Certains se retrouvent, d’autres se cherchent, le Seigneur les trouve !

Quoi de neuf à l’Est ? Les choses  semblent se répéter, rebondir dans un temps que l’on n’aura pas apprécié à sa juste mesure. Il est dur de trouver une mesure qui soit compatible avec une région aussi tribalisée que le Proche-Orient. Un monde restreint, de longs espaces qui grandissent, se vident des âmes vivantes ou, au contraire, commencent à laisser poindre des cultures vives.

Il y a une sorte de silence sur la Russie dans la plupart des media européens ou occidentaux. Le plus souvent, on évoquera des forces obscures, un pays où la liberté a été apparemment démuselée voici trente ans mais qui, aujourd’hui, s’enfoncerait à nouveau dans une tentation de pouvoir, d’esclavagisme des êtres, des libertés sous contrôle. Un espace qui est le plus souvent trop vaste ,trop grand. Trop de superficies qui dépassent l’entendement. Le temps prend une tout autre mesure lorsque l’on a passé le brouillard des Carpathes, de Kosice (Slovaquie) à Ujgorod (Ukraine occidentale), à la frontière d’une Ukraine composite depuis des siècles. A Jitomir, le temps est déjà “à la russe”, à la post-soviétique. On entre dans un temps élastique, long, large.

Ensuite, il y a des mondes, des langages, des dialectes, des prononciations à la villageoise, souvent citadines, des accents dont les tonalités varient sur des milliers de kilomètres, des nations diverses et quasi universalistes. Il s’agit le plus souvent de peuples, de petits groupes disparates qui rassemblent des faisceaux d’une exceptionnelle richesse humaine, géographique. La russéité s’est métissée entre l’Euro-Asie, les paumettes hautes, les jambes très longues ou des carrures rondes, compactes, des cheveux noirs ou blonds, des yeux bleus ou verts. Un kaléidoscope qui unit les Slaves, les Grecs, les Romano-Daces, les Magyars, les Polonais et les Ukrainiens avec les Grands-Russiens ou des Caréliens finno-ougriens qui frayent avec les Nentsy. Plus loin, ce sont les cousins d’expressions turques, le macrocosme caucasien qui paraît surgir du Déluge ou d’ADN’s maillées entre l’Arménie, la Géorgie, la Turquie et le Plateau perse. Et puis la route se poursuit sur l’Asie centrale, l’Islam que les Juifs d’Ouzbekistan, de Kirghizie, de Tadjikistan, de Kazakhstan ont longtemps accompagné avant de revenir au bout de près de 2500 ans à Jérusalem, Holon ou Hadera en Israël, voici seulement trente ans. Ils furent suivis par ces autres Juifs, ukrainiens déportés en Asie centrale durant le seconde guerre mondiale. A longer le fleuve Amour qui serpente vers Chita, la Mongolie, le Sin Kiang, la Mandchourie, la Sibérie tisse sur la longueur les liens frontaliers avec les peuples de Chine, des cultures asiates (Bouriates), le Japonet la Corée. Un monde où les heures sont tellement escarpées qu’il faut presqu’un siècle à l’esprit pour savoir qu’un dossier sera traité à Moscou.

La Fédération de Russie est aujourd’hui amputée d’une large partie de son empire historique. Les quinze républiques socialistes soviétiques se sont disséminées dans des indépendances réelles, fictives, mêlant fierté nationale à des corruptions anciennes et persistantes. Les influences ont changées, les réseaux ont évolués. Il suffit de regarder un carte pour comprendre que le-dit empire demeure dans le tracé périphérique de la présence militaire de l’Otan. Certain parlera de l’affaiblissement de cet OTAN/NATO. Il est question de mort cérébrale tandis que l’organisation enserre le continent russifié sans vraiment le pénétrer.

L’immensité déroute. Elle apaise des populations qui s’acharnent à garder la mémoire des péripéties anti-nazies. Elles furent victorieuses au prix d’un sacrifice qui est naturellement énorme.

Comme en miroir de ce continent gigantesque, Israël est un “olam qatan/עולם קטן = un monde petit, en miniature”. Pourtant, l’immensité s’y exprime dans le temps de la civilisation, des cultures, des idées, des concepts. Ce monde en miniature est innervé par tous les neurones qui forment des milliards de réseaux par toute la terre.

Aujourd’hui, c’est un immense melting-pot, un laboratoire qui brasse les ADN’s et les civilisations. La russéité est immense. Israël serait la deuxième nation russe dans le monde… C’est le président Vladimir Poutine qui l’a affirmé. Dernièrement, les Ukrainiens ont prétendu que c’était la seconde terre ukrainienne du monde, tout cela parce que le numerus clausus pré-révolutionnaire cantonnait les Juifs dans les villes et villages du “Kordon/Кордон”, des marches périphériques de terres en recherche de pureté écologique ou faussement raciale, russes, attachée à la foi orthodoxe de la Sainte Russie ou cosnciences aux infleunces mêlées de tous les courants théologiques ou culturels.

Voici maintenant de nombreuses années, comme j’étais assis à mon habitude dans le petit jardin qui fait face au Mur Occidental du Temple de Jérusalem à regarder les personnes qui passaient, venant du monde entier mais aussi des Arabes du coin, je discutais en hébreu et en russe avec le vendeur de kippot, Géorgien de naissance. Une moniale de la Mission (Délégation) ecclésiastique russe du patriarcat orthodoxe de Moscou s’approcha et me demanda, selon la tradition, de lui donner la bénédiction. Un monsieur l’accompagnait. Il se taisait, un peu à distance. Elle lui servait de guide. Je le saluai. Il ne me répondit pas vraiment. Ils partirent faire le tour de l’esplanade du Mur. Une heure passa et ils revînrent. La moniale m’expliqua quelque chose et le monsieur, à qui je souhaitais un bon séjour, me dit : “Comment se fait-il que vous parliez russe ?” Je lui répondis que le russe est parlé dans le monde entier. Il répliqua : “Ah, bon ?” – Je dis : “Oui, vous le voyez, même à Jérusalem !” Le vendeur géorgien regardait la scène d’un air goguenard tandis que la moniale me disait “au revoir” et que le monsieur regardait alentours.

Le dimanche suivant, dans la partie orthodoxe du sanctuaire du Saint-Sépulcre, je vis ce monsieur à deux mètres de moi. Il avait revêtu les vêtements liturgiques qui correspondaient à son rang épiscopal. Nous avons échangé un long regard.

Il y a des immensités qui s’expriment dans le silence tacite d’une cohabitation inexplicable, imprononçable. Le silence couvre des siècles de fréquentations altérées. Pourtant dans un Lieu aussi compact que le Saint-Sépulcre, les distances cèdent involontairement devant le mystère qui rassemble des siècles de survivance.

Israël, deuxième nation russe du monde ? En l’an 2000, lorsque Boris Yeltsin héla des soldats israéliens parlant russe car venus de l’ex-URSS en leur intimant l’ordre de se plier à ses ordres, j’ai vu deux garçons et une fille de TzaHaL (Armée israélienne) lui répondre crûment qu’ils étaient là pour le protéger, qu’ils étaient désormais chez eux mais qu’ils n’avaient aucun ordre à recevoir d’un homme d’Etat russe en visite (sic). Le président resta coi, à peine bouche bée.

Ces jours-ci, la Fédération de Russie intervient dans le monde entier. Elle n’est pas présente à Berlin alors que les festivités du trentième anniversaire de la chute du Mur de Berlin exultent sotto voce. La Russie est présente dans tout le Proche-Orient. Elle avance ses représentants et ses armées dans une marche vers les Lieux Saints du christianisme et parvient à dialoguer de manière assez paisible avec l’Islam.

A soixante-quinze ans de la fin de la deuxième guerre mondiale, la diabolisation anti-orientale est largement prêchée dans le monde dit occidental. Celui-ci est polymorphe. Parlerait-on d’un monde occidental arabo-musulman ? D’un monde occidental africain ? Que dire de l’Inde ? La fracture sud-américaine a bien montré que l’Evêque de Rome reconsidère les équilibres économiques, politiques, intellectuels et spirituels à partir du monde plus proche de la Patagonie, des Malouines et du Venezuela que de Naples.

Il y a trente ans, le communisme chancelait comme structure politique et mentale dans les Pays de l’Est et tombait comme élément structurel dans l’ex-Union soviétique. Les quinze républiques éclataient, se démembraient, repriorisaient leurs alliances. Des liens historiques s’affirmaient à nouveau vers les familles turcophones, musulmanes. La Fédération de Russie y perçut un effondrement qui aurait mener à une profonde dépression.

C’est l’époque où les principales Eglises orthodoxes ont pu sortir d’un sommeil ancien, de catacombes, de temps de dictatures sanguinaires. C’est aussi un fait : il y a de la démesure dans les chiffres des néo-martyrs des Eglises chrétiennes assassinées dans les territoires soviétiques. On parlera des camps, des Goulags, de l’extermination, des famines. Les victimes – croyantes ou non – se comptent en plus de vingt millions de vies sacrifiées. La lutte pour une liberté aisément asservie continue et continuera comme une damnation que le “monde libre” interprète selon ses règles, ses rites. L’Est ne pourra jamais roquer à l’Ouest du continent euro-asiate.

On assiste partout au renouveau de la foi orthodoxe de tradition slave et russe qui inclut aussi les expressions ukrainiennes, biélorusses, moldaves et roumaines. La tradition russo-slave s’est aussi largement répandue dans les différentes langues d’Europe (allemand, anglais, néerlandais, langues scandinaves, espagnol et autres, sans compter les langues aléoutiennes ou d’Afrique, d’Asie). Celles-ci sont liées au patriarcat orthodoxe russe de Moscou ou bien au patriarcat de Roumanie, voire l’Eglise des Terres tchèque et slovaque ou celle de Pologne.

En 1967, à peine nommé à la tête du département des affaires extérieures du patriarcat de Moscou, le métropolite Cyrille – actuellement patriarche – avait été confronté à la difficulté de confirmer les droits de propriété et l’héritage de son Eglise particulière à travers le monde, notamment à Jérusalem. La révolution de 1917 puis la fin de la première guerre mondiale, les divisions territoriales et idéologiques du monde qui ont suivi la seconde guerre mondiale, les années quasi centenaire d’un régime communisme prétendument athéiste – souvent opportuniste envers la foi – avaient sapé jusqu’aux fondements les plus évidents de ce qui constitue l’Eglise russe orthodoxe

Jusqu’à une époque très récente, elle fut aidée par des groupe “libéraux” d’Occident. Des mouvements protestants comme les baptistes ou encore des catholiques (Aide à l’Eglise en Détresse) ou des communautés ouvertes à la dimension charismatiques qui ne cachaient pas leur désir de ramener une orthodoxie considérée comme délétère vers le pôle central de l’Evêque de Rome. Ce fut l’idée du Saint-Siège dès le début de l’ère communiste. L’Eglise officielle orthodoxe a survécu en Union Soviétique, avec des compromissions diverses entre l’Etat et le clergé, vivant, à l’instar des citoyens et des fidèles dans un esprit où s’affichait une vérité moralisatrice qui masquait des mensonges aux multiples facettes.

Les Eglises catholiques et protestantes ont ainsi sponsorisé de nombreuses communautés en diffusant des Bibles ou en accommodant de vieux textes publiés au 19-ème siècle à leurs nouveautés missionaires . Toutes furent fort surprises lorsqu’elles prirent conscience de l’émergence et de la cohérence de l’Eglise orthodoxe russe dont le territoire canonique s’étend à l’ensemble de l’ancienne Urss.

Il fallut alors à réfléchir sur les communautés de la dispersion, nées avant et lors de la révolution bolchévique. Cette question ne se posait pas pour les Eglises catholiques et protestantes qui n’arrivaient pas à prendre conscience du réveil, d’abord exprimé en douceur, puis de manière de plus en plus dynamique et pressante, de la présence de l’Eglise traditionnelle russe orthodoxe dans le monde entier.

Cela reste une question à peine conscientisée en Occident. Lorsque le future patriarche Cyrille de Moscou arriva à Jérusalem et tomba sur une nouvelle donne en terre israélienne, il comprit immédiatement la difficulté qu’il aurait à réaffirmer une ancienne présence orthodoxe russe en Terre Sainte. Voici deux ans, on célébrait les 170 ans de cette première mission ecclésiastique de Jérusalem – initialement lancée par le Synode de l’Eglise orthodoxe de Moscou puisque le patriarcat ne fut rétabli qu’en 1917. Dans toute la Terre Sainte, il existe des monastères acquis avant le milieu du 19-ème siècle. Les Russes sont fascinés par la Bible (la lecture de l'”Ancien Testament” selon le texte massorétique en russe ne fut autorisée qu’en 1862 et publié en 1876) et l’Evangile qui suit la tradition grecque de la Septante. Très tôt, ils firent des pèlerinages longs, pénibles mais fervents sur les pas de Jésus de Nazareth. L’Empire russe sauva la primauté de la Fraternité grecque-orthodoxe du Saint-Sépulcre lors de la guerre de Crimée (1856).

