Sto Lat !

” עבר או עובר ויעבור”,
At Yad-VaShem, a quotation of Isaac Bashevis Singer is written: “A world that has passed”. In the case of John-Paul II, he remains a link. This aspect is always taken into consideration.
The Catholics love to quote the words and declarations of the acting pope. They are scared when this becomes ambiguous as, for example, the fact that former pope Benedict XVI decides to write or express his opinion. There seems to be only one and unique “acting if not pending” pope…
In fact, there are chains of bishops who were called to head the Roman Catholic Church of Rome. John-Paul II had a special destiny and resumé that was deeply mirrored in the destiny and history of his Polish nation, language, culture, traditions of the Slavs, a bit to the North to Lithuania, to the East with the “Polish-like” speeches of the Wend-Sorbisch/Serbs of Germany.
And a profound clutch with German, mainly through the K. u. K. the Austrian and Hungarian empire. His father gave to the young lad the first (Christian) name that showed this respect for the Central European Empire. John-Paul II really respected humankind. Undoubtedly a gifted man, interested in literature, theater, actions, creation, fighting for the freedom of speech and soul, true faith. “Do not fear” echoes this call to liberty, responsibility. It meant to be able to overcome the cowardice of weak souls, crooked personalities, double-sided ambiguous attitudes, and “lockdown”.
He was deeply educated and fond of German philosophy, gifted for languages. But not because he could or scarcely speak some of them: he was convinced that each dialect allows a connection to all of the human beings. He was convinced that newness had to germinate. The Catholic Church had been tempted by “ruling the Reign of the Lord throughout the continents”. He visited the parts of the globe as a simple and humble witness of life, over life and conviction in the resurrection.
Still, he was also “isolated” because he could not go beyond the frontiers that imprint and continue to impact the Christian heritage in Europe. He could not match with the Orthodox who only came up to some new freedom thirty years ago by the time of the perestroika and the fall of dictatorships. He was too close and still “alien” to the spirit of the East, the original Faith born from the totality of the Pentarchy. It is aching as for now in the pangs of revolving rebirthing processes.
Wrongdoings? Of course, because the Roman local Vatican was framed and it has always been comfortable to choose carrier rather than Serving. There are chains of popes and they help each other indeed. True, the abuse of authority, sexual abuse, abuse of administrative fencing have to be corrected. They threaten the Church directly. It is more and more difficult at present.
But again, silence makes it coward and mean. Time has passed and the whole thing requires a real cleansing. John-Paul II? We met some times, also as I gave him (and to now-cardinal Dziwisz of Krakow) 12 “philakta = signs of amity, philia” that use to be given in the Greek Orthodox tradition.
He remains a model for me in one very important way: do all you can not hurt back, not to be silent because of some cowardice, but be silent and speak only in time in order to pave the way to healing. Totus Tuus!

It is time to speak… wait and see.

Le covid mène la danse

Autant le dire tout de go : çà décoiffe ! “Les coiffeurs rasent les murs et les doyens perdent leurs facultés” disait-on en France, en 1968. Cinquante ans ont passé. Nous entrons dans une vraie quarantaine : celle où l’espace est restreint géographiquement, bien balisé, traçabilisé.
Tout cela se produit de manière si inattendue. Il y a eu des accros, c’est vrai. Des gens sont morts du virus HIV-le Sida. Ils continuent de mourir de cette infection, mais depuis plus de trente ans, les choses se sont nettement améliorées.
 Tout a commencé par une histoire de chauve-souris. Qui mange des chauve-souris ? Se délecter de volatiles qui collent aux cheveux, serait-ce chercher des poux dans des esprits tordus ?

 

Partout, dans le monde, les marchés entrent en eux-mêmes, se recroquevillent jusqu’à disparaître. Qui était au courant ? On ramasse les think-tanks à la pelle. Les professionnels du conseil, de l’analyse, de la réflexion géo-politique, de la sociabilité post-moderne fondent sous des tsunamis d’irrationnalités intercontinentales. A force de renifler l’air du temps, le temps passe, a passé… Il passera et, pire encore ! on perd l’odorat ces temps derniers et c’est un syndrome planétaire.

