Mémoire éternelle, Вечная память, père Boris !

https://5f2e68c955ffd.site123.me/?fbclid=IwAR13d3l_UzcK2w7YZi15akUehdVf48byyuyXxRUA7jvXMG8WFdyTNQhZXEI” (site du Monastère orthodoxe ND de Toute Protection ouvert pour les funérailles du prot. Boris Bobrinskoy).

Au coeur d’un été pandémique, l’Eglise orthodoxe de France, russe dans sa tradition, monacale à Bussy-en-Othe au Monastère orthodoxe de Notre-Dame de Toute Protection, liée au patriarcat oecuménique, enterrera ce mardi 10 août/28 juillet 2020-7528 le protopresbytre Boris Bobrinskoy. Sa mémoire est célébrée ces jours-ci dans beaucoup de langues, dans beaucoup d’obédiences chrétiennes et autres comme celle d’un homme de foi profonde, un témoin – parmi les derniers sans aucun doute – de l’époque de croissance de l’Eglise orthodoxe russe en Europe occidentale. Et plus généralement de la foi byzantine orientale venue à la rencontre des traditions occidentales du Christ, à la suite de la révolution russe mais aussi dans les nombreux pays de l’Europe orientale.
Un mot seulement : voici plus d’un an, l’Archevêché au sein duquel le père Boris a consacré la majeure partie de son service sacerdotal, a pris une route particulière en paysage français. Les choses se sont exprimées autrement dans les autres pays d’Europe. En France, le choix du patriarcat de Moscou, pour une partie orthodoxe de tradition russe sur le territoire français, donna lieu à des d’autres orientations. C’est ainsi que le Monastère ND de Toute-Protection resta sous l’omophore du patriarcat de Constantinople et que le père Boris resta dans cette obédience.
Son enterrement dans ce haut-lieu de la spiritualité orthodoxe de tradition russe, ancrée dans le patriarcat oecuménique invite à réfléchir sur la longueur du temps et de notre union dans la foi au Christ ressuscité, plus forte que nos choix historiques, géographiques, juridictionnels. En effet, au cours de son propre parcours spirituel, linguistique, liturgique, le père Boris Bobrinskoy a souvent dû “transfigurer” les murailles souvent tenaces – souvent irascibles, irrationnelles même – qui mettraient l’accent sur la séparation. Il y a encore la “tentation” de choisir le silence alors que le protopresbytre Boris a conduit tant de personnes et de groupes, suscité des groupes de fraternité orthodoxe, ouvrir la voix de la perestroika en son temps et entrevoir un renouveau international de l’Orthodoxie pour le 21-ème siècle, en particulier en Europe occidentale. En cliquant demain sur ce lien Facebook qui permet de participer, même à distance, à ces funérailles, il est aussi proposé au chrétien d’exprimer ce profond désir de nous confier les uns aux autres et toute notre vie au Christ notre Dieu.
Liens pour diffusion: page FB ou sur la chaîne YouTube du “Vicariat Sainte Marie de Paris et Saint Alexis d’Ugine”.
Протопресвитер Борис родился в Париже 25-ого февраля 1925 г. в семье, эммигрировавшей из России после революции 1917 года.
Более 50 лет, с 1954 по 2006 год, он преподавал догматическое богословие в Свято-Сергиевском богословском Институте, одновременно совершая пастырское служение в французскоязычной приходе Прсвю Троицы в крипте Александро-Невского Собора на улице Дарю в Париже.
У отца Бориса и его супруги Елены было трое детей и несколько внуков.

«Во блаженном успении вечный покой подаждь, Господи, усопшему рабу Твоему и сотвори ему вечную память»

Похороны отца Бориса Бобринского состоятся во вторник, 11 августа, в Свято-Покровском монастыре в Bussy-en-Othe, и будут транслироваться в прямом эфире на странице в Facebook: page FB ou sur la chaîne YouTube du “Vicariat Sainte Marie de Paris et Saint Alexis d’Ugine”
8:30: Божественная литургия
11:00: Чин отпевания и погребения

La sagesse en ses murs

https://frblogs.timesofisrael.com/la-sagesse-en-ses-murs/”

Le monde religieux et politique s’esbaudit: “Perdita est Hagia Sophia”…, c’est vraiment très triste. Les regrets pleuvent comme une pluie virale sur la transformation de l’un des édifices les plus prestigieux de l’histoire du christianisme.

Les murs incarnent-ils la présence-même du Créateur et de la Sainte Sagesse, du Fils unique et Messie ? Certes, les murs peuvent être imprégnés de la mémoire, des souvenirs vivants du passage des visiteurs ou des habitants qui se sont appropriés un espace, des styles architecturaux. Les murs conservent quelque chose de l’invisible édifié au long des siècles. Les siècles ne sont pas l’éternité. Les murs ont été construits et rebâtis par des êtres humains. Les parois ne tracent pas un chaînon qui mènerait “du monde éternel qui était avant tous les commencements jusqu’à l’accomplissement de toute l’éternité dans le monde à venir”.

En avril 2019, alors que la cathédrale Notre-Dame de Paris était en feu, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, a demandé au chef des pompiers – qui est aussi prêtre – de se rendre à la “Sainte Réserve” où étaient gardés les Dons eucharistiques. (Le “Corps du Seigneur”, consacré selon le rite catholique latin) afin de les extraire du lieu en flammes et les sauver. L’archevêque avait ajouté, de manière perspicace, que les murs sont des murs mais que les petits morceaux de pain consacrés étaient la Présence-même, authentique, du Seigneur ressuscité, sensible jusque dans ce pain ténu et les parcelles consacrées.

Pour beaucoup, le fait de sauver ce qui ne serait “que des miettes de main” relèverait de l’ubuesque. Il parlait bien de cette Sagesse qui a bâti sa maison, confessée comme celui qui avait pris chair à Bethléem et avait sauvé le monde, selon la foi chrétienne, trois jours après avoir été crucifié à Jérusalem.

Qui est vénéré en Agyasophia ? La magnificence d’un édifice ? La merveille architecturale et le savoir artistique des compétences humaines habiles à concevoir et construire des structures remarquables et précieux, donnent cours à l’intelligence mathématique. Ils ont donné corps à des convictions nées de la foi ? Est-il vraiment question de cacher ou de dévoiler, de préserver l’univers chrétien des icônes ou les traits calligraphiques et stylisés de la révélation coranique ?

A Hagia Sophia, seul compte le Nom du Saint et Unique Créateur du ciel et de la terre, le Dieu vivant et source de vie, le Père de toutes le âmes vivantes et de toutes les créatures. Médiatiquement, c’est peu vendeur en cette année de pandémie 2020 – 1441 de l’Hégire. Une année où toutes les confessions monothéistes font directement face à des confinements réducteurs, à des enfermements communautaires.

Cela fait des lunes que tous les chefs d’Eglises essaient de tisser un dialogue avec l’Islam : l’ouverture de Vatican II aux religions non-chrétiennes s’est aussi exprimée par le Décret Nostra Ætate qui, avant de mentionner la piste de relations nouvelles avec le judaïsme, a évoqué le souhait de renouveler les contacts avec la foi musulmane. Depuis lors, Paul VI, Jean-Paul II et plus particulièrement Benoît XVI puis le Pape François ont tracé des lignes nouvelles d’un dialogue espéré avec les sources islamiques légitimes et diverses.

Les Eglises orthodoxes ont été bien plus discrètes – et sans doute pragmatiques – sur la nature des relations avec la Oumma musulmane. Elles ont reparu dans le concert ecclésial, juridictionnel et théologique voici seulement un peu plus d’une trentaine d’années. Les patriarcats et les Eglises autocéphales canoniques ont subi des confrontations multi-séculaires avec la Sublime Porte et restent sur des positions relativement immuables. Il faut remarquer le silence persistant des Eglises sur l’actuelle validité de l’Achtiname ou “Décret de tolérance” accordé en 636-637 (15-ème année de l’Esprit ou Hégire) au patriarche Sophronios, chef de l’Eglise grecque-orthodoxe de Jérusalem. Il reste la référence fondamentale pour ce patriarcat tandis que les autres juridictions chrétiennes font mine de l’ignorer (cf. “https://www.terresainte.net/2012/03/le-pacte-domar-ou-leglise-protegee-par-lislam-2-2/”).

Or, depuis les papes Benoît XVI et François, les contacts répétées avec les autorités palestiniennes (les Territoires sous leur contrôle sont soumis à la Charia) soulignent le désir de l’Eglise catholique de préserver des biens, des structures ecclésiastiques, des écoles, des lieux de formation.

La presse internationale n’a pratiquement pas relayé le cent-soixante-dixième anniversaire de la Mission Ecclésiastique à Jérusalem du patriarcat de Moscou en février 2017. Les fondations de la “Palestine russe/Русская Палестина” avaient été jetées en Terre Sainte le 11 février 1847 afin d’accueillir les nombreux pèlerins de l’Empire russe, presque dix ans avant la conclusion de la guerre de Crimée (1856 et le statut du Saint Sépulcre) qui confirma le primat de l’Eglise grecque-orthodoxe sur les Lieux Saints de l’Anastasis (Jérusalem) et de la Basilique de la Nativité (Bethléem).

L’Eglise orthodoxe russe de Moscou est fortement implantée au Proche-Orient. Elle se redéploie sur le territoire canonique du patriarcat du Jérusalem jusqu’à ces derniers temps, elle a témoigné d’une capacité subtile à négocier ses positions avec l’Autorité Palestinienne et, par ailleurs, le roi Abdullah II de Jordanie.

Alors que le monde pleure le transfert de Hagia Sophia à l’autorité musulmane, s’époumone en mineur contre une trahison des lois de respects prétendument édictés par le régime “laïc” de Kemal Atatürk, le buzz s’exprime ailleurs. Mais il est bien plus délicat de montrer les connexions naturelles qui ont germé depuis des décennies et sortent au grand jour d’une manière trop légitime pour un monde chrétien qui vit dans le passé, le remodelage des ses territoires, ses gloires passées et ses scandales latents. Sans compter ses soifs internes de compétitions vengeresses et irréductibles.

Il ne faut pas trop rêver : en 1945, le Vatican était persuadé que la chute du communisme à l’Est de l’Europe lancerait la conquête romaine sur les “vénérables traditions de l’Orient russe”. En 1915, le gouvernement français spéculait sur la nécessité de confier Sainte-Sophie à l’Eglise catholique romaine… (1) En Terre Sainte, la Sublime Porte ottomane confirma l’Eglise orthodoxe grecque. En 2019, les Franciscains fêtaient les 800 ans de la rencontre, à Damiette, de saint François d’Assise et du sultan.

Pourtant, malgré des rencontres dans les Emirats du Golfe, le dialogue bégaie. Alors que se pose le statut de Hagia Sophia, la Cour Suprême de Palestine, a refusé de confimer les droits de la Mission ecclésiastique russe de Jérusalem sur les terrains de l’église orthodoxe du Chêne de Mambré à Hébron (El-Khalil) demandant qu’ils soient rendus aux propriétaires arabes musulmans locaux (8 juin 2020) – [“https://tass.ru/obschestvo/8676563”%5D. Des problèmes similaires s’expriment ouvertement contre l’administration du patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, à Bethléem, Beit Sahour, Jérusalem à propos de la vente de vastes parcelles foncières.

Par ailleurs, le 24 juin 2020, une Cour de Jérusalem “mettait fin” à seize années d’un marathon juridique dont le scenario peut encore rebondir. La Cour entérinait “de manière définitive” que les deux hôtels du patriarcat de Jérusalem (l’Imperial Hotel et le Petra Hotel) situés à la Porte de Jaffa avaient bien été vendus à l’association “Ateret Cohanim” par des responsables de la première structure ecclésiale du pays [“https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-jerusalem-court-approves-disputed-sale-of-greek-church-property-to-settler-group-1.8947012” (anglais), “https://www.haaretz.co.il/news/law/.premium-1.8946719”, (hébreu)].

