Waterloo, Waterloo, morne plaine

Que de tumultes, que de rumeurs soufflées  par vagues de discussions interminables sur les réseaux sociaux, un peu en toutes les langues. Il y a des différences entre ceux d’expression anglaise, scandinaves. Les norvégiens sont partis sans arguties. Un chat est un chat, on reste dans le concret, le pragmatique. En Allemagne, les choses ne sont pas très claires : est-on passé à une métropole grecque ? Est-on toujours membre de l’Archidiocèse ? Un pied dans l'”Union Directrice” qui appartient davantage au droit associatif français qu’à celui en vigueur dans d’autres pays, fût-ce le Benelux, l’Italie… La France ! Ah, la France, cette France qui a fertilisé les semailles de l’âme russe (mais aussi grecque, bulgare, serbe, roumaine, macédonienne) après une longue absence de dialogue entre l’Orient et l’Occident chrétien…. parlerait-on des celtes orthodoxes, un lointain cousinage ? Ils appartiendraient à cette “Eglise locale” tant prisée par ceux qui attendent le retour aux sources et à la conversion du christianisme romain….

Mais peut-on conserver un pied dans une entité associative à la française et affirmer que, désormais l’on est passé dans une autre juridiction. Les choses sont énoncées paisiblement dans la lettre circulaire personnelle du père Christophe D’Aloisio, qui, dans la structure d’avant la dissolution de l’Exarchat et la suppression de l’archvêché de Eglise de tradition russe en Europe Occidentale, avait un statut de doyen à Bruxelles et la responsabilité pastorale d’une paroisse de langue française, la Paroisse de la Sainte Trinité et de Saint Côme et Damien sise Rue Spaak à Bruxelles.

Dans la circulaire du 19 septembre 2019, lettre écrite à titre rigoureusement personnel, le père Christophe affirme qu’ayant écrit à Constantinople avec  d’autres membres du Conseil de l’Archevêché dont il fait partie, aucune réponse phanariote ne leur est parvenue à ce jour. Bien qu’il ait, a priori, pris soin de ne pas s’adresser à Mgr Emmanuel (Adamakis) de Gaule désormais Locum Tenens de la structure dissoute de cet Archevêché russe. C’est du moins ce que l’on comprendra de cet imbroglio où le hiérarque hellène, fidèle parmi les fidèles du Patriarche Bartholomée, inclut prêtres et fidèles, paroisses et bâtiments dans sa métropole hexagonale tout en étant nommé à la tête d’un vicariat embryonnaire.

De fait, le Phanar a clairement énoncé aux paroisses, aux membres du clergé comme des fidèles qui le souhaitent, la possibilité de rejoindre l’omophore – se placer sous l’autorité de chaque évêque diocésain grec du patriarcat oecuménique. C’est ce qui s’est passé tant à Stockholm qu’à San Remo et à Florence où les paroisses et leur pasteurs se sont réorientés volens nolens vers les métropoles grecques phanariotes ou l’Eglise Hors-Frontière.

Pourquoi le père Christophe, citoyen belge, prêtre de langue essentiellement française,  ne reconnaît-il pas l’autorité du Locums Tenens de France, le Métropolite Emmanuel (Adamakis) ? Est-ce parce qu’il est en Belgique et qu’il devrait s’adresser au hiérarque Athénagoras, Primat de l’Eglise orthodoxe de Belgique, Exarque du patriarcat de Constantinople ?

Les choses peuvent s’expliquer autrement. Membre du Conseil d’Administration de l’Archevêché, le père D’Aloisio, connu pour son engagement dans Syndesmos, dans les mouvements de l’ACER MJO et des jeunes orthodoxes au niveau européen, craint-il que le patriarcat de Constantinople ne ferait qu’une bouchée d’un vicariat des “paroisses de tradition russe en Europe occidentale” alors qu’il maintient que l’Archevêché a une valeur fondamentale pour le développement actuel des Eglises orthodoxes. Tout le monde brandit à temps et contre-temps, hic et nunc (slogan pilote de la pensée théologale) l’importance du Concile de 1917-18 de Moscou, des règles liturgiques particulières (encore que cela peut donner matière à discussion), l’usage des calendriers julien et grégorien (parfois confus), la possibilité de célébrer dans les langues vernaculaires comme en slavon ou en grec et des saints dits “locaux” (Mère Marie Skobtsova de Paris).

Tout cela entre parfaitement dans le projet tel que le Patriarche Bartholomée de Constantinople le conçoit : il n’y a plus aujourd’hui de place pour un exarchat autonome de tradition russe et les paroisses d’Europe occidentale doivent harmonieusement intégrer les structures ecclésiastiques déjà existantes de la diaspora hellénistique. Pour parler vrai, il s’agit, depuis le 27 novembre 2018, d’un oukaze invitatoire phanariote  asséné à coups de knouts despotiques à la byzantine.

Le père Christophe D’Aloisio souligne que cela n’est pas possible et, que pour préserver l’identité et la tradition de ses paroisses en Belgique il a fait appel, en urgence à passer dans une autre juridiction. Il écrit donc: “C’est la raison pour laquelle plusieurs paroisses ont accepté l’hébergement canonique offert par le Métropolite Joseph d’Europe occidentale et méridionale (du patriarcat de Bucarest).”

Les choses ne sont plus claires à partir de ce moment. Habitant en Belgique, membre d’une structure juridictionnelle – l’Exarchat et l’Archidocèse – dissous le 27 novembre 2018 par le Phanar, il devrait s’adresser au Métropolite Athénagoras, Primat de l’Eglise orthodoxe en Belgique et se placer, ainsi que son doyenné sous l’omophore de ce métropolite. C’est lui qui a la tâche d’accueillir les communautés de son territoire qui refusent de rejoindre le patriarcat de Moscou à la suite de Mgr Jean (Renneteau) de Dubna. Et il peut gérer les demandes d’affiliation aux diverses juridictions orthodoxes présente en terres belges.

Que diantre ne le fait-il pas ?! Le père Christophe confond-t-il deux structures : celle de l’administration et celle de la canonicité ecclésiale ? A-t-il demandé une lettre de congé à Mgr Jean (Renneteau) ? L’a-t-il reçue, pas encore reçue de la part de l’évêque qui seul peut lui donner ce document ? Il semble davantage s’orienter, avec ses co-assistants, vers une sortie des structure religieuses et administratives de l’Archevêché. Dans ce cas, il est libre de partir et ceux qui veulent le suivre sont totalement libres de le rejoindre vers la direction canonique qu’il choisira. Ils peuvent aussi décider de se reprioriser vers l’un de ces patriarcats représentés à Bruxelles.

Pourquoi ont-ils écrit à Mgr Emmanuel de France et au Phanar alors qu’il est évident que, pour le Phanar, les choses sont précises et irréversibles. Le Métropolite Emmanuel est le Locum Tenens in situ, c’est-à-dire en France. Il n’a pas de juridiction directe sur la Belgique. Comment se fait-il que le père D’Aliosio et ses amis ou paroissiens qui aiment volontiers se référer à des articles canoniques et/ou juridiques, ne demandent pas à être canoniquement reçus dans la métropole grecque du Phanar, donc par Mgr Athénagoras , Exarque oecuménique du patriarcat de Constantinople ?

Les propos du père D’Aloisio se présentent de manière toujours identique. Ils consistent à contester de la manière la plus soutenue et répétée que le Conseil d’Administration aurait agi de manière illégale et en infraction au droit canonique des Eglises orthodoxes, plus précisément les Statuts qui régissent/régiraient l’Archevêché en accord avec les décisions du Concile de Moscou de 1917-18.

Dans ce cas, peut-il validement rester dans l’Administration diocésaine ? Il est et reste libre d’être accueilli par toute structure juridictionnelle canonique susceptible de le recevoir au titre personnel… comme Mgr Jean a été reçu dans le patriarcat de Moscou. Par ailleurs, il y a sans doute eu un vote ? … pour savoir qui, comment, quel nombre de personnes le suivraient vers l’obédience et l’hébergement temporaire canonique “proposé” par le Métropolite Joseph d’Europe occidentale et méridionale du patriarcat de Roumanie ?

Cela fait deux semaines que le site de la “Paroisse orthodoxe de la Sainte-Trinité et des Saints-Côme-et-Damien” bruxelloise a publié un entre-filet expliquant le “nouveau statut canonique de la paroisse” ainsi libellé  sans apporter aucun document officiel exprimant une demande de réception (provisoire) dans la juridiction roumaine ou encore un document dûment signé par le Métropolite Joseph confirmant la démarche. Il n’en est rien. Ainsi est-il écrit :

“Situation canonique et rattachement administratif

Depuis que l’Archevêché des Églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale, anciennement Exarchat du Patriarcat œcuménique de Constantinople, se trouve sans archevêque dirigeant, la paroisse orthodoxe francophone de la Sainte-Trinité-et-des-Saints-Côme-et-Damien de Bruxelles se trouve sous la juridiction canonique du Métropolite Joseph d’Europe occidentale et méridionale, de l’Église orthodoxe roumaine. La paroisse demeure cependant membre de l’Union Directrice Diocésaine des Associations Orthodoxes Russes en Europe Occidentale, entité juridique regroupant l’ensemble des communautés concernées.”

Cette décision est tout-à-fait louable si elle remplit un minimum de critères de crédibilité. Quand les membres de la Communauté orthodoxe norvégienne de “Heilige Nikolai Menighet” (Oslo, Bergen et autres) ont quitté l’Archevêché, ils ont tenu à agir clairement, en conformité avec la loi norvégienne qui s’applique à leur statuts d’Eglise orthodoxe reconnue en Norvège et par la loi de ce pays.

Ils ont donc fait valoir leur droits, ont voté qu’ils décidaient de quitter l’“Archevêché des Eglise orthodoxes de traditions russe en Europe occidentale”. Ils ont indiqué les résultats de ce vote. Ils ont publié la décision et leurs droits de propriétés foncières leur furent garantis par l’Etat. Ils prirent aussi soin de publier la lettre reçue du patriarcat de Serbie qui les recevaient après un temps de réflexion. Ils publièrent l’accord et le fait qu’ils étaient officiellement, donc canoniquement, sous l’autorité du patriarcat de Serbie.

L’archimandrite Johannes Johansen fut officiellement reçu avec ses compagnons. D’autres prêtres scandinaves se sont ralliés aux métropoles grecques du patriarcat de Constantinople dans le nord de l’Europe.

Dans chaque cas, il y a eu un document attestant la réalité d’un accord et d’une union entre la communauté orthodoxe norvégienne et une structure du patriarcat de Serbie.

Depuis deux semaines, rien ne prouve que la paroisse “Sainte Trinité – Saints Côme et Damien” de Bruxelles et – à n’en pas douter – d’autres paroisses soient déjà sous l’omophore de Mgr Joseph. Ne parlerait-on plutôt d’une sorte de métathèse ? L’intention existe. Ne resterait-on pas dans l’illusion chimérique ? Cela manque de ferme propos. Le père D’Aloisio et d’autres membres du clergé belge, leurs fidèles pressés de trouver une solution juste et canonique en viendraient à anticiper un passage qui demande des négociations, des courriers, au moins un vote des paroissiens concernés sur le territoire d’une Belgique qui comprend des communautés linguistiques diverses.

C’est d’autant plus vrai que les réseaux sociaux ont relayé cet ardent désir de se placer sous la protection de l’Eglise-Mère de Roumanie. Encore faut-il que Monseigneur Joseph et le Patriarche roumain soient officiellement prêts à reconnaître canoniquement cet hébergement pour un hiver rude dans l’Eglise orthodoxe en marche. Et, de plus combien de personnes seraient concernées par cette ruée vers la juridiction roumaine ? Certains avancent l’argument selon lequel le Métropolite Joseph a fait ses études à l’Institut Saint-Serge et qu’il est proche des prêtres et paroissiens incriminés. Un prêtre, voire deux ou trois peuvent-ils engager la crédibilité d’un épiscopat en Christ aussi important que celui qui dessert les communautés orthodoxes d’expression roumaine dans toute l’Europe ?

Il ne suffit pas de diffuser sur le net des propos non reconnus par l’actuel responsable de l’Archevêché sans documents dûment signés du métropolite roumain.

La circulaire des 7 membres du Conseil archidiocésain affirmait aimablement : “Par ailleurs, le métropolite Joseph de la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale accepte d’accueillir, de manière provisoire et réversible et dès ce soir, les membres du clergé qui lui en font la demande, afin qu’ils puissent célébrer la liturgie eucharistique de demain dans la paix, sous la couverture canonique d’un évêque en pleine communion eucharistique avec toute l’orthodoxie. Si des clercs souhaitent suivre cette voie, ils sont invités à écrire une demande dans ce sens au métropolite Joseph (cabinet@mitropolia.eu) et à en informer ensuite le Conseil de l’Archevêché.” (14.09.2019).

Qu’est-ce à dire ? On s’appelle et on déjeune ? On s’envoie des SMS avec, à la clé, Eucharistie et Agapes assurées ?! Ce serait “canon !”.

La question est beaucoup plus sensible. L’Archevêché ne peut être réduit à sa dimension francophone. Il y a des paroisses dans de nombreuses régions d’Europe. Il est peu question des néerlandophones de Belgique, voire ceux de langue allemande. Les fidèles des Pays-Bas s’expriment peu. Ils sont aussi plus “carrés” dans leurs décisions, un peu comme les scandinaves. En Grande-Bretagne, les discussions vont bon train mais sur d’autres bases. La partie britannique de l’ancien exarchat a connu des temps de grandes turbulences : la mort du Métropolite Anthony (Bloom) de Souroge puis le passage de Mgr Basile accueilli par l’Archevêque Gabriel (de Vylder) de Comane, reconnu par le patriarcat de Constantinople. Il quitta son ministère épiscopal pour se marier.

Il ne pourrait s’agir dans le cas de la paroisse belge d’une réaction presque “familiale” où deux membres connus du Conseil archidiocésain tenteraient d’obtenir des statuts dans l’Eglise roumaine alors que les flamingants et d’autres francophones, russophones ou ukrainiens, moldaves ne verraient pas l’urgence de cette requête.

Peut-on parler d’un pédigrée historique ? Il y a de grandes souffrances dont il faut tenir compte. Si un membre historique du Conseil, Alexis Obolensky, en arrive à vouloir réveiller les grandes familles historiques de l’émigration russe blanche au service de l’Eglise orthodoxe en Europe (comme celles disséminées à travers le monde !), il y aurait un risque de verser, même involontairement et par un mouvement d’angoisse compréhensible, dans une sorte de phylétisme élitiste qui n’existe pas vraiment dans l’Eglise de Moscou. On se souviendra de l’émotion de Monsieur André Schmemann, le frère jumeau du père Alexandre Schmemann, lorsque le Président Vladimir Poutine lui remit son passeport russe, le 6 juin 2004 (“http://orthodoxeurope.org/print/14/43.aspx).

 “Au cours de son séjour en France le 6 juin le président V. Poutine a remis le passeport russe à Monsieur André Schmemann, un des fondateurs du mouvement pour l’Orthodoxie locale de tradition russe en Europe occidentale. M. A. Schmemann est le frère jumeau du protopresbytre Alexandre Schmemann, illustre théologien russe de l’émigration.

Le président a insisté sur le sens symbolique de cet acte. «Je voudrais, dit-il, en s’adressant à M. A. Schmemann, vous exprimer ma gratitude pour votre service de la Russie». André Schmemann est depuis un demi siècle le starosta et le sous-diacre de l’église russe de l’icône de la Mère de Dieu Znaménié (du Signe) de Paris. Il est un des principaux partisans de la réunification dans une seule juridiction des Orthodoxes russes demeurant en Europe occidentale.

Pendant toute sa vie André Schmemann n’avait jamais demandé la naturalisation française et était resté sans nationalité. En 1995 il s’est rendu en Russie pour la première fois. Il y a deux mois il avait déposé la demande de recouvrer la nationalité russe. «Je pense, dit-il dans sa réponse au président Poutine, que peu de personnes sont capables de comprendre ce que je ressens en ce moment. Avoir vécu toute sa vie comme réfugié, sans citoyenneté, puis devenir Russe de plein droit tel que je m’étais toujours senti. C’est un immense bonheur pour lequel je rends sincèrement grâce à Dieu».

Il est curieux que lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire du 7 septembre dernier, certains ont pu parler de l’aspect inédit de l’intervention haute en couleur du père moldave Vasile Sevciuc. Personne n’a relayé le moment où, tendant son index dans la direction du père C. D’Aloisio, il s’époumona avec véhémence : “Mgr Jean vous a sauvé ! Il vous a sauvé et est-ce ainsi que vous lui montrez votre reconnaissance ?”

Tel est le noeud du problème, pour peu qu’il y ait vraiment un problème. Car tout peut être résolu.

Le père Christophe D’Aloisio, inspecteur orthodoxe de l’enseignement belge en sa qualité de citoyen belge et de prêtre orthodoxe, cumule une fonction de pasteur avec celle d’un membre du département éducatif du Royaume de Belgique. Il a payé le prix fort pour cette double allégeance. Pourrait-il aujourd’hui se rendre chez le représentant légitime du patriarcat de Constantinople auquel il fait appel par une voie détournée ? Que ferait le Métropolite Athénagoras qui l’a contraint naguère à quitter son travail et être suspendu par le Phanar en 2015 ? (cf. “L’Institut de théologie saint Jean fut chassé de ses locaux, tous les clercs ont eu interdiction d’y enseigner (ce passage mériterait un article à lui seul) et un autre insitut (apôtre Paul) fut créé. Devenu Métropolite, Athénagoras exigea que p. Christophe (D’Aloisio) démissionne de son poste d’inspecteur. Voulait-il prendre le poste pour lui-même ou l’un de ses amis, importe peu: il voulait une personne faisant la métanie devant son autorité.” In “http://stmaterne.blogspot.com/2015/02/la-hierarchie-locale-et-le-pere.html”).

En 2015-2016, celà conduisit à la consécration épiscopale du recteur de la paroisse francophone de Genêve, l’archimandrite Jean (Renneteau) afin que seconder l’Archevêque Job (Getcha) de Telmessos contesté par certains membres du clergé et des laïcs, en particulier les membres des paroisses bruxelloises. Lorsque Mgr Job fut promotionné comme représentant du Phanar au Conseil Oecuménique des Eglises, Mgr Jean de Charioupolis le remplaça et plaida – “perinde ad cadaver” pourrait-on dire – la cause du père Christophe D’Aloisio. Au bout d’un an, il fut réintégré dans ses fonctions. (cf. Décision canonique concernant le père Christophe D’Aloisio en [1] et [2]).

Il y a des moments où il est important d’agir pour le bien spirituel du plus grand nombre, même lorsque la situation peut sembler inextricable sur le plan individuel.

