L’hebreu, 150 ans? Qui a 150 ans?

Le 14 aout 2003, le Patriarche catholique latin recevait un fax l’avisant qu’il aurait desormais un nouvel eveque auxiliaire en charge des communautes hebreophones, Mgr. Jean-Baptiste Gourion, Abbe du monastere de la Resurrection a Abu Gosh, une fondation du couvent du Bec-Hellouin de Normandie, territoire ou flotte le drapeau francais. Le Patriarche Michel Sabbah n’avait pas ete informe. Une decision romaine. Mgr. Sabbah reagit : « Dieu s’y retrouvera ». Il lui revient d’ordonner Mgr Gourion, Eveque de Lod, qui devient son collaborateur tout en ayant le privilege romain de decider en principe seul des actions a mener.

En soi, il est normal qu’apres plus de 48 ans de presence catholique de langue hebraique en Israel, il y ait un eveque pour les les fideles hebreophones. C’est une evidence.En apparence, Mgr. Jean-Baptiste devint le premier eveque juif par sa naissance dans un Etat d’Israel independant. Il avait 69 ans. C’est un moine du Bec-Hellouin envoye devolopper cette communaute d’Abu Gosh au rayonnement certain, initialement fondee par le Pere Marcel Dubois, Dominicain, premier professeur de theologie thomiste a l’Universite Hebraique. Si l’on se refere a l’Histoire, les Eveques de Jerusalem du 19eme siecle, Alexander Salomon pour l’Eglise anglicane et Levinson pour l’Eglise orthodoxe russe avaient ete des juifs pratiquants. Ils ont exerce leur ministeres dans des conditions humaines inimaginables, meme s’il n’y avait pas alors d’Etat hebreu. Nous leur devons les textes liturgiques en hebreu de leurs traditions respectives.

L’Oeuvre Saint Jacques a ete creee tres tot en Israel pour rassembler les paroissiens catholiques de langue hebraique, essentiellement venus d’Occident, principalement de France, mais aussi de differents pays europeens, de Pologne [mariages mixtes]. A ce jour, la « Kehilah » [Communaute] de Jerusalem est faible, la plus stable est vraiment celle de Beersheva, cree dans les annees 50 par le Pere Jean-Roger. C’est une communaute polyculturelle, composee d’Asiatiques, de roumains, quelques russes dont la langue commune est l’hebreu. La situation est plus precaire a Tel Aviv et dans le Nord du pays [Haifa].

Des le mois de fevrier 2003, le Pere Abbe recevait un Prix a la Knesset [Parlement israelien] pour son action pacificatrice. Le Prix ne posait pas en soi de probleme. Mais pourquoi le recevait-il a la Knesset, Parlement israelien, donnant ainsi une coloration politique marquee a cet evemenent ? Il est a la tete du monastere benedictin d’Abu Gosh et aurait parfaitement pu recevoir le Prix dans ce lieu. D’autant que depuis plusieurs mois ce couvent est pratiquement devenu un lieu de visite incontournable pour les pelerins francophones… La remise de ce Prix provoqua des reactions vives de la part des responsables du Patriarcat catholique latin de Jerusalem. En fait, des articles parurent alors reclamant que la communaute hebreophone – pretendument « autonome » et « mal comprise » au sein d’un patriarcat essentiellement arabe – quoique beaucoup plus international qu’il n’y paraît ! – demandait qu’un eveque independant soit nomme et qu’il releve directement de l’autorite du Pape de Rome. La crise est alors ouverte pour une Eglise de Jerusalem qui, comme toutes ici, doit faire face a des difficultes majeures. Il ne pouvait etre question de diviser une entite aussi fragilisee par la guerre et les conflits communautaires. C’est d’ailleurs a ce moment-la que certains theologiens francais expliquent publiquement combien le Patriarche Michel Sabbah est trop palestinien et ouvertement « antisemite ». Ceci pose divers problemes, deja evoques plus haut par le rush de certains dans des territoires qui ne sont pas de leur juridictions. Les theologiens vivant de longue date en Israel rappellent opportunement « que l’on ne se choisit pas dans l’Eglise » et que l’Eglise de Jerusalem a une vocation specifique a l’unite qui ne saurait etre manipulee de l’exterieur.

