Entre Jérusalem, Antioche et le Qatar

http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Radio-Notre-Dame-Une-chronique-consacree-a-l-affaire-de-la-juridiction-canonique-sur-le-Qatar_a4376.html?com#com_4572654

I propose here my comment on the ongoing discussion on the dispute between the Patriarchate of Antioch vs the Patriarchate of Jerusalem on the Orthodox site in French “Parlons d’Orthodoxie”. It should be an opportunity to balance the points of view and references and widen the scope of the “concerns” involved in the region. In French.

Then, following this text, the first one that I had published, also in French. I intend to put on a version in English quite soon. Who is the first, who is the last? Who serves, who is ready to serve in the terrible situation in which the Near and Middle-East is marching in. Let us all pray and be human, Canon Laws do exist in order to manage history, heritage and walk ahead of all possible and often unexpected events.

“Je ne souhaite pas entrer dans une polémique. Vous avez raison de dire que le Patriarcat de Jérusalem communique d’une manière qui peut être différente des moyens proposés par les techniques modernes de communication. Encore que le Patriarcat dispose d’un site qui diffuse les principales nouvelles en grec, arabe, anglais et en russe.

J’ai écrit des notes à plusieurs reprises sur le sujet, non pas pour entrer dans une querelle mais parce que je suis le témoin d’événements que je puis suivre en essayant surtout de les replacer dans un contexte plus large.

Chaque patriarcat peut agir en fonction de ses propres traditions ou droits, héritage ou conflits, ne considérer que son propre bien, sauvegarde ou développement. La situation actuelle au Proche-Orient est telle qu’il y va d’abord du sens, de la décence, de la Communion dans le Seigneur ressuscité. Il paraît, en général, particulièrement difficile ou douloureux dans notre contexte de guerre terrible, de demeurer ensemble et surtout de préserver toutes les facultés qui peuvent être les nôtres en tant êtres humains, marqués du signe de Jésus Christ ressuscité.

“Le Fils de l’Homme n’a pas où reposer la tête” dit Jésus Christ en Saint Matthieu 8, 20. C’est un verset qui prend tout son sens dans la région. Nous sommes entourés de ruines, entourés de vestiges. Il ne se passe pas de semaine sans qu’en Israël, mais aussi dans les Territoires Palestiniens, dans tout le Croissant fertile, on ne trouve des signes de la présence longue et affirmée des traditions de toutes les Eglises de Dieu. On trouve des sites archéologiques d’une très rare valeur pour l’ensemble des communautés religieuses.

Dans le même temps, l’histoire semble avoir éradiqué ou désertifié certaines régions. Que penser et surtout ne faut-il pas prier avec ferveur pour toutes ces villes et sites du christianisme, de la culture et des confluences de civilisations (Palmyre aussi) qui sont systématiquement détruit ou violés entre la Plaine de Ninive et la Syrie.

Si l’on regarde une carte, on remarque de suite que le christianisme a été massivement présent dans la Péninsule Arabique, dans le désert du Sinaï où Dieu a parlé, où le Christ enfant est passé vers l’Egypte puis de retour en Terre d’Israël (Matthieu 2,20). L’Arabie – oui, elle fait partie des titres du patriarche de Jérusalem ainsi que la Syrie et le pays au-delà du Jourdain – et il ne faut pas oublier que ces termes désignaient des réalités bien plus grandes territorialement que celles que nous évoquent ces noms aujourd’hui. Les Eglises d’Orient (Eglises orthodoxes anciennes) qui se sont déployées au cours de l’histoire jusqu’à la Perse, l’Afghanistan, le Cachemire, le Tibet (Lhassa fut une métropolie assyrienne) puis sur l’Asie, sont effectivement passées par une vaste Arabie qui furent largement christianisée. Elles furent accompagnées ou précédées par la présence très ancienne des communautés juives, depuis le Yemenat (Reine de Saba à cheval sur la Corne d’Afrique) et ont remonté vers les plaines de Ninive, d’Irak, ancienne Sumer et Mésopotamie, berceau de la foi monothéiste.

On peut comprendre que l’on pense naturellement à la montée depuis Jérusalem jusqu’à Damas puis Antioche où les croyants reçurent le nom de “chrétiens = xristyané” en araméen, donc un mot hellénistique et non sémitique (meshixé) (tardivement dans les Actes des Apôtres 11, 26).

