106 ans

Ma mere est nee le 19 shvat 5662 – י”ט דשבט תרס”ב, c’est-a-dire le 27 janvier 1902 ou 14 janvier 1902 selon le calendrier gregorien ou julien. Dans le cas du calendrier julien, elle est donc nee avec cette annee 1902 car la date marquait le premier jour de l’an neuf dans la Russie tsariste. En naissant a Nikolaiev, non loin d’Odessa voici 106 ans, elle precedait de quelques mois la venue au monde, dans cette meme ville, de Menachem Mendel Schneersohn, le dernier Rebbe de Lubavitch. Il naitra le 11 nissan 5662, a Nikolaiev, la ville de sa mere.

Rien n’indiquait a priori que ma mere, comme le Rebbe et la multitude des communautes juives d’Ukraine, survivrait miraculeusement a divers tentatives de meurtres et d’exterminations. Si, les pogroms organisees par la Russie tsariste et tres pieuse faisaient rage pratiquement des sa naissance. Elle se souviendra toute sa vie d’avoir vu des hordes de fanatiques plus ou moins moinillons hurlant le salut et la conversion au Seigneur tandis que les juifs devaient se defendre parfois avec des armes (Hassid Frenkel, mon grand-pere, etait arme et protege par des Ukrainiens de bonne volonte) tandis que la force publique restait admirablement coite, comme nos enfants aujourd’hui grises par un feuilleton televise. La compassion est venue avec retardement et a coute aux riches familles juives d’Europe des millions de Thalers ou de Livres Sterlings (Montefiore ou les Rothschild) pour que des gouvernement nepotistes acceptent de mettre un terme precaire a des tueries dignes d’un moyen-age houleux dont la sauvagerie defie l’esprit chretien… juif… musulman… humain.

Ma mere aurait donc 106 ans aujourd’hui, pratiquement jour pour jour, y compris selon la calendrier juif. Elle ne pouvait meme se douter, pas plus que le Rebbe de Lubavitch, que les nations du monde, reunies en session decideraient en 2005, pour les 50 ans de la liberation du camp de Auschwitz-Birkenau par les troupes sovietiques feraient, au nom des Nations Unies, du 27 janvier le jour-memorial de la Shoah/Holocauste. Ce jour fut largement mentionne en Israel. La question est beaucoup plus nuancee dans les autres pays du monde. Le nom donne a ce jour-memorial change aussi selon les pays. La Pologne parle de “Jour des victimes du nazisme”. L’exemplarite de la Shoah n’est guere une evidence pour le Myanmar (Birmanie) et on peut douter que, dans le monde africain, beaucoup de pays soient a meme de comprendre et d’accepter une responsabilite dans la memoire specifique d’un jour Nations-Unies pour les victimes juives et autres de la Shoah. Il faut avoir le courage de le dire et d’admettre que la chose n’est guere evidente.

J’ecoutais cette nuit, comme pratiquement toutes les nuits, les programmes de Reshet Bet (le Deuxieme Canal de Kol Israel). Un peu distraitement car je travaille tard. Et je m’apercois que l’on parle du P. Alexandre Glasberg. Ne a Zhitomyr en Ukraine dans une famille juive, il arriva en France dans les annees 1930, devint seminariste puis pretre catholique. Je l’ai connu quand j’etais enfant car ma tante travaillait comme beaucoup de personnes de nos relations familiales directes a l’OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants). Un homme rond, dont je n’ai qu’un souvenir vague et plutot soutenu par des photographies. Il etait “l’abbe Glasberg”. J’ai cru comprendre pendant longtemps qu’il etait arrive en Occident sans document demontrant qu’il avait ete baptise. Or ce pretre juif a sauve des milliers d’enfants dans la vallee du Rhone, mais il fut aussi, des le temps de la Deuxieme guerre, un membre du Mossad israelien en constitution. Il rapatria en Israel les enfants juifs d’Irak et d’Iran, puis s’en alla mourir en France. C’est un raccourci… Il fut evoque cette nuit avec beaucoup de delicatesse et de respect par la radio israelienne qui reconnaissait l’un des siens dans ce parcours qui fit de lui “un Juste des Nations” par un paradoxe troublant mais realiste- tenant compte des ruptures historiques et communautaires, pour le Centre de Yad VaShem.