Mgr. Gourion fut ordonne eveque par le Patriarche latin de Jerusalem en novembre. Il restait Abbe de ce monastere d’Abu Gosh ou il sera normalement consacre. Le nouvel eveque de Lod ne fut pas ordonne au Saint Sepulcre comme beaucoup d’eveques locaux, ni au Patriarcat Latin de Jerusalem, mais en terre francaise.

La nomination du nouvel eveque a ete communiquee a Mgr. Sabbah par un fax venu de Rome sans consultation ou acquiescement prealables. Or, toute ordination ou nomination impliquant un service d’Eglise en Israel presuppose l’accord du Gouvernement et des Services de la Defense et de la Securite israeliens. Cet accord est donc acquis tandis le Patriarche latin a ete mis devant le fait accompli. Il faut aussi souligner que cette ordination a lieu alors que le premier Patriarche dans le rang historique et hierachique de l’Eglise de Jerusalem, a savoir le Patriarche grec-orthodoxe (a l’epoque: Irenee Ier, depuis lors depose et remplace par le Patriarche Theophilos III) n’est toujours reconnu pas par le Gouvernement israelien. Le climat de la guerre suscite parfois des tentations peu respectueuses des traditions etablies. Enfin ! N’oublions pas que le village d’ « Abu Gosh » porte le nom d’un celebre Mandrin, voleur des grands chemins arabe !

Le fait que certains hierarques francais parviennent a créer une entite hebreophone – en realite hexagonale – est neanmoins important car cette dimension manquait de facto. Mais que diraient ces memes gens si soudainement ils recevaient un fax leur imposant d’ordonner ex abrupto un eveque auxilaire mandchou d’Uighurie occidentale sous pretexte qu’ils ont peu d’atomes crochus avec quelques centaines de ces fideles ?

D’autres auraient pu avoir le desir de creer une telle structure : les Allemands, les Americains, certains Ordres. Il n’est pas exclu que les Franciscains, veritables representants de Rome et Gardiens des Lieux Saints n’interviennent pas a leur facon. Il est vrai que l’on assiste a des raids de missionnaires de tous horizons. Curieusement, en agissant ou laissant agir certains de cette facon, l’Eglise de Rome cree une division supplementaire dans sa propre entite ecclesiale. Quant a la France, elle s’engage dans une sorte de croisade a une epoque ou il semblerait que l’on essaie de tirer les lecons du colonialisme, en particulier au Proche-Orient. Non loin d’ici, en Irak, on rappelle opportunement qu’il faut respecter les cultures. La realite israelienne est tres particuliere et assimilera a sa facon une intervention qui donne l’illusion du philosemitisme mais, en grattant un peu, est-ce vraiment cela ou plutot l’ignorance d’autrui, voire des revanches sur des identites manquees qui s’y manifestent surtout ?

Beaucoup ont aussi souligne une autre « incongruite ». La communaute a peu de fideles. Elle n’a pas genere de pretres sur 50 ans. On a alors fait valoir l’enorme reservoir de l’ancienne Union Sovietique venu en masse en Israel ! C’est oublier qu’en 50 ans des dizaines et des dizaines de milliers de catholiques [Hongrois, Roumains,…] ont ete assimiles a la societe israelienne sans beneficier de l’aide spirituelle des Eglises qui auraient mieux fait de s’unir au lieu de s’ignorer. Elles etaient, comme ces nouveaux venus, en quete de leur personnalite. Comment d’anciens Sovietiques deviendraient chretiens latins israeliens dans un monastere francais alors qu’ils ont deja tellement de mal a apprendre l’hebreu, quitter leur profonde identite slave, orthodoxe et orientale !

Enfin, tout cela nous conduit a une derniere reflexion : il semblerait que le grand vainqueur de ce type de manipulation soit le Peuple juif et l’Etat d’Israel. Lorsque certains divisent de la sorte l’Eglise si eprouvee de Jerusalem, il est peu probable que se produise quoi que ce soit, car on peut créer une instance, il est difficile de changer les hommes. De plus, l’Etat d’Israel a adopte une attitude conforme a son Histoire, a son experience en monde chretien. Petit-a-petit, les Chretiens de l’interieur et de l’exterieur en arriveront a n’etre plus qu’un « parc national » et « une reserve touristique », sans developper de veritables projets spirituels locaux. Toutes les Eglises dependent a ce jour de l’Etat hebreu et ceci est irreversible.