La route qui longe tout le pourtour méditerranéen, depuis l’antique siège patriarcal d’Alexandrie et de toute l’Afrique remonte, à partir de Jérusalem vers Antioche puis Constantinople et Rome. Mais la route de l’Est a bien existé, de même que celle du Nord, comme vers l’Arménie (premier Etat chrétien en 301) et la Géorgie qui reçut l’autocéphalie du siège patriarcal d’Antioche.

Aujourd’hui, il n’y a plus de chrétienté visible et établie comme sièges reconnus au sein des Eglises de Dieu sur le territoire de l’Arabie. Certes, il y a des titres qui ont été attribués par le Patriarcat d’Antioche et de Tout le Levant. C’est le thème-même du débat. Mais les sièges historiques de l’Eglise péninsulaire ont disparu et on assiste à une fragilisation majeure et dramatique dans toute la région alors que c’est là que l’Eglise a commencé d’exister, de vivre des Saints Mystères et les a portés dans le monde entier. Mais ceci, conformément au témoignage de l’Evangile s’est produit parce que le Seigneur a demandé à ses Apôtres et disciples “d’être ses témoins par le don du Saint Esprit depuis Jérusalem, toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la Terre” (Actes des Apôtres 1, 8).

Le kérygme du salut, de la rédemption en Christ comme l’attente de son second et glorieux Avènement part de Jérusalem et y revient. Cette dimension théologale appartient autant à l’histoire qu’elle prend une dimension méta-historique.

Notre génération a la grâce de servir Dieu dans des paysages très variés, des Eglises locales qui ne sont pas des “diasporas” mais l’incarnation en tout point du globe de la toute-présence du Seigneur. Nous sommes du coup les “membres les uns des autres”. Cela peut paraître un doux rêve face à une réalité plus fragmentée, sinon “split” comme le disent en anglais et au quotidien les locaux de Terre Sainte en voyant nos divisions persistantes. Nous avons la tâche et la grâce d’attester d’une unité qui nous “incardine” (comme diraient les Latins catholiques, car nous sommes scellés “comme des gongs/cardo” à une Eglise locale) dans un lieu qui fait l’Eglise locale et celle-ci ne peut s’approprier quoi que ce soit.

Il est vrai que Jérusalem a été le dernier patriarcat créé et reconnu canoniquement en 451. Ce n’est pas le seul patriarcat ou Eglise orthodoxe dans le cas et ceci s’est produit maintes fois au cours de l’histoire, dans des lieux et des contextes très variables.

Il reste que le patriarcat de Jérusalem est vivant et existe parce que le Seigneur est né, a vécu, a préché, enseigné, marché au travers de la Terre Sainte d’Israël ou de Canaan, en Judée et en Samarie, à Cana de Galilée (aussi l’un des titre du Patriarche de Jérusalem et de toute la Palestine) et qu’il est mort, ressuscité selon notre foi à Jérusalem, entre le mont des Oliviers, la Colline de Sion et la Vallée du Cédron. La liste des premiers évêques, à commencer par Saint Jacques, frère du Seigneur (mentionné dans le Talmud de manière laudative) et une liste impressionnante de martyrs – tout cela fait qu’il faut reconnaître que nous avons le devoir de garder le sens de la révélation et de l’histoire, au delà de tout différend qui peut être pertinent,.

Dans les différents blogs et sites que j’anime, je fais mention de ce qui se passe dans l’ensemble des Eglises, surtout orthodoxes, quelles qu’elles soient et où qu’elles agissent. Je suis un prêtre israélien, juif de naissance, et j’affirme ce fait au nom de la Tradition sur une terre où se rencontrent toutes les nations, toutes les langues et formes spirituelles qui peuvent exister à ce jour. J’aime la tradition grecque parce qu’elle a imbibé en profondeur l’âme universelle du christianisme reçu du judaïsme hellénistique qui est par trop absent, la richesse vénérable des traditions liturgiques. C’est essentiel dans des situations très imbriquées car “le caractère hellénistique” reste, peut-être à son insu, un recours extérieur qui doit à tout prix continuer d’exister tout en tenant dument compte de toutes les belles et riches traditions de l’Orient chrétien et byzantin ou autre auquel nous appartenons.