On a perdu le sens commun mais tout le monde cause sur tout. Au début, un petit virus. Mais c’est quoi un virus qui se promène à l’orée d’une cité gigantesque de onze millions d’âmes ? Qui a vu le virus flâner au coin des rues ?
Non mais ! Il est où ce virus qui transforme la connexion “pal”, “friend”, “buddy”, “click & go” en une fièvre qui vient et va, s’en va ou monte, volète et puis, bon, adieu. La virtualité n’est plus ce qu’elle était. Nous nous sentions unis. Certes pas pour longtemps : dix minutes, une heure, un jour, quelques jours ou semaines, voire plus si affinités. De l’émotion ou bien du commerce. Un petit click par une touche sur clavier. Quelques mots batardisés sur un écran ou partagés en sons temporaires. Des heures, des mois, déjà des années qui s’étirent sur la planète et captent jusqu’à l’intime de vies qui s’affichent… et que l’on peut effacer, du moins on le croirait.
M’enfin ! Ce virus, qui c’est qui l’ a vu, c’te virus ? Tous sont là à jaser : “Mais j’ai personne vu !” C’est un truc à la “Caméra cachée” ! Un bluff, quoi !? On ne peut plus se faire la bise. Enfin, la bise… Certains se bécotent quatre fois, d’autre deux – sur les joues, sur la bouche, dans le cou, sur les cheveux.
“Touche pas à mon pote”… une parole prophétique qui peut se terminer à la chambre mortuaire. Mais ça fait mal là où ça a piqué.
Ne plus se toucher. La cata ! Garder ses distances ? Alors on mesure selon des repères intelligibles : la longueur d’un kangourou en Australie, d’un cerf au Canada. En Israël, ce sont les voitures qui porte le panneau “sh’mor merakhoq/שמור מרחוק = gardez vos distances”. C’est presqu’aussi vieux que le pays…
On comprend qu’un “baiser = neshikah/נשיקה” puisse se changer comme un rien, un petit rien… un petit virus invisible à l’oeil nu, en une “arme = neshek/נשק” redoutable. On croit aimer et être aimé, eh voilà qu’une bestiole passe et l’amour s’en va… pas haineux, pas agressif. Non ; il s’est transformé en un ennemi destructeur, morbide…
Cela faisait vingt ans que l’on avait développé l’internet, le monde virtuel qui peut être vrai, faux, fake, attrayant. Une touche et le monde s’est soudain planétarisé. On se rencontre par écrans, par microphone. Il n’y a plus de distance. On clique et on accroche, on décroche, on raccroche sans même se rencontrer dans la vraie vie. Un écran, des protections avec des anti-virus qui envahissent le paysage des réseaux sociaux. Pas besoin de parler. Pas de mauvaises odeurs. On a du nez pour trouver l’âme soeur ou un(e) ami(e), voire faire connaissance aujourd’hui avec des personnes que l’on n’aurait jamais vues et qui ouvrent des horizons. Actuellement, les narines se cachent derrière des loups anti-coronavirus.
Il ne manquait plus que le “masque” dans une affaire médicale qui attaque directement les poumons, la respiration. La symbolique est forte : en hébreu “neshamah/נשמה – âme, être vivant” avec pour corrollaire “neshimah/נשימה = respiration”. Si la respiration est bloquée, l’âme et le corps périssent.
Dans toutes les urgences hospitalières du monde, les médecins et personnels soignants sont épuisés.  Le temps semble suspendu mais la course au vaccin est onéreuse.
On se croirait en pleine masquarade ! Il y a comme un paradoxe en cette année juive 5780. Le calendrier est passé, en septembre 2019, des années 70 (5779) à la décennie des 80 (5780). A peine si l’on a eu le temps de s’en rendre compte. La situation était en turbulence dans tout le Proche-Orient. L’Europe était un peu en furie, souvent teintée de jaune chez des gilets français, belges ou néerlandais. En Allemagne de l’Est, des jours d’effervescence et de rejet social, racial, idéologique.
On évoque alors la bouche (“peh/פה”) puisque “quatre-vingts” s’écrit avec cette lettre qui hésite entre le “p” et le “f”. Le mot “bouche” est bref, monosyllabique. Ancien, archaïque. Car les sens sont primaires. Il faut une bouche pour manger, un nez pour respirer (“af/אף = nez, narine, puis “colère” par extension sémantique), un oeil – deux yeux pour voir (”ayn/עין”). Des mots brefs mais vitaux. Il est question de vie, de survie parfois. Il y va des paroles apparemment si grégaires de la seconde prière de l’office juif du Matin (Shaharit/שחרית) : “Béni soit-Tu…/ Qui a créé l’être humain (Adam)… et les apertures, les orifices. Si un seul venait à ne pas être fermé ou s’ouvrir, il serait impossible de rester en vie ne fût-ce qu’une heure”.
La bouche permet de parler. Elle abrite et reçoit les sons issus de la gorge, qui combinent la parole à la respiration. La décennie s’annonçait comme une ouverture sur la richesse des connexions et des traditions nées de l’oralité. Il faudra désormais mettre des masques, couvrir le nez et fermer le bec par crainte des postillons.
En latin médiéval, masca signifiait “masque, spectre, cauchemar”. On suggère que le mot viendrait de l’arabe maskharah “bouffon, moquerie”, de sakhira “être moqué, ridiculisé”. D’autres pensent que le terme est plutôt lié au vieux-français mascurer “noircir (le visage)… En occitan de Béziers, masco veut tant dire “une sorcière” qu'”un nuage noire avant que la pluie ne tombe”.
La bouche est faite pour bouger, s’exprimer, laisser passer les sons. Maintenant, elle doit être voilée, dans certaines circonstances, pour faire face au danger mortel. Du jamais-vu ! hulule–t-on en français courant.  Pourquoi interdire la burqa… On hésite aujourd’hui entre la burqa faciale unisexe et le scaphandre soft tissu ou plastique. Tout le monde se lance dans le tricot en viscose ou en tissu, c’est aussi l’une des plus archaïques étymologies du masque, “mezg = coudre, mailler [cf. to mesh en anglais”].
Et puis, on découvre l’obligation de se laver les mains. Tout le temps, de manière presque compulsive. On assiste à la démultiplication outrancière du “netilat yadayim/נטילת ידיים = lavement, purification des mains” ou des ablutions rituelles de l’Islam.
Une minuscule bestiole, un virus. Depuis des années, on sent monter à travers les continents, des turbulences sociales, économiques, morales, philosophiques. Est-ce tellement neuf ? Certains ont la délicatesse de paraître blazés. L’histoire du globe Terre s’étend sur des milliards d’années et l’être humain est récent au regard d’une telle chronologie. Alors, un virus…!  Il y a eu bien pire, bien plus tragique, dramatique au cours de ces milliards d’années. Gutenberg, c’était hier. Le digital c’est aujourd’hui mais franchement primitif. “Digit”, c’est compter sur ses doigts. Il faut maintenant les protéger et les comptes financiers internationaux sont à revoir.
Le virus ? Continuons sur les mots. Le sanscrit visam est un venin, un poison” comme le grec ios ou le latin viscum (liquide visqueux, glue)… curieusement le slavon vishnya/вишнья (cerise) comme un beau fruit qui peut être vénéneux…
L’hébreu renvoie au psaume 58, 5 : “חֲמַת-לָמוֹ, כִּדְמוּת חֲמַת-נָחָשׁ; כְּמוֹ-פֶתֶן חֵרֵשׁ, יַאְטֵם אָזְנוֹ = leur venin (khamat-lamo) ressemble au venin du serpent   comme un cobra sourd   qui se bouche l’oreille”.
Khemah est le nom allégorique de l’un des anges de justice (Exode Rabba 24).
Qui oserait parler d’injustice ? Qui oserait dire que ce virus vient corriger des comportements que l’être humain affirme maîtriser grâce à sa toute-puissance. Serait-elle donc fictive ?
On connaît ce midrach où Salomon, le roi dont la sagesse légendaire s’est étiolée au cours d’un règne où la volonté de gloire a pris le pas sur l’humilité dont il avait preuve lors de son accession au trône d’Israël. Voilà qu’un jour il regardait une minuscule fourmi qui s’était logée sur le creux de sa main. Il dit à l’insecte : “Y aurait-il quelqu’un au monde de plus grand que moi ?” – “Eh bien, oui !”, lui répondit la fourmi. “Moi, je suis plus grande que toi parce que Dieu t’a placé ici pour me porter.”
On parle de confinement en français. L’hébreu “seger/סגר” indique une fermeture alors que tout, dans les traditions sémitiques, porte à ouvrir sur ce qui est inaccessible. Encore faut-il trouver le mot de passe. La fermeture ou les murailles séparent et relient : il y a des temps pour être en contact, d’autres pour se préserver des autres. Mais le Covid-19 introduit une autre notion par sa dimension, internationale, universelle, s’attaquant à tout être humain sans distinction de condition, d’origine, de culture.
Il y a d’autres aspects. Nous assistons à une neutralisation saisissante de tous les rites habituels de la vie religieuse monothéiste. Rares sont ceux qui auraient prévu la percée surpuissante d’un virus aussi dévastateur, insaisissable, invisible. Il s’est sans doute manifesté quelque part en Chine – les choses ne sont encore que de l’ordre de l’observation – aux alentours de la fête de Souccot 2019 (vers les 13-30 octobre 2019). Il est fort probable qu’il recouvrira tous les hommes d’une chape opaque tout au long de l’année 2020. Nous ne saurions préjuger de l’apparition prochaine d’autres virus destructeurs.
Les fidèles de tous les monothéismes ont directement subi la pandémie. La convivialité communautaire, les rites ont été brutalement interrompus (embrassades, toucher les objets du culte). Plus question d’embrasser une mezuzah, un rouleau de la Torah, de faire des circoncisions, de se tenir aux côtés de fidèles auxquels on accorde toute confiance humaine. Le chrétien arrête de se tenir par la main pour une chaîne de prière, ne peut s’approcher de la communion sacramentelle au Corps et au Sang de Jésus de Nazareth. La coupe de vin devient suspecte ; la patène peut-elle transmettre l’infection…? Les doigts des célébrants comme des laïcs deviennent porteurs de léthalité. Dans les Eglises orthodoxes, il devient dangereux d’embrasser ou de toucher tout ce qui est au coeur-même de la tradition orientale. Plus question de vénérer les icônes, l’Evangéliaire, l’autel, la croix, les gestes ordinaires comme embrasser la main de l’évêque ou du prêtre pour recevoir une bénédiction (également courant dans certains milieux harédiques).

