Substitution

“Et vous, qui dites-vous que je suis?”

Il fait chaud sur Jerusalem ce 11-12 cheshvan – alors que la nation se souvient de l’assassinat du President Yitzchak Rabin selon le calendrier hebraique.Un jour apparemment paisible et sans heurts, si l’on fait abstraction de la greve persistante dans les ecoles et universites. J’etais hier a Yad VaShem, le memorial de la Shoah avec des americains ukrainiens et orthodoxes chretiens. Une visite faite de silence et de recueillement implicites.

Quelles que soient les enjeux reels de la societe israelienne? Il ne serait pas vain de penser qu’ils se produisent actuellement dans la bataille qui fait rage entre les deux freres Teitelbaum, Aaron et Zalmen, pour prendre la sucession du “grand rebbe” de Satmar, le mouvement ultra-orthodoxe anti-sioniste base a Kiryas-Yoel a NYC, pres de Brooklyn et Williamsburg. En 1929, en Hongrie, le Rav Yoel Teitelbaum est elu a la tete de la communaute de Satmar, ville culturellement frontaliere entre le monde austro-hongrois et la Roumanie (Satu Mare). Il trouva refuge pendant toute la guerre en Suisse et s’installa en Israel en 1946. C’etait un homme essentiellement sensibilise par la Kabbale et le sens de la priere.

Les rescapes de la communaute de Satmar qui avaient trouve refuge aux Etats-Unis, en particulier dans les environs de New-York, comme le Rebbe de Lubavitch, et les autres grands mouvements hassidiques, vinrent s’entretenir avec le rav Yoel Teitelbaum qui n’etait pas fondementalement oppose a rester en Eretz Israel, meme dans le cas de la proclamation de l’independance de l’Etat hebreu. Mais, la fievre avait saisi les rescapes de la Shoah ou du Khurban (destruction du Temple, similitude avec l’extermination).

Le debat tourna rapidement en une dispute celebre sur le fameux passage du Shir HaShirim – שיר השירים – Cantique des Cantiques 2, 7: “Hishbati etkhem bnot Yerushalayim – je vous en conjure, filles de Jerusalem” (השבעתי אתכם בנות ירושלים) qui implique un serment demande avec insistance et qui est considere comme une supplique divine a l’egard de la communaute d’Israel “de ne pas eveiller, de ne pas reveiller l’amour avant qu’Il n’y prenne Son bon plaisir”, situant ainsi le texte en une reference d’un dialogue d’Amour plenier entre Dieu et la Communaute juive.

La Communaute de Satmar considerait et continue de penser que les conditions n’etaient pas reunies pour la proclamation du “Rassemblement des exiles” selon les propheties et le messianisme juifs. Au coeur de ce debat se trouvait le texte egalement celebre du traite talmudique Ketubot 111a qui recuse la montee a Jerusalem “bakhomah – בחומה – en brisant par force les murailles”. On pourrait dire en utilsant la force ou bien aussi par une fievre belliqueuse qui detruirait les murs de Jerusalem de maniere invisible et illegale.

Par ailleurs, la communaute s’inquietait de ce que les Juifs ne sauraient prendre par force ce qui pourraient etre considere comme une revolte contre les Nations paiennes. Ces Nations ne pouvaient, en outre, exercer un pouvoir excessif sur la communaute juive durant le temps de la dispersion. Le texte de Shir HaShirim induit de fait que le peuple juif doit se faire “tendre comme la chair des gazelles et des biches des champs” jusqu’au temps connu de Dieu seul ou le Klal Israel sera en mesure de revenir en Eretz Israel.

Alors que le Rebbe de Lubavitch faisait le choix clair de soutenir le mouvement sioniste et la creation de l’Etat d’Israel, le Grand Rebbe de Satmar rejoignit les Etats-Unis, y developpant son ecole de ‘Yetiv Lev – יטיב לב” a Williamsburg et a Brooklyn. En 1948, alors que l’on faisait remarquer au grand rebbe Yoel Teitelbaum, que, durant la deuxieme guerre mondiale, plus de six millions de Juifs avaient ete extermines par les “Nations paiennes” et qu’ils etaient es lors grand temps de reconnaitre l’Etat d’Israel comme refuge pour les Juifs, le maitre repondit: “Bin ikh a zionist? – בין איך א ציוניסט – Suis-je donc un sioniste?”. Le debat pose par le texte talmudique sur le texte fondamental du Cantique l’amenait a constater – pour sa part – que que le Messie n’avait pas, en personne retabli cet Etat. En revanche, les Juifs revinrent en Israel avec l’accord des Nations selon la Declaration Balfour et le vote de l’Onu a San Francisco en 1947. Il lui fut aussi retorque que la violence incessante des Nations envers le judaisme rendait pratiquement caduque tout engagement de la part des Juifs et d’eventuels serments a ne pas avoir recours a la violence.