J’ai connu les jours d’avant le millénaire de la naissance de Jésus (an 2000) à Jérusalem. Les groupes et visiteurs orthodoxes de tradition russe se faisaient vertement rabrouer par un clergé grec habitué à faire face, au Saint-Sépulcre et dans d’autres lieux saints de la région, à toutes sortes d’adversités réelles ou supposées . A peine si les Slaves osaient chanter à voix haute le tropaire de la résurrection !

Les choses ont vite évolué au cours des quinze premières années du 21-ème siècle. L’Eglise Hors-Frontière qui avait vigoureusement soutenu le patriarcat de Jérusalem, se sentit délaissé lorsque le nouveau patriarche Théophilos recentra ses efforts sur la communauté d’expression grecque. Il y eut un temps “béni” où les pèlerins et touristes venaient facilement de Chypre et de Grèce. Puis ce furent les années de difficultés économiques pour ces ressortissants. Il y eut alors les péripéties internes aux Eglises chrétiennes dans l’Etat d’Israël, mais aussi dans les Territoires Palestiniens, tandis que le Roi de Jordanie se montrait de plus en plus exigeant sur l’ouverture du patriarcat orthodoxe au monde de l’arabité.

Cela prit du temps. Les Géorgiens et les Serbes avaient été priés de quitter Jérusalem. Le monastère de la Sainte-Croix (Jérusalem Ouest) hébergea des réfugiés russes et resta sous le contrôle du patriarcat de Jérusalem. Les fresques et objets les plus anciens du patrimoine géorgien furent gravement endommagés en juin 2004, les écrits en géorgien ayant été remplacés par du grec. Les monastères appartenant de longue date à l’Eglise orthodoxe serbe furent placés sous la main-mise du patriarcat grec-orthodoxe.

La Mission ecclesiastique de Jérusalem est un Lieu central dans le redéploiement spirituel de ce qui avait été mis en place au 19-ème siècle, suite à la guerre de Crimée. L’Eglise orthodoxe russe avait crée des écoles, surtout en milieu orthodoxe arabe. L’idée d’une “Palestine russe – Русская Палестина” avait été lancée dès 1845. De 1967 à ce jour, il faut souligner l’extraordinaire revitalisation des communautés d’expression russe, en lien avec Moscou ou des monastères connus de Russie. Une importante diaspora réside maintenant dans tous les continents et assure la présence effective, constamment en évolution, du patriarcat de Moscou.

Lorsqu’apparurent les flots de pèlerins (5000 russes, 3000 ukrainiens par jour à Jérusalem selon les époques de l’année, sans compter les Ouzbeks, Tadjiks, Kazakhs en nombre croissant) – totalement impavides aux dangers de la guerre et des intifadas réelles ou potentielles, les chrétiens locaux – orthodoxes grecs ou arabes – furent effrayés et comprirent difficilement l’enjeu spirituel ou même économique de ces ruées vers les Lieux saints. Il a fallu du temps pour que les réseaux se constituent entre les structures de Bethléem, d’Israël ou de Pétra en Jordanie.

La présence de plus d’un million d’ex-soviétiques d’expression russe, ukrainienne, biélorusse, yiddish et d’origine juive, ayant le droit de revenir en Israël au nom de la Loi du Retour, fut accentuée par la venue de personnes non-juives ou converties à l’orthodoxie et intégrés le plus souvent au pays. Ils sont devenus de fidèles Israéliens.

Pour les chrétiens orthodoxes, le patriarcat de Jérusalem reste une référence, d’autant que le patriarcat de Moscou est foncièrement respectueux du Droit canon. Moscou avait soutenu de manière outrancière la candidature au patriarcat du secrétaire général, fils d’un communiste grec notoire (Métropolite Timothée de Vostra, aujourd’hui représentant du Saint-Sépulcre à Chypre). C’était ignorer le sens de l’hellénisme viscéral de la Fraternité qui a maintenu depuis des siècles la présence chrétienne à Jérusalem. Avec les années, la venue en masse de pèlerins et l’élan des centres spirituels russes sur l’ensemble du patriarcat de Jérusalem contraignent à un dialogue respectueux et délicat avec une hiérarchie grecque qui doit maintenir son équilibre entre les Israéliens, les Arabes palestiniens et les Jordaniens… et le Roi de Jordanie.

C’est à Jérusalem que l’archevêque Marc de Berlin réussit à conclure, en 2007, la réunification de l’Eglise Hors-Frontière avec le patriarcat de Moscou. L’entité russe conservatrice, liée à la Grèce et la Couronne britannique, violemment anti-communiste accepta de rejoindre l’Eglise-Mère. Le scenario sera sans doute publié un jour. L’Eglise Hors-Frontière de Jérusalem, comme l’Eglise locale, avait connu les péripéties les plus invraisemblables (collusion avec les nazis comme avec les communistes en diaspora dans le monde) tandis que les moines, les moniales et le clergé étaient arabe, russe, américain, cubain ou encore de lieux les plus divers, y compris la Belgique pluriculturelle.

La présence et le soutien de l’ambassade et des représentations de la Fédération de Russie constituent un élément essentielle dans le déploiement de la présence spirituelle de l’orthodoxie russe en Israël, dans les Territoires palestiniens et en Jordanie. Les relations avec Israël sont distantes. Elles peuvent être chaleureuses comme celles de personnes qui se rencontrent naturellement, proches par la langue, la formation, un esprit commun. Mais Israël défend son territoire et son identité d’une manière tout aussi “féroce” que ce que font tous les chrétiens de Terre Sainte. Il y a peu de différences entre ce lien privilégié qui unit l’Eglise russe orthodoxe et les organes diplomatiques de la Fédération de Russie et les diverses instances représentatives d’autres pays réputés chrétiens (France, Belgique, Italie, Grande-Bretagne, Espagne, Allemagne, Autriche et autres pays issus du temps des croisades ou du colonialisme).

La Roumanie s’est violemment confrontée au patriarcat de Jérusalem pour avoir construit des lieux d’accueil des pèlerins orthodoxes au bord du Jourdain. La Géorgie vient de nommer pour un second mandat un ambassadeur qui est proche du patriarche Elia. Les rapports sont tendus avec l’Eglise serbe alors qu’Israel a accuelli un nombre non-négligeable de réfugiés suite à la guerre de Sarajevo-Srebenica et beaucoup d’habitants de l’actuelle République de Nord-Macédoine.

Alors, il y a le Mur de Berlin ! Berlin, ville schizophrène pendant plus de quarante ans, ville sous occupation américaine, anglaise, française et soviétique. Et, voici trente ans, voilà qu’il s’affaisse comme un château de sable ? Non. Cela a été préparé. Il y a trente ans, la résurgence des Eglises orientales, orthodoxes ou en communion avec le Siège de Rome, voire les sectes protestantes appartenait à un lubie encore utopique. Pourtant, les choses avaient été dûment anticipées, y compris dans le monde orthodoxe.

Il y a trente ans, les vieilles institutions jouaient les duègnes théologico-spirituelles par des réseaux qui sillonnaient la planète de manière encore clandestine (reprints, manuscrits-samizdats, ondes courtes et autres). A cette heure, serait-ce la guerre ? Chaque structure orthodoxe s’essaie à comprendre la place à laquelle elle a droit, à laquelle elle pense avoir droits et privilèges. Cela signifie qu’on jauge le voisin dans une ambiance irénique ou agressive. L’Orient ne fait pas l’autruche quand il s’agit de faire un clash. On clashe ! Cela peut être violent et puis les choses reviennent lentement à la normale lorsque les enjeux ont été réévalués. Trente ans ! Il faut du temps et de l’espace pour réévaluer.

L’Eglise orthodoxe russe reprend son souffle depuis quelque temps. C’est d’autant plus émouvant que son histoire est tragique. Je le redis volontiers : sa langue, le slavon (qui fascinait Staline par son côté esperanto pan-slave) est une langue fabriquée, un montage subtil au confins de l’ukrainien, du biélorusse et de parlers bulgares qui traduit au mot-à-mot l’original liturgique grec des Ecritures et des nombreux textes de prières.

Contrairement aux autres Eglises slaves qui sont passées aux langues nationales (par ex. le polonais, le bulgare, l’ukrainien, le serbe ou le macédonien), le slavon conserve une unité indubitable sur le plan phonétique, l’harmonie, la concision de l’expression. Pendant des années, le métropolite Cyrille passait volontiers au russe au cours de certaines célébrations difficilement compréhensibles. Plus tard, il resta fidèle à la nécessité de “chanter dans le choeur”, maintenant l’enracinement dans la langue d’Eglise. Une exigence réaliste pour un patriarcat qui connaît des difficultés historiques et synchroniques. Elle a peur d’être à nouveau fragilisée ou attaquée par des opposants qui ne sont pas des fantômes et ont tenté d’abattre tout en louant la beauté de ses traditions.

Il n’est pas surprenant que ce soit un évêque non-russe, Mgr. Jean (Renneteau) de Doubna qui ait “osé” – le mot n’est pas trop fort – précipiter le retour de l’Exarchat-Archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale vers l’Eglise-Mère qu’est le patriarcat de Moscou. Le 3 novembre/21 octobre (cal. julien) 2019, la Liturgie célébrée dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou rassemblait, pour la première fois, depuis le temps de l’émigration, les tendances les plus diverses et désormais unies, cohérentes de l’Eglise orthodoxe russe. On ne peut chipoter sur des pourcentages ou faire des élucubrations chiffrées sur les taux de véritable “communion”.

Ce fut un moment historique, peut-être bien davantage que l’improbable réunification de l’Eglise Hors-Frontière avec le patriarcat de Moscou, en 2007.

Le 3 novembre 2019, dans une ambiance typique des célébrations russes, un ordre certain, une gestuelle choisie, un style mesuré dans un lieu immense, il y eut une ambiance “bon enfant”, directe. Les uns et les autres se connaissaient et se reconnaissaient dans un “chez-soi” qui avait éclaté voici cent ans. Cela tient du miracle.

Ensuite, il faut laisser gloser ceux qui gloussent par nature ou vocation. Qui, comment, pour qui, pour quoi et pourquoi ? Le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine ne s’est pas montré pendant la célébration. Plus de cent-vingt représentants de l’Archevêché occidental étaient là, visitant le Kremlin, la Laure Saint-Serge de Radonège, chantaient, s’exprimaient en russe – et dans d’autres langues européennes – dans les media locaux.

Comme si le Mur s’ouvrait, traversait le temps et réunissait des personnes que l’on n’auraient pas imaginé venir ensemble pour retrouver des cousins séparés. Curieusement, comme pour tout ce qui touche la Russie, les media européens restent silencieux et ne perçoivent pas une ouverture, mais une scission. Les orthodoxes occidentaux parlent de “schisme”. Non ! Le Patriarche de Constantinople avait supprimé l’Exarchat-Archidiocèse des paroisses de tradition russe en Europe occidentale. Sans prendre l’avis des personnes concernées. Le clergé et les fidèles s’adressent librement aux structures qui leur paraissent d’assurer au mieux leur vitalité spirituelle. Tous peuvent demeurer au sein de l’Eglise orthodoxe et se juridictions canoniques.

L’Occident chrétien qui traverse des moments difficiles ne perçoit pas l’Orient pour ce qu’il est et sa tâche apostolique. Celle-ci ne s’improvise pas. Elle ne contourne pas la réalité des rangs patriarcaux historiques. La véritable question est celle de la “catholicité” du message.

“Aucune multitude dont chaque membre est isolé et impénétrable ne peut devenir une fraternité. L’union ne peut devenir possible que par devenir une fraternité. L’union ne peut devenir posssible que par l’amour fraternel réciproque de tous les frères séparés” (cf. Jean-Claude Larchet, En suivant les Pères… La vie et l’oeuvre du Père George Florovsky, p. 240. Ed. des Syrtes 2019)

Cette dimension s’exprime en ce moment par une trop grande diversité et désunion. Lorsque j’habitais en Islande dans les années 1970, nous étions trois russophones à Reykjavik. Aujourd’hui, le patriarcat de Moscou y est présent, ainsi que celui de Roumanie et d’Antioche (!), les catholiques sont originaires de toute l’Europe centrale et orientale en sus des luthériens locaux. C’est l’heure de la reprioritsation spirituelle dans le cadre de la mondialisation in vivo.

Le patriarcat de Moscou reprend ses réseaux asiatiques vers la Chine. Il a créé un centre pivot avec l’Exarchat moscovite  du Sud-Est asiatique qui assure un équilibre international par le nouvel Exarchat d’Europe occidentale. L’Eglise Hors-Frontière d’Indonésie vient de rallier cette nouvelle structure basée à Singapour. Dans de nombreuses régions d’Afrique, l’Eglise d’expression slave jouit d’un véritable prestige.

Il n’est pas question ici de l’Eglise russe orthodoxe stricto sensu. Elle prend le risque d’aller trop vite, de manquer des négociations auxquelles elle serait mal préparée.  Ses représentants de par le monde risquent de se coopter selon des critères incertains ou versatiles. L’Eglise russe a le droit de prendre sa pleine mesure et donner le meilleure de ce qu’elle est. Il lui faudra beaucoup de patience, de discernement pour rompre un isolement ou des temps de destruction. Les autres Eglises traversent ces mêmes remises à niveau, avec les mêmes hésitations, tentations et capacités créatives.