Face à la généralisation du gel hydro-alcoolique, comment lire ces paroles de Jésus de Nazareth : “(Après avoir dit cela), Jésus cracha à terre, il fit une boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle. Et il lui dit : “Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (qui signifie “envoyé”). Il y alla, se lava et s’en retourna voyant clair” (Jean 9, 6-7).

 

On peut parler d’une vitalité pluriséculaire et plurielle, présente dans de nombreuses religions qui plongent à une source abrahamique commune. La Révélation diffusés par des prismes divers est soudain en suspens… des siècles de pratiques rituelles sont placées entre parenthèses.
La Pâque juive, les Pâques chrétiennes de rites occidentaux et orientaux , les prières à La Mecque et le mois saint du Ramadan sont claquemurés comme on dit si joliment en wallon.
On peut parler d’une éclipse. Les gestes les plus naturels, cultivés sur des centaines d’années – deux ou quatre mille ans, c’est peu de choses à dire vrai – s’estompent de la pratique, de l’expression de la foi. Ils sont présents. Ils le seront. Pourtant, il n’est plus question de parler d’un Dieu caché (El Nistar/אל נסתר, Deus Absconditus) comme on le fit pour évoquer la période de la destruction pendant la Shoah. Certains penseurs ont réfléchi sur un “Tzimtzum/ציםצום”, comme si le Créateur s’était effacé de la présence humaine, le laissant – ou l’abandonnant- à sa cruauté inhumaine et sordide.
Ne pourrait-on parler d’une autre forme d’éclipse ? Il s’agit de ce temps où l’être humain – unique nation d’Homo Sapiens – est obligé de s’éclipser des gestes et des actions si prégnants de ses cultures et, surtout, des expressions de Foi au Dieu Unique. Celles-ci se sont distanciées au cours des siècles et des tribulations au grand large des continents.
Dieu peut-Il s’absenter ?
Ne serait-ce plutôt l’être humain qui s’éclipse de la Face divine sans prendre conscience du processus de cette distanciation… Une dérive de puissance ? Le confinement est défini comme une “(auto-)isolation” dans certaines langues. La virtualité entraîne “hors les murs”, dans un en-soi où les périls semblent incertains, irréels.
“Rien ne sera plus comme avant !”… On a l’avenir court, la mémoire chancelante et ritualisée. Le 75-ème anniversaire de la libération des camps d’Auschwitz-Birkenau ? des camps de concentration et d’extermination ? Oui, certes. Ce fut le 27 janvier dernier. En revanche, les célébrations furent stupéfiantes tant elles révélaient les intérêts géo-stratégiques, politiques, économiques de nations européennes qui avaient toutes participé à la tragédie de l’extermination, du meurtre de millions d’êtres humains.
J’avais été frappé qu’à Jérusalem aucune personne rescapée ne soit vraiment intervenue en yiddish. Quelle est la langue qui témoigne, au long des siècles, de cette proximité distante entre le monde juif pieux et/ou apikoros (dubitatif) et l’ensemble du monde chrétien ? Le yiddish passe les murailles du non-dit dans une nostalgie triste et gaie à la fois. On ne l’entendit pas à Jérusalem. A Paris, le président français fut le seul à s’y aventurer. Il prononça ces mots “Mir zeynen do/מיר זיינען דא = nous sommes là” en visitant le Mémorial de la Shoah.
La chape se poursuivit avec les célébrations amputées du 75-ème anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale. Des défilés restreints pour un temps inscrit dans l’Histoire. Il a passé.
Des milliers d’Américains meurent du virus. En Russie, il fait des ravages. Partout se profile le spectre de la faillite économique. Des millions de chômeurs. Des millions d’êtres humains souffrent de famine. Les Etats croulent sous le poids de dettes qui se sont accumulées au cours du 20-ème siècle.
Partout, l’être humain fait montre de sa capacité tenace à résister au mal qui l’atteint.
“Je vous en conjure, Filles de Jérusalem, n’éveillez pas, ne réveillez pas l’Amour
avant qu’Il y prenne Son bon vouloir” (Cantique des Cantiques 3, 5).

 

A Sabbatical Good Friday

(c) Ben Gray’s wonderful picture of the light over the Edicule of the Holy Tomb

You have certainly noticed that Israeli society develops new view about what European cultures used to call “weekend”, definitely influenced by the Christian tradition. Apparently, the Christian weekend consists in a secular understanding of two non-working days, e.g.: Saturday and Sunday that may start on Friday afternoon. With regards to the Work regulations in force in most countries, the obligation to stop any activity on one day of the week has not been very constant. Until nowadays, a lot of people throughout the world would not really benefit from any day-off, and this affects them for the better part of the year. Some cultures would simply ignore the right to get some rest. Even in dire times of pandemics.

In this respect, Judaism has introduced the Shabbat day-off, with the obligation to rest, not to accomplish 37 sorts of activities for a very special reason: it is a real “imitatio Dei” – the Jew and the strangers who abide in the midst of the Jewish community have been created at the Image and Likeness of God Himself. And, when God finished His labor that was the creation and fashioning of the world and its inhabitants, he rested from all the work that He had done while continuing to develop and create it (asher bara Elohim la’asot/אשר ברא לעשות) (Gen. 2:3). When entering the seventh day eve when sun sets on the sixth day, the prayer quotes the verse of the TaNaKh that explains why all activities should be stopped. “Yom shishi : sixth day. and, thus, were achieved, the heaven and the earth and all their array (Bereishit 2:1).

God made them to the fullest of their plenitude, which is explicit in the verb “Vayechullu\ויכולו”. It does not mean that He had “finished” a task, a work. It states that the six day intense activity was a time of conceiving, constructing, shaping, breathing-in life and bringing-in a full autonomous and systematic. It could also function and be self-sufficient. This is why “asher bara la’asot – which He created in a continual process” is meaningful. Let’s say that, God could have gone for a nap or a rest, not even the supposed 24 hours of Shabbat. The whole system and their numerous living, procreating devices and creatures could have stopped. We are perfectly aware that we exist and survive day by day, generation after generation by some automatically scheduled table that requires a repair or some adjustment from time to time. This is puzzling, precisely because God has accomplished, achieved His creation work. The root comes from “KOL/kolel/klal\כל-כול-כולל-כלל = fulfill, fulfillment. wholeness, entirety”.

