Jerusalem sans chretiens?

Les journaux israeliens et quelques politiciens s’inquietent avec mesure sur la possibilite d’une disparition prochaine des chretiens de la ville de Jerusalem. Du moins, s’accorde-t-on sur le fait que le nombre de chretiens pratiquants diminue de maniere drastique. Les chretiens de toutes confessions ont tendance a emigrer vers l’etranger, en particulier vers les Etats-Unis et l’Amerique du Sud. De nombreuses personnes ont ainsi passe leur vie entre le Canada, la Californie, Buenos Aires ou le Chili (Beit Jala y a une forte immigration).

Il est certain que Bethleem est une ville devenue musulmane. Le processus a pris son temps, mais il est reel a ce jour. Cela pose des questions sur la maniere dont nous sommes capables d’apprehender les mutations demographiques ainsi que les flux transitoires. Par exemple, personne ne se souvient spontanement que Bethleem fut une ville juive essentielle puisqu’elle est celle du roi et messie David. Le judaisme n’en garde qu’une memoire relative. Le fait est interessant. Disons que, dans la tradition juive, Bethleem a ete remplacee par Jerusalem, la grande ville batie par le roi David. Pour la tradition chretienne, les villes de Nazareth et de Jerusalem n’ont pas et ne peuvent remplacer Bethleem au plan de la symbolique theologique. Mais le fait que le christianisme quitte de maniere tres sensible cette bourgade de Judee n’empechera jamais les fideles du monde entier de venir en pelerinage comme cela se produit massivement en ce moment. Pour des raisons diverses, ce phenomene ne s’est jamais produit dans des regions en grave peril comme Ur en Chaldee ou Haran (Chaldee, Mesopotamie, Irak). Il est clair que les villes les plus anciennes, a la source du monotheisme (Sumer), avancent vers une reelle disparition de ces communautes.Ceci est d’autant plus fort que la memoire est ancienne et les faits connus plutot incertains. Dans le cas des villes de Terre Sainte, la memoire est vive, contrastee, souvent polemique a propos des faits qui s’y sont produits. Certains lieux sont dedoubles pour concurrencer des Eglises en competition.

Il est vrai que les chretiens semblent s’ecarter des lieux traditionnels a Jerusalem. Mais il semble se confirmer que les fideles de Bethleem aient beaucoup moins quitte la Terre d’Israel que lors de la premiere Intifada. Ils se sont installes de preference dans le centre de pays tout en continuant de demeurer en Galilee, de maniere neamoins bien plus frileuse qu’autrefois.

Il y a donc les chretiens de Jerusalem. Il est tout-a-fait clair que la montee reelle d’une prise de conscience identitaire juive tendrait a vouloir s’approprier des pans entiers de la Vieille Ville, sans que ces quartiers jamais vraiment ete habites de maniere significative par les Juifs au cours des deux derniers siecles. Les Juifs pieux ont desormais des “ilots” en milieu chretien qui montrent bien des accords conclus, avec plus ou moins de succes, avec les proprietaires legitimes locaux.Il est evident que le nombre de chretiens diminuent dans le nombre des marchands du souk qui mene de differents cotes a la basilique du Saint Sepulcre. Certains vendeurs restent grecs ou armeniens, syriens-orthodoxes. Ils deviennent une minorite. Il faudrait un enorme travail de cohesion communautaire mais egalement une veritable catechisation du service “de ventes des souvenirs” pour que la vague islamique, et surtout le processus de secularisation, puisse etre endigue. A ce stade, la situation est quasi irreversible, ce qui peut largement expliquer des tensions de fort repli ethno-centriques.

