l’Esprit de prophetie

Un groupe de pelerins americains, majoritairement orthodoxes (avec quelques catholiques et “autres”) a fait un sejour de plus d’une quinzaine de jours en Terre Sainte. Il etaient menes par un pretre americain jeune, ne en Union Sovietique, d’origine juive. Il a parfaitement analyse le mecanisme antijudaique tel qu’il fonctionne malheureusement pour l’instant dans la societe russe neo-orthodoxe. En revanche, les pelerins avaient eu des parcours devenus frequents en Amerique du Nord: anglicans ou episcopaliens qui sont entres “massivement” dans certaines obediences chretiennes orthodoxes des Etats-Unis. D’un univers a l’autre, donc: ils ont ete petris de Bible des leur enfance et n’ont jamais vraiment manifeste une forme queconque d’antisemitisme. Au contraire, ils expriment une sympathie pour la connaissance biblique qui cree une connivence naturelle avec le monde juif qui marque aussi profondement le paysage culturel “laic” americain. A la fin, l’un des pelerins posa la question de l’actualite (ou non) de la “prophetie”. Or nous etions au soir du commencement de la fete de Shavuot – שבועות (des Semaines), c’est-a-dire le 49eme jours plus un qui clot dont la fete de Pessah – פסח (Paque juive). La fete juive s’enracine dans le Livre des Levites 23, 15-16: “A partir du shabbat du jour ou vous aurez apporte la gerbe de presentation (d’orge), vous compterez sept semaines completes. Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du septieme shabbat et vous offrirez alors une oblation nouvelle.” “Hag Shavuot – חג שבועות – Fete des Semaines” se trouve en Deuteronome 16, 10 et en Exode 34, 22: “Tu celebreras la fete des Semaines, premices de la moisson des bles, et la fete de la recolte au retour de l’annee.” C’est la fin de la fete de la Sortie d’Egypte et elle marque la fin de la recolte de l’orge et le debut de la moisson du ble. “Jour des premiers fruits – Yom HaBikkurim – יום הבכורים” (Nombres 26, 26) ou “Fete de la Moisson – חג הקציר – Hag HaQatzir” (de Printemps; Exode 23, 16). La tradition rabbinique l’appelle “Atzeret – עצרת” mot difficile a traduire qui designe une “assemblee solennelle” (Talmud Hagiga 2, 4). Il s’agit des premices d’une moisson finale qui n’a lieu que lors de la fete de Sukkot – ou des Tentes (Levitique 23, 36). Ceci explique que, pour la tradition rabbinique, la fete de Cinquantieme ou Shavuot ou Pentecote (Pentekoste) est un jour complementaire de la Paque, tout comme “Shemini Atzeret – שמיני עצרת” est huitieme jour additionnel qui clot la fete de Tabernacles. n nDans les deux cas, il y a un “rassemblement de tous les croyants” ennvue du Don de la Loi vivante pour Shavuot, du devoilement ultime denl’histoire pour Sukkot. A partir du 16 nisan (14 nisan u003d Pessah), le pretre offrait cettenmesure d’omer (epha du003d mesure d’orge) dans le Temple. Depuis landestruction du Temple, la “sefirat Omer” a chaque jour remplace l’actend’offrande. Le judaisme est tres concret: en sortant d’Egypte, Dieu anenfante le peuple juif, comme un nouveau-ne qui ne peut mangernd’aliment solide, symbolise par l’orge. Au 50eme jour, alors quencommence, en Terre d’Israel, la moisson du ble, le nourrisson peutnavaler un aliment a base de ble. Les moeurs ont change, mais l’idee estnbelle et realiste. Le jour de Shavuot, on offrait “lehem tenufanshtayim” (deux pains de presentation u003d Levitique 23, 17) confectionnenavec la fleur de forment. La tradition rabbinique interprete ainsi lenverset: “Le troisieme mois apres leur sortie d’u pays d’Egypte, lesnfils d’Israel atteignirent le desert du Sinai.”Pour y recevoirnl’element solide et definitif. Le Traite du Talmud Shabbat 86b nommen”Shavuot” “zeman matan toratenu – le temps du Don de Notre Loi”,nconfirme comme tel au 3eme siecle de notre ere. Jour de