Il y a des moments ou la situation personnelle peut trouver, dans des parallelismes distendus sur le temps, une sorte de mise en perspective, par-dela le jugement des evenements pour ce qu’ils expriment. Ou pour ce que nous croirions qu’ils peuvent exprimer. Ce sont des choses differentes.
Ma mere n’aurait jamais pense que son fils, ne apres la guerre civile ukrainienne, la revolution bolchevique, les deux guerres mondiales, la Shoah, la deportation atteindra peut-etre ses 59 ans dans peu de mois a quelques metres du Saint-Sepulcre. Officiellement charge d’organiser les communautes d’expression slave et hebraique au sein de la societe israelienne, j’y acomplis une mitzvah simple: permettre que l’hebraite  devienne une part “native” et reconnue par toutes les parties en presence dans un pays ou tout est fractionne, subdivise, aliene, capte, subtilise. Une mission apparemment impossible – un peu dans la foulee de celle d’Eliezer Ben Yehudah, continuellement confrontee a la forme la plus haineuse, la plus abjecte de tout ce qui peut parfois etre vomi par le coeur et l’ame de ce qui se pretend pourtant humain: la haine comme unique moteur de survie pour soi comme pour les autres.

Bien des gens me le disent ou le pensent. A quoi cela sert-il? Il n’est pas question d’entrer ici dans une explication en profondeur d’une vocation personnelle dont la veritable raison n’apparaitra – si Dieu le veut – qu’apres mon deces. La vie spirituelle se developpe avant tout dans le secret. Je suis arrive ici dans un lieu et une societe ecclesiale deletaire, aujourd’hui rongee par un ethno-centrisme et un nationalisme affolant, atterant, contraire-meme a l’hellenisme anterieur au christianisme; il est visceralement contraire au souffle vibrant de l’Eglise d’expression grecque des premiers siecles chretiens. Comme en miroir – mais la comparaison est precisement erronee – la societe juive et israelienne offre un renouveau inedit, egalement tente par des demons paralleles. Les journees se passent dans un decodage psychologique et theologique tout-a-fait fascinant car cette situation ne fut pas unique dans l’histoire.

Mais pourquoi ecrire une chose pareille en ce 27 janvier 2008? C’est le dernier jour de la Semaine de Priere pour l’Unite des Chretiens. Cette priere a ete instauree voici 100 ans par le P. Paul Watson qui introduisit la premiere “Church Unity Octave”. Le mouvement, repris par les anglicans et des pretres catholiques catholiques s’est amplement repandu depuis la fin de la deuxieme guerre mondiale. Le theme de cette annee est “Pray without ceasing – Priez sans cesse” (1 Thessaloniciens 5:13b-18). Il se produit donc un fait interessant qui est appele a se renouveler chaque annee, tant que cette priere d’Unite continuera et que les Nations-Unies maintiendront cette date: la memoire d’Auschwitz-Birkenau intervient au cours de cette Semaine de l’Unite des Chretiens du monde entier, et non seulement d’Europe ou du Proche-Orient. La Semaine de l”unite est bien rodee: elle commence a nouveau officiellement au Golgotha par l’assistance aux Complies de l’Eglise Roum (Grecque) Orthodoxe de Jerusalem (en grec). Puis chaque jour un office dans un lieu d’Eglise locale different: Eglise anglicane, romaine catholique, lutherienne, armenienne, le jeudi est toujours la reunion au Cenacle, copte ou syrienne orthodoxe, ethiopienne et grecque-catholique.Cette base permet a chacun de se joindre a des traditions profondement ancrees a Jerusalem et en Terre Sainte. On peut legitimement s’interroger sur l’absence ou la non-participation de fideles aujourd’hui tres presents dans le pays (Messianiques, baptistes, orthodoxes chretiens russes, roumains et autres, diverses Eglises). A ce jour, l’organisation repose essentiellement sur les connaissances et l’experience rares d’un pretre catholique belge des Peres Blancs, le P. Frans Bouwen qui a poursuivi, avec un groupe oecumenique fidele, la tache difficile d’assurer un lien entre des Eglises separees par l’histoire, la theologie et souvent aussi des interets locaux.