La societe israelienne se percoit, dans une vision traditionnelle, comme “juive avant tout”. Cette perception ne reflete la realite civique que de maniere relative. Des milliers de citoyens israeliens devraient renoncer a leur citoyennete si le retour a Sion s’etait produit selon les paroles du roi Cyrus d’aller rebatir le Temple a Jerusalem! (Finale du 2eme Livre des Chroniques; finale de la Bible selon la tradition juive). On est bien loin de la repudiation des femmes non-juives prechee par Esdras lors de la reprise du culte dans le Temple. La realite israelienne exprimerait meme plutot le contraire: les raisons les plus diverses en arrivent a justifier l’aliyah et dont l’octroi de la citoyennete israelienne a des personnes qui n’y auraient parfois meme jamais pense! C’est vrai de la plupart des ex-sovietiques que je frequente et dont on compterait sur les doigts d’une demie-main ceux qui aurait pense vivre en Israel et mener meme une certaine forme de vie juive minimale imposee par la Loi au temps au temps de leur enfance.

Il est donc evident que les services Statistiques de l’Etat hebreu mais aussi des Services competents de la Mairie de Jerusalem en arrivent a “minorer” l’importance de la presence chretienne dont le taux de naissance est effectivement moindre que chez les juifs et les musulmans. Il s’agit ici, des Arabes chretiens en premier lieu. A cet egard, 1967 a marque une annee de choc pour les chretiens. Le royaume de Jordanie a toujours garanti aux chretiens des droits et un respect important. C’est un moine du patriarcat grec-orthodoxe de Jerusalem qui sauva le futur roi Hussein en l’emmenant sous son manteau alors que son pere Adb’Ullah etait assassine sur le mont du Temple. Dans le hall de reception traditionnel du patriarche grec orthodoxe de Jerusalem, la photographie du roi Hussein montre une fidelite indefectible au souverain et a l’Etat hachemite. Il sait faire bon usage des pretres arabes et de laics locaux (non palestiniens) qui ont beneficie d’un haut niveau de formation. On peut vraiment parler, dans le contexte jordanien d’une arabite chretienne et orthodoxe – completee par la presence de catholiques et d’assyro-chaldeens.

Mais, a ce jour, a Jerusalem-Est, le christianisme semble s’auto-detruire sans meme lutter ou avoir des signes positifs de reactivation. Le drame pitoyable de la succession du patriarche Diodoros decede en 2001 etait absolument previsible. L’Eglise helleno-orthodoxe est prise dans une spirale qui marque un naufrage historique profond et irreversible. Au fond, depuis les temps apostoliques jusqu’ aujourd’hui, le grec reste langue vivante et langue de la priere dans la Rehov HaMinzar Hayavani qui descend vers le patriarcat et le Saint Sepulcre ou Anastasis. Mais la catastrophe humaine et spirituelle actuellement traversee et qui n’a pas encore atteint son fond buttoir doit etre considere comme un extraordinaire et unique evenement spirituel qui a eu beaucoup de paralleles dans de multiples pays. Ici, le probleme reside en ce que cela concerne directement les lieux et les options de la foi la meme ou toute l’histoire du salut continue de se derouler et de se jouer entre Dieu et les hommes.

Nous avons recemment enterre Abuna Elias, decede a 83 ans apres de multiples hospitalisations. Il habitait dans le complexe de demeures ou se trouve l’Eglise de Saint Nicolas ou je celebre tous les samedis. Il vint tant qu’il le put assister a la Divine Liturgie, restant assis a priere au fond de l’eglise tandis que sa femme prit souvent le relais quand il ne put plus marcher. Soit il s’approchait de l’iconostase soit j’allais a ses cotes pour le communier. Il etait profondement arabe. Respecte par les Arabes mais aussi par les grecs. Il etait sage, savait se faire ecouter et entendre. Il a su contrer les Grecs a l’occasion mais aussi rappeler certaines exigences aux siens. Je lui demandais parfois s’il desirait que je ne dise rien lors de sa propre Communion aux Saints Dons. Au fond, un pretre se communie soi-meme en absence d’un eveque et en presence de concelebrants. Il appreciait notre chant en hebreu et en langues diverses, arabe inclus.