“Vaykhullu” has another meaning linked to what shows fulfillment according to the Jewish tradition. God “achieved” His work on the sixth day in the sense that it was “total and one, unique”. So God shaped the universe, heaven and earth, with the substance of being a “bride – kallah\כלה” in two ways. Firstly, to be like a crown that ornaments the nature of the worlds as in Isaiah 49:18. Secondly, the perfect crown is figured out as the bride because she allows the bridegroom to continue this systematic action of creativity based on uniqueness and love. “The bride/kallah is to be found perfect in the house of her father-in-law” (Pessahim 87a). Kallah is also the name of the Great Assembly of the students who, like those in Babylon, study the Torah during the months of Adar and Ellul. God’s Presence is spicy as the k’lah/uchla – the full measure of spices (Bava Betza III.62b).

 

This is why the sixth day is so meaningful for the Jewish tradition. It realizes to the whole what was already unique and one, singular on the first day, “yom echad\יום אחד – day one” and not “yom rishon\יום ראשון” as we have it today for our weekly delays. In Hebrew (as in all Semitic languages), days are named by numbers from one to six. Modern Hebrew lined the initial creation day on the second, “rishon = first” sounds more coherent. And we have been launched in the whirling development of time in space. We may consider the biblical account of the 6 day creation as a tale. Still, it is certainly the best way to describe what happened in the realm of God’s big bang. The seventh day or “yom hashevi’i – Shabbat” implements and clarifies additional features of a “creative launching process”. As if the “day one/yom echad” might, in the future, appear as the one and eighth day in terms of symbolic existence. Biblical Greek (Septuagint) and Latin (Vulgata) are of course based on the Hebrew day compute. There is no Sun-day, Moon-day, Fri-day (Frijadagur – (Freyja/Venus) wooing day) or Satur(ne)-day) = Laugardagur in Icelandic: “laundrying, washing, bathing day –Dan. Lørdag”. Christianity – this is barely known even by the believers – has kept until now the Hebrew weekly compute to define the days and the hours for the prayers.

Thus, Friday (Gr. Paraskevi/παρασκευη; Rus. Piatnitsa-Пятница/5th day) is of major importance in Christianity since the very foundation of the faith that Jesus of Nazareth rose from the dead. Good Friday is Gr. Megali Paraskevi- μεγαλη παρασκευη/Great Friday (“Sad” in Arabic) Germ. Karfreitag (Lamentation day) or Slavonic Strasnoi Piatok/stranaia Piatnitsa6срастной Пяток-страстная пятница” (Passion Friday/5th day), Scand. Long Friday. Jesus died at the some hours before the beginning of the Great Feast (Pesach). The Greek word is in the LXX as “the day of preparation to the Shabbat” is referred as Friday in all the Gospel (Matthew 27:62; Mark 15:42; Luke 23:54; John 19:14 (Nisan 14 = Pesach).

It means that the Yom shishi took place in a full Jewish and ritual context, still under control of a foreign occupation Roman Empire governor, soldiers coming from all possible nations of that huge empire. The whole account of Jesus judgment is fascinating because it shows the acuity of Jesus’ words or silence in facing two heads of questionable institutions. Pontius Pilatus condemned him by fear then played the innocent. He sent Jesus to Caiaphas, the high priest but the Sanhedrin could hardly be decisional in the situation of occupation. The context is mostly biased in a unique messianic context. It is impossible to make any comparison with Shabtai Tzvi destiny or other false messiahs. In the case of Good Friday, it does correspond to the bridal end day of the creation of the world and the preparation to resting… thus not dying, but being prolonged over the apparent stop, cease. The women had brought the spices (cf. k’lah) for his embalming (Luke 23:55).

It is quite impossible for the Jewish communities to positively consider in the present any link between Yom shishi/Friday – entrance of the Shabbat and Good Friday. Ecumenical movements showed after World War II with strong interests for the ties that do exist and cannot be cancelled or denied between Judaism and Christianity. In this field, we are lying in some cradle of understanding, at some blurred dawn of a possible encounter that cannot be escaped. It will require centuries of patience and a lot of mutual humbleness.

The split between Judaism and Christianity does show with persistence and violence (bedin: with violence and unwillingly) hesitating between friendship, total ignorance or dreamy love and peace utopia. The recent change that Pope Benedict XVI decided with regards to the classical Good Friday Tridentine prayer mainly tends to ban the reading of the prayer as printed in the old books printed in Latin because it is the standard language of the Roman Church. Pope John XXIII had suppressed the words “Let us pray for the perfidious Jews (pro perfidis Judaeis)” in 1960.

Now, the version of the prayer said on Good Friday in the Roman Catholic Church after the final publication of the text in 1970 (Pope Paul VI) is thus: “1. Let us pray for the Jewish people, the first to hear the word of God, that they may continue to grow in the love of His Name and in faithfulness to His covenant. 2. Almighty and eternal God, long ago you gave your promise to Abraham and his posterity. Listen to your Church as we pray that the people you first made your own may arrive at the fullness of redemption…”

This change only concerns and is only observed by the Latin rite part of the Roman Church. The Oriental Churches have not revised any text. It would have presupposed the union of the Orthodox Churches and their agreement that was not possible for political and mostly theological positions. The new authorized Catholic Tridentine text states: “1. Let us also pray for the Jews: That our God and Lord may illuminate their hearts, that they acknowledge Jesus Christ is the Savior of all men. 2. Almighty and eternal God, who want that all men be saved and come to the recognition of the truth, propitiously grant that even as the fullness of the peoples enters Thy Church, all Israel be saved. Through Christ Our Lord. Amen” (Vatican, 2008).

There are positive expressions scattered in many Latin rite prayers (e.g. “the Israelite dignity” for Easter). All suggest that the Jews should confess and recognize the Savior. Thus, all the Churches call the Jews to convert to the Christian Creed. In this matter, we cannot be blind or keep arguing that this has been canceled. Some Churches would stop baptizing because they are afraid of Israeli or Muslim protests. Fear has nothing to do with faith, freedom of conscience, respect of the souls. Israel still bears, for a long time, the wounds and scars of the nails of the Cross.

This special year is like a Sabbatical year for paschal celebrations. It questions the rituals, the way we meet the days when the Lord is to come, is present indeed. Because, whenever we serve the Services and the Liturgies, He is in our midst. And the virus overshadows both our desire to confess true faith and still our natural tendencies to keep away, distanced from those who do share our own beliefs. The pandemic obstructs clergy people and laity, may stop them stiff in their places, their mental certitudes.

Good Friday remains the full day of silence, from life and moves, words and speech. In the mouth of Jesus of Nazareth, it end with “all is full, achieved, accomplished – tam/תם”. We are granted the privilege of a surplus in the development of redemption. In the Byzantine tradition, we have longed after the coming of the bridegroom during the first days of the Passion Week. May we be given the seal of communion in the Messiah.

Yom shishi – Friday as Good Friday is and remains a bridal day, a day of preparation to rejoicing and faith. Every Friday, Jews enter the time of rest, repose, calm and peace. This remains for all a day of fulfillment.

Statement Regarding The Church Of The Holy Sepulchre (Local Church Leaders)

I share this declaration of the Heads of the three main Church jurisdictions who are responsible for the management of the Church of the Holy Sepulcher/of the Resurrection in Jerusalem.