L’archevêque Antoine Kharpovitsky qui ouvrit la présence de l’Eglise orthodoxe russe en Terre Sainte l’a exprimé ainsi : “L’existence de l’Eglise ne peut être comparée à rien d’autre sur la terre, car sur la terre il n’y a pas d’unité, mais seulement la séparation. Ce n’est que dans le Ciel qu’il y a quelque chose comme cela. L’Eglise est une existence parfaite, nouvelle, une réalité particulière, unique sur la terre, un unicum, qui ne peut être strictement défini par aucun concept tiré de la vie du monde. L’Eglise est la ressemblance de l’existence de la Sainte Trinité, une ressemblance dans laquelle plusieurs deviennent un.” (Op. cité, p. 242).

Photo: Fr. Igor Kardapolov, priest in Ukraine,

The Edicule of the Holy Sepulcher

 

 

 

 

 

 

 

Orthodoxie : 55 ans sur le service public français

Sur une durée de 60 minutes, un remarquable panorama des 55 ans de l’émission ORTHODOXIE qui est diffusée depuis 1964 sur les ondes de la deuxième chaîne publique française, actuellement FRANCE 2, dans le cadre des “Chemins de la Foi”. Remarquablement bien conçue et montée par le père Jivko Panev avec Tania Rakhmatova, intelligence du déroulé, depuis la première retransmission de la messe catholique en 1948, puis l’évolution expliquée par Jean-François Colosimo, Mgr Jean de Dubna (ex-Charioupolis, ancien responsable de l’émission à l’appel de Gabriel Matzneff), Constantin Andronikof, Olivier Clément, Mgr Antoine de Souroge, Edouard Laham, Olga Victoroff… L’image prend tout son sens avec le père Nicolas Ozoline, spécialiste de l’iconographie qui met en image la dimension salvifique de l’Orthodoxie plurielle en France. Le propos de Régis Debray sur l’apport, la révélation de l’image en Occident et de la couleur à partir de Byzance reste essentiel. Une émission qui a donné de la chair de resurrection dans des temps d’effroyables persécutions – un devoir public de l’annonce du vivant comme le rappelle la rencontre entre Nikita Struve (YMCA Press) et J.F. Colosimo alors que paraissait en russe et en français l’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljénitsyne. Et puis, la fidélité des camps, les “éternelles” interrogations sur foi et langue, ici ou mainteant, là-bas où encore à Syndesmos, le père Lev Gillet et le père Cyrille Argenti, le père Pierre Struve, Mère Thaïs et une finale sur la crypte et la voix off d’Olivier Clément. Le temps de décliner, sur une heure, les huit tons toujours inédits d’une orthodoxie qui se poursuit, en temps opportun dans le cadre d’une laïcité à la française. »

Le lien suivant permet de regarder l’émission jusqu’au 8 novembre 2019 :

https://www.france.tv/france-2/les-chemins-de-la-foi/1089997-orthodoxie.html

Faith & Speech 1 (19.10.31)

Please find attached here two links that allow accessing online the new cycles of chronicles and video-conferences that I start for 2019-20 on the Orthodox site “orthodoxie.com” based in Paris (France).

The first chronicle in English is “Faith and Utterances 1”:

https://orthodoxie.com/en/faith-utterances-1-by-archpriest-alexander-a-winogradsky-frenkel-patriarchate-of-jerusalem/”

These are the daily dates that I use to share every day on my different sites and blogs as they appear on this Sunday night:

יום א’ ראשון וראשי און א שיינעם זונטיק כ”ח דתשרי תש”ף.
Приятного Воскресенья 27-ого\14-ого Октября 2019-7528. Blessed Sunday 27\14 of October 2019-7528 – Safar 29, 1441.
6769, 29, (tishrin qadmaya) ܬܫܪܝܢ ܩܕܡܝܐ

It shows that we are on the first head day (of the week) [Hebrew], a nice Sunday [Yiddish] 28 of Tishri 5780 / a sweet Sunday or Day of the Resurrection 27/14 of October 2019-7528 [Russian] / on the 29th day of the Month Safar of the Year 1441 of the Hijri, i.e. on the 29th day of the first (month) on Tishrin in the Year 6769 after the Assyrian comput.

I daily refer to these traditions. Basically, it allows appreciating times and delays. It means that we are on the move, live on the same planet, in different locations and that we understand the deployment of measurable periods and spaces according to contrasting cultural patterns. They maintain the primacy of a diversified system, among all human beings, in view to approach the quality of living in a special generation. Contemporary existence and continuous streaming that advances ahead of future times.

A year ago, I had started to publish posts in English on this site. These were conceived as chronicles on the connection between the Eastern Christian Orthodox traditions and the way the Jewish traditions could meet at the present. It was just a sort of launch, merely a project. Serving as an Orthodox priest in Israeli society and being born a Jew of Hebrew, Yiddish, multi-faceted backgrounds, I have spent long years of reflecting on the present development of new diachronic and synchronic cultural, mental, social, linguistic and spiritual-theological trends. I continue the reflection with back and forth travels and experiences in Hebrew-, Yiddish, Slavic-speaking environments. (Cont’d online…).

The final video-conference in French on the cycle “Les Portes Royales” et le sens du sacerdoce, du Service Divin, du Sacrement de l’Ordre dans le judaïsme et le christianisme :

https://orthodoxie.com/pere-alexander-winogradsky-frenkel-les-portes-royales-7e-conference-fin-du-cycle-et-presentation-du-theme-pour-2019-2020/”

“Nous vous invitons à regarder la 7e conférence du cycle « Les portes royales » donnée par le père Alexandre Winogradsky Frenkel qui présente aussi le thème pour 2019-2020.” (Suite en ligne par le lien).

 

 

Haralambos accounts 1

The report had been written first in 2004, i.e. before the deposing of former Patriarch Irenaios of Jerusalem, who at the present is a monk and still resides within the compound of the Greek Orthodox Patriarchate of Jerusalem. There was a switch one year before the election of new Patriarch Theophilos of Jerusalem who just commemorated the tenth anniversary of his enthronment at the Holy Sepulcher which I had attended.

This new putting online introduces further data to be shared that will slowly lead to an in-depth analyzis of the way things happened in May 2014 for the visit of Pope Francis and Ecumenical Patriarch Bartholomaios of Constantinople and New Rome, hosted by His Beatitude Theophilos of Jerusalem and All Palestine.

The present development of the situation of the patriarchate of Jerusalem in the countries of Israel, the Palestinian Territories and the Kingdom of Jordan in 2017-19 and the attitude of the Greek Orthodox religious Authorities allow republishing as each year this “diyun/”judgment”, though all accusations fell tacitly down or remained silent, a sign of “special courage or absence of courage” from within the Church at all levels.

Do not think that this passed and that years canceled this. My continuous service of the Church of Jerusalem is developing on other bases that show that there is strong resistance to make any remark on my constant faithfulness to the patriarch and the Holy Synod of Jerusalem. Indeed, I remain in contact with multi-faceted Israeli, Arab, Jordanian and many local jurisdictions. Interestingly, my publications are among the few that support the patriarch of Jerusalem and the Holy and Sacred Synod. A local Church who is the Mother of All the Churches indeed has been maintaining throughout the pathetic tragedies of history. It means that it can overcome all evil and good, just and uncanonical fake and real situations and has to take into account the newness of the local changes in the region and in the world. Jerusalem is also the only patriarch to be in conformity with the traditional canonical requirements of the Local Orthodox Churches. (Updated 19.10.25)

HAGIOS HARALAMBOS GREEK ORTHODOX PATRIARCHATE “COMMITTEE”

Report written by Archpriest Alexander Winogradsky
Following the protest of Archmandrite Nektarios after Easter 2004
And led to a “Synodal approved” Committee that met only once, on April 29/16th, 2004.
The Committee included : Metropolitan Kornelios of Petra, President of the Ecclesiastical Court, Metropolitan Ambrosios of Neapolis, Archbishop Aristarchos of Constantine, Acting Secretary of the Greek Orthodox Patriarchate of Jerusalem, Archimandrite Theophilaktos,
In the presence of Archimandrite Nektarios, Archpriest Alexander.

TO WHOM IT MAY CONCERN
The present document is Fr. Alexander Winogradsky’s response to the specific issues mentioned at the Committee Meeting as well as his response to the on-going situation in general. It is his hope that this will be transmitted to the members of the Committee. It additionally could be handed over “To Whom It may Concerns” as the facts do relate to Church issues with eventual legal ramifications.

1. THE FACTS

After Easter 2004 [April 11th/March 29th, 2004] around 200 faithfuls came to the Matins and Divine Liturgy celebrated at the Church of Hieromartyr Haralambos, located at the 8th Station of the Way of the Cross, on Hanqa St. in the Old City of Jerusalem. It was the 4th year in a row that the Great Feast of the Resurrection was celebrated there by the Slavic-Hebrew speaking Community headed by Fr. Alexander Winogradsky.

We did not anticipate such a large number of faithfuls because of the dire situation in the country. The Service and Liturgy are celebrated during the night and most of the faithfuls come not from Jerusalem [some are based there] but mostly from the Centre and the South of the country. Moreover it should be noted that Easter Sunday is a working day in the State of Israel and that local Christian Orthodox Israelis or mixed couples were going to their professional activities early on Sunday morning.

The celebration was conducted in many tongues as is usual in this community, i.e.: Slavonic, Hebrew, Russian, Ukrainian, Romanian, Serbian, Arabic, Greek, English. N.B. : a rather big group of Greek tourists participated in the Liturgy and Fr. Alexander read the Holy Gospel in Greek, many prayers were chanted in that tongue as well. Some litanies were also chanted in Yiddish as it is the mother tongue of many believers.

At the end of the celebration, we went to bless the food [Kulich and Passkha’s and other products such as wine, eggs etc.] on a side table located at the entrance of the Church. Then the Ukrainian faithfuls who are numerous on high Feasts and attend the Services on a very regular basis joined and sang many Easter songs in Ukrainian as it is usual in our Community.

Then, we packed up very quickly for the following reasons:
A] The faithfuls had normally a long way back to their home and all of them were working on that Sunday, with some exceptions who could get a day-off.
B] It was late and Fr. Alexander had to be present at the Holy Sepulchre for the Reading of the Holy Gospel in Hebrew at Noon / 1p.m.] on Sunday.
As we left, we left the regular NIS 50 Shekels, which is the usual offering to Fr. Nektarios as Higumen of the Church. This is the amount which had been discussed for over 2 years and is given for each celebration performed in the Church.

2. FR. NEKTARIOS’ ACCUSATIONS AGAINST FR. ALEXANDER

Fr. Alexander and the members of the Community learnt rather recently that Fr. Nektarios had strongly protested against them and made some specific declarations accusing them and especially Fr. Alexander directly to Patriarch Ireneos. To be honest, these accusations have been basically the same that have been made over the past 3 years, since the appointment of Fr. Nektarios as Higumen of Saint Haralambos Church and Monastery.

Therefore, we expected to celebrate as normal on Saturday, April 17th, 2004.

Thereafter, Fr. Alexander was told by Archbishop Aristarchos, Secretary General of the Greek Orthodox Patriarchate of Jerusalem, that Fr. Nektarios would not tolerate that Fr. Alexander would serve in “his” Church anymore. He also told that to the Patriarch. Patriarch Ireneos seemingly accepted the protest made by Fr. Nektarios and issued an order which Archbishop Aristarchos was empowered to tell Fr. Alexander :

A] After one week of “tolerance and patience”, Fr. Nektarios had received the agreement of Patriarch Ireneos to remove all the books, liturgical vestments and other affairs belonging to Fr. Alexander and the Community. Fr. Alexander should, from then onwards, serve the Services and Divine Liturgies either in the Church of Saint Theodoros headed by Fr. Theophilaktos or in the Church of Saint Nikolaos headed by Fr. Evsebios.

B] Fr. Alexander explained to Archbishop Aristarchos that this project to remove us from the the Church of Saint Haralambos was an old one tracing back to the assignment of Fr. Nektarios to this Church. That both Fr. Theophilaktos and Fr. Evsebios claim to be obliged to celebrate the Divine Liturgy on Saturday morning, which evidently would prevent any possibility for our Community to continue to celebrate on a regular and normal basis.

C] That representatives of these faithfuls had met Patriarch Ireneos who had welcomed them and had understood that Israeli citizen of Christian Orthodox Faith come from various areas of the country, especially youngsters, students, intellectuals, soldiers, mixed couples, Hebrew-speakers and other Jewish tongue speakers [mainly Yiddish]. That the Divine Liturgy is conducted in Hebrew but basically that the most important point is that they comprehend the language and understand what the celebrations mean. Therefore, living tongues are used, taking into consideration who is attending the Liturgy on that particular day. That this multilingual aspect is important for the universality of the Message of Salvation within the framework of the Church of Jerusalem.