La question est interessante en reference aux Livres des Maccabees qui sont deutero-canoniques, non inclus dans le corpus biblique hebraique – mais reconnus comme canoniques par les traditions orthodoxes et catholiques.

La communaute de Satmar est donc actuellement traversee par une crise majeure qui semble laisser indifferent le monde de la gentilite. C’est peut-etre une erreur a plusieurs titres.Tout d’abord, le monde religieux juif croit en influence et le monde haredique (ultra-orthodoxe) a une coherence difficilement saisissable pour le monde non-juif. Est-ce un hasard? Kiryat Yoel qui fut pendant des annees un quartier nouveau peripherique de Jerusalem plutot ouvert a toutes les couches de la societe israelienne et surtout a-confessionnelle est en passe de se transformer en un quartier haredi – donc ultra-religieux de maniere significative. Les fractures de la societe religieuse juive ne sont nullement comparables a la segmentation qui s’exprime dans le christianisme de Terre Sainte.

Il faut remarquer que ce 12 cheshvan 5768, anniversaire de l’assassinat de Itzchak Rabin, est preside par le “survivant” qui aurait du ensuite etre aussi executer par le tueur religieux: M. Shimon Peres. Or, Shimon Peres fut ecarte de la presidence de l’Etat hebreu par un refus des rabbins ultra-orthodoxes , certes sionistes, mais considerant qu’il avait, avec Y. Rabin, trahi l’identite juive en participant a un processus de paix avec les Palestiniens, a Olso. En cette annee de “shemittah – שמיטה – remise des dettes”, il y a une situation curieuse. L’homme de la paix est devenu finalement le president d’un Etat juif. Curieusement, le meurtrier evoque le droit au meurtre contre un gouvernant israelien tandis que les pionniers orthodoxes de Satmar refusaient toute forme de sionisme en raison de la violence exercee par les Juifs pour obtenir un Etat. Cette situation donne un reflet particulier a la maniere dont Israel envisage son identite au regard de la tradition talmudique.

Au fond, le gouvernement et la loi israeliennes defendent les droits de tous les habitants du territoire qui se vivent et resident sous son controle. Je garde toujours en memoire le remarquable ouvrage ecrit en hebreu par Nissim Dana qui fut un temps en charge des Communautes chretiennes au Misrad HaP’nim – משרד הפנים (Ministere de l’Interieur). Il est un specialiste des Druzes et a decrit dans un ouvrage comment le parlement israelien embryonnaire emettait chaque jour des circulaires repondant aux demandes de differentes communautes druzes ou non-juives (chretiennes et muslmanes) pour leur garantir leur droits alors que le pays etait dans le feu de la guerre d’Independance. Cet exemple est sans doute un peu lointain aujourd’hui mais devrait inviter certaines communautes a plus d’humilite dans leurs exigences ou reclamations envers un Etat hebreu dont l’experience historique fut celle d’un manque de respect dans des paysages de diasporas.

Il ne s’agit pas de systematiquement prendre le parti des positions juives. Il est essentiel que le monde non-juif – notamment chretien – soit en mesure de comprendre les enjeux fondamentaux de ce qui se produit en ce moment et dans cette decennie de debut du 21eme siecle au sein de la communaute juive presente dans l’Etat d’Israel.

A cet egard, la position ultra-orthodoxe est fondamentale car elle definit et continuera de definir longtemps les reperes utilises par l’Etat hebreu dans son positionnement envers le monde chretien.

Lorsque l’on arrive au terminal 3 de l’aeroport de Lod, dans la grande salle des arrivees, on franchit un long couloir avec des fresques byzantines. Dans le hall de sortie, il est impossible de ne pas voir l’immense photographie qui represente le memorial de Yad VaShem dedie au million et demi d’enfants qui ont peri pendant le temps de la Shoah et qui est magnifiquement represente par des lumieres en reflet. Le visiteur qui arrive en Israel, quelle que soit son origine et son appartenance humaine ou confessionnelle, culturelle ne peut – du moins en theorie – faire fi de cette image qui vient lui rappeler le prix (valeur) de l’existence de l’Etat hebreu.Qu’on le veuille ou non, cela interroge. Et cette image trouve un reflet qui aurait ete impensable voici encore quelques annees: en regard de cette photographie, on peut voir passer en ce moment un nombre important de membres du clerge russe portant soutane, Croix pectorales et chapeaux ecclesiastiques. D’un cote, le rappel constamment renforce de la survie et de son prix en tant que Juifs – de l’autre, des representants qui viennent tout juste – 10-15 ans ne sont rien au regard de l’histoire – de retourner a une foi orthodoxe chretienne qui cherche sa liberte d’expression.