They call to act with care and a real sense of responsibility with regard to the pandemic of coronavirus that is more than a threat, but an invisible “on-air” potential killer.

It is an important period of the liturgical cycle that leads to the Feast of Easter and Passkha (Western rites of the Catholics and the Eastern-rite Byzantine and Oriental Orthodox). It is a real hapax in the course of human and spiritual experience. This Saturday of the Vespers of the Sunday of the Exaltation of the Holy Cross (Great Lent), the communities have served in their allotted places. Patriarch Theophilos of Jerusalem led the Vespers at 2PM this afternoon.

One thing: again and again, in the course of the decade, the traditional Churches of Jerusalem have to comply (obey) with the rulings and decisions issued by the State of Israel for their own benefit and care. As usual, they do not mention the State in their “statement”. Now for years, they depend on the local Kishleh Police Head Quarters located at Jaffa Gate because of their non-recognition of the State and quarreling with the Israeli government. None of them would either behave in this way with the King of Jordan and the Jordanian government.

The local Churches are local if they confirm their attitudes and morals with the existing legal bodies of the countries where they are. It is a very old “Christian” commandment” expressed by Saint Paul of Tarsus (Romans 13:2). They do not serve in “a country, a place, a city, a town, a village” because the Mystery of the Church is based on the incarnation of the Lord and it has been heralded throughout the centuries by the air of the Holy Spirit and human persons to each place everywhere in the world. Therefore, recognition of who the authorities are is a must, an obligation and a matter of authenticity of faith.

During the Second Intifada, the Israeli Authorities had required that the gas masks should be distributed to all the inhabitants of the country of Israel and/or Arab Palestinian Authority. The Churches did not comply with this ruling. They can not ask for protection – and the State of Israel does protect all the Churches as the Mosques and the Synagogues – and not accept to participate in the reality of the State and its legacy.

May I also take the liberty to say that those foreign press correspondents in Jerusalem or other locations in Israel) have the right to feel compassionate with their home countries, but they cannot give the impression that, since they are locked down in the Old City, they are mainly connected, spiritually, first and mostly with their offshore place of origin. They do witness for the local reality in these days of hardships, i.e. in Jerusalem and not in the Scilly Islands…

May we show that we are humans and humane beings and called to live by the grace of the Lord.

Statement regarding the Church of the Holy Sepulchre
Jerusalem, 20 March 2020

Dear Brothers and Sisters,
Our world is currently experiencing a time of crisis and emergency, whereas many countries and nations are combatting the spread of COVID-19. In many places around the globe, the infection is spreading rapidly and the victims are consistently increasing. The World Health Organization has declared the situation as a global pandemic.
In front of this dangerous situation, governments worldwide mobilized to resist and restrain the spread of this virus. In many places, severe measures were adopted which resulted in restrictions of movement of persons maintaining operative only crucial facilities.
This dangerous situation has not passed over the Holy Land and the Holy City of Jerusalem in which all Sons of Abraham Jews, Christians and Muslims are raising their prayers to God Almighty. We are called to live this time in faith and confidence in the Lord’s mercy and His care for all His creatures.
At the same time, we are called to adhere to the instructions of the competent civil authorities enacted to ensure the safety and well-being of the entire population.
Therefore, we the Heads of the Churches in charge of the Church of the Holy Sepulchre in Jerusalem urge everyone to abide fully by the provisions for the public health, as they are published from time to time.
The communities living within the Church of the Holy Sepulchre will continue the ordinary life of the Church in conformity with the instructions for the public health. We will be united spiritually in our aim to preserve the centuries’ long tradition of ongoing prayers in the Church even in these sad times when pilgrims cannot reach Jerusalem and local faithful are compelled to remain at their homes.
Accordingly, while maintaining the Church open we urge the worshipers to:
– Refrain from any gatherings of more than 10 people in the same place and at the same time in the Basilica.
– Keep a minimum distance of 2 meters between each person.
– Avoid any act of devotion that might include physical contact such as touching and kissing the stones, touching icons, vestments and the personnel in the Basilica.
– To abide always by the instructions of the authorities.
The Holy Sepulchre is the ultimate place of hope. Hope that faith will defeat doubt, the light will defeat darkness and life will triumph over death. From this Holy Place and in this time of spiritual preparation for Easter and of the global crisis we join our prayers to those of faithful of all religions, asking for the end of this pandemic. We pray for all those afflicted by the virus around the world and express our sympathy and gratitude to those who assist and take care of the victims.

Theophilus III
Greek Orthodox Patriarch of Jerusalem

Francesco Patton
Custos of the Holy Land

Nourhan Manougian
Armenian Patriarch of Jerusalem

ילם: Maier Yagod (photo)

מדפו של העיתונאי ניר חסון בפייסבוק. הוא כתב בעברית ככה –

הודעה מיוחדת מצד ראשי העדות הנוצריות המחזיקות את כנסיית הקבר, הפטריאך היווני תיאופילוס השלישי, הקוסטוס הקתולי, פרנצ’סקו פאטון, והפטריארך הארמני נורהאן מנוגיאן :
“הקבר הקדוש הוא המקום האולטימטיבי של התקווה, תקווה שאמונה תביס את הספקות, שהאור יביס את החשיכה ושהחיים ינצחו את המוות”. קוראים למאמינים לציית להוראות משרד הבריאות וכן להימנע מנגיעה או נישוק האבנים, האיקונות או הסמלים בכנסייה. הם נערכים לאירועי הפסחא נטולי מאמינים.
בתמונה שער יפו הנעול אתמול (היום הוא כבר נפתח),

Des évêques auxiliaires pour l’Eglise orthodoxe russe en Europe occidentale

Le 11 mars 2020, dans sa session habituelle, le Saint Synode du Patriarcat de Moscou a annoncé qu’il confirmait l’élection de l’archimandrite Symeon (Cossec) du Monastère Saint-Silouane et de l’higoumène Elisée (Germain), recteur de la paroisse de la Saint-Trinité d’expression française – dite “la Crypte” qui a été votée le 26 février dernier par l’assemblée de l’Archevêché. C’est un moment novateur pour l’ensemble des Eglises orthodoxes qui vivent en Europe, notamment en Europe occidentale. Cela marque une évolution sur cent ans. Les deux Ecoles théologiques de Paris voient un embryon qui a poussé longtemps et face à diverses tribulations, en Europe et en langue française. Les deux nouveaux évêques ont été choisis selon le Tomos/Gramota de l’Archevêché à l’Institut Saint-Serge, là même où ils furent élus par la nouvelle structure ecclésiale rattachée à la Mère Eglise historique de Moscou.Paris restera toujours une capitale de rencontres des idées, des traditions, des mouvements de populations ,de cultures diverses, de différentes traditions religieuses. La réflexion continue dans diverses directions, avec des personnes qui cherchent à s’inscrire dans la recherche d’une Eglise de tradition russe. C’est la voie que les deux nouveaux évêques ont exprimée, l’ayant choisie comme source de leur direction spirituelle sur un chemin en terre de tradition chrétienne occidentale. Ils ouvrent une voie pour que se poursuivent des routes très contrastées : il y a Saint Silouane l’Athonite, le Père Sophrony (récemment canonisé par Constantinople), les allers-retours entre l’Institut Saint-Serge et l’Institut Saint-Denis passé ensuite à l’ECOF – les études sur les Liturgies développées par Mgr Jean (Eugraph) Kovalevsky en français.