Depuis le deces de Mgr Jean-Baptiste Gourion, sa charge pastorale aupres des fideles d’expression hebreophone est passee sous la responsabilite du Custode franciscain, Fra PierBattista. Il fut le cure de la communaute de Jerusalem pendant de nombreuses annees. Sa nomination comme custode montre le respect que ses freres lui portent pour son soucis spirituel et pastoral, son desir pedagogique qui sont rares dans le paysage proche et moyen-oriental. Il sait aussi equilibrer son insertion dans le monde israelien hebreophone (juif et autre) avec une capacite reelle a mener la Custodie qui couvre un tres vaste territoire dans le monde arabe et grec, turc.

Pendant un temps d’environ deux ans, j’ai pu – par simple dialogue et tentative de “rationnaliser” une situation spirituelle tres difficile a gerer de maniere raisonnable – persuader certains responsables pretres de nouvelles communautes d’essayer d’agir ensemble dans une pastorlae aupres de fideles de citoyennete israelienne. Il s’agit surtout de fideles nes dans les Pays de’Europe de l’Est ou l’ex-URSS.

Nous avons ainsi pu organiser des “tours” le jour du samedi – jour frequemment liturgique dans le pays pour tout le monde, orthodoxes et catholiques sachant que tous etaient d’ex-URSS. Pendant un certain temps, cela a bien fonctionne. Les pretres catholiques latins de ces nouvelles communautes reconnaissaient spontanement que les fideles avaient ete baptises et souvent catechises dans l’Eglise orthodoxe russe, ukrainienne ou georgienne, voire roumaine ou bielorusse.

La plupart etaient contents de participer a la liturgie en hebreu, en slavon, en russe moderne et ukrainien. Nous ajoutions du polonais (traduction officielle de l’Eglise orthodoxe de Pologne). Mais l’hebreu etait commun selon la version du P. Levinson, benie par le Saint Synode de l’Eglise orthodoxe de Moscou des 1851. Je continue a utiliser cette version car – meme si elle demande parfois des revisions lexicales – elle est magnifique, profondement “rabbinique et chretienne” et officiellement reconnue par l’Eglise orthodoxe de Moscou au siecle precedent. Apres les Divines Liturgies, nous continuions la journee par la visite de certains sites historiques accessibles le samedi. Certains fideles choisissaient de celebrer la Messe latine en russe pour des raisons personnelles mais nous nous retrouvions tous pour la deuxieme partie de la journee. Les explications historiques etaient faites tant par les guides orthodoxes (ils sont nombruex parmi les fideles ex-sovietiques) que par les pretres catholiques ou moi-meme comme pretre orthodoxe.

Dans la plupart des cas, les enfants parlent naturellement hebreu entre eux et cela permettait de developper une action d’assimilation non discriminatoire au sein de l’Eglise et de la societe israelienne.

Cette periode de vogage “interfaith hebraique” ne dura pas. Je les continue avec une majorite de fideles orthodoxes et quelques catholiques ou armeniens isoles. Il ne s’agit pas de le regretter. Tout d’abord, ce temps n’est pas fini. Il est toujours possible, avec discernement et bon sens, de reactiver ce type d’action qui peut temoigner d’une Eglise Une de Jerusalem. Voici deux ans, au mois de septembre, je me suis apercu que ces mi-groupes catholiques d’expression russe disposaient desormais d’une reconnaissance officielle par l’Eglise catholique latine de Jerusalem, sans consultation ou concertation du Patriarcat grec-orthodoxe de Jerusalem. Nos “tours” ont finalement cesse d’exister.