Juifs, chrétiens et les musulmans partagent la proclamation du règne du Dieu Un et unique. En cette année si atypique de coronavirus, pandémie sévère et morbide, qui parlerait avec foi de l’unicité divine et qui en témoignera ? Une année chahutée où les porte-paroles de l’autorité invisible du Maître de l’univers sont restés sans voix. Les épidémies ont rythmé l’histoire de la planète. Les interprétations ont surtout consisté à innover par les moyens techniques ou trouver des méthodes pour que le pouvoir spirituel reste dans les instances dirigeantes…. sans parler de la nécessité de faire face à la perte substantielle de nombreuses ressources financières. Ou disserter sur l’art de communier chrétiennement avec foi, sans danger.

Les représentants du monothéisme auraient-ils agi d’une manière instinctive, archaïque, primaire ? Le monde virtuel navigue par exclusion ou sélection des uns et des autres. Cela a mis en relief des pulsions sensibles de déshumanisation, donc de violences. La distance – tantôt sociale ou physique – a scandé des rythmes qui s’opposent à la communion, la communication, l’union charnelle et affective, mentale. La virtualité a pu se transformer en vecteurs de dérives phantasmiques. On peut penser que les trois monothéismes abrahamiques – en affrontement permanent – finissent par s’exiler de la foi en l’unité divine, cédant à une distanciation compulsive et au refus d’agir de manière responsable à servir Celui qui unit tous ?

Il n’est pas anodin qu’apparaisse alors l’évocation du Troisième Temple de Jérusalem. Mirage et intuition sortis de régions proche-orientales dont l’Occident ignore les tribulations humaines et leur a préféré les derricks pétrolifères.

Il y a évidemment une intention “prophétique” comme pôle eschatologique du rassemblement des exilés à Sion et Jérusalem. Il faut tenir compte des calendriers de chaque tradition. Ce 19 Tammouz 5780 (11 juillet 2020), le judaïsme est entré dans les trois semaines qui mèneront au jour du 9 du mois de Av 5780 (30 juillet 2020). De quoi est-il question ? Depuis la destruction des murailles de Jérusalem jusqu’au deux destructions des Temples, le circuit proposé par ces semaines est de cheminer sur le sens de l’histoire. Des temps et des délais. Le premier Temple avait été détruit par une haine voulue et rationnelle. Le dernier Temple est mort/a été abattu en raison de la haine irrationnelle qui a dévoré le peuple.

Jésus de Nazareth a dit autre chose : “Détruisez ce sanctuaire, en trois jours, je le relèverai. Il parlait de son corps” (Jean 2). A Jérusalem, il y a deux Lieux Saints où la Présence divine a habité : le Mont du Temple et le Saint-Sépulcre que les orthodoxes appellent Anastasis (Lieu de la Résurrection). Deux maisons situées l’une en face de l’autre. Toutes deux sans Présence.

Qui garde et qui partage les miettes ?

(1) Journal inédit du Père Yves de La Brière, s.j. –
15 mars 1915 “…Si les Alliés s’emparent de Constantinople, que fera-t-on de Sainte-Sophie ? Le Vatican a prié le cardinal Amette de faire proposer au Quai d’Orsay qu’en ce cas Sainte-Sophie devienne une église catholique (latine) sous protectorat de la France. Commission faite par Jules Cambon. Réponse : impossible d’obtenir et même de demander une chose pareille. La France demandera la solution des Lieux saints, c’est-à-dire un co-partage (simultané) entre les diverses communions chrétiennes. La Russie, très impérieuse à vouloir que Sainte-Sophie devienne exclusivement orthodoxe, slave et russe. Exclusion même des Grecs. Rien que l’Eglise russe (…)”. à propos de l’auteur Abba (père) Alexander est en charge des fidèles chrétiens orthodoxes de langues hébraïque, slaves au patriarcat de Jérusalem, talmudiste et étudie l’évolution de la société israélienne. Il consacre sa vie au dialogue entre Judaisme et Christianisme.

Deux nouveaux évêques orthodoxes de France

Le 11 mars 2020, dans sa session habituelle, le Saint Synode du Patriarcat de Moscou a annoncé qu’il confirmait l’élection de l’archimandrite Symeon (Cossec) du Monastère Saint-Silouane et de l’higoumène Elisée (Germain), recteur de la paroisse de la Saint-Trinité d’expression française – dite “la Crypte” qui a été votée le 26 février dernier par l’assemblée de l’Archevêché. C’est un moment novateur pour l’ensemble des Eglises orthodoxes qui vivent en Europe, notamment en Europe occidentale. Cela marque une évolution sur cent ans. Les deux Ecoles théologiques de Paris voient un embryon qui a poussé longtemps et face à diverses tribulations, en Europe et en langue française. Les deux nouveaux évêques ont été choisis selon le Tomos/Gramota de l’Archevêché à l’Institut Saint-Serge, là même où ils furent élus par la nouvelle structure ecclésiale rattachée à la Mère Eglise historique de Moscou. Paris restera toujours une capitale de rencontres des idées, des traditions, des mouvements de populations ,de cultures diverses, de différentes traditions religieuses. La réflexion continue dans diverses directions, avec des personnes qui cherchent à s’inscrire dans la recherche d’une Eglise de tradition russe. C’est la voie que les deux nouveaux évêques ont exprimée, l’ayant choisie comme source de leur direction spirituelle sur un chemin en terre de tradition chrétienne occidentale. Ils ouvrent une voie pour que se poursuivent des routes très contrastées : il y a Saint Silouane l’Athonite, le Père Sophrony (récemment canonisé par Constantinople), les allers-retours entre l’Institut Saint-Serge et l’Institut Saint-Denis passé ensuite à l’ECOF – les études sur les Liturgies développées par Mgr Jean (Eugraph) Kovalevsky en français.

De nombreuses personnalités se croisent sur ce chemin : le métropolite Euloge, ses successeurs, Vladimir Lossky, Olivier Clément, mais aussi Saint Jean de Changhai et de San Francisco, La troïka des théologiens russes (PP. A. Schmemann, Meyendroff et B. Bobrinskoy), les membres des familles de l’émigration russe : le père Pierre Struve (paroisse francophone), le père Lev Gillet, Nikita Struve et YMCA-Presse. Il faut aussi mentionner le père Louis Bouyer et Elisabeth Behr-Sigel venus du protestantisme vers le catholicisme et l’orthodoxie. Ou encore, le père Irénée-Henri Dalmais, dominicain, grand expert des traditions orientales.
Ceci pour dire que l’actuel Archevêché, dans sa nouvelle existence, est un espace large, ouvert sur une grande diversité. Il peut s’égarer à cause de sa situation singulière. Son clergé suit la tradition slave et russe tout en étant traversé par des orientations multiples. C’est une chose que de suivre un archevêque qui a tenu à suivre la voie de la réunification avec l’Eglise-Mère de l’actuel patriarcat de Moscou. Le projet est un peu autre : s’ouvrir à l’avenir en marchant avec les juridictions qui composent le patriarcat de Moscou tout en tenant ferme dans les choix proposés en héritage du Concile de Moscou de 1917-18.

Ceci signifie aussi que l’Archevêché marche de concert avec l’Exarchat moscovite en Europe occidentale et ses diverses “structures ecclésiales” locales située en Europe. Ce même 11 mars, le Saint Synode du patriarcat de Moscou, suite à la demande du métropolite Antoine de Chersonèse, a désigné comme évêque auxiliaire (donc à une tâche identique à celles des évêques Syméon et Elisée) Mgr Alexis comme évêque de Coffa et administrateur du diocèse de Vienne et d’Autriche, à titre temporaire.
Ceci permet de suivre l’évolution de l’Eglise orthodoxe russe dans le vaste espace de la chrétienté occidentale.

Voici ce que j’écrivais voici seulement quelques mois, alors que le coronavirus ne s’étendait pas encore sur le monde, plongeant toutes les communautés religieuses dans des questionnements perplexes sur une pandémie inédite. Comment communier ? A la cuillère, sans cuillère ? Cuillères de bambou ou à usage unique ? Combien de personnes peuvent assister à un Liturgie ? La virtualité a alors pénétré toutes les juridictions, brisant la spontanéité orientale par des gestes barrières inhabituels, l’interdiction d’embrasser les icônes, la main du clergé. Il fallut se rendre à l’évidence d’une distanciation physique, peut-être aussi de la suspicion sélectives, du moins en Occident. Ou bien une sorte d’inconscience, de foi parfois supersticieuse : Dieu est plus fort que toutes et tous, que toute épidémie et mon frère, ma soeur sont ceux en qui chacun se reconnaitrait béatement dans la foi au Christ.

Il n’y eut pas de Pâque. Les deux évêques élus en février 2020, confirmés dignes de la consécration épiscopale par le patriarche Cyrille de Moscou, s’enfouirent dans le désert de l’intériorité… et sans doute d’une préparation plus intense en raison de la charge qui les attend. Le temps est court dit Saint Paul mais nul ne connaît les temps et les délais affirme Qohelet avec sagesse.

Il y eut comme un temps suspendu. Pour un Archevêché des Eglises orthodoxes de tradition russe en Europe occidental, sauvé de manière répétée par une sorte de Providence ineffable – parfois inénarable – s’agissait-il d’un temps de purification ? Il y eut des évêques français dans l’orthodoxie.

C’est ainsi que l’archevêque Pierre (né Paul) L’Huillier étudia, en 1945, à l’institut Saint-Denis à Paris, embrassa la Foi Orthodoxe. Il obtint son diplôme de l’université de Paris et en 1962, sa licence en théologie à l’Académie Théologique de Moscou. C’est de cette même institution qu’il obtint le prestigieux doctorat en Droit Canon en 1985. Sa thèse doctorale, “The Church of the Ancient Councils – The Disciplinary Work Of The First Four Ecumenical Councils” a été publiée en 1996 par St. Vladimir’s Seminary Press.

L’archevêque Pierre a commencé sa vie ecclésiastique le 30 août 1954, lorsqu’il fut tonsuré moine. Les 4 et 5 septembre 1954, il fut ordonné hiérodiacre puis hiéromoine. Il servit comme prêtre de paroisse dans deux paroisses Orthodoxes à Paris, celle des Trois Hiérarques [longtemps la cathédrale du patriarcat de Moscou] et celle de Notre-Dame de Joie des Affligés [paroisse de Vladimir Lossky, francophone]. En 1960, il fut élevé au rang d’archimandrite. Le 12 septembre 1968, en la fête de saint Alexandre Nevsky [ancien calendrier], il fut consacré évêque de Chersonèse au monastère Saint-Alexandre Nevsky à Saint-Petersbourg (appelée alors Leningrad).

En 1979, l’archevêque Pierre a été invité par sa béatitude le métropolite Theodosius pour rejoindre l’Église Orthodoxe d’Amérique, pour être évêque de Brooklyn. En 1981, il fut installé comme évêque de New York & New Jersey. En 1989, le Saint-Synode de l’Église Orthodoxe d’Amérique lui accorda le titre d’archevêque. (cf. St Materne blog, “http://stmaterne.blogspot.com/2007/11/in-memoriam-se-larchevque-pierre.html”).

Ce parcours évoque, au long du 20-ème siècle, le parcours sinon les péripéties d’une Orthodoxie en germe en terre d’Occident. Inculturée dans une tradition russe née de la redécouverte des traditions catholiques et orientales russes et grecques, arabes et roumaines, serbes en terre de France, plus particulièrement à Paris.