Bizarrement, le vieux panneau qui montrait, a la sortie, le Rebbe de Lubavitch accueillant le visiteur ou le citoyen, le resident en Terre d’Israel s’est estompe, faisant place aux Enfants assassines par Hitler. Encore faut-il que, de part et d’autre, du cote juif comme chretien, l’image puisse etre comprise dans une analogie eschatologique (cf. Matthieu 2, 16-18, massacre des Enfants Innocents par Herode).

On peut s’interroger: d’un point de vue strictement interpretatif, le Rebbe de Satmar pose la question de la responsabilite juive dans une societe generalement chretienne et hostile au judaisme mais qui doit la menager par interet. Ces interets sont meme en contradiction avec les commandements de l’amour du prochain ou le temoignage de la resurrection. Mais le Satmarer Rebbe s’est interroge sur le temps veritable de l’Amour divin. Aurait-on pense, voici 60 ans (et bien anterieurement), que la violence pouvait etre reclamee par certains juifs comme une arme religieuse susceptible de justifier une action monstrueuse comme le meurtre d’un dirigeant israelien au nom de la protection de Eretz Israel? D’autant que le dirigeant etait un soldat ayant directement participe a la sauvegarde du pays. De fait, cette position est pensable – sans pour autant justifier l’acte qui ne peut etre justifie – a partir du moment ou le judaisme serait percu, par certains juifs, comme depouille de son essence des Mitzvot. En retour, Moise ne put entrer en Terre d’Israel parce qu’il avait verse le sang humain en vue de sauver les siens. Or, cela lui fut compte comme peche.

Il peut se poser la question de la violence dans le cas d’une resistance spirituelle. Le cas des Maccabees est en soi interessant car ils sont exclus des livres canoniques hebraiques, mais non de la tradition catholique et orthodoxe. Mais cela ne permet pas d’elaborer une pensee sur l’attitude juive la plus representative. Jesus est un homme d’une rare violence verbale, souvent mal discernee. En revanche, il ne porte pas atteinte a la personne physique. Lors de son arrestation, il realise meme un miracle alors que l’un de ses compagnons s’etait attaque au soldat romain et lui avait tranche l’oreille (Matthieu 26, 51). Jesus guerit l’oreille du soldat. Thomas est souvent belliqueux et violent; il y a aussi Simon le Zelote.

Le judaisme souligne que la “milkhamah – מלחמה – guerre” est une incapacite a partager la nourriture “lekhem/lakhma – לחם.לחמא – pain – viande”. En retour, il peut y avoir des “lokhamim לוחמים – resistants” . Il y a une solidarite implicite dans le devoir de se soutenir les uns les autres (Bava Metziah 59b). En meme temps, les disputes peuvent exister sans pour autant genr la paix individuelle! Le judaisme a toujours apprecie et fait grand usage de mots violents et gravement insultants. La lecture de Guagantua traduit en hebreu devient alors un texte plaisant car “naturellement vivant”.

La question posee par les haredim – חרדים (communautes ultra-orthodoxes) et en particulier non-sionistes, capables meme de s’allier par outrance avec les representants de l’Autorite Palestinienne est un phenomene qui doit etre pris en consideration. Trop souvent – surtout ces derniers temps – certaines franges chretiennes presendent ou desirent favoriser des contacts “substantiellement ou allant a l’essentiel” entre le christianisme et le judaisme ultra-religieux. Ceci est surtout le cas de certaines communautes catholiques occidentales qui ont pris des contacts avec certains mouvements haredim aux Etats-Unis et ont quelques contacts avec certaines communautes basees en Israel.

Il est exact que, depuis des decennies, les etudiants du Seminaire chretien orthodoxe Saint Vladimir de New-York sont en rapport constants avec les disciples du Lubavitch et qu’ils se rendent regulierement aux offices de shabbat, voire aux “farbrengen – פארברענגען – assemblees speciales avec enseignements”, y compris du vivant du Rebbe de Lubavitch. Il faut aussi dire que celui-ci avait compris la necessite pour le judaisme de “proceder a une annonce du judaisme et des Lois noachides sinon des Mitzvot” au monde de la gentilite, aux Paiens, c’est-a-dire au Chretiens. Il faut avoir l’honnetete de le dire. Pretendre le contraire ou bien se gausser de ce que quelques tetes d’Eglises et grands-rabbins dans certains pays puissent se rencontrer relevent davantage du folklore que de la profondeur theologique.

Il est evident que les persecutions envers le peuple juif ont atteint un tel niveau au cours des deux derniers millenaires qu’il faudrait etre aveugle et/ou inconscient pour s’imaginer que le judaisme s’apprete a dialoguer d’une quelconque maniere avec le christianisme sous quelque forme que ce soit. Il peut certes y avoir des hommes ou des situation qui ouvrent des breches ou permettent d’entrevoir des ponts. Mais cela ne peut aller plus loin. Ce serait illusoire et vaniteux de pretendre le contraire. Ce serait aussi commettre une tres grave meprise sur l’essence du judaisme tout en meconnaissant les devoirs de penitence/repentance requis par la foi chretienne.