Pour celà, il est indispensable de dire les choses comme elles sont. Il est des situations qui mènent à des confusions qui doivent être apurées en évitant des contorsions destructives. Au fond, il y a des cas où l’on cloche des deux pieds. L’un dans le domaine civil, l’autre dans le sacerdoce ecclésiastique. Ou encore en confondant les lois de la République – en évitant peut-être celles du Royaume de Belgique ou d’ailleurs – avec l’application fondamentale de la tradition canonique de l’Eglise orthodoxe. Ce twist endiablé risquerait de conduire le doyen à perdre son emploi civil et/ou être déposé car il ne disposerait plus de la protection d’un archevêque à la neutralité toute helvétique.

Il faut dire les choses clairement. Cela permettrait – et il est encore temps – de trouver une voie pacifique pour cesser des ragots, des insultes dégradantes, indignes de la qualité de foi authentique et de la Lumière Incrée que l’Eglise affirme confesser. Il y a toujours une manière d’intercéder pour une ou plusieurs personnes.

L’une des forces de l’Orthodoxie en la matière est le principe de l’Eikonomia. Elle permet de relativiser, sous la puissance de l’Esprit, des éléments que l’on croirait figés par l’orgueil et la crainte. Le principe d’ Economie permet de dépasser des conflits qui s’auto-alimentent sans lendemain. Il faut de la confiance, un dialogue christique. Il n’est pas question de compter les antimensions, les lettres de congé, la valeur des bâtiments, l’héritage si prestigieux de l’Ecole de Paris. Il est inutile d’ergoter sur le décompte des votes ; ou encore d’estimer leur valeur pour une association de droit civil contre une structure d’Eglise soumise à des règles ecclésiastiques. Il reste alors le devoir impérieux de continuer à marcher et de faire appel aux frères.

Il est question ici du Sacrement du Frère.

Le mystère du Frère en tant que mystère d’altérité et de communion n’est pas le huitième mystère ou sacrement à côté des sept sacrements de l’Église, mais plutôt la manière dont l’Église approche l’homme dans la présence du Christ crucifié et ressuscité qu’on célèbre dans la liturgie eucharistique. […] De leur côté, les grands docteurs de l’Église indivise, qui pour la plupart étaient en même temps liturges et pasteurs, ont exprimé avec force et talent le fait que le service rendu au prochain qui est dans le besoin ne relève pas tout simplement de l’éthique, mais plus profondément encore de la sacramentalité intégrale de la vie chrétienne.” [“Le Sacrement du Frère” par le Métropolite Daniel (Ciobotea) de Moldavie – actuel Patriarche de Roumanie, in “revue Contacts vol. 46, no. 2, 1994].

Le père Christophe et, avec lui, les nombreux paroissiens et membres des mouvements auxquels ils participent ont été préservés dans leur dignité de fidèles et de prêtres orthodoxes au prix d’un lourd sacrifice consenti par Mgr Jean anciennement de Charioupolis. Dans la période actuelle, alors que chacun est libre d’aller où il veut, n’est-il pas temps de se réveiller et de rendre le service à l’évêque qui a agi en Eglise au nom de la sacramentalité intégrale de la vie chrétienne.

“Lettre pastorale de l’Archevêque Jean du 17 septembre 2019, “http://archeveche.eu/spip.php?article2404&fbclid=IwAR0LmQ-NyjDy4n0SF-u9lHM4PQfKS6wMq2H-lCFYZpaSnwVdAd_8_H-EYCU”

[1]Communiqué du Bureau de l’Archevêque du 23 décembre 2016

DECRET N° 47-16

Par le présent décret, nous abrogeons le Décret n°55-15 du 21 juillet 2015 et rétablissons à compter de ce jour 23 décembre 2016 le Révérend Prêtre CHRISTOPHE D’ALOISIO, dans sa fonction sacerdotale, en qualité de recteur de la paroisse de la Sainte Trinité et des Saints Côme et Damien de Bruxelles (Belgique), avec toutes les prérogatives y afférentes.

En foi de quoi le présent décret lui est adressé.

Fait à Paris, le 23 décembre 2016.

† JEAN, Archevêque de Charioupolis,
Exarque patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe Occidentale

[2] Lettres datant de 2012 et de 2016 :

Sur le conseil de Son Éminence l’Archevêque Jean de Charioupolis, archevêque dirigeant dont relève notre paroisse, nous communiquons, ci-dessous, copie d’un courrier envoyé en soutien au P. Christophe (ci-joint, l’original de la lettre).

Cher Père Christophe,

Nous avons évoqué votre situation lors de la réunion du Conseil de l’Archevêché du 7 mars dernier.

Nous attendons une réponse du Phanar en réponse aux nombreuses démarches entreprises par notre Conseil, par des prêtres de notre Archevêché et par moi-même.

Dans ce contexte le Conseil de l’Archevêché tient à l’unanimité à vous renouveler sa confiance en tant que clerc de notre Archevêché. Il tient à vous réaffirmer ce que le défunt Archevêque Gabriel de bienheureuse mémoire avait déclaré le 20 janvier 2012 « en tant qu’évêque du Père Christophe D’Aloisio, je confirme toute la confiance ecclésiale qui lui est accordée et lui suis (même) reconnaissant de servir l’Église comme il le fait ».

Nous aussi, nous vous renouvelons notre entière confiance et espérons que le litige dans lequel vous êtes impliqué soit jugé en toute justice afin que tous trouvent paix et sérénité pour poursuivre l’œuvre de l’Église.

Recevez ma bénédiction.

Fait à Paris, le 10 mars 2016

+JEAN, Évêque de Charioupolis,

Vicaire patriarcal et Locum-tenens

de l’Archevêché-Exarchat des Églises Orthodoxes Russes

en Europe Occidentale,

Patriarcat Oecuménique

 

La lettre du 20 janvier 2012 de feu l’Archevêque Gabriel de Comane, à laquelle il est fait référence dans le courrier de l’Archevêque Jean, est disponible ici:

Maastricht, le 20 janvier 2012

Son Éminence

le Métropolite

Panteleimon de Belgique

avenue Charbo 71

B – 1030 BRUXELLES

Éminence,

Je vous écris à propos du litige survenu entre vous et le Révérend Père Christophe D’Aloisio, litige qui risque de constituer une atteinte à la paix de l’Église orthodoxe en Belgique.

Le Père Christophe D’Aloisio est, depuis 2007, membre du clergé de mon archevêché. Au plan civil, il occupe un emploi de fonctionnaire au sein de l’État belge : depuis 2002, le Père Christophe D’Aloisio est inspecteur de l’enseignement pour la religion orthodoxe en Communauté française de Belgique.

Comme fonctionnaire, le Père Christophe D’Aloisio relève de la compétence exclusive du Ministère de l’enseignement, qui est, en droit civil, son employeur.

En revanche, depuis son ordination comme prêtre orthodoxe, le Père Christophe D’Aloisio relève de ma compétence exclusive : en tant qu’évêque diocésain, je suis le seul à pouvoir porter un jugement canonique à son égard.

Votre compétence de représentation des orthodoxes, reconnue par l’arrêté royal du 15 mars 1988 portant organisation des conseils de fabriques d’église du culte orthodoxe, ne vous confère pas le droit de vous substituer aux autres évêques orthodoxes, dans leurs prérogatives canoniques. Or, tout avis portant sur un membre du clergé d’un autre diocèse que le vôtre constituerait un dépassement de votre fonction de représentation.

En tant qu’évêque du Père Christophe D’Aloisio, je confirme toute la confiance ecclésiale qui lui est accordée et lui suis même reconnaissant de servir l’Église comme il le fait.

Le Père Christophe D’Aloisio se trouve être également un théologien de renommée internationale et un conférencier apprécié. Il est le secrétaire général du Forum Européen des Facultés orthodoxes de théologie et enseigne lui-même la théologie et la pédagogie religieuse, depuis de nombreuses années. Il est membre du collège directeur du Certificat universitaire en théologie pastorale de la Faculté de théologie de l’Université catholique de Louvain. Il est membre du comité de rédaction de la revue théologique « Le Messager orthodoxe ». Au sein de notre archevêché, il est directeur de la rédaction des manuels de catéchèse et d’enseignement religieux. En outre, il est le président du seul organisme orthodoxe à l’échelle mondiale, la Fédération mondiale de la jeunesse orthodoxe « Syndesmos », ainsi qu’aumônier des camps d’été de l’ACER-Mouvement de jeunesse orthodoxe.

Les sentiments qu’il peut inspirer à quelques personnes de votre entourage n’altèrent en rien la compétence professionnelle ou religieuse du Père Christophe D’Aloisio.

Derrière sa personne, il y a une famille, une communauté paroissiale, un archevêché et divers organismes orthodoxes. Nous sommes tous prêts à soutenir le Père Christophe D’Aloisio devant l’abus de pouvoir dont il est menacé.

Si le Père Christophe D’Aloisio devait être jugé dans sa profession, qu’il le soit pour les questions qui relèvent de sa carrière professionnelle, par les autorités publiques belges, selon les lois et les règles propres à l’État, avec les recours légaux que suppose toute décision à portée administrative.

En vous remerciant de votre aimable attention, je vous assure, Éminence, de mes sentiments fraternels en Christ,

+ Gabriel de Comane,

Archevêque des Églises orthodoxes russes en Europe occidentale

Exarque du Patriarche œcuménique de Constantinople

911: The Beheading Of The Last Prophet (Saint John the Baptist)

September 11/August 29: the commemoration of the beheading of Saint John the Baptist. A full fast. Note the date according to the Julian calendar: it falls on 911. Is it somehow a sign? Or should we refrain from all sorts of interpretations? Nonetheless, it is quite noticeable and as years pass that the date is so special for the Americans and the Western world. It becomes more significant, it swings along the years and almost two decades.

The terrorists who flew into the Twin Towers were definitely not Christian. On the other hand, they did come from the East. East is not West as we all recall and, at times, people do not care or listen. We, Orthodox, in particular in Jerusalem do know by in-born nature that there is a terrific Western-style sort of “arrogance”, esp. from the part of the Church, not that I intend to be judgmental – I know them quite well – but there is a sort of “cover”, a kind of “head cover”, far more dangerous than any “burqa” that blinds and blurs the way Western Christianity rushes along to reaching goals that they do not cope with from inside.

One thing is peculiar: 911 terror attack took place on the memorial day of the most hideous act committed against the forerunner and baptist of Jesus of Nazareth. Saint John the Baptist is positively mentioned in the Talmud as a saint man (Tractate Gittin). He is not “denied”. Past Sunday, The Eastern Orthodox Church of Jerusalem proposed the reading of the Gospel of the vinedressers who killed these and those and even the son… Two years ago, we heard of beheadings in the Middle-East committed by people who pretend to act according to their way of being true faithful. Lots of individuals have been beheaded throughout history in many places: as if the head could symbolize the “location” of intelligence, human being, mind, understanding thus placed at the top of the body.

Saint John the Baptist was beheaded for a dance. Some spiritual fathers and directors opined that this si why dance is a sin. This swayed around at different periods of the Church history. Salome got the head of the saint man because of a full twisted situation at all levels of the then-reigning authorities. Corruption and betrayal. Beheadings have been performed in the Christian world: during the French Revolution but also by the days of the Russian Revolution in 1917. The French “guillotine” was still in use in France some two decades ago.

At the present, we see how daily beheadings with a sabre (curved sword) are performed in the Middle-East (e.g. Saudi Arabia) and the world is in shock.

As I was heading home in the bus, from Ramot to Jaffa Gate (Old City of Jerusalem) on that September 11, 2001, we all were listening to the news. The reporter was explaining on the Israeli radio what was going on in the morning in New York. We were at the end of the day in Israel. People were staring, in shock, no words and things got clear to me when I arrived at Jaffa Gate. There was a TV at the coffee-shop and we could see, scrolling up and down and up and down again the falling towers, also a sort of “beheading” of the two buildings. In the bus, there were a lot of American born Israelis. At Jaffa Gate, there were mainly the local Arabs and they looked, stared, fascinated by the “absolutely unexpected TV live vision of some unbelievable scenery”.

In the East, all the local traditions do know of the crude way, harsh capacities of the human beings to face life and/or death. In the West, “beheading” is a murder that “cuts, stops” i.e. kills and removes life. This is why the lives of the Saints are so important: Saint Denis of Paris, the founder of the Church and first bishop of Lutèce (Paris) was also beheaded but the account of his death reports that, though beheaded close to the present Montmartre, he took his head and carried it till the place called nowadays Saint-Denis.

In Hebrew, “cherev/חרב ” is the sword or sabre that causes a full ruine. The sword intends to ruine, devastate, exterminate. It is the same root as “churban/חורבן that is “chirb’n” in Yiddish, total eradication.

We continue to live under the rule of eradication, beheading. It is so strange that a human body, a corpse, should face the East and the Rising Sun of Glory, expected redemption, first the feet and then the head. That the head can be full of forces, mindful, energetic, creative or slew, rude, smashing wild thoughts or projects. The skull rolls i a move in the Semitic languages as “Golgotha”, the Aramaic word that defines “revolving actions, transmutations”. The head is also the “roof” of the home where the soul should conceive good deeds and not drift aside from sanity.

We should know that this very date, maybe by some unexplained fate or hazard, became the date that so deeply impacted the United States and the Western world in 2001 and continues to interrogate us, because Christians and “other minorities” are still tortured that way in countries that have first received the message of redemption for all mankind.

Commemoration of the Beheading of the Holy and Glorious Prophet, Forerunner and Baptist John

August 29

Life of the Saint

<img>The divine Baptist, the Prophet born of a Prophet, the seal of all the Prophets and beginning of the Apostles, the mediator between the Old and New Covenants, the voice of one crying in the wilderness, the God-sent Messenger of the incarnate Messiah, the forerunner of Christ’s coming into the world (Isaiah 40:3; Mal. 3: 1); who by many miracles was both conceived and born; who was filled with the Holy Spirit while yet in his mother’s womb; who came forth like another Elias the Zealot, whose life in the wilderness and divine zeal for God’s Law he imitated: this divine Prophet, after he had preached the baptism of repentance according to God’s command; had taught men of low rank and high how they must order their lives; had admonished those whom he baptized and had filled them with the fear of God, teaching them that no one is able to escape the wrath to come if he do not works worthy of repentance; had, through such preaching, prepared their hearts to receive the evangelical teachings of the Savior; and finally, after he had pointed out to the people the very Savior, and said, “Behold the Lamb of God, Which taketh away the sin of the world” (Luke 3:2-18; John 1: 29-36), after all this, John sealed with his own blood the truth of his words and was made a sacred victim for the divine Law at the hands of a transgressor.

This was Herod Antipas, the Tetrarch of Galilee, the son of Herod the Great. This man had a lawful wife, the daughter of Arethas (or Aretas), the King of Arabia (that is, Arabia Petraea, which had the famous Nabatean stone city of Petra as its capital. This is the Aretas mentioned by Saint Paul in II Cor. 11:32). Without any cause, and against every commandment of the Law, he put her away and took to himself Herodias, the wife of his deceased brother Philip, to whom Herodias had borne a daughter, Salome. He would not desist from this unlawful union even when John, the preacher of repentance, the bold and austere accuser of the lawless, censured him and told him, “It is not lawful for thee to have thy brother’s wife” (Mark 6: 18). Thus Herod, besides his other unholy acts, added yet this, that he apprehended John and shut him in prison; and perhaps he would have killed him straightway, had he not feared the people, who had extreme reverence for John. Certainly, in the beginning, he himself had great reverence for this just and holy man. But finally, being pierced with the sting of a mad lust for the woman Herodias, he laid his defiled hands on the teacher of purity on the very day he was celebrating his birthday. When Salome, Herodias’ daughter, had danced in order to please him and those who were supping with him, he promised her — with an oath more foolish than any foolishness — that he would give her anything she asked, even unto the half of his kingdom. And she, consulting with her mother, straightway asked for the head of John the Baptist in a charger. Hence this transgressor of the Law, preferring his lawless oath above the precepts of the Law, fulfilled this godless promise and filled his loathsome banquet with the blood of the Prophet. So it was that that all-venerable head, revered by the Angels, was given as a prize for an abominable dance, and became the plaything of the dissolute daughter of a debauched mother. As for the body of the divine Baptist, it was taken up by his disciples and placed in a tomb (Mark 6: 21 – 29). The findings of his holy head are commemorated on February 24 and May 25.

Orthodox Christian Commemoration of the Beheading of John the Baptist

The commemoration of the beheading of John the Baptist is observed with the Divine Liturgy of Saint John Chrysostom which is conducted in the morning and preceded by a Matins (Orthros) service.

Scripture readings for the commemoration are the following: At the Matins: <a>Matthew 14:1-13</a>.  At the Divine Liturgy:  <a>Acts 13:25-33</a>; <a>Mark 6:14-30</a>. (If the feast falls on a Sunday the Gospel readings may vary.)

The day is also commemorated with a strict fast no matter what day of the week it may be.

<a></a>Hymns of the Saint

Apolytikion (Second Tone)

The memory of the just is celebrated with hymns of praise, but the Lord’s testimony is sufficient for you, O Forerunner; for you have proved to be truly even more venerable than the Prophets, since you were granted to baptize in the running waters Him Whom they proclaimed. Wherefore, having contested for the truth, you rejoiced to announce the good tidings even to those in Hades: that God has appeared in the flesh, taking away the sin of the world and granting us great mercy.

Kontakion (Plagal of the First Tone)

The glorious beheading of the Forerunner was a certain divine dispensation, that the coming of the Savior might also be preached to those in Hades.  Let Herodias lament, then, that she demanded a wicked murder; for she loved not the Law of God, nor eternal life, but one false and fleeting.

 

Quo Vadis, Despota?

Things may seem special at a first glance. Why in the world the Ecumenical Patriarch officially issued as a canonical decision of the Holy Synod of the Phanar that Archbishop Jean (Renneteau) of Charioupolis, head of the dissolved Exarchate and Archdiocese of the Parishes (Churches) of Russian Tradition in Western Europe, is unloaded of his and any responsibility of the communities of France (thus) “handed over to the local archpastor”, Metropolitan Emmanuel (Adamakis) of Gauls.

This was published and it is official, at least it came out from the Patriarchate of Constantinople. Ever since, Metropolitan Emmanuel of Gauls who is quite active in all the recent activities of the Phanar, whose See is in Paris and who is the only “canonically recognized” head of the Conference of the Orthodox Bishops in France, did not show anywhere and did not say a word, safe error or omission.