D] That the Community, having to face permanent hostility from Fr. Nektarios, has requested to be given an autonomous Church with free access to the Church and to the “restrooms”. The request to have free access to restrooms is made becauses Fr. Nektarios had locked the toilets with chains and would not give access to the Faithful to use them. The Faithful had to then go to the nearby coffee-shops and/or the far located Patriarchate…
ARCHBISHOP ARISTARCHOS MADE CLEAR TO FR. ALEXANDER THAT :

THE PATRIARCH HAD ISSUED AN ORDER THAT FR. ALEXANDER SHOULD NO LONGER CELEBRATE AT SAINT HARALAMBOS CHURCH.
HE SHOULD REMOVE HIS LITURGICAL ITEMS FROM THE CHURCH AND MOVE TO EITHER SAINT THEODOROS OR SAINT NIKOLAOS CHURCHES.

FR. ALEXANDER WAS THEN TOLD THAT HE WOULD NOT BE ABLE TO CELEBRATE IN EITHER OF THE TWO CHURCHES BECAUSE OF THE STRONG OPPOSITION OF THE TWO PRIESTS AND HIGUMENS OF THE MONASTERIES, NAMELY FR. THEOPHILAKTOS AND FR. EVSEBIOS !!!

FR. ALEXANDER TOLD ARCHBISHOP ARISTARCHOS THAT:

* DURING THE 5 YEARS OF SERVING AT THE CHURCH OF SAINT HARALAMBOS, THERE HAVE BEEN ONGOING PROBLEMS AND ATTEMPTS TO HINDER AND EVEN TO DESTROY AND ELIMINATE THE COMMUNITY.

* PATRIARCH IRENEOS HAD GIVEN TO FR. ALEXANDER THE SAINT MODESTOS CHURCH AT ABU TOR, A HOPE THAT SADLY, VERY SUDDENLY DISAPPEARED.

* FR. ALEXANDER DID UNDERSTAND THE ORDER CONVEYED BY ARCHBISHOP ARISTARCHOS TO MOVE TO SOME “UNKNOWN” CHURCH, IMPLYING THE SCATTERING OF OUR COMMUNITY.

* BEING AS:

FR. NEKTARIOS IS CONSTANTLY REPORTING DIRECTLY TO PATRIARCH IRENEOS AND SLANDERING ON FR. ALEXANDER.

FR. ALEXANDER TRIES NEVER TO SLANDER OR ACCUSE FR. NEKTARIOS.

FR. ALEXANDER WAS NEVER TOLD PERSONALLY BY HIS BEATITUDE THAT HE HAD TO LEAVE THE CHURCH.

* THEREFORE:

FR. ALEXANDER WILL NOT REMOVE HIS LITURGICAL ITEMS FROM SAINT HARALAMBOS CHURCH.

The details of why this decision has been made follows:

A] Patriarch Ireneos did not contact Fr. Alexander in order to confirm this order to him personally . Moreover, it was totally impossible for Fr. Alexander to get any appointment with the Patriarch who, by that time, was either absent or busy.

B] That according to the Canonical Laws of the Holy Church, Fr. Alexander, was assigned to the Greek Orthodox Patriarchate by a decision taken by the Holy Synod in 1998. This decision has not been altered or revoked and, therefore, he is at present a full member of the Greek Orthodox Patriarchate of Jerusalem.

C] That Fr. Alexander has been and continues to develop – without any financial support – a number of spiritual and charity pastoral efforts to Christian Orthodox Believers within Israeli Society that includes visiting the sick, injured, students, mixed families inter alia, and therefore he needs a permanent church. That the Faithful are Israeli citizens. By virtue of his Jewish background and involvement within Israeli society, he would only remove his belongings from the Saint Haralambos Church if Patriarch Ireneos, newly recognised by the State of Israel, orally and personally gives him the order to move to another Church where he could be assured his personal protection to be able to serve the Faithful with decency, honor and without further harassment.

FR. NEKTARIOS’ SPECIFIC ACCUSATIONS AGAINST FR. ALEXANDER

Fr. Nektarios has accused Fr. Alexander of the following:

A] That, at the end of the Easter 2004 Celebration at about 3:00 a.m., the faithfuls present in the Church ate inside the Church and left the Church in full disorder, with crumbs and food lying on the floor and carpets. That the chairs also were left scattered.

B] That the Antimension [Piece of linen showing the burial of Jesus Christ used for the validity of any Divine Liturgy in the Orthodox Churches of Byzantine rite] was full of crumbs and particles of the Holy Body of Jesus Christ. Some early reports about these facts this year seem to point out that, according to Fr. Nektarios, Fr. Alexander was “throwing away these particles into the trash”. That Fr. Alexander was pouring the remains of the Holy Gifts either to the trash and/or the sink located next to the table of Preparation of the Holy Gifts, at the end of the Divine Liturgy.

C] That Fr. Alexander was using the same spoon both for putting the incense into incenser and for the Holy Communion.

D] That Fr. Alexander is “too Jewish” and using Jewish prayers during the Services. That he encourages the Faithful to learn Jewish Traditions rather than the Tradition of the Holy Fathers.

E] That Fr. Alexander was allowing the Faithful who had eaten or women on their period to receive the Holy Communion.

F] That Fr. Alexander allowed people to videotape on a camera the Services of Holy Baptism and even the Divine Liturgy.

G] That Fr. Alexander was evidently a Jew since he was personally wearing a “kippah” [skullcap] as well as his parishioners. That he was going to the Western Wall on a regular basis.

H] That Fr. Alexander was using a “Jewish menorah” on the altar [or somewhere!] during the Divine Liturgy, which is not Orthodox but Jewish according to Fr. Nektarios.

I] That Fr. Alexander should have left Saint Haralambos a long time ago and now has to be removed. That the Church was always dirty.

3.1. CONSEQUENCES OF THE ACCUSATIONS MADE BY FR. NEKTARIOS

As Fr. Alexander came early in the morning on Saturday 24th of April 2004 to the Church of Saint Haralambos, he found the access doors to the Church locked with chains [picture available]. Interestingly, no member of the compound showed that morning. Most appartments are rented to non-Orthodox families. The first server and the arriving Faithful then made a very strong protest to Archbishop Aristarchos whom they visited with Fr. Alexander. Archbishop Aristarchos confirmed that Patriarch Ireneos had given the order to remove us from Saint Haralambos and to move to either Saint Theodoros or Saint Nikolaos Churches. The Divine Liturgy had already been celebrated that day at Saint Theodoros Church which prevented Fr. Alexander from celebrating there.

The server and believers immediately tried to get into contact with the Patriarch. Fr. Martinianos, Patriarch Ireneos’ Secretary, answered that the Patriarch was busy and could not receive anyone. Then he told us that the Patriarch was absent and would not be seen in the coming days because of his many activities.

The Faithful came back to Saint Haralambos with Fr. Alexander. Fr. Nektarios adamently refused to talk to the server. Then the server told Fr. Nektarios that he will personally, as well as the other Faithful who are Israeli citizens, call the “Mishtarah” [Police] in order to make a written declaration about Fr. Nektarios’ behaviour. Fr. Nektarios immeditaly ran into his house and called somebody. In the course of five [5] minutes, Fr. Alexander received a call from Archbishop Aristarchos asking him to remain quiet, patient and wise and that a solution should be found with the Patriarch.

About 15 minutes later, Fr. Khrisanthos, Acting Dragomanos [Rosh HaMinzarim] arrived with a young monk and asked Fr. Alexander what was going on. He said that the Patriarch had given an order for Fr. Alexander to leave Saint Haralambos and move to another Church. Fr. Alexander explained to Fr. Khrisanthos that he is most respectful of any order given to him by Patriarch Ireneos. But he pointed out that he personally could not get any audience, appointment or either written or oral confirmation of the order. That upon arriving that morning he found not only no official proof of the order given by the Patriarch, but also chains hanging on the doors. Since Fr. Nektarios seems to constantly complain about him, Fr. Alexander should be entitled to get such a serious and grave order issued by the Head of the Church of Jerusalem, in person, and not from Fr. Nektaros (or any other representative).

Fr. Khrisanthos insisted that Fr. Alexander had to leave for another Church and immediately remove his belongings and liturgical items. But to which Church could they go? No solution seemed to exist. Fr. Khrisanthos called Fr. Evsebios (head of Saint Nikolaos Church) and was told that he definetely will not allow Fr. Alexander to celebrate in “his” Church. After about 15 more minutes, Archbishop Aristarchos called Fr. Alexander and Fr. Khrisanthos to confirm that Fr. Evsebios would make an exception by permitting Fr. Alexander to celebrate that Saturday at Saint Nikolaos.

Fr. Alexander refused to remove his belongings and liturgical items from Saint Haralambos Church. It should be noted that these belongings are still retained by Fr. Nektarios who had already tried to remove them from the Church to its vestibule two years ago. Fr. Khrisanthos then accompanied Fr. Alexander to Saint Nikolaos Church where they were wecomed by “howling”. Fr. Evsebios who insulted Fr. Khrisanthos and told Fr. Alexander not to dare to switch on any electric lamps or take any candles. He reluctantly permitted his liturgical vestments to be used. He clearly said to Fr. Khrisanthos that he would only tolerate this Liturgy once because it was being imposed on him by force. Fr. Khrisanthos responded that it was an order being given by the Patriarch. Fr. Evsebios replied that Fr. Khrisanthos was not the Patriarch.

Fr. Alexander celebrated this Divine Liturgy in order to comply with the ordinance given by the Patriarch but he said to Archbishop Aristarchos that it is not canonical to celebrate under such inhuman and non-spiritual conditions and in the absence of any decency.

Fr. Evsebios had evidently canceled a Liturgy he intended to celebrate. Some monks from some Eastern country arrived but they left immediately as they heard prayers being prayed in Hebrew . Fr. Evsebios monitored every single gesture of Fr. Alexander. At the end of the Liturgy, he urged the faithful to leave quickly and added: “lehitra’ot!” [good bye, see you in Hebrew].

3.2 CONSEQUENCES OF THE SATURDAY 04/04/24 LITURGY

The Community of Fr. Alexander was very upset by the general attitude towards Fr. Alexander and the Christian Orthodox Faithful who are “at home” and are citizens of the State of Israel. They made a clear protest to Archbishop Aristarchos in his official office as Secretary General of the Greek Orthodox Patriarchate of Jerusalem because it was totally impossible to contact Patriarch Ireneos or even to arrange an appointment with him.

Fr. Alexander made it clear to Archbishop Aristarchos that he would not leave Jerusalem or the State of Israel which is his home country due to historical and personal family circumstances. It is his country in which he has lived many years. That he has been pursuing his mission with many difficulties while at the same time living in a spirit of full communion and obedience to the local Hierarchy. He also reminded Archbishop Aristarchos that Patriarch Ireneos had confirmed all the blessings that he was given when he was appointed to the Patriarchate of Jerusalem. That Patriarch Ireneos had been recently recognised by the Israeli Government. Therefore, it was incumbent for believers who are Israeli citizens to appeal to the State of Israel and explain how this Community has been handled over the years. The concerned Faithful are not restricted to a few small groups that come to the Old City or seem to be Russian. That they are of Former Soviet origin, speak different tongues, work, study, serve in the Army [as Orthodox people] and speak Hebrew. The Greek Orthodox Patriarchate of Jerusalem has a great challenge and task to achieve in the recognition of the Israeli multiconfessional society that includes Orthodox Christianity and Judaism. Finally, Fr. Alexander would be obediently respectful of any decision taken by the Holy Synod and His Beatitude Patriarch Ireneos.

The problem was brought to the attention of the Holy Synod who decided that a “Special Committee” should meet with Fr. Nektarios and Fr. Alexander and clearly state the issues and report thereafter to the Synod who would make a decision. As mentioned above, the Members of the said Committee are :Metropolitan Kornelios of Petra, former Locum Tenens, President of the Ecclesiastical Church; Metropolitan Ambrosios of Neapolis; Archbishop Aristarchos of Constantine, Secretary General and Archimandrite Theophilaktos.

3.3 THE COMMITTEE’S MEETING ON APRIL 28TH, 2004

The “Committee” met thus on Thursday the 28th of April at 9:30 a.m. at the Chief Secretary’s Office. The Archives of the Greek Orthodox Patriarchate of Jerusalem were brought in order to consult the records of the Synodal meeting which had previously decided the meeting of such a Committee.

Those present were: Metropolitan Kornelios, President of the Ecclesiastical Court; Archbishop Aristarchos, Secretary General, Archimandrite Theophilaktos, Archimandrite Nektarios, Archpriest Alexander.

It was noted that Metropolitan Ambrosios was absent. Some members suggested waiting for him. Then Metropolitan Kornelios asked Fr. Nektarios to say what he had to declare. Fr. Alexander was told that he understands enough Greek and that anyway, at the end of the meeting, a translation or additional explanation will be provided him, if necessary.