On sentait neanmoins, lors de son enterrement au cimetiere du Mont Sion, que le clerge arabe, majoritaire et surtout palestinien, etait profondement affecte par son depart. Il ne sera pas remplace. Car, quel est l’avenir du christianisme arabe en territoire palestinien et en Israel?

Je raconte souvent, ces derniers temps, comment pendant le dernier Careme (2007), j’etais assis dans le petit bus, le 38, qui traverse la Vieille Ville par l’entree de la Porte de Jaffa, et sort pat le Kotel HaMaaravi (Mur Occidental) a la Porte des Immondices pour remonter vers la vieille gare ferroviaire et le centre de Jerusalem-Ouest.Il m’arrive souvent de le prendre pour des raisons de commodite. Egalement parce qu’il est un moyen de contact et d’esayer de reduire l’etancheite qui se fait jour entre juifs et non-juifs.

Il etait midi et une jeune femme etait assise, lisant son livre de prieres en arabe et faisant simplement son signe de Croix a la maniere orthodoxe. Elle etait entouree d’hommes et de femmes juifs pieux qui ne disaient rien, ne marquerent aucune hostilite. Le fait s’est reproduit plusieurs fois. Il semble clair qu’il est plus facile pour une femme de montrer son christianisme que pour un homme, a moins que celui-ci ne soit travaille vraiment que dans la Vieille Ville.

Mais il y a plus grave: les chretiens se cachent. Je fais quotidiennement l’experience de ce que les personnes que je viens de confesser (en moyenne de 1 a 3 heures chacune), ne me saluent pas dans la rue si nos chemin se croisent d’aventure! Il y a 10 ans, les chretiens se saluaient dans le Vieille Ville – peut-etre pas en dehors, c’etait deja vrai! – aujourd’hui on passe sans se regarder, se voir, se reconnaitre. Chacun a son groupe. Hors groupe, on peut encore se saluer, mais pas en presence du groupe. Il y a ceux qui reconnaissent tel pretre et non tel autre et encore moins ceux-la et ceux-ci. Inutile a ce jour de faire une remarque. Cela frappe parfois. Il m’arrive d’interpeller violemment des chretiens qui refusent obstinement de se saluer. Il y aura un sursaut, il restera en ce moment temporaire.Quoi qu’il peut laisser un desir trouble de preserver les contacts qui se deletent.

Il fut un temps ou des femmes divorcees de juifs venues avec leur epoux en Israel acceptaient de se marier a des Arabes chretiens orthodoxes. La foi orthodoxe – voire certaines Eglises catholiques orientales – ont pu servir a renforcer des liens qui ne sont pas toujours evidents sur le plan culturel, linguistique. Certains couples existent vraiment, mais le plus souvent l’epouse “israelienne” a exige d’habiter en dehors de la Vieille Ville, dans des quartiers plus “israeliens” (Talpiot) ou encore des zones dites “neutres”.

La plupart des enfants de ces couples parlent hebreu entre eux, sauf dans la Vieille Ville. Ils sont rejoints par une “haine virtuelle”, politique et factice, envers le juif et l’Etat hebreu tandis que les hierarchies et clerges locaux jouent a fond le refrain classique de l’antagonisme judeo-chretien, arabo-chretien, judeo-musulman. Il faut un rare equilibre mental pour sortir de maniere a peu pres coherente d’une telle situation. Au moins, le monde juif pieux fait lucidement face au defi surhumain de telles situations qui restent transitionnelles. Elles ne sont pas appelees a durer. La communaute juive a souvent mis en place des groupes d’assistance psychologique, ce qui est une habitude typiquement israelienne pour contrer des contextes de crise.

