Qui a peur du grand méchant loup… méchant loup…?

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Qui a peur du grand méchant loup… méchant loup…?

 

Qui a peur du grand méchant loup... méchant loup...?

par av Aleksandr, prêtre orthodoxe (Israël)

 

Nous avons traversé un Novembre-Cheshvan indien sinon tropical. Le vent du désert fait un ciel si jaune (arabe, russe) ou orange (hébreu) qu’il ne fait que l’humilité. Il va pleuvoir ! Même les mages et “marabouts-chamanes” de la côté dorée  (depuis Akko à Ashdod), où l’on consulte le marc de café en guise d’aventure mentale le disent : vivre sans espoir, c’est péché. On est vieux par ici, mais la jeunesse pousse partout. Pour l’heure, seuls les champignons ont 9000 ans à Jéricho.

 

C’est quoi cet air “catastrophe” qui mine le moral des gens un peu partout, sauf vraiment chez nous. Le peuple (Rus.: Narod- Hbr.: Ha’am) a besoin de grandes causes, de défis grandioses, et même plus vrais que la réalité ou l’utopie. Vraiment, à lire les dépêches, même spamiques, vous y croyez vraiment au débat sur “l’identité”? Ici, entre Jérusalem, Tel Aviv, Haifa et/ou Beer-Sheva, il y a, pour parler franc, comme une problématique combinatoire d’éléments disparates.Qui a peur du grand méchant loup? Chez vous, on crée des évènements parasitaires à affoler grands-mères et petites filles sages. Qui peut sérieusement croire à cette identité nationale sinon qu’il faut bien rassembler les électeurs d’une société dont les politiciens semblent singulièrement mépriser le peuple. L’Eglise rappelle ses ouailles. Il semble faire plus chaud dans les mosquées et les synagogues, mais n’est-ce pas le côté “qui affole/ bouh, ze big bad wolf…”?Chez nous “l’autre”, c’est simplement tous ceux qui ne sont pas nous… et nous compris. Autant dire un peu tout le monde. Chez vous, “l’autre”, c’est flâner entre l’enfer et le néant. L’autre est assimilé ou exclu. Les hollandais ont un proverbe: “On se supporte parce qu’on ne peut pas se supprimer”. C’est violent!
Le véritable enjeu est celui de la crédibilité : humaine, spirituelle, sociale, économique. Est-on crédible quand tout est flou? Il faut alors recréer des identités qui se voudraient fortes. Sinon, les vieux slogans reviennent comme des démons et les loups qui entrent dans les villes et dévorent les méninges… “Travail, famille, patrie”. En Israël, on n’en parle pas: ça se vit parce que si cela n’appartenait pas à l’être, nous ne serions plus de ce monde depuis longtemps.
Elle est étonnante cette “force tranquille” des politiciens qui se succèdent aux tribunaux pour être jugés, prison ferme, sursis ou amendes vertigineuses. En Israël, nous avons toute une caravane de chameaux futés qui feront trois petits tours (peu) glorieux et disparaîtront dans les sables mouvants. Les meurtres sont à la mode. On s’appelle par le net et on se descend; on verra qui survivra… Habituellement, nous sommes plus sous contrôle. Mais le falalel ne serait-il plus ce qu’il était?C’est le plus dur en ce moment: les harédiques relancent leur hit: “shabbès – respecter le shabbat”. Les relations humaines sont parfois tuantes : une famille est assassinée par un videur alcoolique et joueur issu d’ex-URSS comme ses patrons qu’il a tués, lacérés puis mis le feu à la maison. Sa femme était la maîtresse du grand-père. Des consommateurs ordinaires.Les rabbins lancent des “décisions rabbiniques” de leur cru affirmant qu’on a le droit de tuer le “païen” pour préserver sa sécurité. En fait, tous les clergés réfléchissent à la mort par pensées, actions, omissions ou passions comme on dit ici. Ca fait très “branché” de se déhancher avec un Magnum à la ceinture. Tout le monde s’y était mis dès l’an 2000, pour le millénaire : qui n’a pas investi dans des “balles (bénites) du millénaire en provenance de Terre Sainte”?! C’est fou comme le sacré baigne dans le sang et  les gens pieuses jouissent dans des turpitudes-nature…Un mogoul-tycoon international condamné chez vous-chez nous, bienfaiteur de Sdérot ici et citoyen angolais vient, dans un mouvement historique renversant, de demander sa nationalité russe pour préserver sa sécurité. Nous en avons beaucoup comme ca. Une sorte de shawarma, cette viande qu’on tranche et couche avc des piments et salades dans du pain. Justement, en hébreu “mafia = boulangerie”! – un petit air marseillais à la Raimu avec beaucoup de chats “Pompon” qui se feraient tuer ou gruger comme des petits pains.Chez nous, le grand méchant loup du jour, c’est l’Iran. Ils donnent dans le nucléaire. Franchement, un peu tout le monde veut, pour cette Hannukah ou Noël, son petit gadget atomique qu’on tirera tranquille un jour de Trinity Day (jour de l’explosion de la première bombe atomique en vue de Hiroshima).Et puis, le vrai loup bien vicieux, c’est nous-mêmes. Parce qu’il est plaisant de “virvolter hors contrainte sans autre projet que soi-même”. Le mot hébreu pour “fou, foldingue” est meshugah/Yid. meshuge”. L’hébreu et surtout le yiddish ont un nombre impressionnant de termes pour décrire, avec humour et sympathie, cette caractéristique humaine d’inconséquence à la Titanic.Nous sommes volontiers sous influence, d’humeur changeante, versatiles. Le grand méchant loup veut le pouvoir. Et nous?

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