The canonical status of the “primus inter pares” among the episcopal and/or metropolitan-ranking heads of the French capital and suburb is not clear as for nowadays. Especially since the Patriarchate of Moscow, following the creation of the “Orthodox Patriarchate in Ukraine”, appointed a new hierarch in Paris, first Mgr Jean (Roschine),and then Mgr Antonyi (Sevryuk) of Korsun (Chersonèse) who were given the rank of Metropolitans of the newly created Exarchate of the Patriarchate of Moscow in Western Europe. At this point, this means that Metropolitan Emmanuel of Gauls has non-recognized and subsequently non-canonically accepted colleagues due to the hapax of the presence of a canonical metropolitan assigned by the Orthodox Church of Moscow. Not to mention that there is a third hierarch appointed in Paris with the same title of “Metropolitan” of Korsun, Mgr Michel Laroche who was appointed as such by the new Holy Synod of the brand new Orthodox Patriarchate in Ukraine.

This is the first embattled aspect of the situation. Who’s who?

The second appointment mentioned by the communiqué of the Phanar (1) is that they chose to appoint Archpriest Alexis Struve as the Dean of the “church” of Saint Alexander Nevsky, the renowned cathedral located in Paris at the Rue Daru.

As for now, it seems that the “chosen” archpriest did not a word either. For sure, things go on. It is evident, but no buzz and this is quite understandable. Father Alexis is the son of Father Pierre Struve who served in French at the Crypte, down the Saint Alexander Nevsky cathedral. a man and a priest who was and remains very appreciated. His son served at the Crypte before he left for Ukraine and he just came back to France after a leave of five years. In the past two years, he used to serve once a month – officially – at the cathedral and in Slavonic.

His wife, Anne Struve, recently wrote a moving letter that she shared with the concerned groups that work on the future of the Archdiocese. She explained what their family experienced in Kyev for five year. Her husband served in the framework of the patriarchate of Moscow. Father Alexis had also written that he spent all his life within the Patriarchate of Constantinople as his family and relatives did and that he wants to stay in the jurisdictional structure of the Phanar.

Silence can also be raised by some unclear aspects of the appointment of Fr. Alexis Struve as the Dean of the cathedral. He is not a University professor. His cousin, a layman, deeply involved in the knowledge of the Russian Orthodox Church, Daniel Struve, is the Director of the “Les Editeurs Réunis Editions” and book store, the son of the renowned late professor of Russian and Slavistics, Nikita Struve, who passed away three years ago.

Daniel Struve has written very insightful notes on the development of the Russian Orthodox Churches and, although he was not in favor of joining the Patriarchate of Moscow – he fought this alternative for years – he explained that there is no other way at the present.  Moreover, he developed the related arguments that this direction is the only eventuality to keep the identity of the reality of the former Archdiocese.

This is the second embattled aspect of the situation. Who did the Holy Synod of Constantinople assign to be the Dean of the cathedral? Is there a mistake? Possibly yes.

At first glance indeed, it seems a bit difficult to understand what the Phanar decided and how it can be real, substantial. It sounds a bit out of the green cheese at the present. Is it a fancy that people can deny and mock? Are the members of the Holy Synod of the Phanar “ignoramus”? It sounds bizarre.

On Saturday last (08/31,2019), it appears that I went to the Rue Daru cathedral. There were two people at the French-speaking Crypte, but I was told that the Vigils were not really scheduled. In fact, I sat on the edge of some plants, opposite the main entrance of the cathedral and waited. Abp Jean of Charioupolis came at 6 pm. He did not ask me anything and started explaining that “they” (the Greeks) want to erase the Archdiocese. He told me about his encounter with HH. Bartholomaios in Geneva. He spoke and spoke and in fact, it was quite interesting. He told me then: “They gave me a leave that I never have asked to them!”

I looked at him into the eyes and said: “They just saved you!” Abp Jean stared at me for a few seconds and I told him that it is a real blessing if he really was granted a canonical leave after he had met with the Ecumenical Patriarch, in the presence of  Metropolitan of Switzerland Maxim. In terms of “ecclesiastical and patriarchal practice”, Mgr Jean could have been suspended a divinis or so… dismissed quite a long time ago. After more than one hour of discussion with the Ecumenical Patriarch, they could speak of different aspects of the life of the Archdiocese. Abp Jean explained it has been and remains very difficult for him to convey the task. HH. Bartholomaios answered that there will be no way back to an independent Archdiocese of the Russian parishes. Abp Jean and all the parishes of the archdiocese have to submit to the Greek metropolia in all the countries where they are present. It should not mean the disappareance of the Russian traditions so far or supposedly.

By granting a personal and unique “canonical leave” to Abp Jean of Charioupolis, the Phanar expressed something special. We are right now in the course of the week that leads to September 7th next. On that Saturday, the clergy and the elected laypeople -representatives of the parishes will meet to normally decide and elect what the future of the Archdiocese should be. There are other points.

At the very beginning, in February and in May, Abp Jean explained that if the Phanar depose him, he would go the Patriarchate of Moscow. In terms of historicity, this would pre-suppose that the Archdiocese could be accepted, under some conditions into the Patriarchate of Moscow who made true propositions that have been discussed between Abp Jean and some representatives of the Archdiocese. In view to integrate the structure into the Church of Moscow and allow it to continue to act as their rites and ustav have developed for decades.

It makes no sense to discuss the viability of the project. Just there is the project of such a “return” to Moscow and the Mother Church – some people would consider that Moscow is no more the Mother Church and they speak, ask and require “local Churches and parishes”, which hardly can be evident at the present.

Still, he point is interesting even if it sounds a bit “new, brand new”. Indeed, Mgr Jean has the possibility to turn to the Russian Orthodox Church of Moscow and prove that he is free to join the Patriarchate of Moscow canonically. Moscow could say that the leave is given in a period when the Communion between Constantinople and Moscow are on hold. Metropolitan Hilarion of Volokolamsk and declared that all the members (clergy) of the Archdiocese are welcome into the Patriarchate of Moscow, without letters of dismissal (leave). Mgr Jean, at least, would be canonical to look to be accepted by another patriarchate, namely the Church of Moscow.

His “leave” is unique and personal. It does not concern anybody else. These are the words of the decision. Now, he can take the liberty – the liberty because the present situation of the Archdiocese is no more canonical since November 18, 2018, and his own situation is no more canonical for the Patriarchate of Constantinople since August 31, last.

Frankly, what does it mean?

The decision of the Phanar dated August 31, 2019 mentions Abp Jean of Charioupolis alone and as head of the parishes in France. For the Greek metropolia in Western Europe, things are on the move and some parishes did join their local Greek metropolia, placing their faithful and clergy and properties in the hands of the representatives of the Ecumenical Patriarchate. Some parishes are playing a double-sided game, pretending to”clutch” to the Archdiocese though it is evident that they have passed to the Greek metropolia for reasons of sustain.

The Ecumenical Patriarch and Metropolitan Maxim of Switzerland insisted, during the meeting with Abp Jean, that the Extraordinary General Assembly does not exist anymore and should not take place on Saturday, 7th of September 2019 at the Convent of the Dominicans.

To begin with, the “leave” granted by HH. Bartholomaios of Constantinople (could, would, will) save the archbishop because he can quit the Phanar where he has served with full confidence and dedication for forty years.

On the other hand, it gives him – now to what extent and how far the Greeks can give their consent – the opportunity to switch canonically to Mosco and the canonical members of the clergy, with the consent of their parishioners can also vote to join the Patriarchate of Moscow. It depends how many are ready to leave their “stand-by and often too free position” to reunite with the Patriarchate of Moscow. But while Abp Jean can make use of his canonical leave, the clergy and laity can follow and go to Moscow where they should be accepted.

This is not basically negative from the part of Constantinople as for now. Their position may evolve.

According to the Statutes of the Archdiocese, there is more and this is also one of the “embattled” aspects of the situation. As a consequence of the history of the Archdiocese, in particular, when, after the Revolution, the Patriarchate of Moscow tried to get back the premises and church-parishes, most of them had adopted the system in use in France and other countries. The associations that are recognized by the French Republic and the Church were declared as legally in charge of the management of the official possessions of each “association cultuelle”.

What can be next? Abp Jean of Charioupolis declared that he does not recognize the leave and dismissal of his responsability as the head of the Archdiocese. He immediately came to serve at the cathedral. He explained to his clergy that he should be remembered in the dyptiques and that life goes on, the meeting of the EGA will take place. Equanimity and serenity.

When Abp Job of Telmessos was the head of the Exarchate from December 5, 2013, till November 28, 2015.

When I started posting about the evolution of the Archdiocese, I had been told that parishes and/or rectors (Strasbourg is an example) had decided to leave the Archdiocese and that they then had been accepted in the Patriarchate of Moscow. With or without “leaves” sounds quite uncertain at the present as if the Canon Laws would not play their traditional role entrusted to the correct management of Church life.

In fact, Abp Job sent a note to me, when he heard of my posts, asking for the names of the clergy and parishes who had left. I contacted three well-informed Russian Orthodox persons who ascertained that no list or statistics of such “leaves” are available.

At present, the Orthodox clergy and parishes come and go. There is indeed the question of how this functions, to begin with, in France.  The Patriarchate of Constantinople seems to consider that pastoral activities and buildings, ownerships are in the same bunch.

At present, Abp Jean of Charioupolis should no more be considered as in charge of the parishes of the Archdiocese. And Metropolitan Emmanuel should replace him. It is definitely a question of being recognized or not by the clergy and the laity. In France, the parishes “should” now depend upon the representatives of the Greek Phanar. Those who do not agree can leave, either by receiving a real “leave”, but no more granted by Abp. Jean. He is off. At least canonically after the canons in use by the Ecumenical Patriarchate.

According to the Canons of the Orthodox Church and the rules in force in the Patriarchate of Constantinople, volens nolens, Metropolitan Emmanuel of Gauls is indeed the true head of the “ancient” Archdiocese and he stressed today, (09/03, 2019) that he becomes the Locum Tenens of this structure in France,whilst other hierarchs of the Phanar are in charge (according to the Canons of the Ecumenical Patriarchate and thus of the Orthodox tradition) of the churches and monastaries that depend(ded) upon the Archdiocese in the other European countries (Netherlands, Great-Britain, Italy, Germany and Denmark). In Italy, the “clarification” toward a switch to the Greek Orthodox Diocese of Italy and Malta led some parishes to join it while others chose the Church Abroad (Rocor).

Indeed, and this is the very intriguing point: Metropolitan Emmanuel of Gauls and the Synod of the Patriarchate of Constantinople took a-typical and contradictory decisions without any contact with the concerned flock exactly in a very similar way as they intervened in Ukraine with the creation of the new Orthodox Church in Ukraine.

One priest, Fr. Vladimir Zelinsky, expressed this clearly: he wants to keep the structure and tradition of the Archdiocese. Born in Soviet Union, a renown author and thinker – a former dissident – he is definitely Russian and wrote that his flock disappeared when Moscow broke the Eucharistic Communion with Constantinople. There is a large neighboring Ukrainian Greek Catholic parish in the vicinity of his own church. As for now, many expats from the Federation of Russia or Ukraine dare not communicate in his parish that is not in communion with the Patriarchate of Moscow.

When they met in Geneva, Patriarch Bartholomaios told the Archbishop that he got his rank from his hands and should remember that. This can show some instillation of new actions that may come up in the coming hours or days. By the way, on Tuesday 3rd of September 2019, Patriarch Bartholomaios issued a special letter addressed to Abp Jean of Charioupolis blessing him on his way and thanking him for the work that he achieved in the Archdiocese. It would be wise to consider such a leave (not that frequent in the Church) as a positive act. One can say whatsoever about the twisted and twisting decisions and attitudes of the Phanar staff, the leave for the former Ecumenical Patriarchate hierarch and creator of the French-speaking parish in Geneva allows the man of God to act and continue his route. In that specific situation, it allows him to call the rectors and higumens of his (now former) flock to join the Patriarchate of Moscow.

I repeat: I immediately told this to the archbishop whom I met incidentally at the Rue Daru last Saturday night.

Who is the First? How far hierarchs, clergy and laity are entitled – for what reasons – to act by trespassing the Canon Laws that allowed them to live within the substantial reality of the Orthodox Body? When Abp. Jean went out to smear the foreheads of the faithful during the Vigils, he made an act that he normally is no more canonically “entitled” to perform in the parishes where he still acts as the head of the structure. Of course, Metropolitan Emmanuel did not show. Nor the “new Dean”. But, according to the rules, he should no more serve and be present as a serving hierarch without the blessing of the local metropolitan, i.e. Emmanuel of Gauls.

On Tuesday, Metropolitan Emmanuel wrote a circular to the faithful (and the clergy…?) of the former Archdiocese as it was under the omophoron of the Phanar, asking to keep calm and explaining that he intended to meet with all in due time. On Wednesday the 4th of September, HH. Bartholomaios assigned him as official Locum Tenens.

With or without his consent, Abp Jean (Renneteau) has to accept the decision, even if he can consider that it is not valid and that he refuses the decision. In case of a refusal, he would have to defend his case at the Ecclesiastical Court of the Patriarchate of Constantinople. In the case of transgression, the “leave” he was granted for positive reasons can turn to some embattled position.

In the meanwhile, the Patriarchate of Moscow keeps silent. Posts and comments are only a sort of online and ongoing nice sharing of some ideas if any.

Strangely enough, the French Republic rules governing the structure of religious associations (associations cultuelles – cult associations) may induce into error. The president of a Church association, dismissed from his status of archbishop should be replaced and stop his activities in the concerned association.

At the moment – but for how long ? – the EGA can take place and will because of the many pending questions. Metropolitan Emmanuel underscores that the date is too close by now to stop the Assembly. He wrote that, after the Canons of the Church, the assembly is not entitled to take any canonically valid decision. Good enough, but in terms of respect of the Laws and Regulations of the French Republic, decisions can be taken in the name of the freedom shared to all parties by the State. a real question of “laïcité”.

Where to go? With whom? How each parish, monastery, Skit, nuns, priests, hegumens can reach an agreement that could be legal in terms of the French Laws with regards to the cult associations, but not according to the canonical decisions taken by the Phanar toward Abp Jean of Charioupolis?

Then, a large part of the Archdiocesan Council includes people from Belgium, for instance. This means that, since the Phanar decision dated August 31, 2019, they are no more under the omophorion of Abp Jean of Charioupolis, neither are they under the authority of Metropolitan Emmanuel of Gauls. They should act under the blessing and omophorion of Metropolitan Athenagoras (Peckstadt) of Belgium, Patriarchate of Constantinople and Head of the Conference of the Bishops. For some priestly personalities, this could open up again some recent wounds. It could also mean that the positive letter of leave granted to Abp Jean of Charioupolis personally turns to draw the attention of many in Belgium that they are duly under the authority of their local Church of Belgium, headed by Metropolitan Athenagoras.

The British clergy and laity are also a full part of the Archdiocese, though located beyond the Channel and having experienced hardships in their obedience – from the Moscow eparchy led by Metropolitan Anthony (Bloom) of Surozh till they chose to join the Archdiocese – then under the omophorion of late Archbishop Gabriel (de Vylder) of Comane.

I had directly followed this case of the Heilige Nikolai Menighet in Norway that developed throughout the country. They could not reach to an agreement with Abp Jean of Charioupolis. They voted, according to the Statutes provided by the Norwegian Law. The monastery and those linked to it decided to leave the Archdiocese. They did not receive any “leave” from the Archdiocese nor accepted to get one. They passed to the Serbian patriarchate, maybe temporarily. The same is developing in Denmark. In Sweden, Finland the Greek metropolia took in the Russian tradition congregations. The situation can be difficult in the Netherlands.

In my opinion, Moscow had anticipated the present development since they appointed Abp Elisey Ganaba in the Netherlands after he had served for some years in the Diocese of Surozh . Incidentally he had been the rector of the Russian Ecclesiastical Mission in Jerusalem just as Abp Tikhon of Berlin and Germany. Both switched to the “other part” of Western and Central Europe before the revamping of the Russian Orthodox structures in Europe.

The “embattled aspect of the situation” is also shown by the fact that when speaking of the Patriarchate of Moscow, some faithful and priests say that there is full collusion between Church – Orthodox Patriarchate of Moscow and the government of the Federation of Russia. They consider that the Church is protected and depends on the decisions of the Russian Federation administration that controls and/or impose the decision to the Church leaders and people.

It is thus amusing to note that in the case of the Archdiocese, French Laws seemingly protect the belongings, properties, buildings, houses, churches, cemeteries because they are under the ownership of cult associations that should be considered as distinct from the Church jurisdictions.

A last point: there is no evidence that all of the 93 priests and lay representatives will accept to vote to join the Patriarchate of Moscow. Frankly, this is just a native move, normal historic reunification that has been discussed for almost a century. Constantinople has called to such a decision on several occasions over almost one full century.

The Archdiocese is rooted in the Slavic and Russian Traditions of the Christian Revelation. One cannot twist with history and basic identity. As Metropolitan Evlogyi had felt, it is a commandment to be gathered with the Mother Church, in dire times of apostasy of faith, wars and underground survival. The Church wakes up and faces the hardships of renewed capacities. It redeploys unexpectedly throughout the world. It faces new patterns in order to proclaim the Mystery of redemption.

The whole Church walks in new ways.  The heirs of the Archdiocese have the task to courageously face the newness of Orthodoxy… and continue to share the spiritual and theological wealth that they could develop in the name of the Lord, in Western Europe.

___________

(1) “Communiqué of the Holy Synod of the Patriarchate of Constantinople on the future of the Archdiocese of Orthodox Churches in Western Europe

The Holy Synod met, under the presidency of His All-Holiness, in an ordinary meeting on Thursday, 29th, at the Monastery of the Holy Trinity of Halki, and on Friday, August 30th, 2019, at the Patriarchate. At these meetings, all the items on the agenda, on which the appropriate decisions were taken, were examined. During the work it was decided to grant a canonical leave from the jurisdiction of the Most Holy Ecumenical, Apostolic and Patriarchal Throne to the Archbishop of Charioupolis Mgr Jean, in his personal capacity and solely for him, as a consequence of which this it is finally unloaded from the care of the parishes of Russian tradition in Western Europe, the responsibility of the communities of France of the former exarchate being handed over to the local archipastor, the Metropolitan Mgr. Emmanuel, who with pastoral sensitivity will take care of the follow-up of these. In addition, the Holy Synod appointed as superior of the Church of St. Alexander Nevsky in Paris the reverend archpriest Alexis Struve, a university professor. With regard to the communities in the other Western European countries of the former Exarchate, these come under the canonical protection and pastoral responsibility of the respective hierarchs of the Ecumenical Patriarchate, who have the pastoral charge of the dioceses of the in these countries.”

(2)

Congé canonique pour l’Archevêque Jean de Charioupolis

ioannis_reneto

À Son Excellence, l’Archevêque Jean de Charioupolis, à Paris,

Excellence,

Par cette lettre patriarcale, en reconnaissance de votre profond désir de vous placer sous l’homophore de sa Béatitude le Patriarche de Moscou et de toute la Russie, comme vous l’avez exprimé à plusieurs reprises en paroles et en actes, nous vous libérons, à titre uniquement personnel, de notre très saint trône œcuménique, apostolique et patriarcal, et nous vous souhaitons paternellement d’être conduit par les bénédictions et la grâce de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ et que son infinie miséricorde soit toujours avec vous.