La Semaine repose sur une stabilite claire de l’Eglise armenienne, le dynamisme et le caractere tres traditionnel local de l’Eglise syro-orthodoxe et copte, le caractere particulier et “atemporel” de l’office ethiopien en gheez au milieu de Mea Shearim… Les autres Eglises sont moins “interessees”, a ce jour qu’il y a 10 ans, par exemple, a susciter une action ecclesiale d’ouverture. Nous sommes entre la concurrence, la competition, la lutte pour la survie dans un Etat d’Israel qui serait pretendument hostile aux Chretiens. Ce n’est pas si sur que cela. Cela depend de ce que chacun veut exprimer. Et tout le monde doit comprendre que l’on ne vit plus comme de maniere figee. Sans compter, que le pays est en guerre. La deuxieme intifada n’est pas terminee. Apres la deuxieme guerre du Liban, Israel fait face a une crise tres grave avec Gaza tandis que des villes du Neguev sont pilonnees par les forces du Hamas (Sderot). La Semaine de l’Unite a commence alors que Gaza etait en blocus decide par les Israeliens. Les fideles chretiens ont certainement peu prete attention au fait, mais ces memes-jours, les jeunes filles des nouvelles implantations illegales, arretees par la police israelienne et presentees au tribunal, refusaient de donner leur identite, fait de desobeisance civil unique parmi les sionistes religieux. Fait nouveau, contraire a l’esprit du Rav Kook (premier grand-rabbin d’Israel) et que les representants de l’Agence juive auraient considere comme des faits gravissimmes contre l’embryon d’Etat hebreu dans les annees 1937-1948!!! Ces jeunes filles furent liberees sans autre forme de proces et sont desormais considerees come des “heroines” par leurs mouvements. De toutes parts apparaissent de signes de resistance ou de desobeissance a l’autorite etatique, que ce soit dans le monde israelien comme dans la societe palestinienne.

La Priere pour l’Unite des Chretiens a 100 ans. Le froid et l’attente de la chute de la neige sur Jerusalem a rendu l’atmosphere un peu morose, trop rodee. Le message est erode alors qu’il devrait etre un moteur lance a pleine vitesse. L’Unite des Chretiens…? elle est accomplie. Elle ne depend pas de nous, ni du desir d’aucune Eglise. De meme que la tunique du Christ n’a pas ete dechiree ni partagee, nul ne peut s’approprier ou detruire cette realite theologale et spirituelle que le Pere, le Fils et l’Esprit constituent – pour ceux qui croient comme pour ceux qui ne croient pas car cela va bien au-dela de notre conviction pleine ou partielle – une Unite totale. C’est ce qu’exprime avec force le debut des Matines byzantines celebrees au “nom de la Trinite Sainte, Indivisible et consubstantielle”. Or nous avons verse et continuons de verser dans un anthropocentrisme qui n’attire pas a Dieu, mais tente de convaincre par la raison ce qui demeure un don gratuit de la foi.

Au moins, pour la seconde annee, alors que la situation au patriarcat grec-orthodoxe de Jerusalem n’est pas facile, la Semaine de l’Unite commence officiellement par l’Apodeipnon – Complies au Golgotha, la ou tout etre humain peut etre mentionne dans la mort et la Resurrection de Jesus. Cela n’avait plus lieu officiellement depuis 1987. La chose doit etre clarifiee, precisee, a tous points de vue, mais disons que, dans un climat difficile, c’est la que cette Semaine commence. Dans ce Lieu ou le salut des chretiens s’est affirme et deploye a travers deux millenaires de kerygme evangelique de la Resurrection du Messie.

