Commandements), pour creer en Sa Personne les deux (Israel et les Nations paiennes) un seul Homme Nouveau, faire la paix, et les reconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la Croix: en Sa Personne Il a tue la Haine".n

A cette heure, citer ce passage de la tradition vivante de l’Eglise, revient, a Jerusalem, a allumer voire exacerber la Haine plutot que de discerner le fait, qu’en depit et bien au-dela de nous-memes l’Eglise dans sa plenitude est a cette dimension de profondeur.n
Il est bien plus facile de reduire a des sectes hostiles et suspicieuses un message si intense et impregnee de densite, de desir d’unite. En ceci Dieu montre la veritable dimension de Sa confiance envers des etres humains et leur confiant le soin des Choses Saintes (culte, expression de la vie de foi, etc.).n

Or nous oublions precisement que les Juifs sont les "indigenes" de l’Eglise. Il appartient aujourd’hui aux Eglises, non de convertir des personnes aux identites peu structurees, mais de temoigner du respect pour un Etat des Juifs constitues de survivants et dont il serait absurde de nier la foi recue de Dieu par le judaisme qui en donne son interpretation pour notre temps. Il faut alors tenir compte de la distance historique et de comparer les points possibles de convergence et de dialogue.n”,1]
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le chretien prend la peine de lire l’epitre aux Ephesiens 2, 11-16:
"Rappelez-vous donc qu’autrefois, vous les paiens – qui etiez tels dans
la chair, vous qui etiez appeles "prepuce" par ceux qui s’appellent
"circoncision", … d’une operation pratiquee dans la chair! –
rappelez-vous qu’en ce temps-la vous etiez sans Christ, exclus de la
Cite d’Israel, etrangers aux Alliances de la Promesse, n’ayant ni
esperance ni Dieu en ce monde! Or voici qu’a present, dans le Christ
Jesus, vous qui etiez jadis loin, vous etes devenus proches, grace au
sang du Christ.

Car c’est Lui qui est notre paix, lui qui des deux "realites"
(Israel et les Gentils, Nations du monde) n’a fait qu’une, detruisant
la barriere qui les separait, supprimant en Sa chair la haine, cette
Loi des preceptes et des ordonnances (les Mitzvot ou Commandements),
pour creer en Sa Personne les deux (Israel et les Nations paiennes) un
seul Homme Nouveau, faire la paix, et les reconcilier avec Dieu, tous
deux en un seul Corps, par la Croix: en Sa Personne Il a tue la Haine".

A cette heure, citer ce passage de la tradition vivante de
l’Eglise, revient, a Jerusalem, a allumer voire exacerber la haine
plutot que de discerner le fait, qu’en depit et bien au-dela de nous-memes l’Eglise dans sa plenitude est a cette dimension de profondeur.

Il est bien plus facile de reduire a des sectes hostiles et
suspicieuses un message si intense et impregnee de densite, de desir
d’unite. En ceci Dieu montre la veritable dimension de Sa confiance
envers des etres humains et leur confiant le soin des Choses Saintes
(culte, expression de la vie de foi, etc.).

Or nous oublions precisement que les Juifs sont les
"indigenes" de l’Eglise. Il appartient aujourd’hui aux Eglises, non de
convertir des personnes aux identites peu structurees, mais de
temoigner du respect pour un Etat des Juifs constitues de survivants et
dont il serait absurde de nier la foi recue de Dieu par le judaisme qui
en donne son interpretation pour notre temps. Il faut alors tenir
compte de la distance historique et de comparer les points possibles de
convergence et de dialogue.

Mais, de la a ordonner eveque une personne comme le P. Theodosios-Attallah Hanna, en depit e toute consideration pour les Lois en vigueur dans l’Etat d’Israel, il faut situer un tel evenement comme "un enflement outre-mesure" de l’inconscience. Il faut un clerge arabe. Il n’est pas question de discuter les liens etroits entre le P. Attallah et Yasser Arafat. Ni le fait qu’il est remunere par l’Autorite Palestinienne (et pourquoi ne le serait-il pas mais par le biais d’une association chretienne de charite?). Ni de supposer ses liens avec le Hamas, le Hezbollah et les sheikhs. n

Le probleme est que l’Eglise de Jerusalem s’apprete a l’ordonner un samedi matin dans l’Eglise du Saint Sepulcre ou Anastasis (lieu de la Resurrection – du Christ), alors qu’il a ouvertement soutenu des terroristes suicidaires, donc les attentats contre la societe israelienne (il oublie qu’il en fait partie). Il a ouvertement soutenu etre d’abord Arabe puis Chretien. Parlons d’un lapsus de jeunesse… mais, l’Eglise porte alors la responsabilite d’"enfoncer le fosse" qui la separe de societe israelienne et juive dont elle ne connait pratiquement des fonctionnements internes, traditionnels et novateurs. n