Il y a le monde arabe, la langue arabe, sa pensée qui lie par un trait d’union invisible le christianisme à l’islam et au judaïsme – en plus de l’hébreu et de l’araméen. Il y a les Eglises byzantines issues du monde slave (notamment russe, mais une forte présence ukrainienne, biélorusse ou encore d’Asie centrale ou orientale). L’Eglise roumaine ou celle d’expression moldave, géorgienne, serbe – tout cela se retrouve à cette heure à Jérusalem.

Il est utile de le rappeler car le rôle du patriarcat de Jérusalem dépasse de très très loin le petit nombre de notre clergé et de nos fidèles in situ: il y va d’une situation tellement imbriquée qu’elle invite à la supplication et sûrement pas à la chicane d’où que celle-ci puisse venir. Existerait-il un “phylétisme territorial ou géographique” alors que nous affirmons l’unité de la foi.

Dès 1996, l’archimandrite et futur Patriarche Theophilos a servi comme desservant officiel du Patriarcat de Jérusalem à Doha, au Qatar. Il s’y est rendu tous les mois. Je n’entre dans aucune polémique, c’est un fait. Son service a cessé lorsqu’il a été nommé à Moscou. L’archimandrite Makarios, hieromoine grec qui avait séjourné un certain temps en Serbie et parle très bien serbe et aussi assez bien le russe, est arrivé à Jérusalem très jeune et il parle parfaitement arabe. Il s’est rendu au Qatar. Il y a une église “rattachée au patriarcat de Jérusalem” où il sert et vient donc en aide aux nombreux expatriés qui travaillent au Qatar tandis que de très nombreux chrétiens palestiniens travallent dans tous les pays du Golfe, sinon en Arabie Saoudite.

Nous pouvons réfléchir aux erreurs et/ou aux droits des uns comme des autres, mais croit-on vraiment qu’une communauté religieuse chrétienne est totalement libre d’agir sans le consentement des autorités qataries et, toutes choses étant égales, de tout émir des Pays du Golfe pour chaque jurisprudence concernée? Saint Paul parle de “la profondeur, de la largeur, de longueur de la connaissance de DIeu”… (Ephésiens 3, 18) ce qui incite à la réflexion de choses bien plus vastes que nos désaccords intra-ecclésiaux dont il faut tenir compte aussi.

Tout ceci se produit dans un cadre où se constitue une re-christianisation difficile car non-admise par certains pays islamiques mais qui brasse un nombre inouï de fidèles orthodoxes issus de l’ancienne URSS, des Pays de l’Est européen mais aussi de la Terre Sainte. Ils viennent gagner leur vie et en même temps ils témoignent de la richesse de la foi chrétienne.

Il y a donc une urgence pastorale. Ceci est essentiel, c’est le plus important.

J’étais présent à la consécration épiscopale de l’archevêque Makarios. Il a été accompagné dans l’autel/Ol’tar par les représentants des différentes Eglises orthodoxes présentes à Jérusalem. Les photographies, les vidéos en témoignent comme elles montrent des différentes manifestations publiques et officielles à Doha.

Le Patriarche Theophilos avait, depuis longtemps, été en contact avec certains milieux musulmans. Il avait créé une association arabophone alors qu’il était encore prêtre à Cana de Galilée. Ce que j’écris là est très succinct, mais il faut replacer toute la vie de toutes les Eglises présentes ou en visite à Jérusalem dans une perspective globale qui ne peut reposer sur des conflits de quelque nature que ce soit.

Enfin, pour rappel, ces questions “territoriales” ont déjà été problématiques par le passé récent. Lorsque l’ancien secrétaire général du Saint et Sacré Synode du Patriarcat de Jérusalem Timotheos (aujourd’hui exarque du Patriarcat de Jérusalem à Chypre) fut nommé “métropolite de Vostra”, cela provoqua aussi des tensions avec le Patriarcat d’Antioche puisque Vostra est situé au sud de l’Arabie (aujourd’hui saoudite). Et puis les choses passèrent.

Dans le cas présent, il y a d’autres paramètres. Ils sont nombreux et il n’y a aucune raison de les énoncer, sinon que de donner des éléments de réflexion sur des faits connus et publics. Pour ma part, le lien originel qui lie les territoires entre la Syrie et le Sinaï, l’Arabie et l’Irak incite à préserver en tout l’union. Le Patriarcat d’Antioche est tellement riche par son histoire, son rôle de pont entre christianisme, tradition byzantine et arabité, monachisme et maintien dans une région tellement éprouvée.