Il est certain que le chretien de Jerusalem ne veut pas etre vu. Les syriens-orthodoxes ont obtenu un statut particulier. Ils sont “ashurim – assyriens” pour les israeliens, ce qui est faux historiquement, mais ne les classent plus parmi les Arabes. En revanche, ils ont souvent du mal a trouver du travail en raison de leur mauvaise connaissance de l’hebreu. J’ai connu de nombreux cas de jeunes garcons qui ont pu, parfois avec beaucoup de tenacite un peu “secouee de l’exterieur”, comprendre qu’il etait utile de faire cet effort d’acculturation qui reste mal vue et bien plus, mal percue. Ceci dans toutes les Eglises. Par ailleurs, l’Eglise armenienne a-t-elle su ou voulu, au tournant de la perestroika, alors que se batissait une libre republique tres pauvre en Armenie, defendre les interets des chretiens armeniens du Proche et du Moyen-Orient, en particulier ceux qui sont entres en Israel au moment de la guerre du Liban (1976; 1980-84)? Nul ne saurait nier que les Armeniens construisent des eglises ou en restaurent, ce qui est une vraie preuve de vitalite.

Il y a les “autres”. Ceux qui sont venus de l’ex-Union Sovietique. Ils sont tres nombreux. C’est un fait. Il y a les Ethiopiens qui ont aussi des “pretres” mais dont les reperes culturels sont sans doute assez eloignes des autres Eglises. Si un grec-orthodoxe arabe de Jerusalem, ayant de la famille en Israel, Palestine et en Jordanie, epouse une femme ukrainienne divorcee d’un Juif qui lui a permis d’immigrer dans le pays, on ne peut dire qu’il y ait beaucoup d’elements qui jouent a priori en faveur de la transmission d’une identite claire. D’autant que le christianisme de Terre Sainte a sans nul doute survecu grace a un clerge marie local (cf. les articles du P. Christophe Dumont op). Mais il semble bien qu’a Jerusalem en particulier, l’atmosphere induit le celibat monastique et une vie monacale qui se diffuse dans toutes les communautes, contrairement au judaisme et a l’islam. Encore que le judaisme ait – a bien des egards – une perception tres “monacale” du mariage que le Pere Marcel Dubois avait bien repere.

Appartenir a une famille-type comme celle proposee, c’est savoir que la vie sera tres difficile sur le plan humain. Un jeu de miroir permanent faits de clarte et de secrets. Alors que le christianisme propose une theologie de la lumiere, il s’embourbe institutionnellement dans le manque trop sensible de confiance des fideles envers un clerge souvent importe ou reduit a une sorte d’amitie laique. Le secret de la confession et de la guidance spirituelle qui a tant aide pendant les heures sombres du communisme, est simplement debattu ici sur une place publique sans qu’il y ait des forces vives pour parler de resistance et de garder le caractere sacre des Sacrements. Le morcellement des Eglises en 13 Eglises principales et d’innombrables autres denominations ou “sectes” finissent par ne rien construire. Le monde juif ignore ces realites alors qu’il est lui-meme tres fragmente.

Je connais des Roumains arrives voici une trentaine d’annees et qui ont continue de frequenter l’Eglise orthodoxe roumaine dont l’histoire est importante en Terre Sainte. Certains ont parfois birfurque vers les catholiques de langue hebraique, mais d’autres ont simplement continue dans leur Eglise d’origine. Le probleme est alors celui de la transmission de la foi et la catechese. Dans tous les cas, les enfants sont tres vite hebraises et leurs reperes passent alors d’abord par le modele impregne de Talmud qui leur est propose par le systeme israelien. Ceci est normal. De fait, les Eglises n’ont pas su prendre le tournant de l’hebraite qui se pose cette annee ave le 150eme anniversaire de la naissance de Eliezer Ben Yehuda, le renovateur de la langue hebraique. Il faut egalement compter avec l’affaiblissement visible d’un christianisme qui a pris du retard par rapport a l’identite juive de l’Etat d’Israel. En 1981, lors de l’election du patriarche Diodoros des grec-orthodoxes de Jerusalem, la question pouvait sembler secondaire.