Cela signifie qu’à présent votre Excellence n’est plus responsable de quelque manière que ce soit des affaires des paroisses de tradition russe en Europe occidentale.

30 août 2019

+ Le Patriarche œcuménique Bartholomée

Frère bien-aimé en Christ

3)

Lettre circulaire de Mgr Emmanuel, métropolite de France (Patriarcat oecuménique)

 

Suite à la publication de la lettre patriarcale concernant le congé canonique pour l’archevêque Jean de Charioupolis, Mgr Emmanuel, a envoyé une lettre circulaire que nous publions ci-dessous :

« Chers frères et sœurs dans le Seigneur,
Le 30 août 2019, le Saint Synode du Patriarcat œcuménique a pris la décision, en conformité avec celle prise en novembre 2018, concernant l’ancien Exarchat des paroisses de tradition russe en Europe occidentale, d’octroyer à son Excellence, l’archevêque Jean de Charioupolis, un congé canonique. Ce congé canonique souligne le fait que dorénavant l’archevêque Jean n’a aucune relation avec le Patriarcat œcuménique et avec les communautés de l’ancien Exarchat.

Aussi, à ce jour, son Excellence, l’archevêque Jean ne possède plus aucune autorité spirituelle ni administrative, sur les communautés dont il avait précédemment la charge. L’administration de ces communautés en France est transférée à la Métropole orthodoxe de France du Patriarcat œcuménique. Sa Sainteté le Patriarche m’a désigné pour assurer la fonction de locum tenens durant cette période de transition.

Par conséquent, à ce jour et en conformité avec les décisions prises par le Saint Synode du Patriarcat œcuménique, je vous demande de commémorer mon nom en tant que votre hiérarque au cours des offices liturgiques.

Concernant l’Assemblée Générale Extraordinaire du 7 septembre, je suis conscient que nombre de délégués se sont déjà organisés pour venir à Paris pour cette réunion. Au cas où cette assemblée se tiendrait, sachez qu’elle ne pourra avoir aucun pouvoir décisionnel.

Je compte réunir très prochainement le conseil diocésain pour échanger et faire un point sur la situation.

Par ailleurs, je réitère la proposition que j’ai rendue publique le 7 février dernier à savoir :

  • d’assurer, dans le cadre d’un vicariat, le maintien de l’association existante qui continuera à gérer les biens qui lui appartiennent et à fonctionner selon ses propres statuts qu’il faudra probablement adapter,
  • de garantir la préservation de votre tradition liturgique et spirituelle russe ainsi que de votre œuvre de témoignage orthodoxe dans les sociétés occidentales.

Tout en comprenant le désarroi de certains, j’aurais à cœur dans les jours, les semaines qui viennent, à vous redire tout mon attachement pour vos communautés, en vous bénissant de tout cœur et en priant notre Seigneur Dieu qu’Il vous comble de sa grâce et ayant toujours en mémoire ces mots du Saint Apôtre Paul : « Nous vous avons exhortés, encouragés, adjurés de mener une vie digne de Dieu qui vous appelle à son Royaume et à sa gloire. » (1 Th 2, 11-12)

+ Le Métropolite Emmanuel, de France »

4)

Le métropolite Emmanuel est nommé locum tenens avec pour mission d’administrer « l’Union diocésaine »

 

La métropole grecque-orthodoxe de France a mis en ligne le communiqué suivant :

Protocole n° 641

À Son Éminence, le métropolite Emmanuel de France, exarque pour l’Europe, frère bien-aimé dans l’Esprit-Saint et notre concélébrant, que la grâce et la paix venant de Dieu soient avec vous.

Faisant suite à la décision synodale concernant la remise du congé canonique de notre saint trône apostolique du Patriarcat œcuménique à son Excellence l’archevêque Jean de Charioupolis et à la vacance qui en résulte en France quant à l’association légale de l’« Union directrice des associations orthodoxes russes » dépendant de notre ancien exarchat, nous avons chargé votre Éminence de la fonction de locum tenens en son remplacement, afin d’administrer en accord avec le droit, les affaires de l’association en tant qu’entité soumise à la loi française de 1905.

Entre autres, nous vous avons demandé synodalement d’assumer la responsabilité pastorale des communautés de l’ancien exarchat se trouvant désormais dans votre éparchie. Ayant la certitude  que votre Éminence répondra aux attentes du Patriarcat œcuménique, avec votre cohérence connue et votre dévotion.

Que la grâce et l’infinie miséricorde de Dieu soient toujours avec votre Éminence,

2 septembre 2019

+ Le patriarche œcuménique Bartholomée

Frère bien-aimé dans le Seigneur.

 