Mais cela va plus loin: historiquement parlant, il est indeniable que l’Eglise orthodoxe (en l’occurrence la Mission ecclesiastique du Synode de Moscou au 19eme siecle) a jouer un role pionnier dans l’acculturation de la priere au monde de l’hebraite. Pour l’instant, ce fait serait soit nie, soit rejete soit depasse par une sorte d’universalite du “slavon” comme langue de l’Eglise des fideles d’expression russe. Les Anglicans ont totalement abandonne l’hebreu en 1947 et aujourd’hui les fideles sont plutot “messianiques – Messianics” bien que les traditions soient tres differentes.

C’est l’Eglise catholique qui, en 1952, a la demande d’une poignee de pretres vivant dans la societe israelienne, qui a repris et maintenu la priere liturgique en hebreu. Il faut souligner qu’a l’origine, la situation geographique au Proche-Orient, l’orientalite semitique, avait demande que les fideles de langue hebraique adopte le rite assyro-chaldeen qui est le plus proche du semitisme juif. Cette position fut en particulier defendue par le Cardinal Eugene Tisserant, prefet de la Sacree Congrgation pour les Eglises Orientales. Ce rite fut utilise tandis que les psaumes et les textes liturgiques furent adoptes ou traduits en hebreu.

Mais les fideles catholiques de 1952 – comme ceux d’aujourd’hui sur le fond – sont de personnes issues de l’univers culturel occidental. Ils trouverent aussi des elements “antijudaiques” (presents dans toute tradition chretienne) et deciderent de passer definitivement au rite latin.

Le Pape Pie XII a pose une question fameuse qui est devenue anecdotique. Au Cardinal E. Tisserant qui lui demandait d’autoriser la priere de l’Eglise en langue hebraique, l’Eveque de Rome lui demanda si l’hebreu etait une “langue liturgique”. Le Cardinal lui repliqua par un eclair de genie en demandant au pape en quelle langue, sur la Croix, il etait indique le titre de Jesus, Roi des Juifs (Jean 19, 19). Confirmant que ce titre etait d’abord indique en hebreu, en romain (latin) et en grec, lPie XII declara l’hebreu langue liturgique de la foi catholique romaine.

Lorsque le Synode de l’Eglise russe de Moscou a recconu et donne sa benediction pour que les fideles de langue hebraique habitant en Terre Sainte au 19eme siecle – donc avant la resurgence de l’Etat d’Israel et du renouveau formel de la langue hebraique sous la forte impulsion de Eliezer Ben Yehudah), il a pose un acte courant dans toute expansion “missionnaire”. Comme souvent dans l’Eglise orthodoxe (l’arabe par exemple pour les chretiens arabophones), les textes sont au plus proches de la tradition rabbinique la plus exacte. Il est alors possible de faire un parallele avec l’arabe liturgique chretien et les termes musulmans du Qoran et des Hadith.

Mais la question du Pie XII est reelle. L’hebreu peut-iol etre considere comme une langue du christianisme. La question peut paraitre absurde ou incongrue. Elle est resolue par le fait que si Jesus de Nazareth a rachete les hommes de toutes race, langue, peuple et nation (Apocalypse 6, 6), de fait l’hebreu porte comme langage humain l’expression de la redemption.

En revanche, nul n’a le droit de toucher a l’integrite de l’ame humaine (prologue de Job et dialogue entre Dieu et Satan). A ce stade, l’hebreu est absent de l’Eglise et a peine a se frayer un chemin. Non pas dans la societe israelienne, juive. L’hbreu est utilise comme un langage etranger par des fideles qui n’ont pas cette expression juive dans l’Eglise ou se censure eux-emes quand ils ne sont pas censures par les Eglises.

En Ephesiens 2, 14-16, il est clairement dit que “des deux, Israel et les Nations paiennes, Dieu n’a fait qu’un… en Jesus Christ”. Cela veut dire que l’ame hebraique est autant sanctifiee et sanctifiante que toute ame issue de la Gentilite et venerant Dieu selon son langage de nation paienne.