Et voici que, à la date des Saints Pierre et Paul selon la tradition chrétienne et le calendrier grégorien [les 27 et 28 (29) juin 2020], les archimandrites Siméon (Cossec) et Elisée (Germain) seront consacrés évêques en la cathédrale Saint Alexandre Nevsky de la Rue Daru, siège de l’Archevêché, né de la mission reçue par le métropolite Euloge, fort d’un souci apostolique dans toute l’Europe occidentale. La carte a changé depuis février 2020. La francéité semble majoritaire. Il y a une urgence pastorale. C’est vécu ainsi dans une juridiction liée au patriarcat de Moscou et dont la priorité est l’acculturation à la française.

Le site francophone “Orthodoxie.com” reprend l’annonce archiépiscopale :

“C’est le 24 janvier dernier que l’assemblée générale ordinaire de l’Archevêché a élu les nouveaux évêques. Le 11 mars, le Saint-Synode du Patriarcat de Moscou a approuvé cette élection de l’archimandrite Syméon, avec pour titre évêque de Domodedovo, et de l’archimandrite Élisée avec pour titre évêque de Reoutov.

Les consécrations seront présidées par le métropolite Jean de Doubna, avec le métropolite Antoine de Chersonèse et l’archevêque Nestor de Madrid et de Lisbonne.

Il est précisé dans l’annonce faite sur le site de l’Archevêché : « En raison des règles sanitaires, l’entrée dans la cathédrale sera limitée. Aussi nous vous invitons à vous associer à la divine liturgie et de suivre les offices d’ordination sur la chaine YouTube de la cathédrale. »”

Or, ce dimanche 21 juin 2020, l’émission “Orthodoxie” des programmes religieux de France 2 de la Télévision française était consacrée à la personnalité de Saint Jean Cassien [“https://orthodoxie.com/orthodoxie-france-2-saint-jean-cassien-maitre-des-moines-latins-21-juin/]. Le saint est vénéré tant par l’Eglise orthodoxe que par l’Eglise catholique qui reconnaît en lui le “maître des moines latins”.  Dom Guillaume Jerdrzejczak, cistercien et théologien – ancien abbé du Mont-des-Cats – attesta du parcours du saint, de sa venue en Occident, à Marseille et de son origine orientale, sans doute la Scythie frontalière des zones linguistiques et culturelles du grec et du latin, de l’hellénisme et de la romanité occidentale.
Saint Jean Cassien fut un maître de l’Eglise indivise, à un moment où le christianisme sortait des catacombes, de la clandestinité pour être officiellement reconnu, par la grâce de Constantin,  dans le vaste Empire d’Orient et d’Occident. Une foi chrétienne qui court le long de la Méditerranée. Jean Cassien est sans doute né en Dobroudja roumaine, dans une région proche de la Dacie (de nombreux soldats romains qui stationnaient en Terre Sainte venaient de ce pays). La période est celle du déclin de l’Empire romain. C’est aussi l’époque du premier concile de Constantinople, en 381, et celle du développement du monachisme. Il meurt vers 435.

Très tôt il veut se consacrer à Dieu et annoncer le Christ dans la voie du monachisme qui était peu connu en-dehors des sources judéennes, syriennes et égyptiennes. On notera le propos intéressant de Yvan König, égyptologue, qui souligne combien il était alors à la mode que de devenir chrétien ; une expérience mystique nouvelle, en vogue et libératrice. Il y eut de l’opportunisme chez beaucoup, d’autres sacrifièrent leurs vies au Dieu vivant et vrai.

Jean Cassien et un frère, Germain, partirent pour Bethléem. Ils s’y s’entraînèrent à la véritable discipline et tradition monastique, avant la venue de Saint Jérôme qui y fonda un grand monastère, non mentionné par le moine itinérant.

Vers 385, Cassien et Germain se rendirent en Égypte, à la rencontre des Pères du Désert dont la tradition était vivante, aevc des centres nombreux. Ils y restent une quinzaine d’années, se rendant de monastère en monastère – passant par Jérusalem et Mar Saba – avant de se stabiliser dans le désert. Vers 400, ils étaient à Constantinople rencontrant saint Jean Chrysostome qui ordonna Jean Cassien diacre et Germain, prêtre.

En 403, Jean Chrysostome est déposé de son siège épiscopal de Constantinople au synode du Chêne en raison de fausses accusations. Jean Cassien fait partie de la délégation qui part à Rome pour le défendre. Il y est ordonné prêtre. On perd sa trace pendant de nombreuses années. En 415, il est en Provence, dans la région de Marseille. Il est lié au monastère de Saint-Victor. Il fut aussi en contact avec les moines de Lérins. Il s’employa à définir la manière dont ces moines doivent vivre dans l’esprit du monachisme authentique. Ses textes sont devenus le modèle de la vie monacale en Occident, profondément inspirée par l’exemple que le saint avait connu au Proche-Orient. Saint Benoît copie ses Institutions dont s’inspireront les théologiens comme les fondateurs d’ordre religieux, que ce soit Saint Thomas d’Aquin ou Saint Ignace de Loyola (qui présente des point d’ancrage dans les traditions du christianisme oriental).

Jean Cassien insiste sur les valeurs du “coeur pur”, de la prière courte et profonde, enracinée dans l’expérience biblique, la responsabilité chrétienne au sein de la société, l’unité d’une vie droite enracinée dans la foi authentique. Il a vécu à l’époque de l’émancipation du christianisme, l’élaboration des structures et de la Liturgie que ses textes ont inspirées jusqu’à nos jours. La vie spirituelle est fait pour évoluer sans cesse, de manière renouvelée dans la confiance à l’Esprit Saint.

Le monastère Saint-Victor reste l’un des points de rencontres les plus diverses, inter-religieuses, de communautés venues de tous les horizons de la périphérie méditerranéenne. La capitale phocéenne, née de la rencontre ancienne entre l’Orient et l’Occident fut à la fois un havre de paix et de conflits âpres, d’une coexistence passagère et constamment renouvelée au cours des siècles. Saint Jean Cassien est à la limite des fractures qui ont affecté le déclin de l’Empire romain et le déploiement du christianisme dans ses expressions grecques, latines. Il fut l’un des rares penseurs dont les écrits furent traduits du latin vers le grec avec une vénération particulière en Orient. L’Occident bénédictin et cistercien, monastique (jusque dans les Îles Britanniques) l’ont reconnu comme le maître incontesté de la vérité qui nourrit le sens de la vie consacrée. Il reste l’un des pères de l’Eglise, née des témoignages vivants des Pères du Désert. Ses écrits ont été intégrés à la Philocalie tissée des textes fondamentaux de la tradition orthodoxe.

Parlerait-on d’un modèle actuel de dialogue oecuménique, en liaison à l’âge de l’Eglise indivise ? Michel Stavrou, professeur à l’Institut Saint-Serge, mentionne cette éventualité. L’Eglise contemporaine est sans doute multiple comme l’était celle des temps apostoliques. Nous ne somme plus dans la logique de l’Eglise indivise, au temps où saint Augustin échangeait des lettres avec Saint Jérôme. En l’an 2000, à Jérusalem, on a fêté Saint Saba le Sanctifié, le moine du Désert de Judée qui a façonné le Typikon, défini les règles monastiques. Comme saint Benoît de Nursie et en dépit de la distance qui les séparaît – ainsi que les langues – tous deux vécurent le Mystère de l’indivisibilité eucharistique, suscitant des foisonnements théologiques… inscrivant la foi au Christ dans l’humus de leurs terres, .

Le protopresbytre Jean Gueit, aujourd’hui membre de l’Archidiocèse des Eglises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale (patriarcat de Moscou) appartient au clergé de cette région Provence- Marseille-Aix-en-Provence, imprégnée de traditions multiples. Spécialiste de l’histoire russe, il montre la coexistence, la rencontre de plusieurs communautés orthodoxes – en particulier au monastère Saint-Victor – où l’on célébre en roumain, russe, français, en grec.

L’un des célébrants rappella, au détour d’une image, que Marseille fut orthodoxe pendant mille ans. C’est effectivement la position des Eglises orthodoxes pour lesquelles le schisme de 1054 marqua une rupture qui perdure. Elle est parfois ignorée ou traitée par déni. Mais la brisure est réelle. Il est important que le propos ait été clairement exprimé comme une réalité théologique et relationnelle entre les Eglises.

Il reste que cette émission sur saint Jean Cassien aide à percevoir la profondeur de l’enracinement de la théologie et des usages communs à l’Orient et à l’Occident.

Depuis un certain temps, l’émission “Orthodoxie”, aujourd’hui dirigée par le père Jivko Panev, a proposé de découvrir des réalités de la foi orthodoxe en milieu francophone, immergé dans des paysages régionaux français. L’enracinement hexagonal est significatif. Dans le cas de l’Orthodoxie – comme des chrétiens orientaux des Eglises anciennes ou en communion avec Rome – les références internationales sont naturelles.

Il est donc intéressant de découvrir la réalité locale : des musiciens, des aumôniers militaires ou des moines médecins, des moines cultivateurs et guides spirituels. Des chercheurs de la Parole Divine (la Septante) ou des monastères, des centres de formation théologiques qui ont fait le choix de vivre la francéité au sein de l’Orthodoxie.

On soulignera deux émissions sur Olivier Clément, théologien qui a profondément marqué l’identité de la foi orthodoxe dans son enracinement le plus ouvert sur la dialogue entre toutes les traditions tout en insistant sur l’expression francophone. Un pari assez typique dans un pays et une partie de l’Europe christianisée très tôt par des missionnaires venus de l’Orient, parlant grec puis latin et qui, de manière atavique, appartiennent à la tradition de l’Eglise de Rome catholique dite de “la latinité”. Encore  que celle-ci fut scindée par un protestantisme occidental, certes présent en Russie depuis le 15-ème siècle.

Sur cette terre catholique, les Eglises orthodoxes étendent leurs patriarcats initiaux en de nombreuses paroisses. Il y a un souffle missionnaire qui est l’une des caractéristiques constantes de l’Eglise orientale slave. L’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge reprend souffle après avoir été accueilli à l’Institut protestant. En septembre 2020, il retournera à son berceau historique de la Colline Saint-Serge, ouvrant sa riche et précieuse bibliothèque et poursuivant sa route de formation.

L’usage de la langue française peut devenir un sujet irritant, passionnel… gallican peut-être, comme il fut vécu au sein de l’ECOF (Eglise catholique orthodoxe) dont les disciples labourent sans relâche les champs d’une tradition presque francilienne.

Le Séminaire Orthodoxe Russe en France (SORF), implanté à Epernay-sous-Sénart, insiste sur l’usage de la langue française, avec des célébrations belles et stylées, exprimées surtout dans cette langue par des locuteurs majoritairement venus des Pays de l’Est (Russie, Ukraine, Pologne ou Caucase). Il introduit aussi des spéficités liturgiques sobres qui séduisent tant les orthodoxes francophones que les catholiques en quête d’Orient byzantin. Ce laboratoire russe francophile couve depuis des années dans un fermage où se côtoient aujourd’hui des chevaux, des ânes, des poules et des abeilles.

Les deux nouveaux évêques d’un Archevéché qui ne peut se réduire à sa dimension hexagonale ouvriront une voie bêchée depuis des décennies par des passionnés de la Parole et la fidélité à une langue, une nation. Pourtant leurs ministères n’ont de sens que s’ils visent au plus vaste, au plus large de la foi au Christ ressuscité.

De manière surprenante, l’Archevéché qui a trouvé, en France, une terre d’accueil et d’asile, d’ouverture et de compréhension inverse, par ses hiérarques épiscopaux actuels, la dominante essentielle qui s’imposa pendant un siècle. Il fallait et il faut toujours que le slavon soit la langue liturgique matricielle. Pendant des générations, on s’échinait à préserver envers et contre tout l’usage du russe, de traditions culinaires, poétiques, musicales… Samovars et vieilles dentelles se sont soudain élargies lors de la perestroika et l’ouverture des frontières de l’ex-Union Soviétique.