De nombreuses personnalités se croisent sur ce chemin : le métropolite Euloge, ses successeurs, Vladimir Lossky, Olivier Clément, mais aussi Saint Jean de Changhai et de San Francisco, La troïka des théologiens russes (PP. A. Schmemann, Meyendroff et B. Bobrinskoy), les membres des familles de l’émigration russe : le père Pierre Struve (paroisse francophone), le père Lev Gillet, Nikita Struve et YMCA-Presse. Il faut aussi mentionner le père Louis Bouyer et Elisabeth Behr-Sigel venus du protestantisme vers le catholicisme et l’orthodoxie. Ou encore, le père Irénée-Henri Dalmais, dominicain, grand expert des traditions orientales.
Ceci pour dire que l’actuel Archevêché, dans sa nouvelle existence, est un espace large, ouvert sur une grande diversité. Il peut s’égarer à cause de sa situation singulière. Son clergé suit la tradition slave et russe tout en étant traversé par des orientations multiples. C’est une chose que de suivre un archvêque qui a tenu à suivre la voie de la réunification avec l’Eglise-Mère de l’actuel patriarcat de Moscou. Le projet est un peu autre : s’ouvrir à l’avenir en marchant avec les juridictions qui composent le patriarcat de Moscou tout en tenant ferme dans les choix proposés en héritage du Concile de Moscou de 1917-18.

Ceci signifie aussi que l’Archevêché marche de concert avec l’Exarchat moscovite en Europe occidentale et ses diverses “structures ecclésiales” locales située en Europe. Ce même 11 mars, le Saint Synode du patriarcat de Moscou, suite à la demande du métropolite Antoine de Chersonèse, a désigné comme évêque auxiliaire (donc à une tâche identique à celles des évêques Syméon et Elisée) Mgr Alexis comme évêque de Coffa et administrateur du diocèse de Vienne et d’Autriche, à titre temporaire.
Ceci permet de suivre l’évolution de l’Eglise orthodoxe russe dans le vaste espace de la chrétienté occidentale.

AXIOI ! Достойны! Αξιοι! Ad multos!

Source sur la nomination de Mgr Alexis de Caffa comme évêque membre de l’Exarchat de Chersonèse d’Europe occidentale du patriarcat de Moscou en qualité d’administrateur du diocèse de Vienne et d’Autriche :

Cathédrale russe Sainte-Trinité/Свято-Троицкий собор в Париже

 

Le Saint-Synode a nommé Mgr Alexis de Veliki Oustioug évêque auxiliaire du diocèse de Chersonèse.
Le 11 mars 2020 le Saint-Synode de l’Église Orthodoxe Russe a examiné le rapport de Son Éminence Antoine, métropolite de Chersonèse et d’Europe occidentale, Exarque du Patriarche en Europe occidentale, dans lequel le hiérarque avait demandé la nomination d’un évêque auxiliaire pour le diocèse de Chersonèse.
Les membres du Synode ont décidé de nommer Son Excellence Alexis, évêque de Veliki Oustioug et de Tot’ma, évêque auxiliaire du diocèse de Chersonèse, avec le titre “évêque de Caffa” (acte №11).
De même le Saint-Synode a désigné Mgr Alexis, évêque de Caffa, comme administrateur du diocèse de Vienne et d’Autriche à titre temporaire (acte №13).

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Священный Синод избрал викарного архиерея Корсунской епархии

11 марта 2020 года, в ходе заседания Священного Синода Русской Православной Церкви, было рассмотрено прошение митрополита Корсунского и Западноевропейского Антония, Патриаршего экзарха Западной Европы, о назначении ему викарного епископа.
Участники заседания постановили викарием Корсунской епархии с титулом «Кафский» избрать Преосвященного Алексия, епископа Великоустюжского и Тотемского (журнал № 11).
Решением Священного Синода епископу Кафскому Алексию также поручено временное управление Венско-Австрийской епархией (журнал № 13).

 

Orthodoxy, Great Lent and Coronavirus

Things can be very difficult in Church life. The Coronavirus epidemy-pandemic disease (at this point it is a pandemic threat and reality) is really going viral. The Hong-Kong Catholic Church and now some Catholic Churches throughout the world, in particular in Italy, Germany… maybe France in the near future required to stop to celebrate the Mass and distribute the Holy Communion inside of the parishes and cathedral where huge crowds use to gather. Individuals may catch the Covid 19 virus that spread very quickly right now though it decreases in China where it started in Wuhan.

On February 23rd, 2020, metropolitan Sergey who heads the Moscow Exarchate in South-Asia based in Singapore asked that molebens (thanksgiving services) be served for the victims of the epidemy in Asia. I had written a long note on this on February 12 last, urging the Orthodox Churches to pray for those who caught the virus, suffer and have to stay at home, isolated. There are places where this becomes a real economic problem. China is going through hell, but also the passengers of some cruiser ships.

We see that the virus attacks all the continents (Australia, New Zealand, Africa where figures are not given for the moment).

The virus entered Northern Makedonia, Greece, Slovenia, Italy, Switzerland, France, Belgium, Netherlands, Spain, Portugal. This means that it threatens wide segments of different national societies in these countries.

In this period of Great Lent and the upcoming of the Sunday of Atonement (Forgiveness) in the Orthodox Churches, the threat should be handled with much care.

I post here the first announcement made by an Orthodox rector, Fr. Johannes Johansen, who serves in Norway. He is pragmatic and definitely reacts as a Scandinavian? Here is his text in English (footnote in Norwegian [1]) :

“The Coronavirus concerns all of us.

We need to reduce to the minimum the possibilities of being infected and to protect us by ability.

In Church, we shall avoid the contact (Hand-shaking, Kissing the hands, clamp, etc) also refrain from kissing icons and holy objects, but just bow us in the church. We take the opportunity now, as Great Lent starts, to abstain from “Church coffee” after the liturgies. As regards the Holy Communion: we will use a spoon for each person who will communicate, so that it will not be possible to get contaminated by receiving the Holy Gifts.

Along with these practical measures, we will strengthen our spiritual life by making the sign of the cross over ourselves and the children, daily drink holy water and possibly eat a piece of the prosphora (antidoron) that we have received in church, and ask for God’s protection and the saints.”