Daru’s Governing Union

Following the General Assembly of the (former) Archdiocese of the Parishes of Russian Tradition in Western Europe, different persons, both laity and priests wrote letters, shared opinions on the future of the jurisdictional status and statutes of the concerned Church Body.
Frankly, the Body ceased to exist after Patriarch Bartholomaios incidentally told Archbishop Jean (Renneteau) of Charioupolis who was visiting the Phanar with the archdiocesan Secretary. it was on November 27th, 2018. This was nine months ago. Or so. On September 7th, 2019, an important Extraordinary General Assembly is to convene at the House of the Dominican Friars at the nearby Rue Saint-Honré in Paris.
In a personal move, based on the precarity of his own status within the Ecumenical patriarchate, Abp Jean of Charioupolis had announced that he intends to ask to be received in the patriarchate of Moscow. This traces back to his long experience and personal acquaintance with the hierarchs of Moscow. When Patriarch Kyrill of Moscow came to consecrate the new cathedral at the Quai Branly in 2016, he lauded Abp jean during his visit at the Saint Geneviève des Bois cemetery, saying that all over the years that he came to be in Geneva, he knew that he would always be nicely welcomed by the then-rector of the French-speaking Orthodox congregation in the city.
During the General Assembly in May 2019, people thought that the decision of Abp Jean was automatically the choice that he personally wanted for the suppressed Archdiocese. It appears that this archbishop, who had been consecrated a bishop after having refused several times to be given this rank and responsibility, has always served with much dedication within the Ecumenical patriarchate. When he heard of the “eradication” of the Exarchate and archdiocese that he is heading, he sincerely and insightfully considered to ask for assistance from the patriarchate of Moscow.
Since Mai 2019, different ecclesiastical bodies have left the Archdiocese. This concerns the Scandinavian parishes, the Italian parishes, the Russian Monastery of Bussy-sur-Othe, inter alia.
The patriarchate of Moscow has approached Abp Jean of Charioupolis and, after a series of encounters and discussions, it seems that the patriarchate of Moscow would accept to receive the former archdiocese as a special Body that could keep its traditions with regards to its structure and the Canons of the 1917-18 Council of Moscow.
The discussions were held, on the Moscow side, by the new Metropolitan of Korsun and Exarch in Western Europe Antony and the newly consecrated Bishop Savva of Zelengorod who had been consecrated a monk by late Abp Sergyi (Konovaloff) of Evkarpia who was the last Russian head of the Archdiocese and who had discussed the matter of union with Moscow before he prematurely passed away in 2003.
How do things happen to be for the future? This will be clarified within ten days, on September 7th, 2019. Other possibilities have been suggested and considered: a) to join the ROCOR Church Abroad that has joined the patriarchate of Moscow in 2007 but is “self-ruled”. They did not accept to respond positively. b) The patriarchate of Romanian, in particular Metropolitan Iosif, who had studied at the St Sergius Institute of Theology might have considered, but it would be quite problematic and to be highly discussed with the Holy Synod.
The discussion became so tense that some individuals proposed to ask the patriarchate of Jerusalem for assistance, which, in my view is just weird, just nuts and shucks and shows how desperate some people can feel at the present. Because, frankly, this shows how far from the realities of the Orthodox world people are and how they cannot understand what the incredible situation of the patriarchate of Jerusalem is.
Some individuals made suggestions. I gathered the main important ones in this note, mostly in French.
As an archpriest serving in Israeli society and her faithful, I have a position: for decades now I have been serving with and never against all the possible Russian Orthodox canonical and non-canonical Church structures present in the Holy Land and the State of Israel. Having studied the Canon Laws of the Oriental Churches and of the Orthodox tradition, I also had to experience the need to refer to very precise canonical articles that allow us to live and at times to survive in our situation. There is no “patriarchate of Constantinople” in Jerusalem. But there is a strong century-long presence of the Church of Moscow and this requires to serve, work, accept each other in the unity of Faith and the Sacraments.
I have been ordained a priest by Archbishop Sergyi of Evkarpia, with the personal blessing of prot. Boris Bobrinskoy, late metropolitan Emilianos (who served in Geneva and At the World Council of the Churches) and missioned to Jerusalem by the personal blessing of Patriarch Bartholomaios of Constantinople. In Jerusalem, I was integrated into the structure of the patriarchate of Jerusalem. Thus, wherever I am, I still serve within the structure. I am the only canonical priest – rooted in the Archdiocese – in this situation and am still serving within the structure. Before me, late Fr. Elia Shmain had spent some two years in Jerusalem by the time of the perestroika.
Archbishop Sergyi of Evkarpia has really shown to be exceptional in the way he welcomed me and the question of serving in Israeli society. A matter that has never been discussed subsequently as such but is an important part of the reflection for the Orthodox Churches who are closely linked to the Holy Sites of the life and resurrection of the Resurrected. He never twisted with souls, individuals, and priestly ministries. In all matters, he always took real care of myself, how to act for the benefit of the Church and mines. He also never accepted honors and could resist in times of hardships. This is the time to resist and find the way to the Lord.
Therefore, I do not take a personal position at the moment. I consider that it is impossible to reject any Church structure that reconnects the chains of historic links in our generation.
In all cases, it appears that the real question is how far actions can cope with a true respect of the canon Laws of the Church for the benefit of the spiritual life of the flock and the clergy.
Lettre de p Michel Fortounatto
Cher Archevêque Jean, mes frères les prêtres, mes amis,
Il faut partir de l’idée qu’il n’y a pas de solution claire devant l’Archevêché. Toutes les solutions examinées sont pleines de risques et d’incertitudes.
Il nous faut sérieusement nous décider, avec intelligence et cœur, de nous recentrer sur la volonté de Dieu. C’est la même situation que celle où les disciples traversaient le Lac de Tibériade et furent rattrapés par la tempête. Miraculeusement le Christ est venu à eux. Ce récit, transposé dans notre temps, nous dit que quoi que nous fassions, nous devons agir dans la confiance en Dieu. Mais agir, choisir, risquer – il le faut, c’est inévitable, tout en étant nourris de la confiance en Dieu.
En presque un siècle de l’existence de l’Archevêché, nous n’avions pas eu de comptes à rendre à quelque autorité politique que se soit. Les pouvoirs de ce monde nous laissaient tranquilles en tant qu’Eglise, mais ne nous aidaient en rien. Et l’Eglise, partie d’une émigration appauvrie qui trouva la foi, se vit bientôt implantée dans plusieurs pays, toujours Une, Sainte, Catholique et Apostolique. « Une » veut dire fondée sur l’Eucharistie, Sainte dans la fidélité au Créateur, Catholique dans sa structure hiérarchisée dans le service, et Apostolique dans sa conscience missionnaire de témoignage dans nos langues respectives. Un réseau impressionnant de paroisses vit le jour, pleines de prière et de réflexion dans la foi. Trois entités, parmi tant d’autres, démontrent elles aussi la vitalité de l’ensemble : l’Institut de théologie Saint Serge, l’Action chrétienne, et la Fraternité en Europe occidentale. Tout ceci doit être soigneusement préservé. Pour calmer la situation et nous préserver, évitons donc patiemment de créer des vagues, soyons circonspects.
Maintenant cette Eglise se trouve dans la tourmente. Dans le désarroi ambiant dans lequel nous sommes, un homme a montré de l’initiative : notre Archevêque Jean. Cette considération n’est pas négligeable, elle est même cardinale à la survie de l’ensemble. N’oublions pas que seuls, nous ne survivrons pas, à l’exemple de l’ECOF. Je suggère de nous ranger derrière notre chef. Nous savons, et il le sait, que l’existence de l’Archevêché deviendra difficile, peut-être même précaire. Car nous serons inféodés à une autorité que nous n’aurons pas choisie. Ne nous laissons pas nous aveugler par l’expérience séculière, où le droit civil déclare protéger l’individu. Notre Eglise chrétienne fut érigée sur le sang des premiers martyrs, ainsi que de tous les témoins de la Vérité jusqu’à notre temps. Nous vivrons une longue période d’épreuves. Entretemps il faut nous garder de toute incohérence, agissons ensemble avec foi, Dieu nous aidera – même à notre insu.
Je soumets mon avis avec humilité, sachant que, au couchant de ma vie, je ne suis pas en condition de connaître toutes les données de notre précarité. Cependant, fort du privilège d’avoir connu tous nos métropolites et archevêques depuis Mgr Euloge, ainsi qu’un autre chef de file contemporain, le métropolite Antoine de Londres, ayant aussi étudié les sciences ecclésiales Orthodoxes à l’Institut St Serge dont je fus un temps professeur, je considère le destin qui nous incombe avec confiance, à la lumière de la Révélation en Christ, le Saint Esprit qui nous a accompagné durant toutes ces années.
Prêtre Michel Fortounatto
Le 23 août 2019
2] Réaction de Lilka Colosimo à la lettre de p. Michel Fortounatto (v. une autre publication dans ce groupe)
Cher et vénérable Père Michel!
J’ai entamé la lecture de votre lettre et je m’attendais à une conclusion complètement différente, à un autre développement de pensée.
Vous écrivez que notre archevêché a vécu un siècle entier sans ressentir l’influence du pouvoir politique. Nous sommes à un moment clé. Monseigneur Jean est prêt a accepter l’omophorion du Patriarcat de Moscou ; il a négocié avec eux (il semblerait qu’ils soient déjà tombés d’accord, mais que sais-je), et s’apprête a rejoindre une hiérarchie dépourvue de liberté, idéologisée et politisée. Se cachant derrière les décisions du Conseil de Moscou de 1918 qui ont déclaré la libération, l’archevêché se retrouverait dans une position on ne peut moins libre, ce que le métropolite Euloge avait réussi à éviter !
Vous avez longtemps servi aux côtés du métropolite Anthony Bloom et savez bien qu’après sa mort, les fruits de son travail ont tous instantanément disparu, et l’esprit de ses enseignements et de ses nombreuses années d’efforts se sont évaporés!
Cet été, j’étais aux États-Unis chèz mon proche ami et mentor, le père Andrei Tregubov, un des élèves préférés du père Alexandre Schmemann et recteur de la paroisse que la famille Soljenitsyne fréquentaient pendant de nombreuses années de leurs exil. Et bien sûr, le père Andrei a toujours été un admirateur inconditionnel de Monseigneur Anthony, et un ami proche, voisin et prêtre, de Boris Khazanov, qui a rassemblé toutes les archives de Monseigneur Anthony.
À cette occasion, le père Andrei m’a soudainement dit une chose surprenante : le fait qu’après sa mort, tout dans le diocèse du métropolite Anthony se soit effondré signifie que sa prémisse – selon laquelle nous devrions être fidèles à la mère Église en toute circonstance – est erronée, et qu’il est faux de penser que n’importe quelle mère demeure une vraie mère. Dans la paroisse du père Andrei, il y a un certain nombre d’enfants adoptés qui ont été maltraités par leurs mères biologiques et qui ont été accueillis par les mains soigneuses, patientes, aimantes et bien plus maternelles que leurs mères adoptives.
Je voyage souvent en Russie, j’ai un très grand cercle d’amis là-bas. Je connais des prêtres merveilleux et dévoués qui continuent de servir aujourd’hui, non pas grâce à, mais MALGRÉ la situation et l’atmosphère créées par le patriarche Kirill. L’église marche main dans la main avec le pouvoir politique et s’enrichit a la vue des tous sans aucune honte, imposant au quotidien de nouvelles contributions aux paroisses, déplaçant les prêtres d’un endroit à l’autre en les appelant sur leurs portables immédiatement après la liturgie.
Vous n’avez probablement pas remarqué, mais la majorité des étudiants de l’Institut Saint-Serge ayant exprimé leurs réflexions dans la correspondance groupée sont des étudiants russes, de notre faculté russe, résidant en Russie (la faculté par correspondance russe s’est énormément développée, il y a des étudiants de Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg, Rostov-sur-le-Don, même de Tioumen) qui, à l’unisson, nous mettent en garde contre l’omophorion du Patriarcat de Moscou, demandant à ce que soit prise en compte la proposition à du père Georges Ashkov, le seul qui a osé avancer, peut-être de façon un peu utopique, un plan d’action valide!
Si l’Institut va se trouver sous le Patriarcat de Moscou, c’est la dernière tribune libre qui disparaîtrait, tribune qui n’a, selon vos propres mots, jamais été soumise un pouvoir politique.
Selon le père Timothy Curtis, nous ferons de notre mieux et si nous sommes dupés, la faute ne sera pas sur nous! C’est d’une telle insouciance et irresponsabilité! On ne peux pas eviter de se salir, tout en plongeant dans les abysses troubles!
De nombreuses paroisses avec leurs prêtres à leurs têtes, marchent allègrement vers le Patriarcat de Moscou et en parlent ouvertement. Je suis désespérée de penser que même l’héritage de Mère Maria Skobtsova, que nous chérissons tant, sera bientôt offert, lâchement et sans aucune marque de résistance, à l’Église, sur un plateau d’argent, une Église malade qui ne doit pas devenir notre guide.
Mes amitiés chaleureuses à vous et à matouchka,
Lilka Colosimo
3] QUELQUES REFLEXIONS A L’APPROCHE DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU 7 SEPTEMBRE par Daniel Struve
A l’approche de l’Assemblée générale du 7 septembre, je voudrais faire un bilan aussi synthétique que possible des discussions qui ont eu lieu sur internet.
Si ces discussions ont le plus souvent tourné au dialogue de sourds, c’est qu’il n’a jamais vraiment été possible de s’entendre sur la nature de la crise qu’affronte aujourd’hui l’Archevêché et dont l’enjeu est l’organisation de la diaspora orthodoxe en Europe Occidentale dans les années à venir.
La vérité est que, le 27 novembre 2018, le Patriarcat de Constantinople a décidé de supprimer d’une manière irrévocable l’Archevêché des paroisses russes d’Europe occidentale et qu’il a ordonné à toutes ses paroisses de rejoindre les métropoles grecques locales. Aucune discussion autour de cette décision ne sera ouverte sinon sur les modalités du transfert d’autorité dudit Archevêché aux métropoles grecques.
Ceux qui prétendent encore le contraire s’abusent eux-mêmes ou alors ne disent pas vrai. La délégation qui s’est rendue pour une seconde fois à Constantinople au début du mois d’août n’en a rien rapporté et n’a même pas publié de communiqué. En effet, elle n’a pu que confirmer ce qu’elle savait déjà : pour Constantinople, l’Archevêché est une page tournée. Je regrette, pour ma part, qu’un communiqué clair ne soit pas venu détromper ceux qui attendent toujours en vain un adoucissement de cette décision.
Dans cette situation sans équivoque, la seule solution alternative pour l’Archevêché est de rejoindre le patriarcat de Moscou dans le cadre d’une autonomie administrative et financière reconnaissant notre spécificité et notre tradition. C’est ce que clame depuis le début notre archevêque. C’est ce à quoi le Patriarcat de Moscou s’est engagé.
Outre la conviction de notre archevêque, plusieurs autres arguments forts plaident en faveur de ce rattachement. D’une part, c’est incontestablement l’unique solution permettant d’empêcher un démantèlement brutal et immédiat de l’Archevêché. D’autre part, c’est une solution historiquement et canoniquement légitime, comme l’a reconnu implicitement le Patriarcat de Constantinople lui-même, qui a finalement laissé l’Archevêché décider librement de son destin, présentant désormais sa décision comme une simple « invitation ». Sans doute se souvient-on à Constantinople qu’au moins jusqu’en 1999, la position officielle du Patriarcat a toujours été que l’Archevêché devrait retourner un jour au Patriarcat de Moscou. Enfin, malgré la présence dans l’Archevêché de nombreuses paroisses entièrement ou partiellement francophones, malgré l’assimilation des descendants de l’émigration russe et l’intégration de nombreux fidèles d’origines les plus diverses, les liens de beaucoup de paroisses de l’Archevêché avec la tradition russe restent encore très forts. Des prêtres de l’Archevêché continuent et continueront à venir de Russie, d’Ukraine, de Moldavie.
Le tropisme russe de l’Archevêché, non moins fort que son tropisme local et que beaucoup lui reprochent, est un état de fait incontournable, qui doit être reconnu et pris en compte au moment du choix historique devant lequel nous sommes placés. En même temps, l’Archevêché n’est manifestement pas prêt à se couler dans le moule des institutions russes de l’étranger, encore très marquées par leur passé soviétique. Le régime d’exception prévu par l’accord avec les responsables du Patriarcat de Moscou constitue donc un bon compromis. Les membres non russes de l’Archevêché comprendront qu’il s’agit d’une mesure difficile à accepter, mais nécessaire pour préserver l’existence du diocèse, de la même façon qu’au nom de l’unité et de la vocation locale et universelle de l’Archevêché, l’écrasante majorité des membres d’origine russe étaient restés sourds, en 2003, aux sirènes patriotiques de Moscou.
On comprend que cette solution suscite des réticences dans un Archevêché qui, depuis 1930, s’est construit dans l’opposition à Moscou et dans l’adhésion à Constantinople. Il est aussi naturel que cette méfiance envers Moscou ait été renforcée par les « troubles » qu’ont connus au cours des années 2000 le diocèse de Souroge, puis notre Archevêché. Néanmoins on tient aujourd’hui sur le Patriarcat de Moscou des propos sans nuance qui relèvent manifestement du parti pris, voire d’une phobie irrationnelle.
Ces propos s’apparentent, quand ils ne vont pas y puiser directement, aux discours parfois délirants tenus par la partie la plus radicale de l’Eglise orthodoxe russe hors frontières, laquelle a fini par rompre avec l’Eglise et s’est enfoncée dans une dérive sectaire. Certes nous devons être conscients des graves problèmes que connaît l’Eglise de Russie au sortir de 70 ans de totalitarisme et de terreur d’Etat qui ont vu la mise hors la loi et l’annihilation physique de ses structures, puis une reconstruction limitée sous le contrôle étroit de l’Etat totalitaire.
L’Eglise de Russie porte et portera encore longtemps les stigmates de ces années de destruction à la fois physique et morale. Mais nous ne devons pas oublier qu’au contraire de l’EORHF, jamais l’Archevêché n’a nié l’ecclésialité de l’Eglise orthodoxe de Russie, reconnue par toutes les Eglises autocéphales. Prétendre que la reconnaissance de l’autorité du patriarche de Moscou soit de quelque manière que ce soit un ralliement au régime de Poutine, que ce rattachement serait une « perversion » (sic !), qu’il transformerait inéluctablement l’Archevêché en un nid d’agents du FSB (sic !), ou encore qu’une vie ecclésiale digne de ce nom serait impossible au sein du Patriarcat de Moscou, sont des arguments fallacieux et sans fondement, reposant sur des confusions évidentes, et démentis notamment par le témoignage de paroisses qui pourraient servir de modèles à celles de l’Archevêché comme celles de la rue Saint Victor à Paris, d’Amsterdam et beaucoup d’autres.
Enfin, il est faux de prétendre, comme certains le font, que le régime autoritaire et kleptocratique de la Russie d’aujourd’hui soit identique au régime soviétique. C’est faire bon marché des spécificités du totalitarisme. Certes la Russie, qu’on avait trop rapidement considérée comme un Etat de droit en formation dans les années 1990, a du mal à se dépêtrer de son passé totalitaire et des effluves staliniens, mais c’est un pays en pleine évolution, bien différent de l’URSS d’avant la pérestroïka. L’Eglise, certes toujours instrumentalisée et contrôlée par le pouvoir, y occupe une position et une place qui n’a rien à voir avec celle qu’elle avait jusqu’à la fin des années 1980 en Union Soviétique.
Enfin, le régime de Poutine, même s’il a renforcé son emprise sur le pays et mis en place un système de propagande global, est aujourd’hui sur le déclin et ressemble peu au poutinisme triomphant, armé de l’idéologie du « Monde russe » (un terme aujourd’hui déconsidéré), qui inspira, il y a seulement quelques années, la construction du Centre spirituel russe du quai Branly.
Au demeurant, les membres du clergé et les paroisses de l’Archevêché qui estimeraient en conscience, ou en raison d’une situation ou d’une histoire particulière, ne pas pouvoir faire ce choix, ont la possibilité de rejoindre séparément la métropole grecque de leur pays, comme le Patriarcat de Constantinople les y a invités et comme ils le feraient si l’Archevêché tout entier le décidait.
Inversement, il n’y a aucune raison pour que des paroisses qui ne souhaiteraient pas suivre l’Archevêché dans son changement de juridiction, imposent leur décision aux autres et refusent de laisser l’Archevêché poursuivre sa mission au sein du Patriarcat de Moscou. Un débat serein et respectueux peut donc parfaitement se mettre en place et nous devons savoir gré à l’archevêque Jean de l’avoir rendu possible. La fièvre malsaine qu’on fait parfois monter sur internet ou ailleurs, notamment en s’en prenant indignement et injustement à la personne de l’archevêque, garant de l’unité de l’Archevêché, repose pour l’essentiel sur des malentendus et des confusions, parfois sciemment entretenus.
Tel est donc le choix clair devant lequel nous sommes placés, certes difficile, mais qu’il convient de situer dans son contexte ecclésial, en rappelant que les divisions qu’il entraînera ne portent pas atteinte à l’unité fondamentale de l’Eglise, laquelle ne dépend pas de l’appartenance juridictionnelle.
En revanche, l’Archevêché ne peut éviter de faire un choix ni même différer trop longtemps sa décision, au risque de se disloquer. Tous les discours faisant croire que d’autres solutions (toujours laissées dans le flou) seront bientôt possibles ou qu’avant de prendre toute décision, l’Archevêché devrait d’abord s’engager dans un long processus de réforme et de rénovation, qu’on pourrait donc, 10 mois après la suppression de l’Archevêché, décider en quelque sorte de ne rien décider, sont absolument irréalistes et irresponsables.
Les partisans de la procrastination ou de l’indépendance intégrale se réfèrent souvent à l’épisode de 1965-66, quand l’Archevêché, repoussé vers Moscou par le Patriarcat de Constantinople, avait proclamé son indépendance. Mais cet épisode ne peut en aucun cas servir de précédent, tant les circonstances étaient différentes. En 1965-66, l’Archevêché conservait un socle sociologique cohérent et solide, celui de l’émigration russe et de ses descendants immédiats. Il dominait sans partage la vie ecclésiale en France. Il pouvait compter sur l’appui de l’Institut Saint Serge dont l’autorité était très haute dans le monde orthodoxe et au-delà. Le contexte politique était celui de la Guerre froide et d’une quasi-paralysie des Eglises orthodoxes des pays de l’Est.
Enfin le Patriarcat de Constantinople, tenu informé par l’Archevêché, continuait à le soutenir discrètement. Aujourd’hui, la guerre froide est terminée et le rideau de fer est tombé. L’impossibilité absolue de rejoindre le Patriarcat de Moscou, qu’on pouvait opposer à Constantinople en 1966, n’est plus un argument opposable. Les Eglises des pays de l’Est ont retrouvé des possibilités d’action qu’elles n’avaient pas auparavant. L’Archevêché n’occupe plus une place aussi dominante en France. Il s’est diversifié, ce qui est une excellente chose, mais ce qui ne facilite pas la recherche du consensus. L’Institut Saint Serge, enfin, traverse une crise qui est en partie la cause de celle de l’Archevêché, avec lequel ses liens se sont distendus. Ce serait une folie que de s’engager dans ces conditions dans une refondation de l’Archevêché sans lui avoir trouvé au préalable un socle canonique solide.
Ce n’est pas faire preuve de défaitisme que de reconnaître que nous ne sommes pas tous puissants et que nous subissons malgré nous les contrecoups d’événements parfois lointains, que nous ne maîtrisons pas. C’est en revanche faire preuve d’irresponsabilité ou d’immaturité que de croire ou de faire croire qu’il suffit de vouloir pour pouvoir plutôt que de reconnaître avec lucidité la situation dans laquelle nous nous trouvons et de chercher à y lire une indication sur la volonté de Dieu.
Car c’est de cela finalement, au-delà du choix juridictionnel, qu’il devra être question lors de la prochaine Assemblée, plus que de nos préférences partisanes. Et c’est l’absence ou la présence de ce souci qui déterminera la tenue et la teneur de ses débats. Encore une fois, à la suite de la décision synodale mettant fin à l’existence de l’Archevêché au sein du Patriarcat de Constantinople, il s’agit pour ses membres de réfléchir en toute responsabilité, non pas dans un esprit de parti ou de faction, mais sous la conduite de l’archevêque et en union conciliaire avec lui, à la nécessité ou non de préserver la mission de l’Archevêché et pour cela de lui trouver une nouvelle place au sein du Patriarcat de Moscou.
le 24 août 2019
4] English text of Archpriest Georgiy ASHKOV
“Things that are impossible to accomplish by formal means may be accomplished by virtue of grace”
Archpriest Nicolas Afanasiev
My brothers and sisters in Christ!
I am grateful to everyone who spoke during our assemblies, who expressed their views in open letters, analyzed our current crisis and proposed specific solutions. However, in the process of familiarizing myself with your opinions, I have unexpectedly come across an interesting aspect of our discussion, namely, that all of our positions polarize around one and the same dilemma, one and the same horizontal choice: Moscow or Constantinople? Why is that?
THE CRISIS
We have become hostage to the conflict between the Patriarchate of Moscow and the Patriarchate of Constantinople over the ecclesiastical crisis in Ukraine. However, that crisis is part of a general crisis in the Orthodox Church. This latter crisis did not start last year. It is important to understand that the fathers of the Ecumenical Councils described the fundamental characteristics of the Church, but, nevertheless, we lack a dogmatic doctrine of the Church as such. Therefore, by studying the history of the Church we can see that we do not have a definitive ecclesiological model of the Church. Generally speaking, in the history of the Orthodox Church we can find three basic types of ecclesiology, namely:
– The Eucharistic (Sacramental) ecclesiology of the early Church (1st – 3rd centuries AD);
– A Byzantine version of the universal ecclesiology of the Middle Ages (especially after the Great Schism);
– Our modern ecclesiological situation dating back to the 19th century; this is the era of a “parade” of national autocephalous jurisdictions, and this particular situation does not fit into either ancient or medieval type of ecclesiology.
Today we can discern the following trends in the life of the Church. The Patriarchate of Constantinople is trying to impose a Byzantine universalist model on everybody, but the medieval canons no longer work. The Patriarchate of Moscow and others are acting in the spirit of the new “federative union” of autocephalous Churches, a model which cannot be found in the canons.
In the 20th century there have also been some churches that are trying to bring back the principles of the ancient Sacramental ecclesiology; the two most prominent examples of this approach include the Orthodox Church in America, as well as our own Archdiocese.
I do not have enough space here to explain the principles of every ecclesiological model, but the balance of the hierarchical principle and the principle of sobornost (conciliarity) in the workings of the Church at every level of ecclesiastical life within those models is different, sometimes mutually incompatible. Because of that, we have a conflict between the new historical context and the canons of the Church, as well as a conflict between the ecclesiological doctrines and real-life church practices; against this background, we can discern all of the characteristic features of a growing ecclesiological crisis!
The first signs of this crisis became apparent as early as the 19th century in Russia, prompting some Russian theologians to do research in this area. The most important studies on the subject of ecclesiology were authored by Alexey Khomiakov (especially his emphasis on the principle of sobornost in the life of the Church) and Archpriest Evgeny Akvilonov, who prompted a revival of the Sacramental (Eucharistic) ecclesiology (the Gospel teaching about the Church as the Body of Christ). Afterwards, there was a very wide debate on the subject in the Russian Church and Russian society in general as part of the preparations for the Local Church Council, as well as the ensuing decisions of the Moscow Council itself taken in 1917-1918. Matters related to ecclesiology and Church reforms were the core items on the agenda of that Great Council. Because of the tragic circumstances well known to all of us, these reforms were never implemented in the Russian Church, but became part of the organizational structure and day-to-day life of the Churches of the Russian diaspora, namely, in the United States of America, in our own Archdiocese in Western Europe, the diocese of the Moscow Patriarchate in the United Kingdom, and, to a lesser extent, in the Russian Church Outside of Russia. The work of Khomiakov, Akvilonov, and the fathers of the Local Council of 1917-1918 was carried on by the theologians of the St. Sergius Institute in Paris. Ecclesiology was the central topic of their research, especially in the works of Archpriest Nicolas Afanasiev and his disciples Alexander Schmemann and John Meyendorff.
However, it was not by accident that I recalled the other principle in the life of the Church, namely, the hierarchical principle.
Alas, I must admit that, compared to the Orthodox Church in America and the Russian Church Abroad, in our own diocese this principle is present to a much lesser degree. Yes, according to the tenets of ecclesiology the fundamental element of the Church consists of a Eucharistic gathering (a community) of God’s people headed by a bishop elected by believers and ordained by successors to the apostles. At first sight, it looks like these elements are sufficient for building a local Church, and all of them are present in our own Archdiocese.
On many occasions, I have been told that we are building a local Church in Western Europe, but we are not living in isolation. For a very long time, I was convinced that Metropolitan Eulogius had made the right choice when, faced with the chaotic reality of church life during that era, he placed his Church under the canonical aegis of the Patriarchate of Constantinople, whereas other Churches, including the American Metropolia and the Russian Church Abroad, decided to live independently. These days, I hold a different position on the subject.
Of course, all of the decisions taken in those times were provisional, but please have a look at the composition of the Churches of the Russian diaspora. Even in the very beginning, dealing with a situation that was provisional in nature, Metropolitan Anthony (Khrapovitsky) and his fellow church leaders intuitively understood that the difficulties caused by ecclesiastical schisms require a hierarchical organization of the Church. They established a Synod and convened a Council of bishops. Metropolitan Platon did essentially the same: together with his flock, he looked for ways to establish a local Church in America based on the Russian Metropolia, and ended up increasing the number of bishops in their Church and forming a Synod. As we know, the provisional status of the diaspora Churches persisted for a lengthy period of time and eventually became institutionalized on a permanent basis; the hierarchical foundations of those Churches have empowered them to overcome the difficulties and preserve themselves.
Yes, the Orthodox Church in America has not yet been recognized by several Patriarchates, but it maintains Eucharistic communion with all Orthodox Churches. And yes, the Russian Church Abroad has come under the aegis of the Patriarch of Moscow, but it has maintained its autonomy in the matters of governance and ecclesiastical life. According to many predictions, the Russian Church Abroad was destined to be “absorbed” by the Patriarchate of Moscow within ten years. However, twelve years after, that Church has not lost a single diocese; on the contrary, we can see that our parishes in Italy have decided to join the Russian Church Abroad after leaving our Church. I do not share the conservative spirit of the Russian Church Abroad, but I do have respect for it.
So, what do we see when we look at the history of our own Archdiocese? In the beginning, Metropolitan Eulogius had bishops in many countries, including France, England, Germany, and the Czech Republic; he might have followed the Russian Church Abroad, as well as the American Metropolia. However, Metropolitan Eulogius and his faithful decided that the “canonical umbrella” of the Patriarchate of Constantinople would be the best guarantee of the existence of their Church. The Archdiocese ended up being left with just one ruling bishop, as well as a number of vicar bishops in France without any real powers. There is yet another problem: the Statutes of the Archdiocese do not specify the functions of the conference of bishops, while the role of the pastoral assembly in the management of Church affairs has completely lost its relevance.
This is exactly why our Church has ended up having just one bishop! Of course, we could try putting all the blame on Constantinople for not giving us any bishops, but I see this as our own internal problem.
Those who uphold the principle of sobornost tend to treat clericalism as something contrary to collegiality. This is a mistake. Father Alexander Schmemann always maintained that the hierarchical principle and the principle of sobornost in the life of the Church are closely interlinked: the Church has hierarchy exactly because it has sobornost. Let me remind you that the Council of Moscow did not abandon the hierarchical principle. All of the proposals and decisions advanced in the course of the Council were subject to an expert examination by the conference of bishops, whose opinion was considered to be decisive.
So, where exactly did the Archdiocese end up without a hierarchy? In our day and age, a situation where a Church has just one bishop cannot be considered to be a working model for building a local Church. The problem related to the “canonical umbrella” has first emerged back in 1965, but, at that time, nobody was able to draw the right conclusions from what happened. And this is what has eventually drawn the Archdiocese into a state of crisis it is facing today.
Within the Church, there is a mechanism of reception (also referred to as agreement or acceptance); to a certain extent, it is present in all of the existing ecclesiological models. We could speak about the concepts of internal and external reception. For instance, in accordance with the decisions of the Moscow Council our diocese has reinstated one of the norms of the early Church, namely, the election of a bishop. When a local Church elects its own bishop, it performs an act of self-determination, and this is considered to be internal reception. Afterwards, the Church needs an external reception, whereby the neighbouring Churches would express their own consent to that decision, and their bishops would consecrate the candidate chosen by the local Church in question.