joie etn”pragmatique”, pedagogique. Les meres cuisent des petits gateaux d mielnen forme des lettres de l’alphabet hebraique: cela stimule l’entrain anapprendre et c’est conforme a Ezekiel 3, 3: “Le Rouleau de la Loinetait, dans ma bouche, doux comme du miel” (cf. Apocalypse 10, 9). Onnlit aussi le Livre de Ruth, une non-Juive, qui adoptant la foi estnentree dans la communaute juive et est l’ancetre du Roi David. dont lantradition situe la mort au jour de Shavuot. Ce jeudi 1er juin, les Eglises orthodoxes ont fete l’Ascension dunSeigneur. En hebreu, cette fete s’appelle “aliyah – montee”. Cela donnenlieu, a Jerusalem a une celebration particuliere sur le mont desnOliviers, face a mont du Temple, dans un lieu qui est aujourd’huinmusulman. Une rotonde abrite un lieu d’ou le Christ, selon la traditionnest monte vers le Pere des cieux. Orthodoxes, armeniens,nsyriens-orthodoxes, coptes se retrouvent sous des tentes separeses, ennrond pour celebrer cet evenement dans les traditions les plus anciennesnde la chretiente. “,1] Dans les deux cas, il y a un “rassemblement de tous les croyants” en vue du Don de la Loi vivante pour Shavuot, du devoilement ultime de l’histoire pour Sukkot. A partir du 16 nisan (14 nisan = Pessah), le pretre offrait cette mesure d’omer (epha de mesure d’orge) dans le Temple. Depuis la destruction du Temple, la “sefirat Omer – ספירת עמר” a chaque jour remplace l’acte d’offrande. Le judaisme est tres concret: en sortant d’Egypte, Dieu a enfante le peuple juif, comme un nouveau-ne qui ne peut manger d’aliment solide, symbolise par l’orge. Au 50eme jour, alors que commence, en Terre d’Israel, la moisson du ble, le nourrisson peut avaler un aliment a base de ble. Les moeurs ont change, mais l’idee est belle et realiste. Le jour de Shavuot, on offrait “lehem tenufa shtayim – לחם תנופה שתים” (deux pains de presentation = Levitique 23, 17) confectionne avec la fleur de forment. La tradition rabbinique interprete ainsi le verset: “Le troisieme mois apres leur sortie d’u pays d’Egypte, les fils d’Israel atteignirent le desert du Sinai.”Pour y recevoir l’element solide et definitif. Le Traite du Talmud Shabbat 86b nomme “Shavuot- שבועות” “zeman matan toratenu – זמן מתן תורתנו – le temps du Don de Notre Loi”, confirme comme tel au 3eme siecle de notre ere. Jour de joie et “pragmatique”, pedagogique. Les meres cuisent des petits gateaux d miel en forme des lettres de l’alphabet hebraique: cela stimule l’entrain a apprendre et c’est conforme a Ezekiel 3, 3: “Le Rouleau de la Loi etait, dans ma bouche, doux comme du miel” (cf. Apocalypse 10, 9). On lit aussi le Livre de Ruth, une non-Juive, qui adoptant la foi est entree dans la communaute juive et est l’ancetre du Roi David. dont la tradition situe la mort au jour de Shavuot. Ce jeudi 1er juin, les Eglises orthodoxes ont fete l’Ascension du Seigneur. En hebreu, cette fete s’appelle “aliyah – עליה – montee”. Cela donne lieu, a Jerusalem a une celebration particuliere sur le mont des Oliviers, face a mont du Temple, dans un lieu qui est aujourd’hui musulman. Une rotonde abrite un lieu d’ou le Christ, selon la tradition est monte vers le Pere des cieux. Orthodoxes, armeniens, syriens-orthodoxes, coptes se retrouvent sous des tentes separeses, en rond pour celebrer cet evenement dans les traditions les plus anciennes de la chretiente. n nDimanche 10 juin, cesera la fete orientale de la Pentecote. Il ets ditndans les Actes des Apotres (2, 3): “soudain, il vint du ciel un bruitnpareil a celui d’un violent coup de vent: toute la maison ou ils sentenaient en fut remplie… alors leur apparurent comme des langues denfeu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux. Ils furentntous remplis de l’Esprit Saint et se mirent a parler d’autres languesnselon le don de l’Esprit.” n