Pourtant, la suspicion a persisté. Elle s’exprime souvent, avec discernement et violence parfois, par le rejet de structures qui expriment aussi l’identité d’espaces culturels et religieux.

Aujourd’hui, l’Archevéché est sérieusement amputé de nombreuses paroisses qui exprimaient la réalité orthodoxe russe dans toutes les régions de l ‘Europe occidentale. Il l’est d’autant plus que l’Exarchat du Patriarcat de Moscou en Europe occidentale se déploie sur des terres qui furent “eulogiennes” (Espagne, Italie, Suisse, Scandinavie, Allemagne).

La recherche orthodoxe a trouvé dans l’accueil français – et dans sa liberté laïque et républicaine – un espace propice à se “maintenir/to maintain” d’autant plus que l’Angleterre proche a hébergé des membres éminents de la quête orthodoxe russe en Europe occidentale. Ce fut le cas du Métropolite Antoine (Bloom) de Souroge, né à Nice et l’un des plus grands évêque du Patriarcat moscovite du 20-ème siècle. A la croisée de la colline Saint-Serge, l’archimandrite Sophrony (Sakharov) a porté depuis le Mont Athos, la foi forte du Moine Silouane (Antonov) du Monastère Saint Pantéléimon ou Rossikon jusqu’au monastère Saint Jean-Baptiste dans l’Essex britannique. Il choisit pourtant de rejoindre la juridiction du patriarcat oecuménique. Ce fut le point de convergence à l’épanouissement spirituel du moine Symeon (Cossec) depuis l’héritage cistercien jusqu’à sa fondation monastique grâce à la guidance du staretz Sophrony.

Comment ne pas mentionner, comme l’un des premiers prêtres orthodoxes chargée de paroisse d’expression française, le Moine de l’Eglise d’Orient – le père Lev Gillet – lié au Métropolite Euloge et mort à Londres, membre du Fellowship of Saint Alban and Saint Sergius.

Ainsi, il y a désormais trois évêques français dans l’Archevéché. Tous trois sont des fils spirituels d’une convergence de rencontres entre la théologie russe et la tradition grecque de l’Athos. Sans doute faut-il tenir compte de l’antagonisme inné et persistant entre l’Athos héllénique et la Sainte Montagne slave d’expression russe. Le Moine Sophrony dénonçait cette “praxis”.

Est-ce une particularité à la française qui, historiquement, peut tourner à un gallicanisme impétieux ? Il ne faudrait pas cela soit le cas. Il y a une “tentation franco-française” qui se joue aussi sur les notes de la sainteté de l’héritage chrétien, voire royaliste et sacralisant.

L’Archevéché unit beaucoup de langues, de cultures et de traditions nées dans cet humus européen torturé au long des siècles par la pureté de la foi, depuis Narvik jusqu’à la frontière espagnole, l’Italie et l’Allemagne, les Îles Britanniques et l’Ecosse.

Il sera essentiel d’en tenir compte et d’associer les contrées germaniques (allemandes, néerlandaises), belges, luxembourgeoises ou encore scandinaves, voire les paysages anglophones, sans oublier l’Italie qui fait le lien entre la Méditerranée occidentale et orientale.

L’une des caractéristiques de l’Archevéché est qu’il est profondément porteur de l’universalité catholique, orthodoxe et apostolique de la Foi – au-delà des typisme comme l’exprimait l’Ancien Sophrony d’Essex.

En raison des règles sanitaires, l’entrée dans la cathédrale sera limitée. Tous sont invités à s’associer à la Divine Liturgie et à suivre les offices d’ordination sur la chaine YouTube de la cathédrale. (Saint Alexandre Nevsky “https://www.youtube.com/results?search_query=cathedrale+alexandre+nevsky+paris”).

Il serait beau qu’à chacune de ces consécrations épiscopales (on n’ordonne qu’un seul membre du clergé par Liturgie dans la tradition orthodoxe), des représentants et amis des autres Eglises orthodoxes et autres assistent les nouveaux épiscopes sur leurs routes dans la Foi.

AXIOI ! Достойны! Αξιοι! Ad multos! Nombreuses années !

Sto Lat !

” עבר או עובר ויעבור”,
At Yad-VaShem, a quotation of Isaac Bashevis Singer is written: “A world that has passed”. In the case of John-Paul II, he remains a link. This aspect is always taken into consideration.
The Catholics love to quote the words and declarations of the acting pope. They are scared when this becomes ambiguous as, for example, the fact that former pope Benedict XVI decides to write or express his opinion. There seems to be only one and unique “acting if not pending” pope…
In fact, there are chains of bishops who were called to head the Roman Catholic Church of Rome. John-Paul II had a special destiny and resumé that was deeply mirrored in the destiny and history of his Polish nation, language, culture, traditions of the Slavs, a bit to the North to Lithuania, to the East with the “Polish-like” speeches of the Wend-Sorbisch/Serbs of Germany.
And a profound clutch with German, mainly through the K. u. K. the Austrian and Hungarian empire. His father gave to the young lad the first (Christian) name that showed this respect for the Central European Empire. John-Paul II really respected humankind. Undoubtedly a gifted man, interested in literature, theater, actions, creation, fighting for the freedom of speech and soul, true faith. “Do not fear” echoes this call to liberty, responsibility. It meant to be able to overcome the cowardice of weak souls, crooked personalities, double-sided ambiguous attitudes, and “lockdown”.
He was deeply educated and fond of German philosophy, gifted for languages. But not because he could or scarcely speak some of them: he was convinced that each dialect allows a connection to all of the human beings. He was convinced that newness had to germinate. The Catholic Church had been tempted by “ruling the Reign of the Lord throughout the continents”. He visited the parts of the globe as a simple and humble witness of life, over life and conviction in the resurrection.
Still, he was also “isolated” because he could not go beyond the frontiers that imprint and continue to impact the Christian heritage in Europe. He could not match with the Orthodox who only came up to some new freedom thirty years ago by the time of the perestroika and the fall of dictatorships. He was too close and still “alien” to the spirit of the East, the original Faith born from the totality of the Pentarchy. It is aching as for now in the pangs of revolving rebirthing processes.
Wrongdoings? Of course, because the Roman local Vatican was framed and it has always been comfortable to choose carrier rather than Serving. There are chains of popes and they help each other indeed. True, the abuse of authority, sexual abuse, abuse of administrative fencing have to be corrected. They threaten the Church directly. It is more and more difficult at present.
But again, silence makes it coward and mean. Time has passed and the whole thing requires a real cleansing. John-Paul II? We met some times, also as I gave him (and to now-cardinal Dziwisz of Krakow) 12 “philakta = signs of amity, philia” that use to be given in the Greek Orthodox tradition.
He remains a model for me in one very important way: do all you can not hurt back, not to be silent because of some cowardice, but be silent and speak only in time in order to pave the way to healing. Totus Tuus!

It is time to speak… wait and see.

Le covid mène la danse

Autant le dire tout de go : çà décoiffe ! “Les coiffeurs rasent les murs et les doyens perdent leurs facultés” disait-on en France, en 1968. Cinquante ans ont passé. Nous entrons dans une vraie quarantaine : celle où l’espace est restreint géographiquement, bien balisé, traçabilisé.
Tout cela se produit de manière si inattendue. Il y a eu des accros, c’est vrai. Des gens sont morts du virus HIV-le Sida. Ils continuent de mourir de cette infection, mais depuis plus de trente ans, les choses se sont nettement améliorées.
 Tout a commencé par une histoire de chauve-souris. Qui mange des chauve-souris ? Se délecter de volatiles qui collent aux cheveux, serait-ce chercher des poux dans des esprits tordus ?

 

Partout, dans le monde, les marchés entrent en eux-mêmes, se recroquevillent jusqu’à disparaître. Qui était au courant ? On ramasse les think-tanks à la pelle. Les professionnels du conseil, de l’analyse, de la réflexion géo-politique, de la sociabilité post-moderne fondent sous des tsunamis d’irrationnalités intercontinentales. A force de renifler l’air du temps, le temps passe, a passé… Il passera et, pire encore ! on perd l’odorat ces temps derniers et c’est un syndrome planétaire.