Aujourd’hui l’Etat hebreu ne laissera pas un point de iota de liberte a un christianisme dont il a bien trop subi les humiliations historiques et theologiques. Il faudra beaucoup de temps et d’energies, de personnes competentes et pretes a ce combat pour que le christianisme soit vraiment reconnu pour ce qu’il est par le judaisme. En retour, le paysage d’un christianisme aussi soupconneux de la foi d’autrui et de sa propre conduite peut difficilement apprehender aevc justesse ce qui se produit dans la societe israelienne.

Dans toutes les diasporas du monde, les Eglises sont presentes et ont pu developpe des structures qui permettaient de transmettre les traditions propres. C’est vrai des Grecs, des Russes, des Ethiopiens en ce moment. En Israel, la force assimilatoire de l’Etat hebreu laisse peu de place a des personnes qui se cachent, ont peur d’eux-memes, des autres et en finissent par ne plus rien exprimer de l’Amour divin. Il y a en ce moment des centaines de pelerins qui viennent de l’ex-URSS. Ce mouvement ne fait que commencer car il appartient a une ancienne tradition byzantine slave.

Dans une structure de mini-groupes et de ghettos, cela permet de faire croire a certains eux-memes peu assures de leur identite reelle, que l’on peut organiser des groupes catechetiques slaves ou roumains ou ethiopiens. Je parle des nouveaux immigrants et leurs relations avec les Eglises locales. C’est oublier qu’il faut baucoup de courage et aussi de foi authentique pour depasser son propre statut “etranger” alors que les enfants sont deja des “nationaux israeliens” qui devraient beneficier d’une formation naturellement portee au dialogue et non a l’exclusion haineuse faite de frilosite et d’estrangement. A cette egard, la franchise doit etre l’element moteur d’une vraie vie ecclesiale. Que penser d’un garcon “vagabond theologique”, juif par son pere en ex-URSS, donc non juif en Israel; conscient de l’antisemitisme post-sovietique du clerge russe actuel, il vit pendant des annees a l’ombre de couvents russes anti-Moscou qui s’allient naturellement a Moscou a la fete de l’Ascension derniere. Sa famille (epouse et potentiellement les enfants) sont antisemite, mais desireux de rester en Israel, il se fait valoir pour juif, puis trouve un moyen de rester comme travailleur etranger. Il reste russe et le restera car son epouse n’aime pas Israel mais seulement la russeite et l’Eglise russe dans le pays. Tout est alors mele, fait de confusion. Il en resulte que, de combinazione en combinazioni, il arrive a se faire ordonner a l’etranger et servir dans le cadre du patriarcat de Jerusalem qui ne l’aurait pas ordonne “en raison de ses positions non interessees par la population orthodoxe en Israel” selon ses propres propos! Au fond, on mesure ici le drame d’une quete identitaire mal assuree pour un homme qui aurait du ecoute et forme a juste titre. Or, il est arrive a l’ordination diaconale avec 4 empechements canoniques majeurs sans que quiconque s’en soucie. Il porte la soutane en cachette… quoique pour un service qui a une vraie raison d’etre sans jamais apparaitre…

Mais ce n’est pas un cas unique. D’abord parce que la hierarchie locale a une attitude interessante: au fond, un russe n’ira jamais se confesser reellement a un hierarque grec, surtout s’il vise l’ordination. Il va aussi “cacher, simuler, dissimuler”. Ce qu’il ne fera pas envers un pretre russe car la chose est bien plus difficile. Et il y a une proximite culturelle et comportementale qui peut etre utile. Que dire du diacre qui s’est fait soudainement ordonne quelques semaines apres avoir officialise son mariage avec son epouse et qui la quitte sur le champ en etant “virtuellement” accepte comme moine? L’ignorance du droit canon ou simplement le fait de passer outre, de maniere systematique les regles les plus elementaire de l’Eglise nuit terriblement, a tous les niveaux hierarchiques, a un respect reel de l’Eglise locale par les fideles. Que penser aussi du role insipide de l’argent dans de telles situations.