Our Archdiocese still adheres to some of the tenets of the ancient Church, but we must not forget about the fact that it is impossible to compare the circumstances of the early Church with our own circumstances today. For many centuries now, the Church has been dominated by a universal ecclesiology, whereby the bishops represent the highest ecclesiastical authority; the system of autocephalous national jurisdictions has been in existence for almost two centuries. This must be seen against the background of the dramatic history of our civilization and the Church itself.
Who among those who prepared the Council of Moscow could have envisioned the demise of the Russian Empire? Who of the fathers of the Moscow Council could have predicted the exodus of the refugees and the formation of the new Churches in the West? Who of the emigrants could know that the years of emigration would eventually turn into permanent residence? Who of the founding fathers of our diocese could have foreseen the line of behaviour of the Patriarchate of Constantinople either back in 1965 or today?
It goes without saying that a bishop is of utmost importance in the life of a Church; a Church is not a Church without a bishop. First and foremost, a bishop must strive to preserve the unity of his Church. However, there are many reasons that may prompt a bishop to leave his Church. The modern canonical norms call for a reception, an act of acceptance performed by three bishops who would consecrate a new bishop.
It was not by accident that I pointed to the fact that, to ensure compliance with the principle of reception, we need the acceptance of neighbouring Churches; however, in today’s Europe there are no neighbouring Churches who would share our convictions and our way of life.
Considering the above, I can only arrive at one possible conclusion: in our day and age, it is simply impossible to build a local Church based on the principles of the Moscow Council and the Eucharistic ecclesiology within the boundaries of a single diocese!!! This assumption is corroborated by the disappearance of the former diocese headed by Metropolitan Anthony of Sourozh in the United Kingdom.
Nowadays, the only possible foundation for building a local Church is a self- governing group of dioceses having its own Synod composed of like-minded bishops, where the hierarchical framework of the Church is combined with the principles of sobornost!
I see one more endogenous reason for our current crisis; I am talking about our pessimism and our minimalism.
Just look at us: from the very start, all of our thoughts and suggestions are only oriented toward looking for external reception. We jump right to the stage of trying to find someone from the outside who would come to our rescue, trying to figure out which autocephalous Church would allow us to live according to our Statutes, enjoying freedom, just like we used to do in the past. However, the key ideas of “freedom” and “just like we used to do in the past” reveal a desire for a tranquil life. But did Jesus Christ really promise us tranquillity in this life? “In this world you will have trouble. But take heart! I have overcome the world.” (John 16:33) — these are the words He addressed to us.
Therefore, every Christian has a moral obligation to display courage in the face of the threats of this world.
I do agree that freedom is not tantamount to anarchy, that the gift of freedom entails a great degree of responsibility. But what is it we do? Except for a single letter where one could discern some optimism, but where, unfortunately, I was unable to find any specific calls to action, everything that I hear is full of frustration and lamentations: “The Archdiocese is not the same as it used to be”, “we have run out of steam, we only have a handful of parishes”, “there is only one bishop left in the Church, and there are no candidate bishops”, “there are no students at the Institute who would come from our diocese”, “we are always quarrelling”, “soon, the diocese will break apart”, “everything is coming apart, we have no unity”, etc. And this is exactly why our conversations sometimes sound like we are discussing the conditions of our capitulation, revolving around the choice of an “army that would be better for us to surrender to”. This is nothing but a shame!
We are losing faith in our own Church and in ourselves. We like to hold debates on all imaginable issues, but we do not want to assume responsibility for anything: we want someone else to decide our fate for us.
The diocese has been unable to move forward during the last 10 years because we have been too passive, turning a blind eye to all of the problems confronting us. We have not been paying any attention to our provincial parishes in France, as well as our parishes in other countries, and ended up losing all of our parishes in Spain, and are now in the process of losing all of our parishes in Northern Europe. And here is our cardinal sin: we have not been teaching our faithful anything about the very foundations upon which our Archdiocese is built! As recently as three years ago, I have addressed the meeting of the deans, the Council, and the General Assembly, putting forward a large number of specific proposals, including a proposal to establish a number of commissions in the Archdiocese (including a theological, a liturgical, a historical, and a publishing commission) in order to make sense of the past experience and the history of our Archdiocese, so that we could determine our identity. Many of those present were in agreement with me, but the Council has not been able to pass the required decisions. This is why I am not surprised by the fact that some of the faithful of the Archdiocese know nothing about either the Council of Moscow of 1917-1918 or the works of the theologians of the Paris theological school, and are unable to understand the Statutes of the diocese. The faithful do not perceive themselves as a Church. By the way, it is not easy to find our Statutes on the diocesan website. Why is that? Where is the spirit of openness and sobornost? This is why, at our meetings, we hear a lot of political, national and personal predilections, but no clear ecclesiological arguments.
At our meeting held on the 23rd of February 2018, we have demonstrated our unity, and this has been the manifestation of our internal reception. But, when we are faced with a crisis, this is not enough, and we will not be able to live like we used to. And this is a good thing!!! We should no longer live our lives passively and contently. A crisis is not only a symptom of an illness, but also a chance for the body to regenerate itself in the process of overcoming it!
Yes, I agree with many of the criticisms of our current situation, but I do not agree with the general feeling of pessimism and minimalism.
PROPOSALS (WHAT NEEDS TO BE DONE):
1) I suggest that we temporarily take off the agenda the issue of external reception, i.e. forgo putting to vote the question related to the choice between different Patriarchates. We are not yet ready for negotiations! Before negotiating with anybody, we need to reorganize our internal organizational setup, so that it corresponds to our identity and our vision of the desirable future. I suggest that we put any and all negotiations on hold. We need this pause to implement some serious changes.
2) If we are, indeed, Christians, we need to put to work all of the existing capacities within our Church in order to begin perceiving ourselves as a Church. Therefore, first and foremost, I would like to ask the professors of our Institute to analyse our crisis. It looks like we forgot that we have the Institute in our diocese. However, we cannot really move forward without a serious theological examination of our present situation! This should have been our first step last year.
3) We must awaken an interest in our Church in every member thereof. This is why I propose organizing a series of discussions about the Great Council of Moscow (1917-1918), as well as the history of our Archdiocese, in every parish.
4) Yes, the history of the Archdiocese is almost 100 years long, and it is a unique history. From that, I conclude that the Archdiocese is ripe for change. We are ready for the next stage of the formation of a local Church, ready for establishing a Metropolitanate (an autonomous Church) that would take into account our identity!
To accomplish that, we need to amend out Statutes. We must embark on a far- reaching project of working on the new Statutes of our Church!
This approach is not new: a similar idea has already been touted during the times of Archbishop Sergius, and has a following among the members of our current Council. I don’t understand why the members of the Council have decided to shelve this idea. The concept of forming a Church consisting of a number of small dioceses is in conformity with the decisions of the Moscow Council and the principles of Eucharistic ecclesiology.
The territorial span of our diocese is way too wide. According to Fr. Alexander Schmemann and Metropolitan John Zizioulas (a prominent Greek theologian), a bishop should not just be a guest of honour at parish feasts. A bishop should be closer to his flock, he must take an active part in the life of the faithful in all of its aspects. In many Patriarchates, we can see small dioceses where bishops are in charge of 5-10 parishes. In Russia and Ukraine there are also metropolitanates consisting of a group of small dioceses.
I propose forming several separate dioceses (in the United Kingdom, Benelux, and Italy), as well as to divide the parishes in France into 3-4 dioceses. (We do not need vicar bishops with no real powers, this would be wrong from the ecclesiological perspective).
All of the candidate bishops must be elected by the faithful of our Church at General Assemblies. The role of an autocephalous Church would only be to confirm the choice of the first hierarch of our Church.
We do not have to have a full complement of candidate bishops right away. There is as practice in the Church whereby a bishop may be provisionally in charge of a neighbouring diocese which is temporarily without its own bishop; sometimes this situation may last for several years while a new candidate is being trained. For the first several years, we may do the same and train our candidates for their jobs. We do not need bishops who do not share our convictions! In addition to making sure that a candidate meets the established criteria, the training should include a special study course on the history of the Moscow Council and our Archdiocese.
5) We must strengthen the hierarchical foundation of the Church. In order to form a Synod, the Church should have a minimum of 7-8 bishops. Needless to say, we need to find a balance between the respective powers assigned to the Administrative Council, the Synod, the Pastoral Assembly and the General Assembly, as well as to come up with a way to harmonize the activities of the diocesan administrations with those of the Church as a whole. This would be in accordance with the spirit and the decisions of the Moscow Council.
6) We should not be forgetting about the future development of the concept
of sobornost. I see gaps in this area, particularly with regard to the representation of parishes at General Assemblies through delegates. Sometimes a delegate would present his own position at an Assembly rather than the position of his parish; in a situation like this one, could it really be said that he is representing his parish? When we are making serious decisions, this is important. Without abandoning the current delegate- based system, we should find an additional way for our parishes to make their voices heard at the general meetings of the Church in its entirety.
7) The individual parish statutes are also in need of revision and clarification, especially in those countries where the organizational setup of religious communities is not based on the principle of “confessional associations”, e.g., in Spain.
8) Within our Statutes, we must envisage a possibility of growth for our Church, for forming new dioceses and accommodating entire groups of new parishes, including those which are currently separated from us by schisms. Nobody knows how exactly their situations are going to unfold, but our Statutes should make room for such scenarios.
9) Therefore, I repeatedly suggest that, in our new Statutes, we envisage the formation of a number of standing commissions, namely theological, liturgical, historical, and publishing commissions, entrusting them with examining the problems encountered in the day-to-day life of our Church and performing theological analysis. Of course, the work these commissions should be based on the direct participation of the professors of our Institute, as well as competent clergymen and laypeople.
The very history and past experience of the Archdiocese are in need of careful reflection and study; we should also examine other phenomena in the modern life of Orthodox churches worldwide (for example, the restoration of the ministry of deaconesses as decided upon by the Patriarchate of Alexandria three years ago).
10) Our Statutes do not provide for a clearly defined course of action in such crisis situations as the one currently facing us. I propose including the relevant provisions in the new Statutes.
Of course, I understand that our Statutes must follow the French legislation on associations, as well as the relevant laws of other countries where our parishes are located.
11) We should start thinking about a new name for our Church. There is no need to reflect the administrative status (diocese, archdiocese, metropolitanate) in the name, because it may change.
I suggest the following name:
The Orthodox Church of the Russian Tradition in Western Europe Based on the Statutes of the Moscow Council of 1917-1918
This name embodies our history and our identity, and also allows for different options in terms of our autonomous status within an autocephalous Church.
PROPOSAL (HOW WE SHOULD ACHIEVE ALL OF THE ABOVE GOALS):
In a situation of crisis, we need extraordinary solutions. I have heartfelt respect for all the members of the Archdiocesan Council, but I think that our Council lacks the required potential, competencies and powers to function in a crisis situation. It is also no secret that the members of the Council have disagreements between themselves.
As of now, our statutes do not provide for any specific measures to be taken in a situation of crisis; we are free to arrive at any decisions that would not contradict the Law of associations.
1) Therefore, I suggest that we make full use of the principle of sobornost.
If we believe that our Archdiocese is a successor to the Moscow Council, we must convene our own Paris Council and act in the spirit and based on the principles of the Moscow Council of 1917-1918. This is the only way forward!
Our efforts must progress on every level, including the professional level, the level of the Church as a whole (pan-ecclesiastical level), and the parish level.
Professional level: we should establish a broad-based and competent Commission on the Statutes to develop the new Statutes.
Pan-ecclesiastical level: we should discuss and adopt the draft Statutes at Church assemblies.
Parish level: the draft has to be discussed by parish members.
2) I suggest that we amend the agenda of the Assembly scheduled to take
place on September 7th, putting to vote the following proposals:
– To acknowledge that the current situation in the Archdiocese is a crisis situation calling for extraordinary measures.
– To temporarily suspend the negotiations with autocephalous Churches.
– To acknowledge that we should draft the new Statutes of the Church.
– To establish a Commission on the Statutes in order to draft the new Statutes.
– To determine the composition of the Commission, the procedural aspects of its work, as well as the term of its mandate;
– To elect the members of the Commission.
Considering that we are fond of long debates, leisurely lunches and lengthy informal discussions, I propose extending the Assembly to include the next day, namely, Sunday September 8th.
3) I suggest that the following individuals be included in the Commission ex- officio:
– The Archbishop
– All of the members of the Council of the Archdiocese
– All of the deans
– Those professors of the St. Sergius Institute who are part of the Archdiocese and are willing to work on the Commission.
I also suggest the election of ten members of the Commission from among the delegates of the Assembly, namely, five clergymen and five laypeople.
We may invite all members of the Church to work on the Commission as participants or consultants, provided that they are willing to do so.
I propose the following criteria for selecting the members of the Commission: willingness and competence.
4) Here are my proposals with regard to the procedure and the duration of our work.
If the Commission is elected on the 7th of September, it may hold its first meeting on Sunday, September 8th, or in mid-September.
We may offer to the members of the Commission for examination the documents adopted at the Moscow Council, the current Statutes of the Archdiocese, the Statutes of the Orthodox Church in America, as well as those of the Russian Orthodox Church Outside of Russia. We may also take into account the Statutes of the Diocese of Sourozh dating back to the times of Metropolitan Anthony, as well as the draft statutes of the Metropolitanate that was being developed under Archbishop Sergius. We should use everything that may be of interest.
At its first meeting, the Commission will determine its work procedures and the specific tasks to be accomplished. The Commission may decide to form a number of sub-Commissions (chambers) to consider different chapters of the Statutes. The
members of the Commission will continue their work while the Commission is not in session.
I suggest that the second meeting of the Commission be held on 1-2 November of this year (holidays in France); during that meeting, the Commission will adopt the first draft of the Statutes.
This year, in accordance with the Statutes, we must convene a regular General Assembly, which I propose to schedule for November 11th. The agenda of the Assembly should include the following item: “A discussion of the draft of the new Statutes”.
After the Assembly the delegates will bring the draft of the new Statutes back to their respective parishes for discussion.
In mid-December the Commission on the Statutes will hold another meeting to discuss the comments and suggestions made by the parishes, and will prepare a final draft.
In the beginning of February 2020 we will convene another (extraordinary) Assembly and vote on the draft of the new Statutes, which our delegation will take to the negotiations with an autocephalous Church.
That Assembly will also make a choice with regard to the general direction of the negotiations, specifying the name(s) of the autocephalous Church(es) we will be negotiating with on the basis of the draft of our new Statutes.
It should be noted that the draft of the new Statutes should be prepared solely by ourselves, without any prior consultations with an autocephalous Church; this would be an ideal version of the draft we will bring along with us to the negotiations.
Sobornost is our main asset! If the Assembly votes in favour of the draft of the new Statutes, the decision of God’s people will be our main advantage during any negotiations.
5) The delegation we will send to the negotiations should in no case be small (e.g., 2-3 people), and no secret negotiations should ever take place! I am fully convinced that the Archdiocesan Council does not have enough powers to engage in negotiations in a situation of crisis. The General Assembly should elect a delegation to participate in the negotiations!
I propose electing a delegation consisting of ten members of the Commission on the Statutes as follows: five clergymen and five laypeople, headed by the Archbishop.
The delegation has to be authoritative and broad-based (resembling the delegation of the Russian Church Abroad), so that it could hold its own discussions within the delegation in the course of the negotiations. The delegation should, by all means, include laypeople, because they are more open and daring compared to the clergymen who are constrained by their pastoral responsibility to be more reserved.
A diplomatic mission requires both audacity and responsibility.
And yet another consideration: our delegation must include theologians.
If the negotiations are a success, and we are able to reach an agreement with an autocephalous Church, the draft of the new Statutes, accommodating this agreement, should again be forwarded to the parishes to be studied and commented upon, and the comments should be examined by the Commission.
The next extraordinary Assembly may be convened in 2020. That Assembly will give the draft one final consideration and approve the finalized version of the new Statutes to be registered in accordance with the French laws.
6) We have to put together a special prayer request, and all of our parishes should use it in their prayers to God for the entire duration of our work in front of the Icon of the New Martyrs, Fathers of the Moscow Council of 1917-1918.
Such an icon does exist, it was painted in 2012; I suggest that copies of that icon be sent to all of the parishes of our Archdiocese.
I also suggest announcing a one-day period of fasting on the eve of every Assembly.
7) I propose urging all parishes to make financial contributions to the diocese before every Assembly and making the necessary arrangements to cover the expenses related to the work of the Commission on the Statutes, with all the parishes making their contributions based on their respective budget sizes.
MANIFESTO
As you can see, I have presented to you my concise analysis of our current crisis, as well as a specific program of action.
I have a very clear understanding of the fact that the entire potential of our Church will have to be mobilized. However, this effort would awaken our entire Church, and it will be an example of the true sobornost, of our unity, our courage and our responsibility for the future of the Church. When we are done with this work, we will become different; we will grow up in Christ, and we will begin respecting ourselves.
Mikhail Nazarov, an expert on the history of the Russian emigration, has noted that the cultural influence of Metropolitan Eulogius’ Church jurisdiction far exceeds its physical size. This makes me confident that the Archdiocese has the required spiritual potential, as well as inner strength. Let us translate this potential into action!
But what about the time factor? We should not be bothered by this. The timeline of the world history passes through the Church, and, when we begin working diligently and productively, the time will fly by quickly. At this very time in our history, when Constantinople has abandoned us, but we have not yet entered into an alliance with another autocephalous Church, we are the masters of our own destiny. Our Lord has given us a chance to change the course of our history, starting a new stage in the process of building a local Church. Afterwards, when we come under control of an autocephalous Church, that chance will be taken away from us!
Our Lord expects us to be brave. He helps those who multiply the talents entrusted to them rather than bury them underground (Matthew 25:14-30). The Lord loves those who spare no effort (Matthew 11:12).
I am reaching out to you, our dear Vladika John! You are our Archbishop, you are in a precarious situation, you are tired of the disagreements among your faithful, and, deep down in your heart, you have already made a decision. But I am begging you not to resign and not to take any steps that would split our Church apart! If we are divided 70-30 percent, that would also be a defeat. I am asking you, Vladika, to pay attention to my proposals. The Archdiocese has already completed its long journey in the desert, and that journey was longer compared to the journey of ancient Israel: not 38, but almost 100 years. This means that the diocese is ripe for a new stage in its life. All we have to do is to make a final effort to enter our Promised Land, where we will continue taking the life of our Church to the next level. You are the only bishop among us, but please remember what Our Lord said to Joshua who also was a sole remaining leader of Israel: “Be strong and courageous” (Joshua1:9). Vladika, you are our Joshua, lead us to the Promised Land!
First and foremost, I am reaching out to those who were born here, to those for whom our Archdiocese is the beloved ancestral home. I am you adopted son and younger brother, to quote Apostle Paul – a grafted branch in the Archdiocese. Here, I have found everything I had been looking for, and I don’t want to lose it.
The current Statutes of the Archdiocese are no longer able to stand up to the challenges we are facing today.
Neither a diocese with minimal rights nor a powerless vicariate would give us an opportunity to achieve any progress in our ecclesiastical life in accordance with our identity. Are you really going to allow the glorious history of the Archdiocese to end in such an inglorious way?
Dear professors of our Institute, I am also reaching out to you. You are the successors of the great theologians of our Paris school of theology, you represent its teachings at conferences and workshops in front of the theologians belonging to other Orthodox churches, as well as the Western denominations. Now is your time to accomplish an important theological task in the name of the Church to which you belong. Please support my initiative, perform an analysis of our current crisis from a historical, ecclesiological and canonical perspectives, and agree to join the Commission on the Statutes. In the absence of a Synod of bishops in our Church your expert opinion becomes the only authority we could draw upon!
Dear clergy of the Archdiocese, dear monks and nuns, brothers and sisters! We must forgo all of our political, patriotic and personal predilections, we must get rid of our passivity, our laziness and our cowardice, our disagreements and arguments, our scepticism and lack of faith.
And we must ask ourselves: Who are We?
We are the descendants of the sons of God, We are the successors of Abraham in faith, We are the disciples and the brothers of Our Lord and Saviour Jesus Christ, We are the children of Our Heavenly Father!
We have been anointed by the Holy Spirit; We are living in an eschatological hope!
We are God’s people, We are the Church, We are Israel!
From now on, history will be our judge!
If we are unable to preserve our unity, all that would be left for us to do is to cry by the rivers of Babylon… This is why, acting in the spirit of sobornost, we must find a “King Solomon’s solution”.
At this point in time, I don’t know which one of the autocephalous Churches would be willing to continue a dialogue with us on these new conditions. What I do know for sure that we are just as good as the Russian Church Abroad or the Orthodox Church in America, and maybe even better! In spite of the current crisis, our Archdiocese is a real treasure. A Church that accepts our identity will enhance its own authority!
After we are done working on the draft of the new Statutes in the spirit of sobornost, we will be regenerated; we will grow up and become more mature.
We will enter the negotiations in the spirit of openness and responsibility. We will be full of determination, we want to be highly autonomous, we have grown out of the current Statutes of the Archdiocese, we need a Church with our own new Statutes and our own Synod. And we are driven by a dire need to do all of this right now rather than later.
Nevertheless, we will keep our prophetic spirit under control, we must be ready for a certain degree of compromise. We would be grateful to the autocephalous Church that would recognize us, and, together with that Church, we will keep looking for ways to build a local Church in Western Europe.
Together with that autocephalous Church and other Orthodox Churches, we will keep looking for ways to achieve unity. Our theologians will support that autocephalous Church in the arduous work of arriving at a true Evangelic ecclesiology, and, based on the latter, the revision of the ancient canons; we will be reaching out to others inviting them to join us in those efforts. This is exactly what the theologians of the Russian diaspora – Afanasiev, Schmemann and Meyendorff – have been writing about. Yes, this is a great effort that will last for the entire duration on the 21st century.
Today, faced with a global ecclesiological crisis, as well as the crisis of the ancient canons, a Church that would be gathering stones instead of throwing them, thus contributing to unity, will end up being duly recognized, and blessed with an honour of taking a lead in the world of Orthodoxy in the spirit of love not based on any formal order, but by virtue of grace.
I am well aware of the fact that optimism is not the same thing as idealism, but it may also be said that realism is not tantamount to pessimism. What would an experienced swimmer do if he has to cross a turbulent stream, getting to the point on the other bank that would be exactly opposite his current location? Before swimming, he would walk upstream, because he knows that, when he finally starts swimming, the current will bring him to his destination. This is exactly what I am proposing: we should set a noble goal for the Church, and the current of life will bring us to our destination.
Therefore,
LISTEN, ISRAEL! BE COURAGEOUS AND BE WISE!
I am ringing the alarm bell!
In the spirit of the Moscow Council of 1917-1918, I hereby urge you to convene our own Paris Council, because this is what the Church has always done in the times of trials and tribulations.
Together, we must do a great deal of work within a limited time frame.
So, help us God!
With love in Christ for all of you,
Your humble brother, Archpriest Georgiy ASHKOV
Biarritz, Lourdes
August 2019
(English translation by Protodeacon Peter Scorer. Photo by Andrej Strocaŭ)
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5] Lettre d’Anne Struve
Dans le débat qui s’est instauré sur l’avenir de notre archevêché, je vous propose ma modeste contribution.
Je n’ai pas une très bonne mémoire mais, par contre, les choses qui me frappent restent gravées à jamais. Et à ce titre, et voudrais partager mes souvenirs sur mon père, le Père Alexandre Rehbinder. Il est né en Russie au tout début du siècle dernier, en 1904. Il a donc vécu la révolution à l’adolescence, été bringuebalé, d’écoles en universités, dans différents pays pour aboutir finalement à l’Institut St Serge dont il a suivi l’enseignement avec un immense bonheur. Elevé dans la tradition et la mentalité de l’Eglise russe du 19e siècle, il a pleinement adhéré à l’actualisation de la théologie des Pères de l’Eglise opérée par les professeurs de l’Institut. Ordonné prêtre, il n’a eu de cesse de convaincre ses paroissiens de l’absurdité de participer à une liturgie sans communier. Et, petit détail qui peut paraître anodin à certains (plus peut-être qu’à certaines) mais qui est significatif, il expliquait aux jeunes filles d’un camp de vacances dont il était aumônier dans les années 50, que rien ne s’opposait à ce qu’elles communient pendant leurs règles. L’eucharistie était pour lui un point absolument fondamental de la vie chrétienne et y faire obstacle devait être justifié par des raisons particulièrement graves.
En 2015, un texte intitulé « de la participation des fidèles à l’eucharistie » a été adopté par le Concile épiscopal de l’Eglise orthodoxe russe. Le principe du rôle central de l’Eucharistie y est posé en introduction. Le texte se poursuit par un exposé de l’historique de la pratique de l’Eglise, partant de la communion à chaque liturgie des premiers chrétiens à l’acceptation d’une seule communion annuelle au 19e siècle. Et l’impression qui en ressort est que finalement toutes les pratiques sont également bonnes. Ce qui relativise du même coup le rôle central de l’eucharistie. Suivent encore la discussion détaillée de cas particuliers tels les couples non mariés, les homosexuels,… Le cas des femmes en période de menstruation est traité de façon très brève : il est interdit aux femmes « en état d’impureté » de communier selon les obscurs canons des saints Dionysos et Timothée d’Alexandrie. Bref, sans aucune explication.
Par ailleurs, le Patriarcat de Moscou a utilisé le moyen de la rupture de communion avec le Patriarcat de Constantinople dans sa lutte pour défier la primauté de ce dernier. De nouveau, c’est encore faire peu de cas de la place centrale de l’Eucharistie. A-t-il seulement pensé aux dégâts collatéraux dans les paroisses de l’émigration. Dans la paroisse de Nantes par exemple, où nous vivons désormais, une belle paroisse où cohabitent des Orthodoxes de diverses origines, des Russes d’émigration récente ont cessé de communier et certains ont même cessé de venir à la Liturgie.
Nous avons passé ces cinq dernières années en Ukraine, dans la seule Eglise canonique à l’époque où nous y sommes arrivés, celle du Patriarcat de Moscou. Nous y avons été témoins de beaucoup de belles choses, fait de très belles rencontres. Cependant, le cléricalisme ambiant et l’impression que la liberté de conscience des fidèles est parfois mise à mal, m’ont mise mal à l’aise ; cette liberté de l’Eglise et des fidèles, fondement essentiel du renouveau opéré par l’Eglise russe au début du 20e siècle dans la préparation du Concile de 1917-1918, finalement incarné dans l’Eglise de l’émigration, à défaut de pouvoir l’être dans l’Eglise martyrisée en Russie. Il ne s’agit pas seulement de statuts même s’ils sont importants, il s’agit d’un état d’esprit.
Ce bref exposé, abrupt, schématise une pensée qui pourrait faire l’objet de longs discours mais il permet de comprendre pourquoi l’option de rejoindre volontairement le Patriarcat de Moscou interroge, même si elle est présentée par certains comme la seule option possible pour conserver notre Archevêché avec ses spécificités. Le dernier paragraphe du projet de charte régissant le rattachement de l’Archevêché au Patriarcat de Moscou :
« Le perfectionnement canonique de la présence en Europe Occidentale du Patriarcat de Moscou, représenté aujourd’hui par plusieurs structures ecclésiastiques, nécessite une discussion approfondie avec la participation de toutes les parties intéressées. »
ne laisse pas beaucoup d’espoir par rapport à une fusion pure et simple, à plus ou moins brève échéance, dans l’exarchat nouvellement créé en Europe occidentale par le Patriarcat de Moscou.
Dans ce contexte, l’arrivée inévitable de clercs venant de Russie risque fort, du fait de nos différences culturelles, de bouleverser l’état d’esprit dans lequel s’est construit notre archevêché. Nous risquons de perdre les avancées faites grâce à l’esprit de liberté qui nous anime et de faire un retour en arrière bien dommageable.
Que faire alors face à cette situation qui paraît sans issue ?
Pourquoi ne pas nous concentrer sur la vie paroissiale ? N’est-elle pas fondamentale ?
Faisons abstraction des luttes scandaleuses de nos hiérarques. Nous manquons de prêtres, nous manquons de forces vives, c’est vrai. Mais peut-être que la crise que nous traversons sera l’occasion d’un sursaut. Nous nous sommes trop longtemps assoupis dans notre petit confort, dans l’impression de choses acquises.
« Ne crains pas, petit troupeau ». Prenez courage, les hommes, ne refusez pas la responsabilité du sacerdoce lorsqu’il vous est proposé. Fidèles, investissons-nous dans nos paroisses pour les rendre accueillantes et retenir nos enfants que « nos histoires » risquent de faire fuir.
Créons des liens entre nos paroisses et entre les différentes juridictions. Nous pouvons nous appuyer pour cela sur des structures existantes telles la Fraternité Orthodoxe en Europe Occidentale ou l’ACER-MJO ou encore les différentes fraternités et mouvements créés récemment.
Et demandons son aide à l’Esprit Saint !
Et puisqu’il nous faut être sous un homophore, restons sous celui de Constantinople, malgré l’incompréhension que suscitent ses décisions concernant l’Archevêché et l’amertume que nous pouvons ressentir. Dans le principe, c’est le Patriarcat de Constantinople qui s’occupe de la diaspora. Il nous a durant, toutes ces années, laissé libres de nous développer comme nous l’entendions. Et si l’espoir de la création d’une église locale s’éloigne avec le renforcement du sentiment national dans les différentes juridictions sur notre sol, c’est peut-être au sein du Patriarcat Œcuménique qu’elle verra le jour, en son temps.