On a perdu le sens commun mais tout le monde cause sur tout. Au début, un petit virus. Mais c’est quoi un virus qui se promène à l’orée d’une cité gigantesque de onze millions d’âmes ? Qui a vu le virus flâner au coin des rues ?
Non mais ! Il est où ce virus qui transforme la connexion “pal”, “friend”, “buddy”, “click & go” en une fièvre qui vient et va, s’en va ou monte, volète et puis, bon, adieu. La virtualité n’est plus ce qu’elle était. Nous nous sentions unis. Certes pas pour longtemps : dix minutes, une heure, un jour, quelques jours ou semaines, voire plus si affinités. De l’émotion ou bien du commerce. Un petit click par une touche sur clavier. Quelques mots batardisés sur un écran ou partagés en sons temporaires. Des heures, des mois, déjà des années qui s’étirent sur la planète et captent jusqu’à l’intime de vies qui s’affichent… et que l’on peut effacer, du moins on le croirait.
M’enfin ! Ce virus, qui c’est qui l’ a vu, c’te virus ? Tous sont là à jaser : “Mais j’ai personne vu !” C’est un truc à la “Caméra cachée” ! Un bluff, quoi !? On ne peut plus se faire la bise. Enfin, la bise… Certains se bécotent quatre fois, d’autre deux – sur les joues, sur la bouche, dans le cou, sur les cheveux.
“Touche pas à mon pote”… une parole prophétique qui peut se terminer à la chambre mortuaire. Mais ça fait mal là où ça a piqué.
Ne plus se toucher. La cata ! Garder ses distances ? Alors on mesure selon des repères intelligibles : la longueur d’un kangourou en Australie, d’un cerf au Canada. En Israël, ce sont les voitures qui porte le panneau “sh’mor merakhoq/שמור מרחוק = gardez vos distances”. C’est presqu’aussi vieux que le pays…
On comprend qu’un “baiser = neshikah/נשיקה” puisse se changer comme un rien, un petit rien… un petit virus invisible à l’oeil nu, en une “arme = neshek/נשק” redoutable. On croit aimer et être aimé, eh voilà qu’une bestiole passe et l’amour s’en va… pas haineux, pas agressif. Non ; il s’est transformé en un ennemi destructeur, morbide…
Cela faisait vingt ans que l’on avait développé l’internet, le monde virtuel qui peut être vrai, faux, fake, attrayant. Une touche et le monde s’est soudain planétarisé. On se rencontre par écrans, par microphone. Il n’y a plus de distance. On clique et on accroche, on décroche, on raccroche sans même se rencontrer dans la vraie vie. Un écran, des protections avec des anti-virus qui envahissent le paysage des réseaux sociaux. Pas besoin de parler. Pas de mauvaises odeurs. On a du nez pour trouver l’âme soeur ou un(e) ami(e), voire faire connaissance aujourd’hui avec des personnes que l’on n’aurait jamais vues et qui ouvrent des horizons. Actuellement, les narines se cachent derrière des loups anti-coronavirus.
Il ne manquait plus que le “masque” dans une affaire médicale qui attaque directement les poumons, la respiration. La symbolique est forte : en hébreu “neshamah/נשמה – âme, être vivant” avec pour corrollaire “neshimah/נשימה = respiration”. Si la respiration est bloquée, l’âme et le corps périssent.
Dans toutes les urgences hospitalières du monde, les médecins et personnels soignants sont épuisés.  Le temps semble suspendu mais la course au vaccin est onéreuse.
On se croirait en pleine masquarade ! Il y a comme un paradoxe en cette année juive 5780. Le calendrier est passé, en septembre 2019, des années 70 (5779) à la décennie des 80 (5780). A peine si l’on a eu le temps de s’en rendre compte. La situation était en turbulence dans tout le Proche-Orient. L’Europe était un peu en furie, souvent teintée de jaune chez des gilets français, belges ou néerlandais. En Allemagne de l’Est, des jours d’effervescence et de rejet social, racial, idéologique.
On évoque alors la bouche (“peh/פה”) puisque “quatre-vingts” s’écrit avec cette lettre qui hésite entre le “p” et le “f”. Le mot “bouche” est bref, monosyllabique. Ancien, archaïque. Car les sens sont primaires. Il faut une bouche pour manger, un nez pour respirer (“af/אף = nez, narine, puis “colère” par extension sémantique), un oeil – deux yeux pour voir (”ayn/עין”). Des mots brefs mais vitaux. Il est question de vie, de survie parfois. Il y va des paroles apparemment si grégaires de la seconde prière de l’office juif du Matin (Shaharit/שחרית) : “Béni soit-Tu…/ Qui a créé l’être humain (Adam)… et les apertures, les orifices. Si un seul venait à ne pas être fermé ou s’ouvrir, il serait impossible de rester en vie ne fût-ce qu’une heure”.
La bouche permet de parler. Elle abrite et reçoit les sons issus de la gorge, qui combinent la parole à la respiration. La décennie s’annonçait comme une ouverture sur la richesse des connexions et des traditions nées de l’oralité. Il faudra désormais mettre des masques, couvrir le nez et fermer le bec par crainte des postillons.
En latin médiéval, masca signifiait “masque, spectre, cauchemar”. On suggère que le mot viendrait de l’arabe maskharah “bouffon, moquerie”, de sakhira “être moqué, ridiculisé”. D’autres pensent que le terme est plutôt lié au vieux-français mascurer “noircir (le visage)… En occitan de Béziers, masco veut tant dire “une sorcière” qu'”un nuage noire avant que la pluie ne tombe”.
La bouche est faite pour bouger, s’exprimer, laisser passer les sons. Maintenant, elle doit être voilée, dans certaines circonstances, pour faire face au danger mortel. Du jamais-vu ! hulule–t-on en français courant.  Pourquoi interdire la burqa… On hésite aujourd’hui entre la burqa faciale unisexe et le scaphandre soft tissu ou plastique. Tout le monde se lance dans le tricot en viscose ou en tissu, c’est aussi l’une des plus archaïques étymologies du masque, “mezg = coudre, mailler [cf. to mesh en anglais”].
Et puis, on découvre l’obligation de se laver les mains. Tout le temps, de manière presque compulsive. On assiste à la démultiplication outrancière du “netilat yadayim/נטילת ידיים = lavement, purification des mains” ou des ablutions rituelles de l’Islam.
Une minuscule bestiole, un virus. Depuis des années, on sent monter à travers les continents, des turbulences sociales, économiques, morales, philosophiques. Est-ce tellement neuf ? Certains ont la délicatesse de paraître blazés. L’histoire du globe Terre s’étend sur des milliards d’années et l’être humain est récent au regard d’une telle chronologie. Alors, un virus…!  Il y a eu bien pire, bien plus tragique, dramatique au cours de ces milliards d’années. Gutenberg, c’était hier. Le digital c’est aujourd’hui mais franchement primitif. “Digit”, c’est compter sur ses doigts. Il faut maintenant les protéger et les comptes financiers internationaux sont à revoir.
Le virus ? Continuons sur les mots. Le sanscrit visam est un venin, un poison” comme le grec ios ou le latin viscum (liquide visqueux, glue)… curieusement le slavon vishnya/вишнья (cerise) comme un beau fruit qui peut être vénéneux…
L’hébreu renvoie au psaume 58, 5 : “חֲמַת-לָמוֹ, כִּדְמוּת חֲמַת-נָחָשׁ; כְּמוֹ-פֶתֶן חֵרֵשׁ, יַאְטֵם אָזְנוֹ = leur venin (khamat-lamo) ressemble au venin du serpent   comme un cobra sourd   qui se bouche l’oreille”.
Khemah est le nom allégorique de l’un des anges de justice (Exode Rabba 24).
Qui oserait parler d’injustice ? Qui oserait dire que ce virus vient corriger des comportements que l’être humain affirme maîtriser grâce à sa toute-puissance. Serait-elle donc fictive ?
On connaît ce midrach où Salomon, le roi dont la sagesse légendaire s’est étiolée au cours d’un règne où la volonté de gloire a pris le pas sur l’humilité dont il avait preuve lors de son accession au trône d’Israël. Voilà qu’un jour il regardait une minuscule fourmi qui s’était logée sur le creux de sa main. Il dit à l’insecte : “Y aurait-il quelqu’un au monde de plus grand que moi ?” – “Eh bien, oui !”, lui répondit la fourmi. “Moi, je suis plus grande que toi parce que Dieu t’a placé ici pour me porter.”
On parle de confinement en français. L’hébreu “seger/סגר” indique une fermeture alors que tout, dans les traditions sémitiques, porte à ouvrir sur ce qui est inaccessible. Encore faut-il trouver le mot de passe. La fermeture ou les murailles séparent et relient : il y a des temps pour être en contact, d’autres pour se préserver des autres. Mais le Covid-19 introduit une autre notion par sa dimension, internationale, universelle, s’attaquant à tout être humain sans distinction de condition, d’origine, de culture.
Il y a d’autres aspects. Nous assistons à une neutralisation saisissante de tous les rites habituels de la vie religieuse monothéiste. Rares sont ceux qui auraient prévu la percée surpuissante d’un virus aussi dévastateur, insaisissable, invisible. Il s’est sans doute manifesté quelque part en Chine – les choses ne sont encore que de l’ordre de l’observation – aux alentours de la fête de Souccot 2019 (vers les 13-30 octobre 2019). Il est fort probable qu’il recouvrira tous les hommes d’une chape opaque tout au long de l’année 2020. Nous ne saurions préjuger de l’apparition prochaine d’autres virus destructeurs.
Les fidèles de tous les monothéismes ont directement subi la pandémie. La convivialité communautaire, les rites ont été brutalement interrompus (embrassades, toucher les objets du culte). Plus question d’embrasser une mezuzah, un rouleau de la Torah, de faire des circoncisions, de se tenir aux côtés de fidèles auxquels on accorde toute confiance humaine. Le chrétien arrête de se tenir par la main pour une chaîne de prière, ne peut s’approcher de la communion sacramentelle au Corps et au Sang de Jésus de Nazareth. La coupe de vin devient suspecte ; la patène peut-elle transmettre l’infection…? Les doigts des célébrants comme des laïcs deviennent porteurs de léthalité. Dans les Eglises orthodoxes, il devient dangereux d’embrasser ou de toucher tout ce qui est au coeur-même de la tradition orientale. Plus question de vénérer les icônes, l’Evangéliaire, l’autel, la croix, les gestes ordinaires comme embrasser la main de l’évêque ou du prêtre pour recevoir une bénédiction (également courant dans certains milieux harédiques).

Face à la généralisation du gel hydro-alcoolique, comment lire ces paroles de Jésus de Nazareth : “(Après avoir dit cela), Jésus cracha à terre, il fit une boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle. Et il lui dit : “Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (qui signifie “envoyé”). Il y alla, se lava et s’en retourna voyant clair” (Jean 9, 6-7).

 

On peut parler d’une vitalité pluriséculaire et plurielle, présente dans de nombreuses religions qui plongent à une source abrahamique commune. La Révélation diffusés par des prismes divers est soudain en suspens… des siècles de pratiques rituelles sont placées entre parenthèses.
La Pâque juive, les Pâques chrétiennes de rites occidentaux et orientaux , les prières à La Mecque et le mois saint du Ramadan sont claquemurés comme on dit si joliment en wallon.
On peut parler d’une éclipse. Les gestes les plus naturels, cultivés sur des centaines d’années – deux ou quatre mille ans, c’est peu de choses à dire vrai – s’estompent de la pratique, de l’expression de la foi. Ils sont présents. Ils le seront. Pourtant, il n’est plus question de parler d’un Dieu caché (El Nistar/אל נסתר, Deus Absconditus) comme on le fit pour évoquer la période de la destruction pendant la Shoah. Certains penseurs ont réfléchi sur un “Tzimtzum/ציםצום”, comme si le Créateur s’était effacé de la présence humaine, le laissant – ou l’abandonnant- à sa cruauté inhumaine et sordide.
Ne pourrait-on parler d’une autre forme d’éclipse ? Il s’agit de ce temps où l’être humain – unique nation d’Homo Sapiens – est obligé de s’éclipser des gestes et des actions si prégnants de ses cultures et, surtout, des expressions de Foi au Dieu Unique. Celles-ci se sont distanciées au cours des siècles et des tribulations au grand large des continents.
Dieu peut-Il s’absenter ?
Ne serait-ce plutôt l’être humain qui s’éclipse de la Face divine sans prendre conscience du processus de cette distanciation… Une dérive de puissance ? Le confinement est défini comme une “(auto-)isolation” dans certaines langues. La virtualité entraîne “hors les murs”, dans un en-soi où les périls semblent incertains, irréels.
“Rien ne sera plus comme avant !”… On a l’avenir court, la mémoire chancelante et ritualisée. Le 75-ème anniversaire de la libération des camps d’Auschwitz-Birkenau ? des camps de concentration et d’extermination ? Oui, certes. Ce fut le 27 janvier dernier. En revanche, les célébrations furent stupéfiantes tant elles révélaient les intérêts géo-stratégiques, politiques, économiques de nations européennes qui avaient toutes participé à la tragédie de l’extermination, du meurtre de millions d’êtres humains.
J’avais été frappé qu’à Jérusalem aucune personne rescapée ne soit vraiment intervenue en yiddish. Quelle est la langue qui témoigne, au long des siècles, de cette proximité distante entre le monde juif pieux et/ou apikoros (dubitatif) et l’ensemble du monde chrétien ? Le yiddish passe les murailles du non-dit dans une nostalgie triste et gaie à la fois. On ne l’entendit pas à Jérusalem. A Paris, le président français fut le seul à s’y aventurer. Il prononça ces mots “Mir zeynen do/מיר זיינען דא = nous sommes là” en visitant le Mémorial de la Shoah.
La chape se poursuivit avec les célébrations amputées du 75-ème anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale. Des défilés restreints pour un temps inscrit dans l’Histoire. Il a passé.
Des milliers d’Américains meurent du virus. En Russie, il fait des ravages. Partout se profile le spectre de la faillite économique. Des millions de chômeurs. Des millions d’êtres humains souffrent de famine. Les Etats croulent sous le poids de dettes qui se sont accumulées au cours du 20-ème siècle.
Partout, l’être humain fait montre de sa capacité tenace à résister au mal qui l’atteint.
“Je vous en conjure, Filles de Jérusalem, n’éveillez pas, ne réveillez pas l’Amour
avant qu’Il y prenne Son bon vouloir” (Cantique des Cantiques 3, 5).

 

A Sabbatical Good Friday

(c) Ben Gray’s wonderful picture of the light over the Edicule of the Holy Tomb

You have certainly noticed that Israeli society develops new view about what European cultures used to call “weekend”, definitely influenced by the Christian tradition. Apparently, the Christian weekend consists in a secular understanding of two non-working days, e.g.: Saturday and Sunday that may start on Friday afternoon. With regards to the Work regulations in force in most countries, the obligation to stop any activity on one day of the week has not been very constant. Until nowadays, a lot of people throughout the world would not really benefit from any day-off, and this affects them for the better part of the year. Some cultures would simply ignore the right to get some rest. Even in dire times of pandemics.

In this respect, Judaism has introduced the Shabbat day-off, with the obligation to rest, not to accomplish 37 sorts of activities for a very special reason: it is a real “imitatio Dei” – the Jew and the strangers who abide in the midst of the Jewish community have been created at the Image and Likeness of God Himself. And, when God finished His labor that was the creation and fashioning of the world and its inhabitants, he rested from all the work that He had done while continuing to develop and create it (asher bara Elohim la’asot/אשר ברא לעשות) (Gen. 2:3). When entering the seventh day eve when sun sets on the sixth day, the prayer quotes the verse of the TaNaKh that explains why all activities should be stopped. “Yom shishi : sixth day. and, thus, were achieved, the heaven and the earth and all their array (Bereishit 2:1).