nOn peut parler , dans la tradition rabbinique, d’une “bat qol” oun”fille de la Voix (celeste, divine)” Elle se fait entedre a p[lusieursnreprise dans la Bible et dans le Talmud (shekhina, shekhinta – Demeure.nElle permit a Salomon de juger les deux meres qui revendiquaient lenmeme enfant. C’est aussi une “bat qol” qui avertit Daviv sur lesnintention de Rehoboam et Jeroboam de diviser son royaume. Elle confirmenl’innocence de Tamat (genese 38). Mais cette force est plus unninstrument de discernement. L’Esprit ou “Ruakh HaQodesh” joue un rolenpermanent et persistant. Le mot Ruakh a divers sens qui s’expriment enncette fete de Pentecote. Il designe le vent, le souffle, l’espritnprophetique, la respiration, l’ame, mais aussi l’air, la conscience, lencourage. Selon le paradoxe de la langue hebraique, le mot s’appliquenaussi a des demons, des esprits mauvais comme cela se trouve doncnnaturellement dans l’Evangile. n nLa racine est “Ravakh” : “etre large, spacieux, libre, se repandre”.nDans la Bible, la Ruakh (Elohim – de Dieu) planait comme un aigle surnles eaux au moment de la creaiton (genese 1, 2). C’est l’Esprit quininspire l’etre humain et lui donne de comprendre les evenements futurs,nles intentions de Dieu. Le Talmud Sota 9, 15: affirme: “La prudencenconduiit a la proprete, proprete a la purete, la purete a l’abstinence,nl’abstinence a la saintete, la saintete conduit a l’humilite,nl’humilite a la crainte du peche, la crainte du peche a une saintetenparfaite qui permet de recevoir la Ruakh HaQodesh, l’Esprit denSaintete”. “,1] Dimanche 10 juin, cessera la fete orientale de la Pentecote. Il ets dit dans les Actes des Apotres (2, 3): “soudain, il vint du ciel un bruit pareil a celui d’un violent coup de vent: toute la maison ou ils se tenaient en fut remplie… alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis de l’Esprit Saint et se mirent a parler d’autres langues selon le don de l’Esprit.” On peut parler , dans la tradition rabbinique, d’une “bat qol – בת קול” ou “fille de la Voix (celeste, divine)” Elle se fait entendre a plusieurs reprise dans la Bible et dans le Talmud (Shekhina – שכינה, Shekhinta – שכינתא – Demeure. Elle permit a Salomon de juger les deux meres qui revendiquaient le meme enfant. C’est aussi une “bat qol” qui avertit David sur les intentions de Rehoboam et Jeroboamqui projettent de diviser son royaume. Elle confirme l’innocence de Tamar (Genese 38). Mais cette force est plus un instrument de discernement. L’Esprit ou “Ruakh HaQodesh” joue un role permanent et persistant. Le mot “Ruakh – רוח” a divers sens qui s’expriment en cette fete de Pentecote. Il designe le vent, le souffle, l’esprit prophetique, la respiration, l’ame, mais aussi l’air, la conscience, le courage. Selon le paradoxe de la langue hebraique, le mot s’applique aussi a des demons, des esprits mauvais comme cela se trouve donc naturellement dans l’Evangile. La racine est “Revakh” – רווח: “etre large, spacieux, libre, se repandre”. Dans la Bible, la Ruakh (Elohim – de Dieu – רוח אלהים) planait comme un aigle sur les eaux au moment de la creation (Genese 1, 2). C’est l’Esprit qui inspire l’etre humain et lui donne de comprendre les evenements futurs, les intentions de Dieu. Le Talmud Sota 9, 15: affirme: “La prudence conduiit a la proprete, proprete a la purete, la purete a l’abstinence, l’abstinence a la saintete, la saintete conduit a l’humilite, l’humilite a la crainte du peche, la crainte du peche a une saintete parfaite qui permet de recevoir la Ruakh HaQodesh – רוח הקודש, l’Esprit de Saintete”. nIl s’agit d’un mouvement “spontane”, naturel quand il s’agit de lanmontee spirituelle et humaine d’un etre vers Dieu. “Aliyah” s’appliquendans le judaisme a la montee en Terre d’Israel (Jesus monte avec sesnparent d’Egypte vers