Note that archimandrite Johannes asked to use a personal spoon (Lzhytsa/Лжица – Lavis – λαβις) which has been in the case in past times of epidemics both in the Orthodox communities and also, for example, in the Vaudois Italian congregations.
There might be different reactions among the Eastern Orthodox. Some may consider that the Holy Gifts cannot harm anybody and that their holiness preserves from any danger of catching the virus. It is evident that the Body and Blood of the Resurrected are the true ailments of our Redemption. On the other hand, all have to act with much insight and be very prudent.
This will also be the task of the heads of the Churches, the Bishops, the priests, the deacons, acolytes who use to participate in the distribution of the Holy Gifts.
The same with regards to kissing the hands of the clergy and kissing the icons. Sanctification is one thing, but, just remember that in many parishes, icons and their “glass” cover or other materials are often cleaned, at times immediately after one person venerated the icon.
Indeed, it can be helpful to drink Holy Water and to eat some pieces of antidoron/a distributed at the Divine Liturgies. This could be managed in a prudent way so that only very few persons could touch the bread.
May we all act with patience and wisdom, true faith and insight and pray for all as Great Lent calls to penance, forgiveness, fraternity, dialogue, and unity.
Prot. Alexander A. Winogradsky-Frenkel
(Patriarchate of Jerusalem, [from Paris] February 28, 2020)
(1) Original on Facebook, on Feb. 28, 2020:

Vi må gjøre smittemulighetene så få og små som mulig og samtidig beskytte oss etter evne.

I kirken skal vi unngå kroppskontakt (håndhilse, kyssehånden, klemme etc) også avstå fra å kysse ikoner og hellige gjenstander, men bare bøye oss i ærbødighet. Vi benytter anledningen nå i den oppstartende fastetiden til å avstå fra “kirkekaffe” etter liturgien. Og angående den hellige nattverden: Vi vil benytte en skje til hver kommunikant, slik at det ikke blir mulig med smitte gjennom dette.

Paralellt med disse praktiske tiltakene skal vi styrke oss åndelig ved å gjøre korsets tegn over oss selv og barna, daglig drikke hellig vann og eventuelt spise en bit av prosforen vi har mottatt i kirken, og be om Guds beskyttelse og de helliges forbønner.

F. Johannes

Angels or beast, abuses/abus re Jean Vanier & Co

SINCE 1987, then coming back to the subject on a regular basis, esp. during his visits to Jerusalem and the total absence of response to my family concern to resolve the question of my heavily handicapped daughter, I had alerted on the personal problems of Jean Vanier. A year ago, a well-known French journalist had dinner at my French domicile and could not understand the “religious” networks around the renowned benefactor. Times will be difficult for some people, just because of ricochet or boomeranging hits. It only starts.
Jean Vanier, le fondateur de l’Arche, accusé d’abus sexuels sur plusieurs femmes

Une enquête interne de l’organisation qui accueille des personnes déficientes mentales révèle le passé coupable de son fondateur canadien, mort en 2019.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 14h08 (my subscription: “https://www.lemonde.fr/…/jean-vanier-le-fondateur-de-l-arch…“)

La stupeur dominait samedi 22 février après que l’Arche, une organisation qui accueille dans le monde entier des personnes ayant une déficience intellectuelle, a dévoilé une enquête interne dans laquelle son fondateur canadien Jean Vanier, mort en 2019, est accusé d’abus sexuels sur plusieurs femmes.

Cette enquête a permis de recueillir les témoignages « sincères et concordants portant sur la période 1970-2005 » de six femmes adultes avec lesquelles Jean Vanier « a initié des relations sexuelles, généralement dans le cadre d’un accompagnement spirituel, et dont certaines ont gardé de profondes blessures », explique l’Arche internationale dans un communiqué. Les investigations, menées par un organisme indépendant, n’ont pas identifié de personnes handicapées parmi les victimes, est-il précisé.

« Ces agissements indiquent une emprise psychologique et spirituelle de Jean Vanier sur ces femmes et soulignent son adhésion à certaines des théories et pratiques déviantes du père Thomas Philippe », ajoute l’Arche. Le dominicain Thomas Philippe, père spirituel de Jean Vanier et figure encombrante de l’Arche, a été soupçonné d’agressions sexuelles sur des femmes.
Lire aussi Mort de Jean Vanier, fondateur de l’Arche, prophète de la « liberté des fous »
« Nous condamnons sans réserve ces agissements »

« Nous sommes bouleversés par ces découvertes et nous condamnons sans réserve ces agissements en totale contradiction avec les valeurs que Jean Vanier revendiquait par ailleurs », ont écrit les responsables de l’Arche Internationale, Stephan Posner et Stacy Cates Carney, dans une lettre adressée aux membres de l’organisation. « Nous voulons dire aussi notre gratitude aux femmes qui, il y a quelques années, ont brisé ce silence au sujet du père Thomas Philippe et ont ainsi aidé d’autres à se libérer d’un fardeau injuste de honte et de peine », ont-ils ajouté, leur demandant « pardon ».

« Cela fait quelques mois que je connais les résultats des enquêtes, et à chaque fois que je les lis à haute voix, je suis abasourdi », confie, ému, Stephan Posner en détaillant les conclusions des experts à plusieurs médias chrétiens, dont La Vie. A ses côtés, Pierre Jacquand, responsable France de l’Arche, ajoute : « L’écart est si vertigineux entre l’homme que j’ai connu et celui que je découvre… je lutte pour accepter, alors même que je sais les faits indiscutables. »

La Conférence des évêques de France a fait part de sa « stupeur » et de sa « douleur » devant ces révélations, assurant de sa « compassion les femmes qui ont été ainsi abusées », ainsi que de sa « détermination à agir pour que la lumière soit faite ». L’Arche, dont le siège international est à Paris, est une fédération d’associations qui anime 154 lieux dans 38 pays où des personnes handicapées mentales vivent – spécificité de ces communautés – avec leurs accompagnants, salariés ou volontaires.

Au fil des ans, des livres et des conférences données à travers le monde, Jean Vanier était devenu une personnalité reconnue, un évangéliste que l’on venait consulter de loin, et qui pouvait converser avec l’écrivain Emmanuel Carrère, la reine Elizabeth ou le pape François. En 2015, il avait reçu à Londres le prestigieux prix Templeton, décerné avant lui à Mère Teresa, au dalaï-lama ou encore à Desmond Tutu.
Jean Vanier en quelques dates

10 septembre 1928 Naissance à Genève (Suisse)

1950 Démission de la marine canadienne

1964 Fondation de L’Arche

2015 Prix Templeton

7 mai 2019 Mort Paris.

The article in LE FIGARO: (my subscription, “https://www.lefigaro.fr/…/une-enquete-revele-les-abus-sexue…“.

Here the article published today in the French daily LE FIGARO: “Une enquête révèle les abus sexuels perpétrés par Jean Vanier, le fondateur de l’Arche

Plusieurs témoignages ont poussé l’Arche, une organisation qui accueille dans le monde entier des personnes ayant une déficience intellectuelle, à lancer une enquête interne. Ces investigations ont permis d’identifier six femmes victimes présumées.
Par Caroline Piquet
Les responsables de L’Arche, fédération qui regroupe de nombreuses associations accueillant des adultes handicapés mentaux, se disent «bouleversés». Dans une lettre adressée à l’ensemble des communautés présentes dans 38 pays, Stephan Posner et Stacy Cates Carney révèlent les conclusions d’une enquête menée sur le fondateur de l’Arche, Jean Vanier, décédé l’année dernière à l’âge de 90 ans. Les investigations menées par « un organisme externe et indépendant » démontrent que le Canadien a agressé sexuellement plusieurs femmes, « généralement dans le cadre d’un accompagnement spirituel, et dont certaines ont gardé de profondes blessures », rapporte la fédération dans un communiqué publié ce samedi.