Fr. Nektarios took a sheet of paper and read the accusations formulated against Fr. Alexander as they are stated above in paragraph 2.1.A to 2.1.I. He was not accurate on certain points and, in particular, he said on various occasions “den xero” [I don’t know] as concerned the throwing of the Holy Gifts into the trash or into the sink. He focused again on the spoon used for the incense and the Holy Communion and the fact that the Faithful were bringing food and eating in the Church, that the Church is dirty and not cleaned after the celebration; he also mentioned the videotape recording of Liturgical Services. He was rather hesitant. Then suddenly, Metropolitan Ambrosios came in and sat down. He turned to Fr. Alexander and asked “How long have you been here [at the Greek Orthodox Patriarchate”]? Fr. Alexander answered : “Six years”. Then he said: “Who are your Faithful?”. Fr. Alexander answered “Israeli citizens”. Then, all of a sudden, as Fr. Nektarios was about to add some more things, Metropolitan Kornelios said he had to leave and he left with Metropolitan Ambrosios for Jericho. Fr. Nektarios asked: “What should be next?” Metropolitan Kornelios replied: “The Patriarch will decide”. Archbishop Aristarchos intervened to say that Fr. Alexander had not been given the opportunity to make any declaration. Metropolitan Kornelios answered that this could happen at the second meeting of the Committee.

During the meeting, Archbishop Aristarchos had been writing what was said. At the end of the Committee, which had been abruptly interrupted, he told Fr. Alexander that he will translate for him exactly what had been said, later.

Fr. Alexander had not uttered a word during the Committee’s session.

3.4 AFTER-COMMITTEE, NEW LITURGY AT SAINT NIKOLAOS CHURCH

No decision had been taken during the Committee. Fr. Alexander was told that the Members of the Committee mainly rejected the accusations made by Fr. Nektarios. This had been readily expressed during the Committee itself.

Still, Fr. Alexander and the Community had no permanent and stable church. It should be noted that all the “liturgical items” are still at Saint Haralambos Church.

After Saturday’s 04/04/24 celebration at Saint Nikolaos, Fr. Evsebios wrote a series of letters to the Patriarch, violently protesting against Fr. Alexander’s celebrations at Saint Nikolaos Church and stating that he would resign if the Patriarch gives his blessing for Fr. Alexander to serve the Liturgy anew in his Church.

On Saturday 1st of May, 2004, Fr. Alexander still did not know the day before where he was supposed to celebrate. Fr. Evsebios rejected the order of the Patriarch permitting Fr. Alexander to serve in his Church. He then changed his mind several times and finally agreed to open the Church. He said that Fr. Alexander should bring his vestments because he would not provide any. Moreover, he could not use electricity or candles. He checked Fr. Alexander’s every gesture. At the end of the Liturgy, as he had misunderstood, after having shouted at Fr. Alexander that “he was dirty”, he suddenly cheerfully said “Shalom, shalom!”

3.5 THE “SECOND” COMMITTEE’S MEETING SCHEDULED FOR MAY 5TH, 2004

After all these events, pressure was brought by Fr. Alexander’s Community at different official entities and at the Greek Orthodox Patriarchate in the person of Archbishop Aristarchos who insisted that there be a peaceful resolution to the pending issue.

Archbishop Aristarchos was very willing to have a second meeting of the Committee in order to hear what Fr. Alexander would say to Fr. Nektarios’ accusations. There was a basic agreement about that; it is in fact a simple matter of justice.

Archbishop Aristarchos called Fr. Alexander on May 5th to tell him that the meeting should take place at about 11 a.m. in his Office. Fr. Alexander passed by Metropolitan Kornelios’ office in order to ask when the Committee should meet. Fr. Nektarios was present at his side in his capacity as assistant to the Ecclesiastical Court. Metropolitan Kornelios said it should meet after the Court will finish its audiences.

Archbishop Aristarchos called Fr. Alexander at 12:30 to tell that the Committee should meet at 1p.m. In fact, as Fr. Nektarios and Fr. Alexander were waiting in the vestibule, Metropolitan Kornelios arrived and had a very long, one hour, talk with the Archbishop. Thereafter he left. Archbishop Aristarchos came out and told the priests they could leave and that there would not be any more Committee session

It should be noted that Metropolitan Ambrosios and Archimandrite Theophilaktos had not been present at the Meeting.

4.0. ARCHPRIEST ALEXANDER’S WRITTEN RESPONSE TO ARCHIMANDRITE NEKTARIOS’ ACCUSATIONS.

In such a serious spiritual and ecclesiastical context, Fr. Alexander Winogradsky considers it his duty to respond adequately to the grave accusations stated by Fr. Nektarios against him. These accusations have been a long-developing process over the past two and a half years.
He will recount the basic accusations as stated in Paragraph 2.1.a to 2.1.I. then review the facts for more clearity.

Some relevent background information follows: When he was assigned to Saint Haralambos Church some 2 and a half years ago, Fr. Nektarios had on a Saturday once placed the chains to bar the access of Fr. Alexander and the Community to the Church of Saint Haralambos. The Faithful strongly protested his personal hostility. At that time, the Patriarch gave the order to Fr. Nektarios to immediately open the Church, which he did reluctantly. He then required money for a the payment of his electricity expenses [NIS 900!]. A few months later, Fr. Nektarios, suffering from a strong crisis of asthma left for Greece and was replaced incidentially by Fr. Evsebios who likewise wanted to cancel any celebration by Fr. Alexander. He also left for Greece after he failed in his projects, taking with him the access keys. All the keys had then to be changed.

Thus, in the present situation, it should be considered why Fr. Nektarios who has always contested Fr. Alexander’s legitimicy and the Community dared put anew the chains on the doors of Saint Haralambos Church. He seemingly got the assurance that Fr. Alexander had to leave for a new Church. Though he had pressed for months, no one would believe that the chains put on the doors are part of the “order given by Patriarch Ireneos”. On the other hand, for a member of the Ecclesiastical Court of the Church of Jerusalem, this action constitutes a grave infringement to clerical and simple Christian rules of decency.

As concerns the Points of his accusations against Fr. Alexander:

A] That, at the end of the Easter 2004 Celebration at about 3:00 a.m., the Faithful present in the Church began eating inside the Church and left the Church in full disorder, with crumbs and food lying on the floor and carpets. That the chairs were also left scattered.

This is inexact and moreover basically impossible. As mentioned the Faithful came from different regions of Israel, especially the Centre and the South and some outskirts of Jerusalem. Their present day life is difficult. They have little spare time and most of them had to go to work early in the morning as it was a normal work day in the State of Israel where they had just had days-off for the Jewish Feast of Passover [Pessah].

They brought food into the Church because this is a current and obvious tradition in the Slavic Orthodox Church, especially on Easter Eve when different cakes and eggs and other products are blessed by the priest at the end of the Liturgy.

The Greek believers who were present could have witnessed that all this was done accordingly and with decency. Reader Alik, who protested openly many times against Fr.
Nektarios attitudes, came this Easter 2004 to the Feast from Haifa and was the last person to leave the Church with Fr. Alexander and his sister. They can witness that there was no food left in the Church and that the chairs had been put into good order.

Now, it should be noted that in the past 5 years, food has always been brought into the Church on various liturgical occasions. This is a normal Moldavian tradition to wave a table covered with plenty of fruit, wine, breads, eggs, oil, and other products and to sing “Eternal Memory” at the same time. It does not mean that people are “eating” in the Church.

There has always been a “trapeza” after the Divine Liturgy at Saint Haralambos. It should be noted that from the very beginning, Fr. Nektarios has decided not to give to Fr. Alexander access to the Church, but only to the “vestibule”, which is dark, dirty, not convenient and without heating. Fr. Alexander had once even celebrated a Memorial Service [Pannikhida] for a newly departed (as the son had come to have the Service). Fr. Nektarios had refused to give them access to the Church and as a consequence the Memorial Service was conducted without incense, not inside the Church, i.e. not according to the Church Canons. This person wrote a protest and lives in the South where there is no Orthodox Church.

B] That the Antimension [Piece of linen showing the burial of Jesus Christ used for the validity of any Divine Liturgy in the Orthodox Churches of Byzantine rite] was full of crumbs or particles of the Holy Body of Jesus Christ. Some early reports about these facts this year seem to point out that, according to Fr. Nektarios, Fr. Alexander was “throwing away these particles into the trash”. That Fr. Alexander was pouring the remnants of the Holy Gifts either into the trash and/or the sink located next to the table of the Preparation of the Holy Gifts, at the end of the Divine Liturgy.

As the Members of the Committee stated, it may happen in any Church that the priest leaves some small crumbs of the Holy Gifts on the Antimension. It is at times difficult to check and remove them all. But in that particular case, there are different implications and problems raised by such an accusation:

A] Fr. Alexander is always assisted by at least 2 servers who help him. This is also for the servers an educational training to get deeper into the Mystery of the Divine Liturgy. They do assist to the moment when Fr. Alexander puts the Holy Particles into the Cup just after the celebration.

As a matter of fact, Fr. Alexander has duly noticed the presence of the Particles in the Antimension but also on the diskos [patena] and often on the Table of the Preparation of the Holy Gifts. He served at Saint Haralambos only on Saturdays and had noticed that other priests [does not know who] had served during the week. Why only accuse him and not others?

Fr. Alexander was not given the right to respond orally to the accusations pronounced against him by Fr. Nektarios. He would have said that the accusation of leaving the Holy Gifts on the earth and throwing them into the trash is a most grave accusation that should really be proven and not declared quietly by a Member of the Ecclesiastical Court of the Mother of All the Churches. It attacks the essence of Fr. Alexander’s Holy Priesthood [as well as his integrity as a professor of Comparative Liturgies!].

Moreover, as Fr. Nektarios’ constant accusation is that Fr. Alexander is a Jew [and maybe not even a canonical priest…], this accusation constitutes a very serious infringement of the Canonical and Israeli Laws.

Regarding Canonical Laws : The assumption is that Fr. Alexander would profane the Holy Body and Most Precious Blood of The Risen Lord Jesus Christ and therefore be “only” a Jew.
Regarding Israeli Laws: The Greek Orthodox Patriarchate of Jerusalem is located at present in different countries, but the most holy sites are since 1967 located in the State of Israel. This primarily concerns the Holy Sepulchre where the Patriarch is elected and whose election is confirmed by the Israeli Government. It is evident that such accusation would have been handled in another way in Jordan or the Emirates. But we are in the State of Israel where the problem of “Antisemitism” has been much discussed regarding the Churches. In Fr. Nektarios saying that Fr. Alexander would throw the Holy Gifts into the sink because he is not a Christian but a Jew, Fr. Nektarios thereby shows strong antisemitic feelings towards Jews that are very strictly condemned by the Israeli Law. Why does he assume that a Jew would want to desecrate such a central element of the Christian Faith unless he was vehemently an antisemite?

Therefore, Fr. Alexander would rather consider than he has not heard this type of recurrent accusions in Fr. Nektarios’ mouth. An accusation that would affect the Greek Orthodox Patriarchate and its Head. Fr. Alexander would furthermore consider that as the Canons state : “There is no sin as long as the person is not conscious of having committed a sin”. Therefore, it would be more useful to show compassion and forgiveness than to quarrel. Nonetheless, the Community as Israeli citizens are totally entitled to carry forward whatever legal actions are in accordance with the Israeli Laws and Regulations.

C] That Fr. Alexander was using the same spoon both for putting the incense into censer and for the Holy Communion.

Fr. Alexander always used his own vessels for the Divine Liturgy. It seems that Fr. Nektarios would have rejected the idea of using them as he stated many times, in the presence of the Faithful, that “all that [Fr. Alexander’s Liturgy] – is not canonical”. Therefore Fr. Alexander had brought a lot of his own vessels. He used many spoons. It should be noted that the first part of this accusation is not new in Fr. Nektarios’ accusations. He had declared the same to the Patriarch two years ago. I had at that time responded that I use different spoons for the Communion and had one spoon, very similar to those used for the Communion in order to collect the incense and put it into the censer. Now this was in reference to the Book of Leviticus 16:12-13 about the Sacrifice of Incense. The same in Isaiah 6:7. Following the previous incident which happened 2 years ago, Fr. Alexander only use simple spoons for the incense as Fr. Nektarios knows perfectly well since he provided the spoons! Fr. Alexander and the Community wonder, on the other hand, if he has ever read the Old Testament and the sources of the Orthodox Divine Liturgy.

As concerns whether Fr. Alexander would communicate with a censer spoon, this deals with the above statement about “antisemitism” and pre-supposed profanation of the Holy Gifts.

D] That Fr. Alexander is “too Jewish” and using Jewish prayers during the Services and encourages the learning of the Jewish Traditions rather than the Tradition of the Holy Fathers.

This accusation is also “ancient”. Fr. Nektarios told it to Patriarch Ireneos two years ago. At that time, the Patriarch’s answer was that many Jewish prayers, especially the Psalms but also the canticles are common to Christianity and Judaism.