Nazareth) – la montee vers le pupitren(ambon) pour faire les lectures. “Veya’al” (qu’il monte) est le derniernmot de la Bible hebraique (2 Chroniques 36, 23) et indique le mouvementnhumain et spirituel de tout juif autorise a retourner a Jerusalem parnl’edit du roi Cyrus. L’Ascension du Christ au cieux marque sa profondenliberte : alors que Marie-Madeleine aurait voulu le retenir, Il lui ditnl’importance de Sa montee vers Son Pere et “leurs” Pere afin qu’ilsnrecoivent une force. L’Esprit Saint cree, agrege, forme, reforme la Communaute desncroyants. L’Eglise orthodoxe vit d’une maniere tres intense les Dons denl’Esprit Saint et de la Sainte Trinite. Le russe est la seulenlangue a designer la Pentecote ou “Don du Saint Esprit” par lenmot “пресвятая Троица”. L’Eglise orientale byzantine vit dans le tempsnde l’apres-Pentecote. nAinsi, la question de ce groupe americain est tres reelle. Il y a unndefi profond a relever sur cette Terre de Saintete. Celui de lanprophetie, de l’elan vers une si grande liberte et creativiteninterieures que, de fait, les choses nouvelles et inattenduesnapparaissent et generent la nouveaute. Andre Neher avait developpencette idee a propos de l’Esprit de Prophetie dans le judaismencontemporain. L’Eglise se trouve en marche vers un tres vastenmouvement. n nEt l’un des elements les plus feconds de cette liberation est celui denpouvoir pardonner. Cela donne toute sa mesure a respirer l’air denJerusalem, par exemple, et de depasser les haines, divisions ounarrogances les plus tenaces ou vulgaires. Il s’agit d’un mouvement “spontane”, naturel quand il s’agit de la montee spirituelle et humaine d’un etre vers Dieu. “Aliyah – עליה” s’applique dans le judaisme a la montee en Terre d’Israel (Jesus monte avec ses parent d’Egypte vers Nazareth) – la montee vers le pupitre (ambon) pour faire les lectures. “Veya’al – ויעל” (qu’il monte) est le dernier mot de la Bible hebraique (2 Chroniques 36, 23) et indique le mouvement humain et spirituel de tout juif autorise a retourner a Jerusalem par l’edit du roi Cyrus. L’Ascension du Christ au cieux marque sa profonde liberte : alors que Marie-Madeleine aurait voulu le retenir, Il lui dit l’importance de Sa montee vers Son Pere et “leurs” Pere afin qu’ils recoivent une force. L’Esprit Saint cree, agrege, forme, reforme la Communaute des croyants. L’Eglise orthodoxe vit d’une maniere tres intense les Dons de l’Esprit Saint et de la Sainte Trinite. Le russe est la seule langue a designer la Pentecote ou “Don du Saint Esprit” par le mot “пресвятая Троица” (Tres-Sainte Trinite). L’Eglise orientale byzantine vit dans le temps de l’apres-Pentecote. Ainsi, la question de ce groupe americain est tres reelle. Il y a un defi profond a relever sur cette Terre de Saintete. Celui de la Prophetie, de l’elan vers une si grande liberte et creativite interieures que, de fait, les choses nouvelles et inattendues apparaissent et generent la nouveaute. Andre Neher avait developpe cette idee a propos de l’Esprit de Prophetie dans le judaisme contemporain francais. En Israel, la question est primordiale: Gerschom Scholem, Abraham Heschel, la plupart des Rabbins, en particulier le Rav Kook, premier Grand Rabbin d’Israel ou encore Yeshayahu Leibowitz et ses questionnements aceres. L’Eglise, quant a elle, se trouve en marche vers un tres vaste mouvement qui ne fait peut-etre que commencer sur cette Terre de l’unite recherchee et comme “perdue d’avance”. L’Esprit peut tout et nous place dans les situations les plus inattendues. — האב הזקן אלכסנדר וינוגרדסקי-פרנקל прот. Александр Виноградский-Френкель prot. Alexander Winogradsky-Frenkel Greek (Rum) Orthodox Patriarchate Jerusalem – ירושלים – Иерусалим – ILn (00972) 528 50 67 17 “abbaleksandr@gmail.com”

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