God made them to the fullest of their plenitude, which is explicit in the verb “Vayechullu\ויכולו”. It does not mean that He had “finished” a task, a work. It states that the six day intense activity was a time of conceiving, constructing, shaping, breathing-in life and bringing-in a full autonomous and systematic. It could also function and be self-sufficient. This is why “asher bara la’asot – which He created in a continual process” is meaningful. Let’s say that, God could have gone for a nap or a rest, not even the supposed 24 hours of Shabbat. The whole system and their numerous living, procreating devices and creatures could have stopped. We are perfectly aware that we exist and survive day by day, generation after generation by some automatically scheduled table that requires a repair or some adjustment from time to time. This is puzzling, precisely because God has accomplished, achieved His creation work. The root comes from “KOL/kolel/klal\כל-כול-כולל-כלל = fulfill, fulfillment. wholeness, entirety”.

“Vaykhullu” has another meaning linked to what shows fulfillment according to the Jewish tradition. God “achieved” His work on the sixth day in the sense that it was “total and one, unique”. So God shaped the universe, heaven and earth, with the substance of being a “bride – kallah\כלה” in two ways. Firstly, to be like a crown that ornaments the nature of the worlds as in Isaiah 49:18. Secondly, the perfect crown is figured out as the bride because she allows the bridegroom to continue this systematic action of creativity based on uniqueness and love. “The bride/kallah is to be found perfect in the house of her father-in-law” (Pessahim 87a). Kallah is also the name of the Great Assembly of the students who, like those in Babylon, study the Torah during the months of Adar and Ellul. God’s Presence is spicy as the k’lah/uchla – the full measure of spices (Bava Betza III.62b).

 

This is why the sixth day is so meaningful for the Jewish tradition. It realizes to the whole what was already unique and one, singular on the first day, “yom echad\יום אחד – day one” and not “yom rishon\יום ראשון” as we have it today for our weekly delays. In Hebrew (as in all Semitic languages), days are named by numbers from one to six. Modern Hebrew lined the initial creation day on the second, “rishon = first” sounds more coherent. And we have been launched in the whirling development of time in space. We may consider the biblical account of the 6 day creation as a tale. Still, it is certainly the best way to describe what happened in the realm of God’s big bang. The seventh day or “yom hashevi’i – Shabbat” implements and clarifies additional features of a “creative launching process”. As if the “day one/yom echad” might, in the future, appear as the one and eighth day in terms of symbolic existence. Biblical Greek (Septuagint) and Latin (Vulgata) are of course based on the Hebrew day compute. There is no Sun-day, Moon-day, Fri-day (Frijadagur – (Freyja/Venus) wooing day) or Satur(ne)-day) = Laugardagur in Icelandic: “laundrying, washing, bathing day –Dan. Lørdag”. Christianity – this is barely known even by the believers – has kept until now the Hebrew weekly compute to define the days and the hours for the prayers.

Thus, Friday (Gr. Paraskevi/παρασκευη; Rus. Piatnitsa-Пятница/5th day) is of major importance in Christianity since the very foundation of the faith that Jesus of Nazareth rose from the dead. Good Friday is Gr. Megali Paraskevi- μεγαλη παρασκευη/Great Friday (“Sad” in Arabic) Germ. Karfreitag (Lamentation day) or Slavonic Strasnoi Piatok/stranaia Piatnitsa6срастной Пяток-страстная пятница” (Passion Friday/5th day), Scand. Long Friday. Jesus died at the some hours before the beginning of the Great Feast (Pesach). The Greek word is in the LXX as “the day of preparation to the Shabbat” is referred as Friday in all the Gospel (Matthew 27:62; Mark 15:42; Luke 23:54; John 19:14 (Nisan 14 = Pesach).

It means that the Yom shishi took place in a full Jewish and ritual context, still under control of a foreign occupation Roman Empire governor, soldiers coming from all possible nations of that huge empire. The whole account of Jesus judgment is fascinating because it shows the acuity of Jesus’ words or silence in facing two heads of questionable institutions. Pontius Pilatus condemned him by fear then played the innocent. He sent Jesus to Caiaphas, the high priest but the Sanhedrin could hardly be decisional in the situation of occupation. The context is mostly biased in a unique messianic context. It is impossible to make any comparison with Shabtai Tzvi destiny or other false messiahs. In the case of Good Friday, it does correspond to the bridal end day of the creation of the world and the preparation to resting… thus not dying, but being prolonged over the apparent stop, cease. The women had brought the spices (cf. k’lah) for his embalming (Luke 23:55).

It is quite impossible for the Jewish communities to positively consider in the present any link between Yom shishi/Friday – entrance of the Shabbat and Good Friday. Ecumenical movements showed after World War II with strong interests for the ties that do exist and cannot be cancelled or denied between Judaism and Christianity. In this field, we are lying in some cradle of understanding, at some blurred dawn of a possible encounter that cannot be escaped. It will require centuries of patience and a lot of mutual humbleness.

The split between Judaism and Christianity does show with persistence and violence (bedin: with violence and unwillingly) hesitating between friendship, total ignorance or dreamy love and peace utopia. The recent change that Pope Benedict XVI decided with regards to the classical Good Friday Tridentine prayer mainly tends to ban the reading of the prayer as printed in the old books printed in Latin because it is the standard language of the Roman Church. Pope John XXIII had suppressed the words “Let us pray for the perfidious Jews (pro perfidis Judaeis)” in 1960.

Now, the version of the prayer said on Good Friday in the Roman Catholic Church after the final publication of the text in 1970 (Pope Paul VI) is thus: “1. Let us pray for the Jewish people, the first to hear the word of God, that they may continue to grow in the love of His Name and in faithfulness to His covenant. 2. Almighty and eternal God, long ago you gave your promise to Abraham and his posterity. Listen to your Church as we pray that the people you first made your own may arrive at the fullness of redemption…”

This change only concerns and is only observed by the Latin rite part of the Roman Church. The Oriental Churches have not revised any text. It would have presupposed the union of the Orthodox Churches and their agreement that was not possible for political and mostly theological positions. The new authorized Catholic Tridentine text states: “1. Let us also pray for the Jews: That our God and Lord may illuminate their hearts, that they acknowledge Jesus Christ is the Savior of all men. 2. Almighty and eternal God, who want that all men be saved and come to the recognition of the truth, propitiously grant that even as the fullness of the peoples enters Thy Church, all Israel be saved. Through Christ Our Lord. Amen” (Vatican, 2008).

There are positive expressions scattered in many Latin rite prayers (e.g. “the Israelite dignity” for Easter). All suggest that the Jews should confess and recognize the Savior. Thus, all the Churches call the Jews to convert to the Christian Creed. In this matter, we cannot be blind or keep arguing that this has been canceled. Some Churches would stop baptizing because they are afraid of Israeli or Muslim protests. Fear has nothing to do with faith, freedom of conscience, respect of the souls. Israel still bears, for a long time, the wounds and scars of the nails of the Cross.

This special year is like a Sabbatical year for paschal celebrations. It questions the rituals, the way we meet the days when the Lord is to come, is present indeed. Because, whenever we serve the Services and the Liturgies, He is in our midst. And the virus overshadows both our desire to confess true faith and still our natural tendencies to keep away, distanced from those who do share our own beliefs. The pandemic obstructs clergy people and laity, may stop them stiff in their places, their mental certitudes.

Good Friday remains the full day of silence, from life and moves, words and speech. In the mouth of Jesus of Nazareth, it end with “all is full, achieved, accomplished – tam/תם”. We are granted the privilege of a surplus in the development of redemption. In the Byzantine tradition, we have longed after the coming of the bridegroom during the first days of the Passion Week. May we be given the seal of communion in the Messiah.

Yom shishi – Friday as Good Friday is and remains a bridal day, a day of preparation to rejoicing and faith. Every Friday, Jews enter the time of rest, repose, calm and peace. This remains for all a day of fulfillment.

Statement Regarding The Church Of The Holy Sepulchre (Local Church Leaders)

I share this declaration of the Heads of the three main Church jurisdictions who are responsible for the management of the Church of the Holy Sepulcher/of the Resurrection in Jerusalem.

They call to act with care and a real sense of responsibility with regard to the pandemic of coronavirus that is more than a threat, but an invisible “on-air” potential killer.

It is an important period of the liturgical cycle that leads to the Feast of Easter and Passkha (Western rites of the Catholics and the Eastern-rite Byzantine and Oriental Orthodox). It is a real hapax in the course of human and spiritual experience. This Saturday of the Vespers of the Sunday of the Exaltation of the Holy Cross (Great Lent), the communities have served in their allotted places. Patriarch Theophilos of Jerusalem led the Vespers at 2PM this afternoon.

One thing: again and again, in the course of the decade, the traditional Churches of Jerusalem have to comply (obey) with the rulings and decisions issued by the State of Israel for their own benefit and care. As usual, they do not mention the State in their “statement”. Now for years, they depend on the local Kishleh Police Head Quarters located at Jaffa Gate because of their non-recognition of the State and quarreling with the Israeli government. None of them would either behave in this way with the King of Jordan and the Jordanian government.

The local Churches are local if they confirm their attitudes and morals with the existing legal bodies of the countries where they are. It is a very old “Christian” commandment” expressed by Saint Paul of Tarsus (Romans 13:2). They do not serve in “a country, a place, a city, a town, a village” because the Mystery of the Church is based on the incarnation of the Lord and it has been heralded throughout the centuries by the air of the Holy Spirit and human persons to each place everywhere in the world. Therefore, recognition of who the authorities are is a must, an obligation and a matter of authenticity of faith.

During the Second Intifada, the Israeli Authorities had required that the gas masks should be distributed to all the inhabitants of the country of Israel and/or Arab Palestinian Authority. The Churches did not comply with this ruling. They can not ask for protection – and the State of Israel does protect all the Churches as the Mosques and the Synagogues – and not accept to participate in the reality of the State and its legacy.

May I also take the liberty to say that those foreign press correspondents in Jerusalem or other locations in Israel) have the right to feel compassionate with their home countries, but they cannot give the impression that, since they are locked down in the Old City, they are mainly connected, spiritually, first and mostly with their offshore place of origin. They do witness for the local reality in these days of hardships, i.e. in Jerusalem and not in the Scilly Islands…

May we show that we are humans and humane beings and called to live by the grace of the Lord.

Statement regarding the Church of the Holy Sepulchre
Jerusalem, 20 March 2020

Dear Brothers and Sisters,
Our world is currently experiencing a time of crisis and emergency, whereas many countries and nations are combatting the spread of COVID-19. In many places around the globe, the infection is spreading rapidly and the victims are consistently increasing. The World Health Organization has declared the situation as a global pandemic.
In front of this dangerous situation, governments worldwide mobilized to resist and restrain the spread of this virus. In many places, severe measures were adopted which resulted in restrictions of movement of persons maintaining operative only crucial facilities.
This dangerous situation has not passed over the Holy Land and the Holy City of Jerusalem in which all Sons of Abraham Jews, Christians and Muslims are raising their prayers to God Almighty. We are called to live this time in faith and confidence in the Lord’s mercy and His care for all His creatures.
At the same time, we are called to adhere to the instructions of the competent civil authorities enacted to ensure the safety and well-being of the entire population.
Therefore, we the Heads of the Churches in charge of the Church of the Holy Sepulchre in Jerusalem urge everyone to abide fully by the provisions for the public health, as they are published from time to time.
The communities living within the Church of the Holy Sepulchre will continue the ordinary life of the Church in conformity with the instructions for the public health. We will be united spiritually in our aim to preserve the centuries’ long tradition of ongoing prayers in the Church even in these sad times when pilgrims cannot reach Jerusalem and local faithful are compelled to remain at their homes.
Accordingly, while maintaining the Church open we urge the worshipers to:
– Refrain from any gatherings of more than 10 people in the same place and at the same time in the Basilica.
– Keep a minimum distance of 2 meters between each person.
– Avoid any act of devotion that might include physical contact such as touching and kissing the stones, touching icons, vestments and the personnel in the Basilica.
– To abide always by the instructions of the authorities.
The Holy Sepulchre is the ultimate place of hope. Hope that faith will defeat doubt, the light will defeat darkness and life will triumph over death. From this Holy Place and in this time of spiritual preparation for Easter and of the global crisis we join our prayers to those of faithful of all religions, asking for the end of this pandemic. We pray for all those afflicted by the virus around the world and express our sympathy and gratitude to those who assist and take care of the victims.