Cela devient donc un scandale et une negation de la foi que de s’acharner a creer des subdivisions dans un corps social qui tente de se structurer dans une identite israeolienne nouvelle, elle-meme composee d’etres de toutes langues et peuples! C’est meme un contre-signe patent de la division ecclesiale. En Israel, cela prend encore plus de relief dans la mesure ou chaque etre vivant sur cette Terre Sainte a une destinee des plus etonnantes, bouleversantes. Il serait plus juste et religieux que de rechercher l’unite au lieu d’introduire des brisures nouvelles qui ne peuvent que s’ajouter a des souffrances heritees du passe. Cela n’aide pas au la rencontre necessaire entre le monde juif et la realite chretienne.

Il s’est produit un paradoxe extraordinaire au cours des 150 dernieres annees. Alors que les Juifs n’avaient pas encore totalement decide que l’hebreu serait la langue ancienne et nouvelle d’un Etat des Juifs (Judenstaat) en Eretz Israel qui posent de multiples questions, les Eglises orientales avaient naturellement concu que l’hebreu puisse etre langue chretienne. La version du P. Levinson montre meme de multiples references au Talmud, donc a la Mishnah et a la Gemara qui aujourd’hui sont devenus des problemes de linguistique theologale. Les Eglises ne reconnnaissent pas le Talmud meme si elles ont toujours preserve son enseignement a un niveau academique (Daniel Chwolson).

L’hebreu, dans les Eglises, est aujourd’hui une langue vernaculaire, d’usage quotidien et utilitaire. En revanche, l’ame juive a besoin de se sentir en pleine liberte d’expression au sein du tissu ecclesial. Je le verifie constamment avec des acolytes qui servent la Liturgie: nous nous parlons yiddish melange d’hebreu. Il ne s’agit pas de singularite. Le monde sovietique avait conserve le Talmud par le yiddish qui reste tres naturel. Des lors, l’hebreu doit ou peut etre appeler a lentement eployer son poumon mishnaique. Alors, l’hebreu ne sera pas une langue de “goyim – paiens” mais la part orale viscerale de l’identite hebraique au sein de l’Eglise dans sa totalite.

Il faudra beaucoup de temps pour que cela paraisse et soit accepte. L’itineraire est relativement parallele a celui suivi par Eliezer Ben Yehudah. Car le Talmud a aussi semitise des elements lexicographiques grecs, chaldeens tout comme le Nouveau Testament en grec est imbibe de semitismes puissants qui tracent un pont avec l’univers talmudique.

J’avais publie en 1989 le livre de priere “Sacrifice de louange” (ed. Peeters) qui avait servi a l’animation de groupes. Ce texte est precisement base sur l’antique priere assyro-chaldeenne. Il introduit a l’inclusion de tout texte en hebreu sur la base comparative entre les traditions byzantines grecques, slaves et syriennes. Il apparut que de tels textes demandaient des indications traditionnelles qui n’apparaissent pas dans l’itineraire spirituel et la formation des fideles.

Il ne s’agit pas d’avoir 150 ans. Ou bien de souligner le fit inedit et curieux que l’hebreu fut utilise dans les Eglises orientales avant de devenir la langue vernaculaire de la communaute juive.

Lorsque les ecoliers se rendent au Musee d’Israel et peuvent spontanement lire le rouleau du Prophete Isaie expose au Musee du Livre, ils remontent plus de 2500 ans de dialogue entre le monde hebraique et le Createur. Alors la langage cesse d’etre national, mais il est divin, avant tout, et deroule l’eternite du salut avec des lettres de feu.

En revanche, cela n’est possible que si des ames juives authentiques sont a meme de respirer librement. En principe cela ne peut dependre des Eglises car l’Esprit souffle ou et comme Il veut. Mais l’unite de l’Eglise comme Corps du Christ Ressuscite ne peut se preter a des jeux d’enfants inconscients ou jaloux les uns des autres. C’est pourquoi la priere de l’Eglise a Jerusalem et en Terre Sainte implique une communion vraie et non tactique, feinte. En hebreu, elle renvoie au Sacrement de l’Union “bassar achad – בשר אחד – une chair Une” (Genese 2, 24).

C’est un principe theologique que “toute priere d’unite est par exauce par Dieu”. Ceci suppose une humilite reelle dans la maniere d’approcher l’appel de toute ame a recevoir le don d’une langue maternelle ou societale. L’hebreu a vocation a etre une langue de resurrection et de monde a venir.

 

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