La longue marche de la foi

J’ai prévenu la rédaction du journal Le Monde de la reprise éventuelle de mes chroniques dans le blog. Il ya eu un feu vert. Au fond, je le fais surtout pour pouvoir ajouter les mots non-français dans leurs formes cursives habituelles. J’ai aussi un projet : reprendre, après un temps assez long d’activités pédagogiques judéo-chrétiennes en Israël,certains aspects de mon émission “Shabbat et Résurrection”. Ceci existe en qnglqis et pqrfois en hébreu dans les différents blogs que j’ai aujourd’hui. Mais une chronique brève semble aussi intéresser les fidèles de Finlande (Association Makkabim) et de Makedonia… Il est aussi intéressant de reprendre une formule au bout d’une douzaine d’années. Il s’agit alors d’une longue marche; il ne peut y avoir de téléthon de la foi. La foi ne saurait être “rentable”; la foi est gratuite… elle n’est pas mesurable. La foi n’est pas un marathon. Ou alors il faut rajouter quelques zéros pour des milliers de pas et de kilomètres qui ne rapprocheront pas davantage de Dieu. En revanche je mesure le chemin parcouru à l’aune des réussites accomplies par notre vie de foi familiale dans le combat pour la survie de notre fille. Elle est vraiment confrontée au défi du téléthon. Comprenne qui pourra.

 

Chronique d’abonnés

La longue marche de la foi

par Av Aleksandr

Nous sommes souvent fascinés par la durée, le temps qui passe. Nous engrangeons une mémoire visuelle à coup de films et de “cinémathèques” privées et publiques. Pourtant le temps s’esquive. Ainsi, il est utile de comprendre que les chemins sont distendus et que les routes se séparent. C’est donner du sens et de la densité alors que certains se recroquevillent sur le passé.

Il est possible que la société humaine dite “développée” passe par une hypertrophie égotique, hédoniste soumise à des instincts de méchanceté grégaire, de meurtres des corps et des consciences.

“Aller son chemin” consiste précisément a imprimer la marque du pardon. A ce niveau, les autorités civiles et religieuses se paient souvent de mots et y perdent leur bas-argot. Il est étonnant de constater combien de fois Jésus marche dans l’Evangile et invite les disciples a faire de même : un vrai téléthon de la foi. “Vous êtes reçus, bien – vous n’êtes pas reçus, secouez la poussière de vos sandales et appelez la paix puis partez” (Matthieu 10, 14; Marc 6, 11). “De même, si un conflit éclate, il faut marcher avec les personnes concernées jusqu’a ce que la limite soit atteinte par  le jugement de l’Eglise » (Matthieu 5, 25; Luc 12, 58) C’est problématique dans des sociétés sécularisées comme les nôtres. Pour le figuier stérile, la question est identique : pourquoi vouloir le couper ? Eh ! Et s’il donnait du fruit à l’avenir…

En russe, “pardonner” se dit “proschat’ – прощать” qui est lie a la racine “quitter”, non pas “laver, effacer”, mais “quitter et abandonner”, de manière positive. “Se quitter, se dire au revoir” se dit effectivement “proschat’sya – прощаться”. Il est parfois difficile de savoir dans quelle mesure ce départ est productif et en quoi il permet d’ouvrir des pistes positives.

J’ai toujours incité les personnes que j’ai rencontrées pour des questions de foi à accepter de “marcher sur leur propre chemin”. On peut se heurter à de fortes réticences. Il faut aussi tenir compte de la délicatesse de personnes qui préfèrent se fixer dans un lieu. Nous aimons trouver de paisibles “niches” de toutes sortes.

La première radio FM chrétienne de France fut lancée voici 27 ans. Aujourd’hui, le défi médiatique est partout présent et nous rejoint même dans nos mobiles téléphoniques, par le biais de l’Internet. A l’époque, cela permit à d’exprimer la foi de manière très diversifiée. J’ai ainsi pu lancer une émission faisant le lien entre les textes lus dans la Synagogue chaque shabbat avec ceux proposés dans l’Eglise. Ce fut le lancement de “Paroles d’Evangile, Mémorial d’Israël”. L’émission fut diffusée tous les quinze jours dans un premier temps, puis sur un quart d’heure pendant plusieurs années. Après bien des recherches, il se confirma que c’était la première fois que, sur une station de radio chrétienne, qu’une mise en perspective des textes lus dans la synagogue et dans l’église était proposée, en donnant des exemples concrets tirés de la vie quotidienne. Le livre “Paroles d’Evangile, Mémorial d’Israël” parut chez Fayard en 1987 avec une longue préface du P. Marcel Dubois o.p. qui vivait alors en Israël.

Plus tard, cette émission est devenue Shabbat et Résurrection, présentant tant les textes de la synagogue que ceux des églises orientales et occidentales, catholiques et orthodoxes. Ce fut une expérience passionnante. dans la mesure ou tous ces textes s’accompagnent naturellement dans la compréhension de notre temps au moyen de l’Ecriture. Tout adolescent, mon fils participa à cette émission selon le principe de “Sh’ma Israel – Ecoute, Israëשמע ישראלl” : “Et tu répéteras/enseigneras (ces paroles) a tes enfants… assis et marchant sur ton chemin…ושננתם לבניך … בשבתך ובלכתך בדרך” (Deut. 6,4).

Aujourd’hui, ces émissions sont, depuis de nombreuses années, devenus des articles dans la presse israélienne et des moyens de connectivité au sein d’une société israélienne multi-identitaire confrontée au pari inattendu du dialogue non-monologué, de la longue et patiente marche de la foi.

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