Il y a quatre ans, j’avais suggere au P. Attallah de renoncer a sa citoyennete israelienne et les avantages qu’elle lui procure. Je suis juif de naissance et n’ai jamais accepte quoi que ce soit de la societe israelienne et juive considerant que, de fait, je l’ai quittee selon les criteres definis par un Etat de droit, heritier d’une experience particuliere dans ses relations avec le monde chretien. Mais, la decision de son ordination porte a l’exces un manque de respect patent envers la legalite et l’identite juive et israelienne.n

En ecrivant cette note, je desire a la veille de cet evenement – c’en est un au sens fort – rester un homme d’Eglise dans la plenitude de ce qui a ete accompli en la Resurrection de Jesus Christ. Il est clair que l’identite du croyant l’amene a pardonner et surtout tenter de comprendre de la maniere la plus intime jusqu’aux actes les plus irrationnels d’une humanite qui peut parfois s’egarer. Il est un devoir d’affirmer une telle position et de demander de maniere paisible qu’un Etat de droit – comme tout Etat ou Institution – doit etre respecte. Mais, en retour, il est aussi important de mesurer a quel point Dieu unit, en depit d’eux-memes, des etres que rien ne semble reunir selon des criteres humains, voire meme spirituels. n”,1]
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Mais, si l’Eglise decide d’ordonner eveque une personne comme le P. Theodosios-Attallah
Hanna, en depit de toute consideration pour les Lois en vigueur dans
l’Etat d’Israel, il faut situer un tel evenement comme "un enflement
outre-mesure" depassant toute "raison raisonnable". Il faut un clerge arabe. Il n’est pas
question de discuter les liens etroits entre le P. Attallah et Yasser
Arafat. Ni le fait qu’il est remunere par l’Autorite Palestinienne (et
pourquoi ne le serait-il pas mais par le biais d’une association
chretienne de charite?). Ni de supposer ses liens avec le Hamas, le
Hezbollah et les sheikhs palestiniens.

Le probleme est que l’Eglise de Jerusalem s’apprete a
l’ordonner un samedi matin dans l’Eglise du Saint Sepulcre ou Anastasis
(lieu de la Resurrection – du Christ), alors qu’il a ouvertement
soutenu des terroristes suicidaires, donc les attentats contre la
societe israelienne (oublierait-il qu’il en fait partie). Il a ouvertement
soutenu etre d’abord Arabe puis Chretien. Parlons d’un lapsus de
jeunesse… mais, l’Eglise porte alors la responsabilite de "creuser le
fosse" qui la separe de la societe israelienne et juive dont elle
connait tres mal  les fonctionnements  internes, traditionnels et
novateurs.

La decision de son ordination porte a l’exces un manque de
respect patent envers la legalite et cette identite juive et israelienne.

En ecrivant cette note, je desire a la veille de cet evenement
– c’en est un au sens fort – rester un homme d’Eglise dans la plenitude
de ce qui a ete accompli en la Resurrection de Jesus Christ. Il est
clair que l’identite du croyant l’amene a pardonner et surtout tenter
de comprendre de la maniere la plus intime jusqu’aux actes les plus
irrationnels d’une humanite qui peut parfois s’egarer. Il est un devoir
d’affirmer une telle position et de demander de maniere paisible qu’un
Etat de droit – comme tout Etat ou Institution – doit etre respecte.
Mais, en retour, il est aussi important de mesurer a quel point Dieu
unit, en depit d’eux-memes, des etres que rien ne semble reunir selon
des criteres humains. Ceci est decuple en tout ce qui concerne la vie spirituelle.
Nous restons toujours confrontes aux paroles de Job: "Dieu, je ne te connaissais que par oui-dire, mais manitenant mes yeux t’ont vu. Aussi, je me retracte et m’afflige sur la poussiere et sur la cendre". (Job 42, 1-6).n
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D([“mb”,”


האב הזקן אלכסנדר וינוגרדסקי-פרנקל
прот. Александр Виноградский-Френкель
prot. Alexander Winogradsky-Frenkel
Greek (Rum) Orthodox Patriarchate
Jerusalem – ירושלים – Иерусалим – ILn
(00972) 528 50 67 17
n”,0]
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Nous
restons toujours confrontes aux paroles de Job: "Dieu, je ne te
connaissais que par oui-dire, mais manitenant mes yeux t’ont vu. Aussi,
je me retracte et m’afflige sur la poussiere et sur la cendre". (Job
42, 1-6).

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