Six témoignages « sincères et concordants » de «femmes victimes présumées» ont permis d’établir les faits sur une période allant de 1970 à 2005. «Ces femmes, sans lien entre elles, rapportent des faits similaires, associés à un discours supposément spirituel ou mystique destiné à les justifier», décrit le communiqué. Le fondateur de L’Arche, aurait, selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, usé de formules mystico-religieuses pour parvenir à ses fins : « C’est Jésus qui t’aime à travers moi », aurait-il dit à l’une des six victimes présumées. « Ce n’est pas nous, c’est Marie et Jésus. Tu es choisie, tu es spéciale, c’est un secret », aurait-il lancé à une autre. Sous couvert d’anonymat, une femme a également raconté cette emprise restée longtemps secrète : « L’accompagnement spirituel s’est transformé en toucher sexuel (…) Cela a duré trois ou quatre ans, j’étais figée, j’étais incapable de distinguer ce qui était bien et ce qui était mal. (…) Il m’a dit que cela faisait partie de l’accompagnement. »

Vulnérabilité et charisme

De l’enquête, dont Le Figaro a pu consulter la synthèse, il ressort que les victimes présumées avaient fait part de leur vulnérabilité à Jean Vanier. Parfois à cause d’un passé familial difficile ou bien parce qu’elle était à la recherche d’une figure paternelle. Mais le charisme et l’aura du fondateur de L’Arche les ont souvent empêchées de parler. «J’étais comme figée, je réalisais que Jean Vanier était adoré par des centaines de personnes, comme un Saint vivant, qu’il parlait de son soutien aux victimes d’abus sexuel, ça avait l’air d’un camouflage et j’ai trouvé difficile de soulever la question», témoigne l’une des six victimes présumées.

S’interrogeant sur les pratiques du fondateur de L’Arche, une autre s’était tournée vers le père Thomas Philippe, sans savoir que le même schéma allait se répéter : « Il m’a dit de venir le rencontrer à 22h », a-t-elle confié aux deux auteurs de l’enquête. «J’ai frappé à sa porte. Il y avait un rideau, et il était assis sur le lit. Avant que je puisse commencer à parler de Jean Vanier, ça a commencé avec lui, la même chose qu’avec Jean Vanier».

« Ces agissements indiquent une emprise psychologique et spirituelle de Jean Vanier sur ces femmes »
Les responsables de L’Arche internationale

Restées anonymes, les femmes interrogées au cours de l’enquête ont toutes décrit l’«impact de longue durée et négatif » que ces agissements ont pu avoir sur leur vie personnelle. Certaines se sont fait aider mais sont restées profondément marquées. Notamment parce que Jean Vanier n’a jamais reconnu leur souffrance : « Je (lui) ai écrit pour dire que ce qu’il m’avait fait était intolérable et que ça l’était encore aujourd’hui », a raconté l’une d’elles. « Je voulais m’assurer qu’il lirait cette lettre, alors je lui ai donné en personne. Il l’a lue ; il m’a dit : “Je pensais que c’était bon”. Il ne m’a rien dit d’autre ».

Pour les responsables de L’Arche, « ces agissements indiquent une emprise psychologique et spirituelle de Jean Vanier sur ces femmes et soulignent son adhésion à certaines des théories et pratiques déviantes du père Thomas Philippe ». Ce prêtre dominicain, décédé en 1993, était considéré comme le «père spirituel» de Jean Vanier. Il avait été condamné dans les années 1950 lors d’un procès canonique pour abus sexuels sur deux femmes à l’issue duquel il avait été interdit d’enseigner et d’exercer tout ministère.
«Oui, il nous a menti»

À l’époque, lui aussi avait été accusé de discours faussement mystiques pour convaincre ses victimes d’avoir des rapports sexuels avec lui, malgré son vœu de chasteté. Une enquête canonique menée en 2015 et s’appuyant sur des témoignages reçus un an plus tôt par l’Arche internationale confirmera «ces agissements sexuels» et cette «emprise psychologique et spirituelle» exercée sur plusieurs femmes majeures.

Des pratiques que Jean Vanier connaissait mais dont il n’a jamais révélé l’existence. La question lui avait pourtant été posée en 2015 et 2016, après l’enquête canonique menée sur le père Thomas Philippe, mais ce dernier avait nié. En réalité, «dès les années 1950, et contrairement à ce qu’il a pu nous dire à plusieurs reprises, Jean Vanier était informé», a résumé Stephan Posner de L’Arche, cité par l’hebdomadaire La Vie. «Oui, il nous a menti», a-t-il complété.
Une enquête indépendante

Ce sont deux témoignages adressés à L’Arche en 2016 et 2019 qui vont pousser la fédération à lancer des investigations sur son fondateur. Soucieuse de mener une enquête indépendante, elle s’est tournée vers GCPS consulting qui démarre son travail en avril 2019. Cet organisme indépendant et basé au Royaume-Uni a pour mission d’aider les institutions à améliorer leurs systèmes de prévention et de signalement des abus. Pour retracer la relation entre Jean Vanier et Thomas Philippe, la fédération a également fait appel à l’historien Antoine Mourges, directeur de recherche en Histoire contemporaine à l’Université Paul-Valery à Montpellier III.

En tout, cinq des six femmes ayant témoigné et une trentaine de personnes – anciens responsables et membres de l’Arche, experts – ont été entendus. Plusieurs centaines de documents issus des archives de la Province dominicaine de France et des archives personnelles de Jean Vanier ont permis de consolider cette enquête, qui a été validée par un «comité de Surveillance Indépendant» composé de deux anciens hauts fonctionnaires français. Une fois bouclée, elle a été remise à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase).

Nous reconnaissons le courage et la souffrance de ces femmes, et de celles aussi qui, peut-être aujourd’hui encore, resteraient dans le silence.
Les responsables de L’Arche

«Nous sommes bouleversés par ces découvertes et nous condamnons sans réserve ces agissements en totale contradiction avec les valeurs que Jean Vanier revendiquait par ailleurs, incompatibles avec les règles élémentaires de respect et d’intégrité des personnes, et contraires aux principes fondamentaux de nos communautés», ont écrit ce samedi 22 février Stephan Posner et Stacy Cates Carney. «Nous reconnaissons le courage et la souffrance de ces femmes, et de celles aussi qui, peut-être aujourd’hui encore, resteraient dans le silence», ont-ils ajouté.

Conscient du «trouble» et de la «douleur» que peuvent provoquer de telles révélations, L’Arche a rappelé sa détermination à ce que « ses 154 communautés à travers le monde soient des lieux de sécurité et de croissance pour tous ses membres, avec ou sans handicap». La fédération s’est engagée à «entreprendre une évaluation approfondie et indépendante de ses mesures actuelles de prévention des abus et de protection des personnes». Elle a également «mis en place une procédure centralisée au sein de laquelle les «informations ou les signalements reçus sont traités par une commission composée pour partie de personnes extérieures à L’Arche».