Un dernier point: le Patriarcat de Jérusalem est le seul à avoir maintenu un unique épiscopat local; nous ne connaissons pas la multiplication du même siège à l’identique du titre, ni la situation de “clonage” à la manière d’Avignon bis ou ter.

Voyant Jérusalem, Jésus pleura sur elle. “Roi céleste, Consolateur…”

II.

This article was published in the French new “Famille Chrétienne” nd the appended “note” that follows thereafter is the monthly report made by Carol Saba, a member of the Patriarchate of Antioch and all the Levant, also the speaker of the Conference of the Orthodox Bishops in France, dispatched via Radio Notre-Dame (Catholic Radio in Paris, France that also broadcasts Orthodox programs shared on KTO).

Patriarch Theophilos III of Jerusalem (Greek: Η Α. Μακαριότης ο Πατριάρχης Ιεροσολύμων Θεόφιλος Γ’ ) (born 1952 – Ilias Giannopoulos, Ηλίας Γιαννόπουλος) is the current Patriarch of the Orthodox Church of Jerusalem. He is styled “Patriarch of the Holy City of Jerusalem and all Palestine and Israel.”

This description is from Wikipedia and revised by myself as I have been present in Jerusalem since 1997 and thus in direct contact with the Patriarch, the members of the Holy and Sacred Synod of Jerusalem and a witness of the personal involvement of the Hierarch.

Theophilos (also spelled Theofilos or Theophilus) was elected by the Holy Synod of Jerusalem as the 141st primate of the Orthodox Church of Jerusalem on 22 August 2005, confirmed by the pan-Orthodox Synod of Constantinople. The election was endorsed by Jordan on 24 September 2005, as one of the three governments whose endorsement is required. He was enthroned on 22 November 2005, despite Israeli objection. Theophilos had previously petitioned the Israeli government for recognition of the election.

Theophilos was elected unanimously by Jerusalem’s Holy Synod to succeed the deposed Irenaios I. Theophilos is regarded as having been more favorable to his deposed predecessor, which may assist him in bringing stability to the troubled patriarchate as Irenaios’s supporters may thus unite around him and make peace with the synod. Upon his election, Theophilos said, “In the last few months we have had a lot of problems but with the help of God we will overcome them.”

He served as archdeacon for then-patriarch Benedict I of Jerusalem. From 1991 to 1996, he was a priest in Kafr Kanna in Galilee, which had a predominantly Israeli Arab Christian community, there he also formed a society called “Nour al Masih” (“Light of Christ”) to spread the Orthodox Christian faith throughout the region.

Theophilos studied theology at the University of Athens and went on to complete a master’s degree in Durham. He has studied at Hebrew University in Jerusalem. Besides his native Greek, he also speaks English, Arabic and Hebrew.

In 1996, he was one of the first Christian clergymen in centuries to make an opening into the closed Wahhabi Islamic society of Qatar, an area historically under the jurisdiction of the Orthodox Church of Jerusalem where many Israeli Arab migrant workers live today, a considerable number of them Orthodox Christians. He subsequently served as Exarch of the Holy Sepulchre in Qatar.

From 2000 to 2003, he was church envoy to the Patriarchate of Moscow but mostly steered clear of Moscow, where the Patriarchate has an established metochion.

Before becoming patriarch, Theophilos served for a short time as the Archbishop of Tabor, consecrated to the episcopacy by Irenaios in February 2005.

He was officially enthroned as Patriarch of Jerusalem and All Palestine[6] on November 22, 2005. Delegates from all of the Orthodox Churches as well as high secular dignitaries were in attendance, including the President of Greece, and senior officials representing the governments of Palestinian National Authority, Jordan and Qatar, as well as diplomats and military officials.

Patriarch Theophilos of Jerusalem and All Palestine has been visiting the Israeli Arab Christian workers and other Orthodox Christians in 1996 and ever since the Patriarchate of Jerusalem used to send a clergyman till the consecration of Archbishop Makarios in Jerusalem, in the presence of the different representatives of the Orthodox Churches that are acting in the Holy Land and Jerusalem as shown in this link with pictures of the celebration: “https://www.facebook.com/media/set/?set=a.485571844825843.1073741828.397453566971005&type=1“.