As to being a Jew, it is a fact that Fr. Alexander is a Jew and remains a Jew within the Church which ingathers in Christ, One Body [the Jews and the Gentiles as stated in the Epistle to the Ephesians 2:14-16]. There is more. Fr. Alexander has served in various countries where he had no reason to ever mention his Jewish background. But in our situation, the Christian Orthodox who have come to Israel and are Israeli citizens are totally assimilated into the Jewish Society. They speak Hebrew at work and their children are totally Israeli and certainly know more about Judaism through school and their commitments than about Orthodox Christianity. And the link between Judaism and Orthodoxy is evident. What does it mean to be “too Jewish” if it can only help people to connect various traditions and to pave the way to mutual acceptance and recognition.

Fr. Nektarios could also be accused of “antisemitism” in this case.

E] That Fr. Alexander was allowing the Faithful who had eaten or women on their period to receive the Holy Communion

There is a canonical rule which should be respected – respected as well by Fr. Nektarios -who does not speak Russian nor proper Hebrew. What a person says during their confession remains a secret in the same way as the priest is not entitled to say anything about what a person has confessed. Secret remains secret. Therefore, the only comment Fr. Alexander can make is that it is not healthy for the Former Soviet Union Faithful living in a non-Orthodox society and who suffered a lot of persecution from the communist system to be denounced and even betrayed by a priest who knows nothing about Soviet culture and Jewish Israeli absorption problems.

F] That Fr. Alexander allowed people to videotape on a camera the Services of Holy Baptism and even the Divine Liturgy.

This accusation is interesting. Everywhere, especially at the Holy Sepulchre, people go and make use of their cameras and videocameras. In that particular case, when people record a baptism or even a part of the Divine Liturgy in Hebrew, for example, they do ask for Fr. Alexander’s permission. Fr. Alexander usually asks that not much be recorded. But it is very important to record in this country because most churches are always closed. They do not live in an Orthodox Christian context and society. They do know that they are recording unique events in the life of their families. They can share that with their relatives who live in other conditions. These techniques provide a spiritually educational system of great importance.

G] That Fr. Alexander was evidently a Jew since he was personally wearing a “kippah” [skullcap] as well as his parishioners. That he was going to the Western Wall on a regular basis.
This is an long-term still developing idea or even “fancy”. It is meaningful and shows that Fr. Nektarios considers Fr. Alexander not to be a true Christian Orthodox priest but “only a Jew” and therefore a potential “traitor to Jesus Christ”. Patriarch Ireneos had answered him two years ago that it is normal for Jews to enter a church with a skullcap. But, what is really interesting, in a psychological point of view, is that it never happened! And Fr. Alexander does not wear any “kippah” as he rather wears the “skufia” or the “Greek kamilavka”.

As concerns the Western Wall, Fr. Alexander goes to the Jewish Quarter where there are many Christian Orthodox among different groups. He never goes to the Western Wall for a simple reason ignored by Fr. Nektarios: he has too many things in his pockets to pass the checkpoints and it would last too long! On the other hand, the first Christians were “going to the Temple daily”. This Wall is a memorial of what Christian should confess : That Jesus and the Disciples were going there and it is a place where the Mystery of Redemption should be seriously considered.

Fr. Alexander has also noticed that he was usually denounced about his presence there “by very pious Orthodox Christian Faithful” who were themselves in that place!

The same accusation of “Antisemitism” would be applicable.

H] That Fr. Alexander was using a “Jewish menorah” on the altar [or somewhere!] during the Divine Liturgy, which is not Orthodox but Jewish according to Fr. Nektarios.

Two years ago, Patriarch Ireneos had replied to Fr. Nektarios that the Candelabre or in Hebrew Menorah was normally present in every Orthodox Christian Church and “trapeza”. This shows that Fr. Nektarios has certainly not read the Bible and the fundamentals of the Orthodox Divine Liturgy, deeply rooted in the Biblical and Jewish Tradition. The presence of the Candelabre on the altar is traditionally linked to the Book of Apocalypsis [1:12-20]. Curiously enough, after having heard the Patriarch’s explanation, Fr. Nektarios brought a big candelabre into the altar that he showed each time the Patriarch came! Yet he denied Fr. Alexander’s right to use it!

I] That Fr. Alexander should have left Saint Haralambos for quite a long time ago and that now, he had to be removed. That the Church was always dirty.

Dirt is another issue that should be linked to the “Antisemitic” issue. Before the assignment of Fr. Nektarios to Saint Haralambos, the Faithful used to sit and women cleaned with much care all the vessels. Also, some men cleaned the altar. Since his appointment onwards, the Faithful have felt that they were not welcomed “passers-by” and not “at home”.
This is a very important problem that should be taken into consideration. If people are considered as foreigners in their own place, they will not help. They will then consider that the higumen has the task to clean and maintain order. Or on the other hand, they will be given their church, to which they can have access, feel entrusted and take great care of.

For months, Fr. Nektarios has neglected to clean the church and the altar. The Community can show evidence of the fact that Fr. Nektarios has in 2004 removed the dirty covers and carpets from the altar before the celebration with Patriarch Ireneos and then put them back WITH THE SAME DIRT! after the celebration! [2 pictures with dates].

Moreover since “dirt” has been a permanent “antisemitic accusation” this can also indicate some potential problems with Fr. Nektarios’ attitude.

5.0. CONCLUSION

This report aims at giving a balanced, non-judgemental response to Fr. Nektarios’ accusations against Fr. Alexander.

It should be regreted that Fr. Alexander was not given his right to respond orally. But, on the other hand, as mentioned in this report, this allows him to pave the way with more equanimity and understanding than to develop any spirit of quarrelsomeness or judgement.

The accusations are very grave. Fr. Alexander has sought to act with his mission at the Greek Orthodox Patriarchate in a spirit of forgiveness, tolerance and patience.

It should be considered that his Community may be entitled to react in a different way. It is certain that the presence of Israeli Hebrew Christians Orthodox constitute an “hapax” and also a positive challenge for all the Churches and also the Church of Jerusalem, beyond any political views or commitments. There are many challenges dealing with issues of IDENTITY, and PERSONAL SPIRITUAL RESEARCH and it is high time to pay serious attention to these Faithful who are no longer Russian or Sovietic. They are Israelis and are a part of the Jewish Israeli Society and State.

Some would continue to encourage the older generation to consider themselves as “Russians and Orthodox Christians”. But we press for the emergence of a new entity that has been recognised by many other denominations and should also be taken into account by the Church of Jerusalem as the Mother of All Churches.

The Community is also entitled to appeal to the Laws in force in the State of Israel which recognised Patriarch Ireneos. They will not harm the Greek Orthodox Patriarchate as well as Fr. Alexander never did. But they will require righteousness. It would have been so simple to entrust a church permanently to Fr. Alexander and to his Community and avoid any kind of unnecessary tribulations.

The spiritual benefit of the the Faithful living in such difficult conditions is of greater significance than any false accusations.

Christ is in our midst, He is and will be. Amen!

Protopresbyter Alexander Winogradsky
June 3th/May 21th, 2004, Feast of Saints Constantine and Helena Equal to the Apostles

Days Of Hospitality, Autumn 2019

A sukkah is and only can be a “sikke” and Sukkot can only be “Sikkes\סיקעס” (Soviet revised script that aimed at wiping out the Hebrew memory of Yiddish). This Shabbat will be the “Shabbat chol HaMoed Sukkot\שבת חול המועד – Shabbat of the (ordinary) weekdays of the Feast of Sukkot”, intermediate days that may occur for Pesach and “Zeman Simchatenu\זמן שמחתנו – the time of our rejoicing”, i.e. “the Feast of the Tabernacles\חג הסוכות”.

This traces back to the creation of the world: God had set up the “me’orot birkiyah hashamayim\מאורות ברקיע השמיים – lights in the dome of the sky” to distinguish as a sign “le’otot lemoadim\לאותות למועדים – for the appointed times of encounter” (Gen. 1:14). Days and years pass, “moed\מועד – moadimמוכדים” are appointed – invariant times of special encounter between God and the beings. Just as the Shabbat\שבת, Pesach\פסח – Shavuot\שבועות (Spring New Year and the first harvest of Passover-Pentecost), Rosh HaShanah\ראש השנה-Yom HaKippurim\יום הכפורים  (Autumnal New Year and Day of Atonement) and Sukkot\סוכות (Feast of the Booths – Autumnal New Year Harvest).

On these Fall harvesting days that developed into the Canadian and then American Thanksgiving Days also related to the late local harvests, the Jews calculated that the season reaches out to salvation. Judaism starts New Year in accordance with the Sumerian, Chaldean and Gilgamesh computing system based on return, pardon and assembling the whole Community of Israel. There was a time when New Year started with Pesach and the Law-giving Pentecostal harvest. Curiously, it makes more sense for the South hemispheric countries, from Argentina, South Africa to Australia as they reach Springtime…

Sukkot is a good period for reflecting with insights on Jews and Judaic, Judean and Jewishness. Sukkot is also the perfect seven-day period that allows speculating upon the non-Jews, the Gentiles, the Nations of the world, the others indistinctively. The problem is that we still thoughtfully interrogate ourselves about who we are and not spontaneously consider how we are linked to others.

To begin with, it seems we hardly memorize the details of our soil produces. From the time of the exile in Babylon, we got city-addicted or compelled to reside in towns.  Still, “by the rivers of Babylon, (as) we were sitting and wept” (Psalm 137:1; cf. Blessing after Meals), we apparently forgot about the feast of the Booths and progressively got astray from hut-building, even the limited three wall sample (Succa 3a).

The produce would rather be used in the synagogues and we do have a lot of accounts written by Christians comparing the “lulav\לולב – palm branch” with the palm branches waved during the Christian Holy Week. Still, in the long periods of dispersion, the Jews forgot the taste and flavor of the products required in Eretz Israel – Holy Land : the lulav\לולב – palm branch (strictness / flexibility in faith), etrog\אתרוג – big lemon – citrus (big heart, love to every/anybody, gentleness and delicacy/good smell), hadas\הדס – myrtle (charm and seduction, sweet heartedness but no persistence) and aravah\ערבה – willow (thirst-quenching and fear to get bone dried) that should be gathered together and waved in a special way (Sukka 37b): toward the four winds, the heavens, the earth, symbolizing the overflowing wealth and prosperity, abundance of Divine love for each creature and human being as chanted during the Hallel (cf. Psalm 118:2.3.25.29).

It should be noted that the Feast of Sukkot does not exist per se in any Christian Church or denomination, contrary to all the other Jewish festivals that got included in the Christian festive calendar. The Christian scholars and traditions would endeavor to explain that all things got “accomplished” in Jesus of Nazareth. Both the Eastern Orthodox and Catholic liturgies insist on the (Second) Coming of Jesus in glory, which corresponds to the two Messiahs: (the suffering) Ben-Joseph and (glorious) Ben David of the Jewish tradition.

The Gospels account for the conception and birth of Jesus of Nazareth. They might also suggest that he was born during the Feast of Sukkot. This is just based upon the calculation of time starting with Zechariah, John the Baptist’s father, who accomplished his priestly service as a member of the Abijah order in the Temple (always in August), the visit paid by Mary to her cousin Elisabeth, Zechariah’s wife, at Eyn Karem.

Elisabeth was pregnant for five months and, in the sixth month, Mary also became pregnant (Luke 1:1-33). This allows calculating the possible birth of Jesus in the time of Sukkot. The end-time of the eschaton.

For the Jewish Community, Sukkot is not only the feast of some huts or booths. It is the festival that prolongs the journey throughout the wilderness of a world that may ignore God’s Presence. Strangely enough, it is appealing that some North American or “Protestant” (Evangelical) Christians would join Sukkot (as Shavuot) because of the strong impact of harvesting thanksgivings in the North American Christian culture. On the other hand, it includes the mitzvah of hospitality to all the ushpizin\אושפיזין (guests) from those who were the pioneers and paved the way for redemption and the end of ages (Yevamot 61b).

The Jewish prayers insist on the daily welcoming of the “guests” as it is chanted in Aramaic: “I invite to my meal the exalted guests: Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moses, Aaron and David – אזמין לסעודתי אושפיזין עליין אברהם, יצחק, יעקב, יוסף משה אהרן ודוד”. And the community is warmly invited to join the sitting of the holy guests, also in a prayer uttered in Aramaic: “Sit, sit, exalted guests (for the ancestors). Sit, sit, guests in faith. Sit in the shade of the Holy One, blessed be He.”

During the Transfiguration at Mount Tabor, Jesus was speaking to Moses and Elijah. Both disappeared and Shimon-Peter asked Jesus if he could not build three “dwellings – sukkot\סוכות”: “one for you, one for Moses and one for Elijah” (Matthew 17.4); “not knowing what he said” added Saint Luke the proselyte Evangelist (Luke 9:33).

Indeed, Sukkot is the “tsel tsila\צל צילה – overshadowing shade” feast of a journey through eternity. Shades cover shades. The “fencing or wall separations” are definitely not the main focus of the festival. True, Jews can recall that they dwelt under tents in the desert. But does it only focus on a new year, a portion of life?

The Jewish tradition usually adds a “megillah\מגילה – a scroll” reading to the major Festivals. These scrolls underline that Redemption and God’s reign concerns every nation. At Shavuot / Pentecost, Megillat Ruth explains how a Moabite woman and Noemi joined the community of Israel. At Kippur/Day of Atonement, the Book of Jonah described how the Ninivites turned to God and repented under ashes.