Certes, on peut vivement regretter que les Juifs d’aujourd’hui soient si ignorants, notamment en Israel, de la realite chretienne et qu’ils ne reconnaissent pas la parole de Rachi qui a fait juriprudence, a savoir que “les gentils de notre epoque (il parle des chretiens qu’il frequente) ne sont plus des idolatres – ovdey zarah – עובדי זרה”.

Il est vrai que la communaute de Satmar reclame une soumission aux nations du monde sans pour autant considerer d’aucune maniere que les chretiens qu’ils ont historiquement frequentes jusqu’a ce jour ne soient plus des idolatres. Ce serait aussi une grave erreur de penser en terme de soumission envers des non-idolatres.

De fait, le monde orthodoxe juif – dont l’exemple “missionnaire” est celui du Lubavitch – n’a pu aborder, encore moins apres la Shoah, le monde chretien avec un quelconque desir de reconnaitre en lui quelque chose de divin ou de lie a une vie qui porte la flamme de la Presence divine. Il appartient alors au monde chretien de comprendre la tradition juive de maniere a penetrer plus avant dans ce rejet visceral de la “Foi au Christ” tout comme dans la “Foi du Christ” – ce qui semblerait se fondre dans le grec “Pistis Xristou”, mais a marque un tournant fondamentale dans la pensee theologique et humano-divine menee par le cardinal Henri de Lubac.

Le drame chretien est celui de la substitution ou “replacement – supersedement” qui consiste a systematiquement considerer le chretien comme ayant definitivement acquis tous les biens spirituels juifs, les avoir menes a leur parachevement. Plus grave, dans le propos qui nous concerne: il ne peut y avoir de veritable rencontre si le partenaire chretien est convaincu que le Christ ressuscite n’inclut en rien le monde juif, eventuellement ne l’accomplit pas. L’Eglise croit alors par sa foi au Christ (plus rarement en reference a la Tres-Sainte Trinite) et non par un don inne acquis a la naissance que sa substance identitaire a un surcroit dont le judaisme serait denue.

A cet egard, l’Eglise “mia hagia katholika kai apostolika ekklesia – une sainte, catholique et apostolique” est bien le reflet de l’Eglise en plenitude et en devenir.Elle ne peut l’etre que si elle ne denature pas elle-meme pour prendre la substance divine du juif. Il se poserait alors peut-etre une question theologique annexe a laquelle personne ne songe a priori: le juif pieux israelien (revenu en Eretz Israel comme membre de la communaute etatique – sans que la politique ne soit la un element reel, mais peut interroger) n’aurait-il pas aussi un surcroit prophetique qui rend encore plus difficle sa reconnaissance par le christianisme?

En effet, rien n’indique que Jesus de Nazareth – ou en tout cas le Mashiah comme figure originelle (Pessahim et Nedarim) – n’ait pas sanctifie et ne continue de sanctifier la Communaute juive et maintenant “israelienne = al Eretz Israel”. Pour affirmer cela, il faut rappeler que la tradition juive considere que tout juif ne en Eretz beneficie du don de prophetie et que la Shekhinah accompagne jusqu’a la redemption. Il ne s’agit nullement de pretendre par abus que les Juifs seraient les beneficiaires de ce qu’ils ne recoivent pas dans la foi. Ni que les chretiens aurait une foi d’accomplissement. L’usurpation identitaire du chretien se substituant au juif le conduit a un mepris de lui-meme comme de son compagnon d’eternite juif.

Cette situation peut expliquer une chose sur laquelle il faut mediter plus avant: il est un fait que des Juifs chretiens ou Hebrew Christians n’ont de sens et de coherence que dans la mesure ou l ‘Eglise admet, consent et reconnait la substance divine de la Communaute juive pour ce qu’elle montre de Dieu et voile encore de Sa Presence. Pour l’heure, ce ne sont pas les fideles majoritairement non-juifs de langue hebraique en quelque rite que ce soit qui constituent ce ciment d’accompagnement.

Israel ne peut voir en eux que des “accidents” tragiques issus de l’histoire. Les chretiens risqueraient le plus souvent de les marginaliser par un soupcon sur les moyens qui ont ete utilises pour les convertir; ils ne peuvent reconnaitre l’identite juive a laquelle ils se substituent ou chretienne qu’ils sentent comme se superposant a une identite plus fondamentale.

En hebreu, “substitution = milui makom – מלוי מקום”, c’est-a-dire “totale emprise du territoire”. Cette question doit etre abordee dans la situation etonnante mais fascinante qu’Israel ouvre a la destinee des Eglises, et comme en depit des communautes juives.

(a suivre)

(credit photo: Y.W.)

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