Here is the link to the Parish in Doha (Qatar): “http://orthodox-world.org/en/i/15826/St.Isaac_and_St._George_Greek_Orthodox_Church_of_Qatar_Doha“.

In terms of history, indeed, the Patriarchate is the last one that came into existence in 451 AD. The argument is a bit special as far as the whole of the history of salvation happened in Jerusalem, from the Presentation of the Lord in the Temple, to his crucifixion, death, resurrection and that the real name of the Holy Sepulchre is “the Anastasis/Church of the Resurrection”. It is and remains, volens nolens, beyond all other and further developments throughout the ages and all the continents, the place where redemption and hope beyond hope have duly shown to all mankind and all the Nations of the world. True, Saint Peter (Shimon Bar Iona or Kaifa, either in Hebrew or Aramaic), was the first head of the Church at Antioch and there the believers were called “Christians” for the first time. Indeed, the Patriarchate of Antioch did grant autonomy to different Churches (Georgia, Jerusalem), but our Church does remain the “Mother Church of all the Churches of God” as stated in the tradition.

Beyond this, indeed things are embattled. It is not a period of history when the Churches are to compete or fight since the Lord shares territories and lands for His sake and not our’s. There is a multiplication of hierarchs and bishops all over the world – also in France and in Paris with regards to the many bishops of the Orthodox traditions and so forth. One thing is clear: then-archimandrite Theophilos did serve in Qatar, also after he left, archimandrite Makarios did come. How things came to this situation is not defined. Last but not least, indeed, one should respect the canons of the Orthodox Church. A similar problem was raised years ago when former Secretary General, Metropolitan Timotheos was appointed with the title of Vostra that is located in Arabia. It took time and things got settled. History can be special, but the real spiritual care for the existing believers is the true question and duty for all and in decency with consideration to the local ontext as it evolves.

Patriarcats de Jérusalem et d’Antioche : l’orthodoxie divisée ARTICLE | 07/07/2015 | Par Marie Malzac
 

Alors qu’approche le Concile pan-orthodoxe prévu en 2016, une nouvelle division vient d’affecter les orthodoxes.

Au cœur de la discorde, la juridiction sur le Qatar. En 2013, le Patriarcat de Jérusalem a nommé un archevêque pour le siège de ce pays de la Péninsule arabique. Pourtant, d’un point de vue canonique, l’autorité sur ce territoire revient au Patriarcat d’Antioche et de tout l’Orient, dont le siège se trouve à Damas (Syrie). Aussi, après plusieurs mises en garde et tentatives de conciliation, ce dernier a acté la rupture entre les deux Églises sœurs « jusqu’à nouvel ordre ». Une décision rendue publique par le synode du patriarcat d’Antioche au terme de la réunion qu’il tenait, à Balamand (Liban), du 23 au 26 juin.

Pour le Père Nicolas Karazian, professeur à l’Institut de théologie Saint-Serge, cette compétition intra-orthodoxe est avant tout politique. Elle s’inscrit dans un contexte de « perte d’influence » de Jérusalem et d’Antioche sur leurs territoires respectifs, d’où une volonté accrue d’assoir leur autorité au sein du monde arabe en ces temps troublés par les conflits en cours dans la région.

Ce différend envenime l’unité de l’orthodoxie, composée de nombreuses Églises autocéphales, alors qu’approche le très attendu Concile pan-orthodoxe annoncé pour la Pentecôte 2016 et dont la préparation remonte au début des années 1960. L’objectif de cette assemblée est de réunir l’ensemble des composantes de l’orthodoxie : « Il s’agit pour nos Églises de réactualiser notre discours et de parler d’une seule voix face aux défis du monde contemporain », explique Carol Saba, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, qui regroupe les représentants d’une dizaine de Patriarcats.

Le principe de fonctionnement du Concile étant celui de l’unanimité, la présence de toutes les Églises est un préalable pour la tenue de cet événement. Autant dire que toute nouvelle dissension au sein de l’orthodoxie peut faire reculer des années de travail. Mais pour l’heure, le Patriarcat d’Antioche compte être partie prenante de ce rendez-vous historique et espère en un prompt règlement du conflit.

protopresbytre (av) aleksandr

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