6] Chef de chœur et chantre Cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky : Protodiacre Alexandre Kedroff

Cher père Alexis,

La réponse qui suit n’est pas dirigée contre vous personnellement. Certes, votre lettre m’a donné l’occasion de vous répondre, mais surtout de pointer un mal qui ronge et divise notre Archevêché depuis des décennies, et sur lequel je désire, depuis longtemps, mettre des mots.

Ma réponse dépasse sans doute, quant au traitement des sujets, les intentions de votre lettre qui reflète malheureusement l’idéologie véhiculée dans notre diocèse depuis les années Cinquante. Et cette idéologie, permettez-moi de le dire, n’est pas celle de l’Eglise.

À ce titre, je pense que la crise que nous traversons est providentielle parce qu’elle met en évidence ce clivage fondamental qui dépasse de beaucoup la question des préférences pour tel ou tel patriarcat. Le retour probable de notre Archevêché au sein du Patriarcat de Moscou nous donne l’occasion (pour les raisons que tu liras) de crever l’abcès. Cela est sain et, je le pense, salutaire.

À mon sens, l’enseignement spirituel a cruellement fait défaut à l’Archevêché. Cela fait longtemps, par exemple, qu’on y lutte contre l’idée même du monachisme. Cette carence a ouvert la brèche à de nouvelles idées sur l’Eglise dans laquelle une partie de notre émigration s’est engagée.

Le monachisme est le creuset de la haute Tradition spirituelle et ascétique de l’Orthodoxie. La présence monastique venait contrecarrer une idéologie déjà rampante parmi nous en faisant obstacle au développement d’une théologie libérale”. Or, le monachisme est le cœur de l’Orthodoxie, son parfum, sa spécificité. Il incarne l’esprit des Pères. « Celui qui méprise le monachisme, écrit le saint hiérarque Ignace (Briant- 2 chaninov), méprise l’Orthodoxie tout entière ».

La théologie libérale a besoin, elle, de « liberté » pour s’exprimer. La soumission à l’enseignement patristique lui est inconfortable, il lui semble oppressant, non créatif, routinier. Les services divins lui paraissent longs et monotones. Elle éprouve souvent le besoin de changer son « menu » et d’expérimenter des nouveautés… Ces agitations trahissent l’absence de vie spirituelle et l’adhésion à l’esprit du monde. Cette « théologie » est étrangère aux Pères, étrangère à l’Orthodoxie.

Si Dieu n’éclaire pas notre intelligence, il ne nous sera pas donné de voir nos erreurs et nous ne connaîtrons pas Sa volonté. Il n’y a pas d’autres voies que l’humilité et le repentir.

***

Cher père Alexis,

Permettez-moi de réagir à votre lettre et d’être très franc avec vous. Il est temps à présent de dire les choses ouvertement.
Sachez que tous mes commentaires ne seront pas dirigés contre votre personne pour laquelle j’ai de l’estime mais contre les IDÉES qui m’apparaissent répréhensibles telles qu’elles sont exprimées dans votre lettre. Nous sommes des chrétiens orthodoxes, l’amour qui doit régner entre nous exige un dialogue de vérité.

Quoique vous vous en défendiez, votre lettre est politique et idéologique. De plus, elle est, le plus souvent, étayée par des considérations psychologiques et non pas spirituelles. On y relève aussi beaucoup de contradictions. Vous commencez en affirmant que “nous sommes tous d’accord pour dire que ce temps délétère doit se terminer.”

Et vous passez votre temps à affirmer que le temps est trop court pour une réflexion mûre, que les conditions d’un vote serein ne sont pas réunies… Je ne suis pas bien ici votre pensée. Vous dites encore qu’il n’y a pas de transparence, que tout se fait en cachette. Mais Mgr Jean, au risque de provoquer l’effritement du diocèse, a repoussé déjà trois fois les prises de décisions pour que les choses ne soient perçues comme ni forcées, ni brutales. À chaque consultation diocésaine ou pastorale, un état des lieux a été exposé sur la situation du moment et sur les différentes prises de contact avec les juridictions orthodoxes.

En revanche, que des membres du Conseil Diocésain se permettent de discréditer l’état du dialogue avec le Patriarcat de Moscou par des affirmations aussi désobligeantes que mensongères (car ceux-ci n’y étaient pas) ne vous choque pas. Avez-vous pris la peine de demander à Monseigneur l’Archevêque si ces allégations étaient véridiques ou non ?

Que ces mêmes se permettent contre toute éthique d’exposer par le moyen des réseaux sociaux les déboires du dernier conseil de l’Archevêché sans que les personnes concernées n’avouent leurs méfaits et se défendent d’avoir été à l’origine de ces fuites, ne vous choque pas non plus.

D’un côté, vous dites que “l’enjeu dépasse nos penchants traditionalistes ou modernistes”, et dans la phrase suivante, vous affirmez que “l’enjeu est de conserver l’héritage de cet extraordinaire espace de liberté que nous ont légués nos pères, les fondateurs de notre Archevêché”.

Mais il est bien évident que pour vous l’enjeu est l’adoption de la théologie libérale et moderne dont peut-être certains de ses représentants ont appartenu au mouvement appelé « école de Paris ». Or, si l’on désigne par cette « école » l’Institut de Théologie Saint-Serge, il apparaît que la plupart de ses professeurs se rattachaient à une ligne « conservatrice », à commencer par son fondateur, le Métropolite Euloge, de bienheureuse mémoire. Et que dire de ses successeurs : le Métroplite Vladimir, les deux archevêques Georges (dont
l’un y enseignait), l’Evêque Cassien qui en fut le recteur ? Que dire de l’Archimandrite Cyprien (Kern), professeur de patrologie, du père Georges Florovsky, du père Jean Meyendorf (quoique ces deux derniers aient émigré plus tard aux Etats-Unis), du père Alexis Kniazeff, de Nicolas Ossorguine ?

Aurait-on imaginé chez ces éminents professeurs des pratiques liturgiques innovantes ou des développements théologiques subversifs ? Combien de fois aije entendu dans la bouche de ces derniers : « Même si telle réforme liturgique semble justifiée, personne n’est autorisé à la mettre en pratique par sa propre initiative, et encore moins à la répandre autour de lui comme la norme de l’Eglise. Cela doit faire l’objet d’un consensus de l’Eglise par une décision conciliaire comme il convient à la tradition orthodoxe ».

Parmi ces glorieux représentants, je vous recommande de lire les commentaires du p. Nicolas Affanassieff sur la participation des laïcs dans l’administration de l’Eglise d’après le Concile de Moscou de 1917-1918. En voici quelques lignes :

« Si l’administration est un don spécial qui est accordé dé à ceux que Dieu a appelés à ce ministère, cela signifie qu’elle n’appartient pas au peuple de Dieu. […] Le peuple de Dieu est confié à l’évêque parce que celui-ci fut appelé et établi par Dieu en vue du ministère de l’administration ; voilà pourquoi il conduit le peuple de Dieu en tant que pasteur. Ne possédant pas le charisme de l’administration, les laïcs ne peuvent être coadministrateurs avec l’évêque, tout comme ils ne peuvent s’administrer eux-mêmes. Ils ne peuvent pas servir à côté de l’évêque dans ce domaine […], car c’est un ministère. Or, un ministère présume l’existence d’un charisme correspondant.

Le Concile de Moscou de 1917-1918 invita les laïcs à l’administration. […] Comment une élection de représentants des laïcs peut-elle les investir du ministère de l’administration et leur accorder la grâce correspondante ? L’élection à deux tours des représentants devant siéger dans le Conseil Diocésain ne peut pas garantir la fidélité à l’Eglise, car elle n’apporte pas de dons charismatiques. Si les représentants élus des laïcs ne possèdent pas le don de l’administration, comment pourraient-ils diriger l’Eglise ?

Le plus étonnant est que cette question ne se soit même pas posée. Ne serait-ce pas une vengeance du Droit qui règne dans l’organisme ecclésial moderne ? Les choses étant telles, y a-t-il encore place pour la grâce dans l’Eglise ? […] L’administration de cet organisme charismatique devient non charismatique, elle est laïcisée dans le mauvais sens du mot. C’est la voie sans issue dans laquelle le Droit a conduit la conscience ecclésiale »…..