Pour le reste, les gens viennent car cela fait partie d’un rendez-vous annuel. Surement beaucoup de foi et de souffrances cachees. Des gens qui s’evitent. Au moins, nous sommes faits de pate humaine. Il y a une difference majeure en ce moment: le christianisme est comme mis en “trappe”. Pris a ses propres pieges a force de jouer la tunique du Christ au jeu de la concurrence entre les Eglises. Nous ne sommes pas dans un temps d’oecumenisme. Nous sommes dans un temps “identitaire”. A cet egard, la societe chretienne se desolidarise pas de la societe israelienne et palestinienne. La realite est autre, toute autre dans une stabilite “imposee et acquise” en Jordanie et dans certains emirats arabes tolerants. Cette quete identitaire reunit donc annuellement des vrais “natives” de l’Eglise de Jerusalem et des “autres”. Cela se sent en particulier par l’absence de toute mention des chretiens d’Irak qui, a 120 km a vol d’oiseau, vivent le chemin de Croix deja ancien de l’Eglise semitique aux portes du monde iranien-persan. Ou sont les vrais fideles d’aujourd’hui: les crypti de l’orthodoxie ex-sovietique, les travailleurs philippins, coreens, ceux qui viennent du monde hispaniques ou africain.

100 ans pour la “Church Unity Octave” a Jerusalem? Sans le moindre partie pris et avec un sentiment curieux d’emerger d’un temps pour entrer dans un autre qui ne fait que lancer le christianisme, nous vivons ici une sorte de “metamorphose de l’etre”. Le drame est que nous ne l’intuitons pas, ne pouvons adherer a une mutation aussi profonde, normalement attendue mais qui saisit et paralyse.

Le cardinal Jean-Marie Lustiger aimait a repeter que le christianisme n’etait qu’a ses debuts. Il a souvent declare combien le christianisme ne faisait que commencer et que les deux mille ans d’evangelisation planetaire n’etaient sans doute qu’une preparation a “autre chose”: la veritable annonce universelle du Royaume de Dieu et la vision (manifestation, sentiment) de la Redemption.

C’est la que se manifeste un hiatus profond dans la vie chretienne de Terre Sainte. Personne  ne semble apparemment gene de vivredans une societe fortement islamise. Vienne, capitale europeenne, n’est pas tombee. Mais aujourd’hui, l’Islam est omnipresent au sein du monde occidental christianise.

En revanche, en ce 27 janvier 2008, jour-memorial ONU de l’Holocauste-Shoah, toutes les Eglises de Terre Sainte ont officiellement proteste contre les exactions commises par les Israeliens (donc normalement un gouvernement et des soldats representant un Etat des Juifs)dans un blocus de Gaza. Et c’est la que le hiatus devient le signe “d’un aveuglement” trop unilateral. Timidement, un representant de l’Eglise lutherienne a – au bout de la quatrieme priere pour les victimes du blocus de Gaza – fait mention des victimes des snipers qui tombent sur la ville israelienne de Sderot. Il ne l’a pas dit deux fois. Au moins l’a-t-il dit. Le probleme n’est pas politique et c’est en cela que reside le drame.

“Jerusalem sera foulee par les Paiens jusqu’a ce que soit accompli le temps des Paiens” (Luc 21, 24). Le hiatus provient de ce que la reconnaissance du peuple juif comme vecteur de la redemption, y compris dans un rassemblement sur la Terre des Promesses reste profondement impossible aux Eglises. Ou alors, il procede d’un parti-pris politique qui n’existe pas dans le domaine de la foi.

C’est la raison pour laquelle il est si interessant de relier ces 100 ans de Semaine de Priere pour l’Unite des Chretiens avec ce jour-memorial de la Shoah. C’est un jour-memorial des Paiens et pour les Gentils. Comme l’ont fait remarque de nombreux membres de la Knesset (parlement israelien), il y a un hiatus entre une organisation qui passe son temps a ne pas condamner les formes de nouvel antisemitisme et sa decision d’instaurer un jour-memorial d’atrocites commises massivement par des peuples chretiens et baptises dans la desunion historique entre chretiens. Aujourd’hui, celle-ci constitue une infime partie, decisionnelle dans l’immediat apres-guerre, des Nations du monde. Celles-ci n’ont plus du tout la meme signification et representent de courants spirituels tres divers. Elles n’ont pu prendre le temps, la mesure de ce qu’a signifie un evenement comme la Shoah et Auschwitz. Ni pour la conscience morale chretienne et encore moins pour ce que le judaisme a pu y lire comme etape nouvelle de sa destinee des 1945.