Il y a aussi les “eveques” orthodoxes qui ont officiellement fait leur aliyah en Israel en tant que juifs. Habituellement installes sur la cote, entre Bat Yam et Herzliyah, ils consultent par telephone et grace a des intermediaires para-diaconaux. Comment des immigres – non uniquement orthodoxes – de cette nature peuvent-ils beneficier d’une vraie credibilite spirituelle alors qu’ils se sont prealablement inscrits dans des instituts de giyur (conversion au judaisme) au cas ou ils seraient denonces (sic) aux autorites par de “mauvais chretiens”.

La denonciation est aussi un mal effroyable qui ronge le tissu social des Eglises. Il est normal – partout dans le monde – qu’une autorite, egalement la hierarchie ecclesiale – tente d’etre au courant de ce qui se passe. En revanche, l’Etat d’Israel utilise au maximum les services de Renseignements qui sont avant tout de l’ordre de la Bitachon בטחון – Securite et non au sens roumain de l’ex-Securitate. Il est du devoir de tout juif d’assurer la protection de la societe israelienne et donc evidemment de tout citoyen de cet Etat.

Il peut se produire que certains chretiens refuseront ou seront tres peu portes a informer des instances d’Eglises d’actes, de comportements, de projets qui nuisent a la securite de l’Etat hebreu. C’est d’autant plus comprenhensible que les Eglises ont une reconnaissance limitee de cet Etat et se comportent comme des Etats dans des structures d’Etat qu’ils ne connaissent pas. Par ailleurs, le chretiens aura alors le scrupule de “trahir jesus Christ” meme s’il denonce une propagande antijudaique notoire. Le conflit personnel peut etre terrible au niveau moral et personnel. Dans certains cas, la chose fut pire car deux pretres de ce genre ne sont pas pretres et ne furent jamais ordonnes regulierement. Il est tout-a-fait evident que de tels comportements fragilisent au maximum un tissu chretien, affectant les Eglises principales tandis que d’autres savent encore controler plus ou moins ce que l’on peut appeler “la purete canonique”. Enfin, si un pretre entend en confession des situations de ce type (les cas ci-dessus sont connus dans le pays ou en Russie, en diaspora), il est tenu au silence.

En revanche, la coutume veut dans l’etiquette moyen-orientale, que l’on soit rarement seul avec un hierarque. Tout se sait. Il n’est pas certain que la delation/denonciation soit un element positif du tout, sans compter que ce principe ne releve pas d’une grande elevation spirituelle. Mais les gens “racontent” ce qu’ils voient, ce qu’ils pensent ou veulent ou sont incites a voir! Il en resulte un imbroglio saisissant. Il a pu peut-etre servir du temps des Ottomans. Les Britanniques etaient des chretiens d’une culture plus proche de celle des Evangeliques actuels ou des Baptistes americains. Les Israeliens, pour leur part, ne peuvent lire dans ces rumeurs permanentes et flottantes qu’un moyen supplementaire de controler des collectivites chretiennes qui s’enliseraient.

Il reste que Jerusalem est le seul lieu du monde ou le Christ est assurement present, L’a ete, – Il l’est et le sera. Il pose alors les memes questions qu’a ses contemporains: ne pas rougir de Lui. Au lieu de se tourmenter comment faire de nouveaux convertis ou bien eviter d’en faire, les Eglises peuvent affirmer avec force leur Credo. Car rien n’y pourra jamais: ni les proprietaires terriens, ni ceux qui desirent acheter la terres ou les deneures. Le Mystere de Jesus de Nazareth est irremediablement inscrit dans cette cite et y rejoint le Mystere d’Israel jusqu’a la consommation des siecles.

One thought on “Jerusalem sans chretiens?

  1. Quelles sont exactement les conditions pour pouvoir aller vivre en Israël?
    Un non-juif doit-il se convertir au judaïsme pour pouvoir aller vivre en Israël?
    Il me semble qu’il y a aussi des chrétiens qui vivent en Israël, et même… des mormons sur le mont Scopus, n’est-ce pas? Quel est alors leur statut? sont-ils citoyens israéliens? résidents permanents en Israël? ou autre? …

    Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s