When there was a Shabbat between the beginning of the feast of Sukkot and its conclusion on Shemini Atseret\שמיני עצרת (Day of the joyous assembly), it became a custom (minhag) to read the Megillat Kohelet\מגילת קהלת, the Book of Ecclesiastes. It is considered as a scroll and it seemingly depicts a plain if not dubious attitude toward faith in God and the lack of hope in this world. Say it sounds a bit blasé.

There were long disputes as whether to include or not this scroll into the canonical Books of the Scriptures. Interestingly, Judaism and Christianity did not feel at ease with the Song of the Songs too. As if extreme love and doubt could defy God’s existence and presence. Is Kohelet a preacher, eventually the son of David, i.e. Solomon (Eccl. 1:1, 2:7,9)? Or, is it the “gathering call, the one call that assembles the faithful”? Is “hevel – vanity – hevel havalim\הבל הבלים – vanity of vanities” a worldly nonchalant and disillusioned repeated motto for empty and futile senselessness?

“Absurd” is now a common word in English as it is also in Russian… and Hebrew! On the other hand, the Feast of Sukkot is a time of rejoicing. It is possible for some people to be caught up in the dizziness of festivities, food, pleasures even when joy can be felt in the study of the Scripture. “Hevel\הבל” also means “vapor”. Latin and Greek don’t presuppose a positive interpretation of the word. Hebrew could eventually be interpreted in the sense of “a light existing spirit” that can be sustained. Sukkot digs deeply to find sense beyond turmoil and void realities, “hevel” is meaningless and humanity, as a whole, is called to gather and unveil the concealed oneness and symphony of creation.

There is more: Sukkot means encountering, dating and freely sharing the treasure we receive and can share at any minute like glimpses compared to shades that do make sense. Just as the Day of Atonement called to pardon beyond absurdity and irrationality, we can feel as a special gift to meet and welcome each other under a sukkah. There to sit and learn, reflect and eat together, feel comfy to the full. Each of us embodies something of the time & space that is a limited framework of palm roofs that meet with others.

“The end of the matter; all has been heard – sof davar hakol nishma\סוף דבר הכל נשמע’” (Eccl. 12:13) induces that every divine matter and parole can be heard and thus accomplished to the fullest. Fear God and keep His Commandments for this is the whole (duty of) man – ki zeh kol ha’adam\כי זה כל האדם” (Eccl. 12:13b).

“Mah yitron\מה יתרון – what advantage is there for the man (Eccl. 3:9)?” is an overall tempo that runs throughout the scroll. But the Mitzvot cannot be compared to any advantage. We have the task to question ourselves about who we are, where and with whom we go? And to put the question mark on who the other humans are. The response is – if we follow the Hebrew text of Kohelet – that all the Mitzvot embody human beings.

The Commandments make sense and gather all humans without exclusion. It surpasses tribal identities, linguistic groups and subgroups and “nations” and this is an important feature at all periods of history. We are precisely in such an epoch of “fake legitimated rights to split for one’s own pleasure or self-comfort. It may be perilous. Jonah got angry when he saw that the Ninivites were privileged and saved by the Lord. It is quite frequent for individuals and groups to consider that they would truly represent the “true ingathering of faithful” versus the “others” whom they would reject or put aside from a society, a church body.

The feast of the Booths does not exist in the Christian traditions as a separate and real celebration. This is the only Jewish feast that intends to reach out to all humanity, all human beings in order to show how tight human limbs and souls are tied up in long chains of generations. Sukkot does not allow any temptation of substitution: Jews remain who they are – the same for all creeds (Christian, Muslim, and all the others). Sukkot is a puzzle to reflect on human breath and destiny, along with animal and vegetal existing creatures. The breath (“hevel”) can be long or short, infinite or restrained… it refers to the quintessence of dust.

The Autumnal celebrations are rather parallel to the Christian calendar: liturgical new year, feast of the Exaltation of the Holy Cross on the day after the Dedication of the Church of the Resurrection in Jerusalem (Anastasis). The Wood of Life as the Palm of the festive bouquet are waved up and down, to heaven and to Earth, to the highest and to the soil and the dust. The Eastern Church tradition call to rejoicing and not to mourning.

In the Cross as Wood of Life and life-giving substance and in the Four Species of Sukkot, the sign of joy cannot be private, personal, self-centered. It is a collective call to share joy with others, in particular, if they are excluded for irrational or so-called reasonable purposes.

“Hospitality is greater than welcoming the Divine Presence” (Talmud Shabbat 127a, Shevu’ot 35b). Indeed, “Be not forgetful to entertain strangers; for thereby some have entertained angels” (Hebrew 13:2).

Hospitality is at the heart of the questions and debates that affect the Orthodox Churches these days. Indeed, there are times and delays. Times to build or to destroy, to scatter or to assemble, but these show the pangs of birth of new patterns, new processes. On this Sunday of the Widow of Nain – a son is resurrected and given back to his mother (Julian cal.), the Divine Presence lauded under the Booths for eight-nine days and nights in the invisible presence of ancestors and angels reminds the Christians of the plenitude of the Hospitality that is shared when the Lord in Person is received so that the believers become His own Body and Blood, the seal of the eschaton.

I share this chronicle this Sunday 20th / 7th of October 2019-7528. Next week, I shall publish a new series on “Words and Souls” – chronicles on the multi-faceted ways words are used in speech, writing and liturgical traditions of the East.

Un appel à la communauté orthodoxe

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Cet appel de Daniel Struve​ mérite toute notre attention. Comme toujours, il exprime clairement des points fondamentaux, habituellement “élémentaires” de la vie en Eglise. L’Eglise orthodoxe passe par les douleurs d’un nouvel engendrement, de restructurations profondes. Le caractère hexagonal actuel des péripéties qui agitent l’Archevêché est effectivement regrettable, effectivement “monstueux”, cela manque de décence, souvent de plus élémentaires signes d’une foi vive.

On ne verrait pas St Serge de Radonège filmer son évêque canonique (le terme est pratiquement galvaudé comme le sens et le respect dû à un évêque) et prétendre que le hiérarque n’est plus chez lui. On est, à l’image des sociétés belgo-françaises actuelles, dans le déni de toute autorité (Gilets Jaunes/Gele Hesjes, grèves soudaines et impromptues, rejet de toute décision institutionnelle légitime, soupçon permanent sauf sur soi-même, sentiment de complotismes généralisés que certains dénoncent tout en appliquant aux autres des méthodes para-soviético-communistes caricaturales).

Un juridisme fallacieux, le plus souvent détourné de l’interprétation véritable, finit par s’imposer comme une girouette vidée de ses âmes – sans doute peut-on penser à un vrai désarroi, des formes de désespoir. Une ignorance crasse et totalement “fake” de ce que sont les comportements réels des Eglises auxquels certains souhaitent se rattacher ou, au contraire, à laquelle ils veut “échapper”. Ignorance pitoyable et assez inimaginable pour des personnes qui ont souvent fait confiance à des clergés originaires de l’authentique tradition russe. On invoque le prestige et certains agissent avec méchanceté. Il y a alors la tentation de juger. Les épreuves mènent parfois à la destruction. Cela peut être pire dans le domaine de la foi : elle éclate dans des brutalités rauques, comme des feux qui dévorent. D’autant qu’au bout de cent ans, la conscience a du mal à se recentrer sur les enjeux vrais de l’élan apostolique.

Que penser des élucubrations prétendument “théologiques” ou le détournement, la rigidité formelles dans l’exploitation de règles eucharistiques détournées du véritable but qui est celui du salut des fidèles ? En soi, la guerre était prévisible. A force d’avancer à reculons depuis de nombreuses années, il est évident que certains oublient la dimension profonde des grâces reçues dans l’Eglise orthodoxe par le lien de l’Archevêché et son rôle dans le concert des traditions orthodoxes qui ont sorti la tête des catacombes voici 30-40 ans, ce qui est bien peu. Peut-on à ce point devenir “vagants” après avoir bien sucé le lait de son Eglise pour ensuite l’insulter et – mine de rien, dit-on en français – se dégrader soi-même ? Oui, Daniel Struve a raison. Il ne mentionne personne. Peut-être est-ce mieux. Je ne le fais pas. Chacun est connu à sa façon qui est comme sécoué par un événement qui s’est posé depuis des décennies. Il y a des turbulences où les côtés pile et face s’inversent à temps et contre-temps (restons ecclésiastiques !) et finissent en toupies déraisonnables.

Le jour où l’évêque est accueilli à Moscou, le président démissionnaire de l’Institut Saint-Serge se prélasse sur un divan dans un article pertinent le concernant dans le domaine littéraire. En Belgique, à Bruxelles et banlieues, le doyen perd ses facultés et prend le maquis “ondergrond”. On assiste à un muppet-show destructeur – oui ! et dont la logique est suicidaire. Lorsque Mgr Jean (Renneteau) se rend à la Crypte de la cathédrale Alexandre-Nevsky à Paris et explique le choix qu’il fait pour le bien spirituel de l’Archevêché, la vidéo de son intervention parcourt l’église : on y voit l’un des signataires ex-membre du Conseil, chef de choeur violemment opposé à l’archevêque. Il est là parce qu’il dirige le choeur. Il le fait depuis des années. Et simplement, pour lui, comme pour d’autres, son droit prévaut sur celui de la hiérarchie. On peut parler d’inconscience ecclésiale ou de souffrance profonde. L’Archevêché est aussi confronté à de paisibles baronneries de clercs ou de laïcs qui s’approprient non les murs, mais transforment les attitudes en légitimités rigides.

Qui est alors conscient, dans une Europe plutôt libérale et bienveillante pour l’existence des juridictions chrétiennes, qu’ils agissent non seulon les principe de la foi, d’une obéissance naturelle dans le corps ecclésial ? C’ela consiste à user, abuser de droits pénaux et civils qui peuvent éventuellement s’appliquer aux Eglises. Mais le droit canon n’est pas figer : il permet de marcher en discutant, en “ob-audire = écouter ensemble” et essayer de trouver des voies qui ouvrent sur le devenir de chacun. Abram (Abraham) et Lot se sont séparés. Les exemples sont multiples dans la Bible. Les disciples se sont aussi séparés après la décision d’ouvrir la Porte de la Foi aux Gentils, bref à tout être humain. Ils déposaient leurs biens aux pieds des apôtres (Actes des Apôtres 4, 35). Ils partgeaient tout. Instant idyllique qui demeure dans le but eschatologique de la Foi telle que nous la partageons.

Deux prêtres participant à un colloque en Italie – l’un et l’autre affectés directement par la suppression brutale de l’Exarchat et de l’Archevêché – qui sont des amis proches, consacrés à servir et vivre de l’Eucharistie en arrivent à affirmer qu’il sont désormais “séparés” et ne peuvent plus communier à la même table ?! Où est-on ? C’est çà l’Ecole du Métropolite Euloge ? C’est comme cela que l’on vit la grandeur des Ecoles de Paris ? C’est celà être imprégné des Pères Florovsky, Schmemann, la Troïka de Saint-Vladimir ? Et la pauvre et sainte Mère Marie (Skobtsova) “de Paris” (et de Ravensbrück) dont on semble ignorer à quelle point elle a su se faire toute à toutes et tous ? Verrait-on dans les camps nazis des religieux chrétiens se battre pour la propriété de baraques où ils murmuraient les prières sans exclure quiconque ? Nous savons que cela n’existaient pas aux Iles Solovski, dans les baraquements de déportations, laboratoire des GouLags ? Ou bien doit- on penser qu’il existe un Goulag invisible constitués par des opposants qui, tels ceux qui sont prisonniers d’eux-mêmes, en arrivent à une volonté farouche de destruction.

Il faut entendre l’appel de Daniel Struve parce qu’il est imprégné de décence née de la foi et de l’espérance. Il sait, par son enracinement, ce que coûte la foi de tradition russe et qu’il n’est pas possible de céder à des chicaneries trop systématiques ou endémiques, de se détruire parce que l’on sait qu’un moment viendra où le masque va tomber et les petits despotes silencieux et terrés cèderont au temps opportun.

Une date-butoir aidera en ceci : le 3 novembre 2019, Mgr Jean (Renneteau) de Doubna signera à Moscou l’acte de réunification avec le patriarcat de Moscou. Il ne faudra pas jouer alors les comptables de propriétés. Lorsque ce jour aura passé, il est fort à parier que les positionnements continueront à se repositionner, pendant un temps, un certain temps.

Les choses ont été plus claires en Grande-Bretagne et en Scandinavie. Et puis, en France, en Italie, dans toute l’Europe, il faudra quand même arriver à se rendre compte que des millions d’orthodoxes sont des expats en Occident et qu’ils ont besoin d’un accueil eucharistique cohérent où l’on ne coupe pas le buis en quatre ou dix et que les moules au vert (mosselen in ‘t groen) ne peuvent pas être trop gluantes, inappétissantes.