Theophilus III
Greek Orthodox Patriarch of Jerusalem

Francesco Patton
Custos of the Holy Land

Nourhan Manougian
Armenian Patriarch of Jerusalem

ילם: Maier Yagod (photo)

מדפו של העיתונאי ניר חסון בפייסבוק. הוא כתב בעברית ככה –

הודעה מיוחדת מצד ראשי העדות הנוצריות המחזיקות את כנסיית הקבר, הפטריאך היווני תיאופילוס השלישי, הקוסטוס הקתולי, פרנצ’סקו פאטון, והפטריארך הארמני נורהאן מנוגיאן :
“הקבר הקדוש הוא המקום האולטימטיבי של התקווה, תקווה שאמונה תביס את הספקות, שהאור יביס את החשיכה ושהחיים ינצחו את המוות”. קוראים למאמינים לציית להוראות משרד הבריאות וכן להימנע מנגיעה או נישוק האבנים, האיקונות או הסמלים בכנסייה. הם נערכים לאירועי הפסחא נטולי מאמינים.
בתמונה שער יפו הנעול אתמול (היום הוא כבר נפתח),

Orthodoxy, Great Lent and Coronavirus

Things can be very difficult in Church life. The Coronavirus epidemy-pandemic disease (at this point it is a pandemic threat and reality) is really going viral. The Hong-Kong Catholic Church and now some Catholic Churches throughout the world, in particular in Italy, Germany… maybe France in the near future required to stop to celebrate the Mass and distribute the Holy Communion inside of the parishes and cathedral where huge crowds use to gather. Individuals may catch the Covid 19 virus that spread very quickly right now though it decreases in China where it started in Wuhan.

On February 23rd, 2020, metropolitan Sergey who heads the Moscow Exarchate in South-Asia based in Singapore asked that molebens (thanksgiving services) be served for the victims of the epidemy in Asia. I had written a long note on this on February 12 last, urging the Orthodox Churches to pray for those who caught the virus, suffer and have to stay at home, isolated. There are places where this becomes a real economic problem. China is going through hell, but also the passengers of some cruiser ships.

We see that the virus attacks all the continents (Australia, New Zealand, Africa where figures are not given for the moment).

The virus entered Northern Makedonia, Greece, Slovenia, Italy, Switzerland, France, Belgium, Netherlands, Spain, Portugal. This means that it threatens wide segments of different national societies in these countries.

In this period of Great Lent and the upcoming of the Sunday of Atonement (Forgiveness) in the Orthodox Churches, the threat should be handled with much care.

I post here the first announcement made by an Orthodox rector, Fr. Johannes Johansen, who serves in Norway. He is pragmatic and definitely reacts as a Scandinavian? Here is his text in English (footnote in Norwegian [1]) :

“The Coronavirus concerns all of us.

We need to reduce to the minimum the possibilities of being infected and to protect us by ability.

In Church, we shall avoid the contact (Hand-shaking, Kissing the hands, clamp, etc) also refrain from kissing icons and holy objects, but just bow us in the church. We take the opportunity now, as Great Lent starts, to abstain from “Church coffee” after the liturgies. As regards the Holy Communion: we will use a spoon for each person who will communicate, so that it will not be possible to get contaminated by receiving the Holy Gifts.

Along with these practical measures, we will strengthen our spiritual life by making the sign of the cross over ourselves and the children, daily drink holy water and possibly eat a piece of the prosphora (antidoron) that we have received in church, and ask for God’s protection and the saints.”

Note that archimandrite Johannes asked to use a personal spoon (Lzhytsa/Лжица – Lavis – λαβις) which has been in the case in past times of epidemics both in the Orthodox communities and also, for example, in the Vaudois Italian congregations.
There might be different reactions among the Eastern Orthodox. Some may consider that the Holy Gifts cannot harm anybody and that their holiness preserves from any danger of catching the virus. It is evident that the Body and Blood of the Resurrected are the true ailments of our Redemption. On the other hand, all have to act with much insight and be very prudent.
This will also be the task of the heads of the Churches, the Bishops, the priests, the deacons, acolytes who use to participate in the distribution of the Holy Gifts.
The same with regards to kissing the hands of the clergy and kissing the icons. Sanctification is one thing, but, just remember that in many parishes, icons and their “glass” cover or other materials are often cleaned, at times immediately after one person venerated the icon.
Indeed, it can be helpful to drink Holy Water and to eat some pieces of antidoron/a distributed at the Divine Liturgies. This could be managed in a prudent way so that only very few persons could touch the bread.
May we all act with patience and wisdom, true faith and insight and pray for all as Great Lent calls to penance, forgiveness, fraternity, dialogue, and unity.
Prot. Alexander A. Winogradsky-Frenkel
(Patriarchate of Jerusalem, [from Paris] February 28, 2020)
(1) Original on Facebook, on Feb. 28, 2020:

Vi må gjøre smittemulighetene så få og små som mulig og samtidig beskytte oss etter evne.

I kirken skal vi unngå kroppskontakt (håndhilse, kyssehånden, klemme etc) også avstå fra å kysse ikoner og hellige gjenstander, men bare bøye oss i ærbødighet. Vi benytter anledningen nå i den oppstartende fastetiden til å avstå fra “kirkekaffe” etter liturgien. Og angående den hellige nattverden: Vi vil benytte en skje til hver kommunikant, slik at det ikke blir mulig med smitte gjennom dette.

Paralellt med disse praktiske tiltakene skal vi styrke oss åndelig ved å gjøre korsets tegn over oss selv og barna, daglig drikke hellig vann og eventuelt spise en bit av prosforen vi har mottatt i kirken, og be om Guds beskyttelse og de helliges forbønner.

F. Johannes

Angels or beast, abuses/abus re Jean Vanier & Co

SINCE 1987, then coming back to the subject on a regular basis, esp. during his visits to Jerusalem and the total absence of response to my family concern to resolve the question of my heavily handicapped daughter, I had alerted on the personal problems of Jean Vanier. A year ago, a well-known French journalist had dinner at my French domicile and could not understand the “religious” networks around the renowned benefactor. Times will be difficult for some people, just because of ricochet or boomeranging hits. It only starts.
Jean Vanier, le fondateur de l’Arche, accusé d’abus sexuels sur plusieurs femmes

Une enquête interne de l’organisation qui accueille des personnes déficientes mentales révèle le passé coupable de son fondateur canadien, mort en 2019.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 14h08 (my subscription: “https://www.lemonde.fr/…/jean-vanier-le-fondateur-de-l-arch…“)

La stupeur dominait samedi 22 février après que l’Arche, une organisation qui accueille dans le monde entier des personnes ayant une déficience intellectuelle, a dévoilé une enquête interne dans laquelle son fondateur canadien Jean Vanier, mort en 2019, est accusé d’abus sexuels sur plusieurs femmes.

Cette enquête a permis de recueillir les témoignages « sincères et concordants portant sur la période 1970-2005 » de six femmes adultes avec lesquelles Jean Vanier « a initié des relations sexuelles, généralement dans le cadre d’un accompagnement spirituel, et dont certaines ont gardé de profondes blessures », explique l’Arche internationale dans un communiqué. Les investigations, menées par un organisme indépendant, n’ont pas identifié de personnes handicapées parmi les victimes, est-il précisé.

« Ces agissements indiquent une emprise psychologique et spirituelle de Jean Vanier sur ces femmes et soulignent son adhésion à certaines des théories et pratiques déviantes du père Thomas Philippe », ajoute l’Arche. Le dominicain Thomas Philippe, père spirituel de Jean Vanier et figure encombrante de l’Arche, a été soupçonné d’agressions sexuelles sur des femmes.
Lire aussi Mort de Jean Vanier, fondateur de l’Arche, prophète de la « liberté des fous »
« Nous condamnons sans réserve ces agissements »

« Nous sommes bouleversés par ces découvertes et nous condamnons sans réserve ces agissements en totale contradiction avec les valeurs que Jean Vanier revendiquait par ailleurs », ont écrit les responsables de l’Arche Internationale, Stephan Posner et Stacy Cates Carney, dans une lettre adressée aux membres de l’organisation. « Nous voulons dire aussi notre gratitude aux femmes qui, il y a quelques années, ont brisé ce silence au sujet du père Thomas Philippe et ont ainsi aidé d’autres à se libérer d’un fardeau injuste de honte et de peine », ont-ils ajouté, leur demandant « pardon ».

« Cela fait quelques mois que je connais les résultats des enquêtes, et à chaque fois que je les lis à haute voix, je suis abasourdi », confie, ému, Stephan Posner en détaillant les conclusions des experts à plusieurs médias chrétiens, dont La Vie. A ses côtés, Pierre Jacquand, responsable France de l’Arche, ajoute : « L’écart est si vertigineux entre l’homme que j’ai connu et celui que je découvre… je lutte pour accepter, alors même que je sais les faits indiscutables. »

La Conférence des évêques de France a fait part de sa « stupeur » et de sa « douleur » devant ces révélations, assurant de sa « compassion les femmes qui ont été ainsi abusées », ainsi que de sa « détermination à agir pour que la lumière soit faite ». L’Arche, dont le siège international est à Paris, est une fédération d’associations qui anime 154 lieux dans 38 pays où des personnes handicapées mentales vivent – spécificité de ces communautés – avec leurs accompagnants, salariés ou volontaires.

Au fil des ans, des livres et des conférences données à travers le monde, Jean Vanier était devenu une personnalité reconnue, un évangéliste que l’on venait consulter de loin, et qui pouvait converser avec l’écrivain Emmanuel Carrère, la reine Elizabeth ou le pape François. En 2015, il avait reçu à Londres le prestigieux prix Templeton, décerné avant lui à Mère Teresa, au dalaï-lama ou encore à Desmond Tutu.
Jean Vanier en quelques dates

10 septembre 1928 Naissance à Genève (Suisse)

1950 Démission de la marine canadienne

1964 Fondation de L’Arche

2015 Prix Templeton

7 mai 2019 Mort Paris.

The article in LE FIGARO: (my subscription, “https://www.lefigaro.fr/…/une-enquete-revele-les-abus-sexue…“.

Here the article published today in the French daily LE FIGARO: “Une enquête révèle les abus sexuels perpétrés par Jean Vanier, le fondateur de l’Arche

Plusieurs témoignages ont poussé l’Arche, une organisation qui accueille dans le monde entier des personnes ayant une déficience intellectuelle, à lancer une enquête interne. Ces investigations ont permis d’identifier six femmes victimes présumées.
Par Caroline Piquet
Les responsables de L’Arche, fédération qui regroupe de nombreuses associations accueillant des adultes handicapés mentaux, se disent «bouleversés». Dans une lettre adressée à l’ensemble des communautés présentes dans 38 pays, Stephan Posner et Stacy Cates Carney révèlent les conclusions d’une enquête menée sur le fondateur de l’Arche, Jean Vanier, décédé l’année dernière à l’âge de 90 ans. Les investigations menées par « un organisme externe et indépendant » démontrent que le Canadien a agressé sexuellement plusieurs femmes, « généralement dans le cadre d’un accompagnement spirituel, et dont certaines ont gardé de profondes blessures », rapporte la fédération dans un communiqué publié ce samedi.