En 1942 – 47, la communaute juive de Palestine traversait une crise morale et humaine absolument effroyable. Ce fut sans doute l’un des moments les plus tragiques, dramatiques et impregne d’un fort sentiment d’abandon par la totalite des Nations a l’egard d’Israel, a quelques exceptions pres. Il faut relire la presse israelienne de cette epoque pour comprendre ce qui s’est alors produit ici meme, sur cette Terre Sainte.

L’Agence Juive avait effectivement perdu le controle d’extremistes du groupe Stern souvent sommairement executes par les soldats britanniques.Les demandes repetees des emissaires de l’Agence juive pour que les Allies – en particulier les Americains et les Britanniques bombardent les camps de concentration et s’attaquent a la racine vereuse du nazisme etaient systematiquement mises sous cle et ignorees. Le 1er septembre 1944, Chaim Weizmann entendit Anthony Eden lui expliquer que ceci etait impossible “pour des raisons techniques” (A, Eban, “Tragedy and Triumph”, p. 273).

Ainsi, le jour-memorial de la Shoah ne peut devenir un objet systematique de defense des Juifs. Il y a une obligation a comprendre la nature perverse qui a conduit a ce que le commandement de l’Amour et de l’Unite soit autant marque par la haine et le desir de destruction. Les memes Nations-Unies devraient en prealable definir la nature exacte de ce jour en ce que les Nations Unies sont l’heritage de la Societe des nations, donc une structure essentiellement chretienne et occidentale.

L’Unite des Chretiens ne s’arrete precisement pas a un consensus entre des Eglises et des communautes dont les dogmes et affirmations theologales ont evolue ou peuvent etre interpretees de maniere variee. L’Unite des Chretiens se trouve dans le Corps du Ressuscite, Jesus de Nazareth. A ce titre, cette unite n’a de sens et d’enracinement, de perspective de foi et de realite humaine que dans la maniere dont nous comprenons ce qu’exprime le kerygme evangelique. La Semaine de l’Unite ne procede pas des fractions qui sont apparues largement dans le tissu chretien au Nouveau Monde.

L’Unite est exprimee par ce verset: “Rappelez-vous qu’autrefois, vous les paiens, qui etiez tels dans la chair, vous qui etiez appeles “prepuce” par ceux qui s’appellent “ciconcision”… rappelez-vous, qu’en ce temps-la vous etiez sans Christ, exclus de la Cite d’Israel, etrangers aux Alliances de la Promesse, n’ayant ni esperance ni Dieu en ce monde! Or, voici qu’a present, dans le Christ Jesus, vous qui jadis etiez loin, vous etes devenus proches, grace au Sang du Christ.
Car Il est notre paix, Lui qui des deux realites (Israel et les Gentils)n’a fait qu’une, detruisant la barriere qui les separait, detruisant la haine dans Sa chair” (Ephesiens 2, 12-14).

Sur 106 ans ont meme une valeur quasi etonnante sinon plus au plan personnel, comme sur les 100 ans de la Priere d’Unite des chretiens, il y a en fait cet extraordinaire elan prophetique de la vie contre toute esperance. Non pas en depit de tout. Mais parce que la vie spirituelle peut aveugler tout le monde. L’Unite n’a de sens que si elle elle comprise comme la realisation de ce verset de Saint Paul.

Cela rend vigueur a une priere qui peut etre figee, mais surtout une perspective qui va a l’encontre, contre-dit et meme irrite profondement quiconque fossilise ou reduit la profondeur de tout accomplissement de Dieu. Les Eglises vivent apparemment a Jerusalem, une Semaine faite de brisures, d’actes figes: le christianisme ne fait que commencer. Les pelerins si nombreux, venant par vagues, des l’ex-URSS comme d’autres regions du monde, finiront par ouvrir les yeux de chacun sur ses rejets et a les depasser.

La priere ouvre, et “prier sans cesse” c’est au fond comme si notre souffle, nos poumons, notre gorge se deployaient pour aimer tout etre.

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