Il y a un devoir de décence et de foi authentique. Les combinazioni de certains prélats phanariote cesseront lorsque sera venu le temps de réévaluer les rangs et les fonctions des uns et des autres dans une Europe occidentale dont l’avenir dépend bien davantage de l’élan apostolique mené à travers différentes régions du monde.

a) Ici le texte de Daniel Struve rédigé en français dans son LiveJournal :

https://d-st75.livejournal.com/657592.html?fbclid=IwAR0okewMHwA7twNXDnve_6-qNIjhzMvOzVlL5u5YuEIDma3q_tsDUTmoDLc”

Appel à la communauté orthodoxe

Appel à la communauté orthodoxe contre la tentative de destruction et de spoliation en cours contre l’Archevêché des paroisses orthodoxes russes d’Europe Occidentale

Je me permets de lancer cet appel à la communauté orthodoxe, parce qu’il me semble que toutes les personnes de bonne volonté devraient pouvoir s’entendre sur des principes fondamentaux sans lesquels nous seulement aucune église, mais aucune communauté humaine ne saurait se construire.

Je dénonce comme monstrueuse la tentative en cours pour détruire et spolier l’Archevêché des paroisses orthodoxes russes d’Europe occidentale conduite par le métropolite Emmanuel Adamakis avec le soutien d’un groupe d’anciens prêtres et laïques de l’Archevêché.

Après la suppression unilatérale et sans préavis de celui-ci par la décision du Synode de Constantinople le 27 novembre 2018, un large consensus s’était dégagé au sein de l’Archevêché autour de l’archevêque Jean pour refuser une décision à la fois inapplicable et inique, qui visait à la destruction et à la spoliation de l’Archevêché.

Il apparut très vite que la seule voie possible, si l’Archevêché voulait retrouver une assise canonique, était le retour à la situation d’avant 1931, c’est-à-dire la réintégration de l’Archevêché au sein du Patriarcat de Moscou, si possible avec la préservation de l’autonomie interne qui avait été la sienne depuis sa fondation et qui jusqu’en 2018 lui avait été garantie par des engagements solennels du Patriarcat Œcuménique, confirmées.

Alors que les négociations lancées avec le Patriarcat de Moscou avançaient et se concluaient par un accord, toutes les autres voies envisagées se sont rapidement révélées illusoires, soit du fait d’un manque de volonté des parties contactées, soit du fait d’une trop faible adhésion des fidèles de l’Archevêché, et surtout mal fondées d’un point de vue canonique et historique.

Cependant une minorité de paroisses, de membres du clergé et de laïques de l’Archevêché, conduite par sept membres du Conseil de l’Archevêché, s’opposa pour des raisons diverses à la seule alternative possible à la dissolution et tenta de bloquer les mécanismes de prise de décision de l’Archevêché, cherchant à délégitimer l’Archevêque et à lui faire porter contre toute évidence la responsabilité de la crise. Lorsqu’en septembre, l’archevêque Jean, assumant ses responsabilités, prit en tant qu’archevêque dirigeant la décision de rejoindre le Patriarcat de Moscou et de rendre ainsi à l’Archevêché une assise canonique perdue depuis le 27 novembre 2018, cette minorité non seulement refusa de reconnaître cette décision en rejoignant d’autres diocèses, mais se rallia au projet de destruction et de spoliation de l’Archevêché du métropolite Emmanuel Adamakis.

C’est cette tentative de destruction et de spoliation soutenue par d’anciens membres de l’Archevêché qui apparaît comme une imposture monstrueuse, destructrice du lien devant unir les membres d’une seule église fussent-ils séparés par les frontières juridictionnelles. Conduite au prix de violations grossières des Statuts de l’Archevêché (en continuité avec celles qui avaient gravement entaché la période d’intérim et les élections de 2013) et des moyens douteux comme les attaques personnelles et la calomnie, cette entreprise fourvoyée va manifestement au-delà d’une simple démarche de contestation des décisions adoptées par l’Archevêque et la majorité de l’Archevêché en vue de préserver celui-ci. Elle cherche à semer le doute dans les esprits et les consciences. Elle contrevient grossièrement à toutes les règles ecclésiales, comme à toutes les règles de comportement au sein d’une communauté humaine. Elle ne poursuit aucun but positif et ne s’appuie sur aucun projet clairement argumenté. Conduite par certains au nom d’une idée abstraite de l’église locale, elle consiste paradoxalement à s’en prendre à une des rares entités ecclésiales de la diaspora engagée dans une démarche authentiquement locale.

Toute en étant confiant que l’Etat de droit saura préserver l’intégrité de l’Archevêché et le prémunir contre la tentative d’usurpation et de spoliation en cours, j’en appelle à la raison, au sens des responsabilités et à la conscience de chacun pour refuser de prendre part à cette entreprise de destruction et de division, ne serait-ce que pour préserver l’avenir de l’unité orthodoxe en France et pour éviter le grave discrédit que ne manqueraient d’attirer sur l’Eglise orthodoxe pareils agissements.

Le retour de l’Archevêché des paroisses orthodoxes russes au sein du Patriarcat de Moscou à la veille du centenaire de sa fondation et après un parcours de près de 90 ans au sein du Patriarcat Œcuménique ne va pas sans déchirements et sans appréhensions. L’Eglise de Russie dont l’Archevêché a accepté la protection canonique portera encore longtemps les stigmates laissés par les décennies de persécution et d’oppression de la part d’un régime totalitaire. Néanmoins cette solution permet de préserver les institutions uniques de l’Archevêché, dont la reconnaissance officielle par l’Eglise de Russie est en soi un événement plein de signification. Elle permet à l’Archevêché de renouer avec son histoire et de se projeter dans l’avenir, ce qu’il n’aurait sans doute jamais fait sans le choc provoqué par la décision du Patriarcat Œcuménique à qui nous pouvons être reconnaissants pour cela. Ce qui devait arriver est finalement arrivé. En même temps, il est naturel qu’une partie des membres de l’Archevêché préfère pour diverses raisons rejoindre les métropoles grecques ou d’autres formations plutôt que de suivre l’Archevêché dans ce tournant. Une telle démarche est compréhensible. Elle ne brise en rien l’Unité de l’Eglise à condition d’être accomplie en conformité avec l’ordre ecclésial et dans le respect que se doivent mutuellement les membres d’une communauté. Ce qui est incompréhensible et destructeur du lien ecclésial en revanche, c’est l’acharnement de ceux qui, non contents d’avoir quitté l’Archevêché, s’associent aujourd’hui à une entreprise visant dès le départ sa destruction et sa spoliation.

Daniel Struve

Paris, le 18 octobre 2019

b) Version en russe mise en ligne par l’auteur à la suite du texte ci-dessus :

Обращение к православному сообществу в связи с попыткой уничтожения и сполиации Архиепископии русских православных приходов в Западной Европе

Обращаюсь с призывом к православному сообществу, полагаясь на то, что все люди доброй воли должны быть в состоянии договориться об основополагающих принципах, без которых невозможно существование не только церкви, но и любой человеческой общины.

Я осуждаю как чудовищную попытку уничтожения и сполиации Архиепископии русских православных приходов в Западной Европе, проводимую под руководством митрополита Эммануила Адамакиса при поддержке группы бывших священников и мирян Архиепископии.
После внезапного и одностороннего упразднения Архиепископии решением Константинопольского Синода 27 ноября 2018 года вокруг архиепископа Иоанна было достигнуто широкое согласие – отвергнуть несправедливое и неисполнимое решение, направленное на уничтожение и отнятия имущества Архиепископии.
Вскоре стало ясно, что единственным возможным путем восстановления канонической основы Архиепископии – возвращение к положению, существовавшему до 1931 года, то есть воссоединение с Московским патриархатом по возможности с сохранением внутреннего самоуправления, которое существовало с момента основания Архиепископии и до 2018 года было гарантировано ему торжественными обязательствами, принятыми Вселенским Патриархатом.
Если переговоры с Московским Патриархатом продвигались вперед и заключились соглашением, все другие намеченные пути вскоре оказались иллюзорными либо из-за отсутствия воли запрошенной стороны, либо из-за недостаточной поддержки верующих Архиепископии, а главное, плохо обоснованными с канонической и исторической точки зрения.
Однако меньшинство приходов, духовенства и мирян Архиепископии, возглавляемое семью членами Совета Архиепископии, по разным причинам выступило против единственно возможной альтернативы роспуску и попыталось заблокировать механизмы принятия решений Архиепископии, стремясь при этом делегитимизировать архиепископа и возложить на него вопреки очевидности ответственность за кризис. Когда в сентябре архиепископ Иоанн принял в качестве управляющего Архиепископией решение присоединиться к Московскому патриархату и тем самым вернуть Архиепископии каноническую основу, утраченную 27 ноября 2018, это меньшинство не только отказалось признать решение архиепископии, присоединившись к другим епархиям, но и примкнуло к проекту митрополита Эммануила Адамакиса по уничтожению и сполиации Архиепископии.
Именно эта попытка разрушения и сполиации Архиепископии, поддержанная бывшими членами Архиепископии, представляется чудовищным обманом, разрушающим связь, которая должна объединять членов одной церкви, пусть разделенных юрисдикционными границами. Совершаемая путем грубых нарушений Устава Архиепископии (аналогичных тем, которые запятнали период местоблюстительства и выборы 2013 года) и сомнительными приемами, такими как личные нападки и клевета, это запутанное предприятие явно выходит за рамки простого оспаривания решений, принятых архиепископом и большинством Архиепископии в целях ее сохранения. Оно стремится посеять смуту в умах и сознаниях. Оно грубо нарушает все церковные правила, как и все правила поведения в человеческом сообществе. Оно не преследует никаких положительных целей и не основывается на каких-либо четко аргументированных проектах. Руководимое в некоторых случаях абстрактной идеей создания «поместной церкви», оно парадоксальным образом приводит к агрессии против одного из редких церковных образований в диаспоре, приверженных подлинно местному подходу.
Будучи уверенным в том, что верховенство права сохранит целостность Архиепископии и защитит ее от попыток узурпации и сполиации, я обращаюсь к разуму, чувству ответственности и совести каждого с призывом отказаться от участия в этом деле разрушения и разделения, хотя бы для того, чтобы сохранить будущее православного единства во Франции и избежать серьезной дискредитации, которую могли бы навлечь на Православную Церковь подобные действия.
Возвращение Архиепископии русских православных приходов в состав Московского патриархата накануне столетия со дня ее основания и после почти 90-летнего пребывания в составе Вселенского Патриархата не может обойтись без разрывов и опасений. Русская Церковь, к канонической защите которой прибегла Архиепископия, еще долго будет нести следы, оставленные десятилетиями гонений и угнетений со стороны тоталитарного режима. Тем не менее это решение позволяет сохранить уникальный Устав Архиепископии, официальное признание которого Русской Церковью само по себе является событием, полным смысла. Оно позволяет Архиепископии восстановить связь со своей историей и смотреть в будущее, чего она, вероятно, никогда бы не сделала, если бы не толчок, вызванный решением Вселенского Патриархата, которому мы можем быть благодарны за это. Случилось то, что должно было случиться. В то же время вполне естественно, что часть членов Архиепископии по разным причинам предпочла присоединиться к греческим митрополиям или другим образованиям, нежели следовать за Архиепископией. Такой шаг понятен. Он ни в коей мере не нарушает единства Церкви, если он совершается в соответствии с церковным порядком и с уважением, которое должны друг другу члены одной общины. Но непонятно и губительно для церковного единства, ожесточение тех, кто, не довольствуясь тем, что покинул Архиепископии, сегодня присоединяется к делу, с самого начала направленному на ее разрушение и сполиацию.
Даниил Струве
18 октября 2019

 

קיום

קלייניקעס זיינען געגאנגען אויף דער גס,

א שמייכל, א לעכל, א האנט צו באגרוסן מיט פרייד און ניעזשנעם קוק.

קינדער אדער נערים און קטנות מיט א פלאש מילך,

אכילה – אפשר א ברויטעלע, אויך אין דער האנט אדער שוין אין מויל

מיט דעם טעם פון זיסקייט.

פארוואס

קומט דאס אזוי אין אונדזער דור אז מיר באהיטן בילדער פון פנימער?

מענטשן וואס מיר האבן ניט קיינמאל געטראפן,

נשמות, וואס ליגן אדער זיינען ארויספארשווונדען אין די שעהען פון שינאה.

מיר האבן די בילדער, פעם שווארץ און וויס

אנדערע האבן גערודעפט די נסתרדיקע פארבן.

א תקופה פאר אנדערע זכרונות,

צלם, פאטאגראפירן

די קלייניקעס אויף דער גאס.

און אין דידאזיקע

טעג און מעכט

דאווענען זיך די סליחות

”דער הער איז ברעמהארציק,

אל רחום וחנון,

פאר וואס, וווהין

נעמען אונדז די בילדער מיט געשוויגענע קולות.

א רוף אז בלייבט ביי אונדז אין דער נשמה

– האפענונג און א גארטן מיט שמייכלעך, מיט רו און מילך.

דעם ג’ טן דתשרי תש”פ  אברהם בן ברוך