Six témoignages « sincères et concordants » de «femmes victimes présumées» ont permis d’établir les faits sur une période allant de 1970 à 2005. «Ces femmes, sans lien entre elles, rapportent des faits similaires, associés à un discours supposément spirituel ou mystique destiné à les justifier», décrit le communiqué. Le fondateur de L’Arche, aurait, selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, usé de formules mystico-religieuses pour parvenir à ses fins : « C’est Jésus qui t’aime à travers moi », aurait-il dit à l’une des six victimes présumées. « Ce n’est pas nous, c’est Marie et Jésus. Tu es choisie, tu es spéciale, c’est un secret », aurait-il lancé à une autre. Sous couvert d’anonymat, une femme a également raconté cette emprise restée longtemps secrète : « L’accompagnement spirituel s’est transformé en toucher sexuel (…) Cela a duré trois ou quatre ans, j’étais figée, j’étais incapable de distinguer ce qui était bien et ce qui était mal. (…) Il m’a dit que cela faisait partie de l’accompagnement. »

Vulnérabilité et charisme

De l’enquête, dont Le Figaro a pu consulter la synthèse, il ressort que les victimes présumées avaient fait part de leur vulnérabilité à Jean Vanier. Parfois à cause d’un passé familial difficile ou bien parce qu’elle était à la recherche d’une figure paternelle. Mais le charisme et l’aura du fondateur de L’Arche les ont souvent empêchées de parler. «J’étais comme figée, je réalisais que Jean Vanier était adoré par des centaines de personnes, comme un Saint vivant, qu’il parlait de son soutien aux victimes d’abus sexuel, ça avait l’air d’un camouflage et j’ai trouvé difficile de soulever la question», témoigne l’une des six victimes présumées.

S’interrogeant sur les pratiques du fondateur de L’Arche, une autre s’était tournée vers le père Thomas Philippe, sans savoir que le même schéma allait se répéter : « Il m’a dit de venir le rencontrer à 22h », a-t-elle confié aux deux auteurs de l’enquête. «J’ai frappé à sa porte. Il y avait un rideau, et il était assis sur le lit. Avant que je puisse commencer à parler de Jean Vanier, ça a commencé avec lui, la même chose qu’avec Jean Vanier».

« Ces agissements indiquent une emprise psychologique et spirituelle de Jean Vanier sur ces femmes »
Les responsables de L’Arche internationale

Restées anonymes, les femmes interrogées au cours de l’enquête ont toutes décrit l’«impact de longue durée et négatif » que ces agissements ont pu avoir sur leur vie personnelle. Certaines se sont fait aider mais sont restées profondément marquées. Notamment parce que Jean Vanier n’a jamais reconnu leur souffrance : « Je (lui) ai écrit pour dire que ce qu’il m’avait fait était intolérable et que ça l’était encore aujourd’hui », a raconté l’une d’elles. « Je voulais m’assurer qu’il lirait cette lettre, alors je lui ai donné en personne. Il l’a lue ; il m’a dit : “Je pensais que c’était bon”. Il ne m’a rien dit d’autre ».

Pour les responsables de L’Arche, « ces agissements indiquent une emprise psychologique et spirituelle de Jean Vanier sur ces femmes et soulignent son adhésion à certaines des théories et pratiques déviantes du père Thomas Philippe ». Ce prêtre dominicain, décédé en 1993, était considéré comme le «père spirituel» de Jean Vanier. Il avait été condamné dans les années 1950 lors d’un procès canonique pour abus sexuels sur deux femmes à l’issue duquel il avait été interdit d’enseigner et d’exercer tout ministère.
«Oui, il nous a menti»

À l’époque, lui aussi avait été accusé de discours faussement mystiques pour convaincre ses victimes d’avoir des rapports sexuels avec lui, malgré son vœu de chasteté. Une enquête canonique menée en 2015 et s’appuyant sur des témoignages reçus un an plus tôt par l’Arche internationale confirmera «ces agissements sexuels» et cette «emprise psychologique et spirituelle» exercée sur plusieurs femmes majeures.

Des pratiques que Jean Vanier connaissait mais dont il n’a jamais révélé l’existence. La question lui avait pourtant été posée en 2015 et 2016, après l’enquête canonique menée sur le père Thomas Philippe, mais ce dernier avait nié. En réalité, «dès les années 1950, et contrairement à ce qu’il a pu nous dire à plusieurs reprises, Jean Vanier était informé», a résumé Stephan Posner de L’Arche, cité par l’hebdomadaire La Vie. «Oui, il nous a menti», a-t-il complété.
Une enquête indépendante

Ce sont deux témoignages adressés à L’Arche en 2016 et 2019 qui vont pousser la fédération à lancer des investigations sur son fondateur. Soucieuse de mener une enquête indépendante, elle s’est tournée vers GCPS consulting qui démarre son travail en avril 2019. Cet organisme indépendant et basé au Royaume-Uni a pour mission d’aider les institutions à améliorer leurs systèmes de prévention et de signalement des abus. Pour retracer la relation entre Jean Vanier et Thomas Philippe, la fédération a également fait appel à l’historien Antoine Mourges, directeur de recherche en Histoire contemporaine à l’Université Paul-Valery à Montpellier III.

En tout, cinq des six femmes ayant témoigné et une trentaine de personnes – anciens responsables et membres de l’Arche, experts – ont été entendus. Plusieurs centaines de documents issus des archives de la Province dominicaine de France et des archives personnelles de Jean Vanier ont permis de consolider cette enquête, qui a été validée par un «comité de Surveillance Indépendant» composé de deux anciens hauts fonctionnaires français. Une fois bouclée, elle a été remise à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase).

Nous reconnaissons le courage et la souffrance de ces femmes, et de celles aussi qui, peut-être aujourd’hui encore, resteraient dans le silence.
Les responsables de L’Arche

«Nous sommes bouleversés par ces découvertes et nous condamnons sans réserve ces agissements en totale contradiction avec les valeurs que Jean Vanier revendiquait par ailleurs, incompatibles avec les règles élémentaires de respect et d’intégrité des personnes, et contraires aux principes fondamentaux de nos communautés», ont écrit ce samedi 22 février Stephan Posner et Stacy Cates Carney. «Nous reconnaissons le courage et la souffrance de ces femmes, et de celles aussi qui, peut-être aujourd’hui encore, resteraient dans le silence», ont-ils ajouté.

Conscient du «trouble» et de la «douleur» que peuvent provoquer de telles révélations, L’Arche a rappelé sa détermination à ce que « ses 154 communautés à travers le monde soient des lieux de sécurité et de croissance pour tous ses membres, avec ou sans handicap». La fédération s’est engagée à «entreprendre une évaluation approfondie et indépendante de ses mesures actuelles de prévention des abus et de protection des personnes». Elle a également «mis en place une procédure centralisée au sein de laquelle les «informations ou les signalements reçus sont traités par une commission composée pour partie de personnes extérieures à L’Arche».

Let’s meet fraternally in Philadelphia (Amman, Jordan)

I include here three recent short articles-commentaries” on the general context of the upcoming venue of the representatives of the canonical Orthodox jurisdictions in Amman (Jordan) for a “fraternal meeting” at the invitation of His Beatitude Theophilos, Patriarch of Jerusalem, ALll Palestine and Jordan.

HB. Theophilos of Jerusalem addressed the heads of the canonical Orthodox Church with a rather common circular letter. The representatives will be welcomed in Amman (Jordan), will reside in a nice hotel. It will not be a real synaxis but a “fraternal venue” among the leaders of the embattled Orthodox jurisdictions. All the representatives will have the opportunity (il not the obligation) to meet with King Abdullah II of Jordan, a man of power, a ruler, formerly a very good gambler, a man of geo-strategics, Guardian of the Holy Sites of Islam and Christianity in his country as also in Jerusalem (confirmed after long discussions by the State of Israel), The King is deeply involved in inter-religious dialogue and actions. He deposed once HB. Theophilos was about to do it again several times because the patriarchate of Jerusalem is reluctant to consecrate Arab Bishops. I underscored that for the new year 2020 greetings, Patriarch Theophilos was absent. HB. Theophilos works a lot. The question is with whom, where to, in a very embattled context. There won’t be other Patriarchs or bishops in Jerusalem and it is important. On the other hand, the upcoming meeting in Amman will not be a “theological” convention. It is just impossible. It will take place for other reasons: King Abdullah is one of the “key actors” in the “status quo” in the region. He can allot land and properties to Churches. Antioch is not that far and the new Arab Archbishop Christophoros of Amman visited HB. Yuhanan X of Antioch. Then, the Russian Orthodox Patriarchate of Moscow, now fully reunified, re-deploys its “Russian Palestinian” presence and project in the Holy Land, esp. on the Jordan side. Wait and see, and may the Orthodox Churches find the insightful way to drink tea and serve the canonical Hours and Liturgies with patience and wisdom.

English version of the news published in the press: “https://spzh.news/en/news/68852-ijerusalimskij-patriarkh-soobshhil-v-kakom-formate-projdet-sovet-predstojatelej?fbclid=IwAR1f1ycU4H2NvdeXwLExULtWWZVAhFZ93D9dTynG6uTy7QUWXglHdlh1dp0”

Greek version: “https://www.ethnos.gr/…/89419_gramma-toy-patriarhi-ierosoly…“.

 

The photograph is just moving. As a matter of fact, Abp. Nektarios, a Greek from South America, a member of the Patriarchate of Jerusalem is a nice man and he was consecrated by HH. Bartholomaios. On the other hand, the two others – Met’s Hesychios of Kapitoliadis, second in the Patriarchate & Timotheos of Vostra and Exarch of the Holy Sepulcher in Cyprus – had a long “story” with HH. Bartholomaios who deposed them years ago for having created an eparchy in Australia… Met. Timotheos was 20 years the Secretary-General of the patriarchate of Jerusalem, was convinced he would be elected as patriarch after the repose of late Diodoros… He studied in Russia, is the son of a renowned communist, his real love for Russia led the Patriarchate of Moscow to overweigh his capacities and they supported him beyond the standards. Is he really the one who can “solve” or lead anything? Met. Hesychios is embattled with “recent” Australian affairs. This means that the picture is just St. Valentine show, a feast of the Encounter conversation. HH. Bartholomaios saved them all and the real actors are not on the shot. (picture: Nikos Manginas).

“Fraternal Gathering”? At least, indeed, there is an effort to allow the meeting of the canonical Orthodox Churches in Amman, Jordan on Feb. 25-26 next. The Patriarchs are reluctant to show. Deep in the heritage of the Orthodox traditions, there is true respect for the historical ranks of the early Pentarchy. Georgia is not Romania. It is one of the most ancient Churches and Traditions. It had been kicked out from Jerusalem in the year of the 2000 millennium, precisely by Met. Timotheos of Vostra, then Secretary-General of the Patriarchate of Jerusalem. We ought to remember that the Georgian Orthodox tradition developed in Jerusalem with St. Nino. The language, arts, presence in the Holy Land. For quite a long time, the Georgians “preferred” former Patriarch Irenaios though they accepted the election of HB. Theophilos in 2005. The Georgians require the return of their properties. The patriarchate of Jerusalem could not make a decision. Though, for sure, some bishops think it would be normal to return some places. Then, the Russian presence at Amman – that is evident in the context of the Holy Land – is not “attractive” for the Church of Georgia.

Read the link on the refusal of Patriarch Elia of Georgia to attend the meeting in Amman on February 25-27, 2020: “https://orthochristian.com/128543.html”.