>>> Suite : ce texte en P.J.en français, anglais et russe

(Photo: Victor Glouchkov)

The Lady Fell Asleep In The Summer Pascha

In Hebrew, it is quite special to express the “mystery of the Dormition” of the Most Holy Virgin and Theotokos Mary. The word that is often used makes sense in many ways: “Dormitzion/דורמיציון “. of course, it sounds a bit too close to Latin “Dormitio”. But in Hebrew “hirdim/nirdem = הרדיםנרדם = to cause to fall asleep and to fall asleep”; in fact, the root is relating to “y-r-d/ירד = to fall” as in the name of the Jordan River, Yarden/ירדן . All creatures, except in case of illness, go through the process of falling asleep. Life is partly a sleep, not the kind of dreamy thing that at times make the human beings speculate on “day sleep” or “sleeping being awaken”.
There is a special move that is beyond human will and control and the living creatures that exist on earth fall asleep. Some tales insist on the possibility to wake up from a sleep after a long period. Usually we sleep some hours and get a refresh. Some people would claim that they do not need to sleep much as if it were a competition. But this has nothing to do with any competition and this is  one of the matters that escape to our own desires. Modern times have invented “non-sleeping pills”. Then, scientists or entrepreneurship champions involved in a rushing and crushing race over time and space would think they save or gain time.
God does not count our minutes and days the way we may do. Time and duration vary from countries to cultures and educational systems. The Sumerian civilization has introduced the continental nations to the value of life schedules based on Lunar calendars as the Jews and the Muslims continue to measure the months.
There are very strict lunar calculations because the Moon births, is born, grows, comes to fulfillment and then decreases and disappears each month according to the same process. This is considered as a miracle – seemingly a simple one – but still something exceptional that shows evidence to God’s trsutworthiness and faithfulness. History, life and sleep, brightness and “shinelessness” does not contradict the reality of a time and a space that expands. We hardly feel this.
Then, “Dormitzion/דורמיציון ” sounds like a tricky way to geet to some christened form. In the old Indo-European languages “drem-” “to sleep” (cf. Old Slavic “dremati” “to sleep, doze, stumble around” Greek edrathon/εδραθον “I slept,” and Sanskrit “drati” = “he sleeps”.
The English word “sleep” is connected with Indo-European “slebs-“ that developed in many tongues before it reached the British Isles… German Schlafen, Dutch slaap/slapen, Lithuanian “silpnas = to be weak” and quite close to Slavic and Russian “slabyi/slabu = weakened, weak”. It is the same move that is to be found in the Semitic tongues as mentioned before: to fall, lose power and energy. In that sense, Latin “somnus” comparable to Greek “Hypnos/υπνος” tends to indicate that “Assumption” may not be an ascending move, to begin with, but a repose, a fall and Old English has quite early shown that the word can be used for “killing animals”. The East and the West are thus on the same line and explain the same reality that sleeping in or sleeping is an action that “gives a break, a rest, “se reposer” in French. “Spat’/spati-спать” in Russian and the Slavic languages includes the same features.
Last but not least, contrary to Hebrew that considers that “sexual intercourse is an awakening activity”, Old English used the word for “having a sexual act” and the expression got into most of the languages of our cultures. It is a paradox.

“Dormitzion” also recalls the Jewish blessing that is at the root of the Orthodox Paschal troparion or chanting “and to those lying in the graves He gave life”. The Jewish blessing is “You/Who with confidence revives (resurrect) those who sleep in the dust (i.e. cf. of Hebron, the cave of the Patriarchs)/מקים באמונתו  לישני עפר “. The Hebrew word refers to a change (shana/שנה ), a portion (of life or destiny, being in such a shape or in another) and to sleep (sheina/שינה ). This is why it is so interesting and important that the Assyrian and Syrian Orthodox traditions have maintained the word “shunaya/shunoyo/שוניא – ܫܘܓܝܐ , i.e. the “in-sleeping to define what happened to Mary, Mother of Jesus and thus brought her not to die, but to a rest and the faith of the Church is that she resurrected as the cyclic process initiated by the birth of her Son and his resurrection. This is of course the meaning of the Slavic name of the feast “Uspenie/Успение”.

Adam had slept unwillingly because he had no companion; he woke to life with Eve, the woman. Here, in this Summer Resurrection/Pascha, Mary passed from life to rest and full rebirth in the arms of her Son. This sleep does not lead to corruption, but to a final revival. This is why, three days before the feast, in Jerusalem, the Orthodox clergy take the epitaphios/the linen on the grave with the image of the Lady and brings it in process to Gat Shemani, the Garden of Olives where she supposedly has reposed.

“Dormitzion” in Hebrew also has “Zion”, the place that is at the very heart of the history of redemption. There cannot be any kind of competition whether to know or determine who is the first or the last in such a place. Zion is at the core of the Jewish vocation that calls all to salvation. Of course the word is then a part of the usual Semitic ending of Hebrew words. it sounds like the Latin “Dormitio”, but this is just by some coincidence.

The Aramaic word “shunaya/shunoyo” is strong and meaningful. It also shows that the ancient tradition of the Church did relate the passing aways of the Virgin Mary with a “repose, a sleep, a sleeping-in” as it happened for those who still sleep in the dust (of Hebron, at the Cave of Machpelah). The sign shows no belonging, property; God gives and God takes and has taken to show that in the heat of Summer Easter is the sign of resurrection that transfigurates death and despair.

One thing should be taken into account. This history of redemption is a full part of a special civilization of salvation, geographically persistent and significant. The first man who walked on the Moon has just passed away. Neil Amstrong is the first man who could contemplate our planet and “common, basic, usual” world from “outside” and just for a few days. His co-astronaut Presbyterian faithful Buzz Aldrin had symbolically brought a chalice and “communicated” himself on the Moon. whatever split and theological problems involved by such an act that is not linked to real and canonically recognized celebration by the Orthodox Church – and the Catholic one as well – is gave a real spiritual touch to this first penetration of the human beings outside of our planet, with a “somehow sacramental” aspect that is very important to take into consideration.

The Universe, and the Lord Father is the King of the Universe, is immense. It gave the seeds of redemption in a special place on Earth; it is almost Spring time in the Southern Hemisphere and they did not directly “participate” in the most expanding destiny of human bringing-in the reality of such events. This should us to humble ourselves. Redemption and sleeping-in in the expectations of the (Second) Coming also deals with the whole of the universe as we still do not understand or know it. This concerns billions and billions of galaxies and planets. It is a huge Mystery of Faith, also a great sign of what we demand when we expect Love and hope.

 

Penser l’Eglise en dialogue : l’orthodoxie en marche

Il y a des temps et des délais. Un peu partout, dans le monde, on se prépare à des élections. Elles sont politiques, on dit plutôt “politiciennes” en français courant pour souligner qu’elles font partie du jeu subtil et banal des relations de pouvoir entre les habitants, les citoyens.

Dans l’Eglise, les choses sont différentes. Elles sont autres, d’une autre nature. Pourtant, personne n’oserait sérieusement prétendre que la grâce divine fait fi de discussions âpres, violentes parfois, “ignobles” a-t-on pu dire en certaines circonstances. La gratuité divine prônée par le prophète Isaïe est belle à l’âme en quête de beauté. L’esthétique pneumatique et noétique – le souffle primal de l’Esprit Saint lié à la conscience de la plénitude de la rédemption, invite à un extase qui serait d’une pureté si grande qu’elle pourrait s’extraire du jeu sanglant de la puissance. Il est dur de vivre en Eglise, de manière ecclésiale, avec l’exigence d’être des “serviteurs quelconques/inutiles”.

Il y a des moments qui correspondent à des rendez-vous. Voici dix ans mourait le théologien français Olivier Clément (17 novembre 1921-15 janvier 2009). Un colloque fut organisé voici quelques mois à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge où l’historien a enseigné pendant quarante ans. Cet événement fut retranscrit dans une première émission de la série “Orthodoxie” animée par le père Jivko Panev, désormais en charge de ce programme dominical. Il ouvre à une connaissance renouvelée de la tradition orthodoxe (France 2, Le Chemins de la Foi : “Orthodoxie” – Olivier Clément- “L’Eglise en dialogue avec la modernité”).

Olivier Clément soulignait que l’orthodoxie, en France, est “peu oecuménique” au sens qu’elle semble réduite à une infime partie de la population qui vit dans le pays. C’est cela qui l’incita à agir de manière à permettre aux différentes juridictions, issues d’Eglises-Mères déracinées ou en dispersion-expansion, de se rencontrer, s’apprécier et étoffer la force du renouveau spirituel de communauté sorties des catacombes ,de la “crémation de l’histoire”… au fond, de la pauvreté.

Olivier Clément était né dans un pays de tradition protestante. Au moment de son baptême à trente ans, il avait perçu – telle était son expérience – que le catholicisme semblait trop marqué par les persécutions tandis que le protestantisme familial lui apparaissait trop éloigné de l’immensité dense et chargée de lumière qui rayonne de la foi orthodoxe, de sa tradition, de sa liturgie.

Un homme de ferveur, de passion au langage français riche, châtié, les mots choisis et précis où se sont rencontrés les questionnements de son temps. Comme échapper au néant ? Comme penser que la beauté n’est pas un esthétisme fugace, temporaire sinon illusoire ? Il avait frayé avec les tortures des miliciens au service de l’occupant nazi et connu des instants de Providence inexplicables. Il y a une seconde où l’on ne comprendrait pas pourquoi la vie volète, comme un papillon qui s’avance vers l’éternité et un être est sauvé… pour un temps, fût-il très long.

Hier encore, le samedi 24 août 2019, la télévision israélienne KAN 11 présentait pour la première fois le remarquable film que Hadas Kalderon, actrice et petite-fille de Avrom Sutzkever, dédia à son grand-père, peut-être le seul poète de langue yiddish rescapé du ghetto de Vilna (“Miel Noir/Devash Shakhor-דבש שחור”). Or, alors qu’il tentait de sortir du ghetto en 1941, le poète tomba face à un soldat allemand et lui dit tout de go : “Savez-vous où je pourrais aller pour ne plus voir de soldats allemands ?” Médusé, le soldat lui fit un large signe de la main : “Allez par ici” et il le laissa passer. Sutzkever partit et raconta plus tard qu’il avait provoqué un “choc psychologique” chez ce gestapiste.

La foi procède de ce choc psychologique où l’impact inattendu de l’Esprit vient faire sa demeure dans un être au prix d’une vie nouvelle et indestructible. Comme si ayant touché la mort et le néant, ceux-ci sont irréversiblement terrassés par une force qui jaillit : “Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a vaincu la mort et à ceux qui gisent (gisaient) dans les tombeaux il a donné la vie”. Une paraphrase peu connue comme telle de la bénédiction juive récité trois fois par jour : “[Béni soit-Tu Seigneur notre Dieu, Roi de l’univers / Qui ressuscite – revigore les morts et relève ceux qui sont (gisent) dans la poussière (des tombeaux des patriarches à Hébron)”.

Le chemin d’Olivier Clément fut long et patient. L’historien perçoit la valeur des jours, des époques et le rythme de leur succession. Il y a une cohérence salvifique qu’il faut prendre le temps d’appréhender sans duperie. Il a ainsi rencontré les traditions indiennes, mais il s’approcha aussi du judaïsme qui fascine toujours en raison de sa profonde nature incarnée, sa réflexion pragmatique et réaliste avant de s’élver vers des hauteurs de méditations mystiques. Pourtant, comme pour l’islam qu’il visita dans ses multiples contacts inter-religieux, il en conclut que le christianisme propose un équilibre entre la dimension divine et humaine par une communion d’amour qui se vit dans le Corps ressuscité qui s’approche des vivants. L’Orient byzantin a rappelé que “Dieu s’est fait homme afin que l’homme devienne Dieu, devienne Celui qu’il reçoit”.

Dans cette émission, le père Jivko Panev a montré des archives de la télévision française et des programmes sur l'”Orthodoxie” datant des années 1975 qui était animé par le père Jean (Renneteau), aujourd’hui archevêque Jean de Charioupolis à la tête de l’archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale (patriarcat de Constantinople). A maintes occasions, on a revu dans ces films comment Olivier Clément évoquait avec conviction le devoir de se soumettre à cet Esprit vivifiant qui crée un être nouveau. L’essentiel, dit-il comme tout croyant authentique, c’est de saisir la plénitude de la foi. La présence christique introduit à la certitude du plérôme de la rédemption, l’unité de la foi une.

Il est vrai qu’Olivier Clément a lancé la Fraternité orthodoxe dans le but de permettre une rencontre liturgique, spirituelle et théologique à des personnes et des communautés qui ne se rencontraient pas ou peu. La diaspora peut devenir un lieu d’isolement culturel ou de concurrence mystique. Le chant de la Divine Liturgie permet la communion des voix qui chante la beauté du Seigneur dans une symphonie rare, miraculeuse et salvifique.

Olivier Clément avait été heureux de savoir qu’à Jérusalem et dans certains lieux d’Israël et des Territoires palestiniens, j’ai toujours accueilli des fidèles ou des visiteurs en toutes langues et cultures, proposant comme dans un mouvement bref et discret, un chant en langues plurielles pour affirmer l’unité symphonique – quasi orchestrale – du Corps de l’Eglise.

Olivier Clément avait lu les philosophes auxquels beaucoup de croyants se réfèrent naturellement : Søren Kierkegaaard mais aussi Heidegger. après des années de questionnements, où il fut séduit par la pensée judaïque et plus tard le monde du hassidisme – il choisit la tradition slave, la spéficité russe. L’émission insiste sur la personnalité de Vladimir Lossky, théologien passeur de tradition dont l’unique livre fut au coeur de la réflexion du chercheur de Dieu. Le philosophe et théologien d’origine russe né en Allemagne resta dans le patriarcat de Moscou, présent à la paroisse francophone (on y entend d’autres langues) de Notre-Dame des Affligés de la rue Saint-Victor à Paris.

Le rôle universel de l’orthodoxie ou de la foi chrétienne de ce que l’on a traditionnellement défini comme l’Orient chrétien de Byzance était au coeur de la réflexion et de l’expérience humaine de Vladimir Lossky (Essai sur la théologie mystique de l’Église d’Orient, 1ère éd., Aubier-Montaigne, Paris, 1944 ; 3e éd., Éd. du Cerf, 2005 (Coll. Patrimoines).

La russéité est au centre de cette émission. C’est émouvant dans le contexte actuel – nous sommes au seuil de l’automne parisien et européen, à quelques enjambées de l’Assemblée Générale de l’Archevêché prévue pour le samedi 7 septembre 2019. La dimension universelle, si sensible dans l’ouverture et le service de l’orthodoxie vécue par Olivier Clément s’exprimera ce jour-là au Couvent des Dominicains non loin de la cathédrale Saint Alexandre Nevsky de la rue Daru. Il n’y eut aucun chant liturgique en français ni dans les nombreuses autres langues de la juridiction héritière de la pensée evologienne (le métropolite Euloge [Georgievsky]) au cours du film chargé de sonorités slaves.

Il faut le souligner car cela fait sens comme on aime à dire actuellement. Olivier Clément était d’une francéité enracinée dans une Occitanie volontiers chantante. Il fut l’homme dont l’élève, le philosophe Bertrand Vergely, aujourd’hui professeur à l’Institut Saint-Serge, se plaît à rappeler le soucis du professeur d’histoire de manier une langue belle, élégante, aux mots choisis. Le français ouvre sur l’universel, sans doute un héritage européen ancien, soutenu dans la suite de la Révolution. Si 1968 fut un momentum fort pour l’historien qui y vit une forme de révolte métaphysique d’une génération en quête de liberté, il reconnut, dans l’annonce chrétienne, la joie qui faisait sortir de la civilisation ancrée dans le néant. Il y va du choix de la vie.

Olivier Clément insista sur une orthodoxie locale d’expression française où l’on discernera sans ambages la mémoire nécessaire d’une rencontre alors incertaine entre l’Orient et l’Occident latin ou protestant. Une fracture que le théologien voulait corriger  en participant, au long de son chemin en spiritualité, à des réunions et des rencontres qui pourraient panser les déchirures de l’estrangement ou Entfremdung.

Une intuition forte – peut-être trop exaltée pour des temps de désillusions. Dans l’immédiat après-guerre s’est profilée l’importance de la transmission orthodoxe en paysage catholique occidental, la compréhension de l’héritage puissant des pères grecs au contact avec le patriarche Athénagoras. Puis la démarche timide du rapprochement avec Rome alors que l’orthodoxie vivait encore dans les affres des dictatures.

Olivier Clément parle de son baptême dans l’Eglise orthodoxe. Michel Stavrou précise qu’il fut sans doute reçu à l’été 1952 dans la juridiction eulogienne de l’Eglise de tradition russe. L’émission montre l’iconostase de la cathédrale Saint Alexandre Nevsky accompagné par le chant en slavon du choeur magistral dirigé par le protodiacre Alexandre Kedroff dont on reconnaît la voix : le  chant du “Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur” se poursuit par le Nunc Demittis : “Lumière pour éclairer les nations païennes et gloire d’Israël, son peuple”  filmé en slavon d’Eglise dans la crypte de la cathédrale. C’est le lieu historique de l’orthodoxie dans le paysage européen – dans un Paris à la croisée des idées, des identités et des innovations.

Olivier Clément, Bertrand Vergely expriment leur foi au Christ en français, au sein d’une pensée française, certes centrée sur les Pères grecs, avec des ancrages sur Constantinople ou le Mont Athos. Il ne sont pas les seuls. De nombreux Français ont ainsi trouvé leur chemin à partir du terroir varié des cultures du pays. Il y eut un appel à marcher vers un Orient qui fut redécouvert dans une France sécularisée, post-athéiste et soixante-huitarde. Certains avançaient vers la Lumière du Ressuscité au-delà des routes tibétaines, bouddhistes ou shintoïste, voire autre…. Des mouvements qui hésitèrent entre l’oubli du baptême de Clovis et le refus des nouvelles messes conciliaires de l’Eglise de Rome. Le témoin de Dieu fit toujours le choix de la modernité enracinée dans des traditions vivantes.

Dans les interviews d’Olivier Clément, on sent une présence orthodoxe minoritaire dans un humus européen qui restait christianisé. Le contexte a changé. Des crises graves sont apparues, secouant l’héritage liturgique et moral de la foi ancienne en Gaule au bout de deux millénaires de christianisation. On assiste aujourd’hui à la mise en place de nombreuses juridictions orthodoxes sorties du néant idéologique. Elles affirment la vitalité du Corps ressuscité de l’Eglise. On sort de la pentarchie du pourtour de la Méditerranée pour avancer vers des horizons qui dessinent la reprise des liens matriciels à chaque tradition.

C’est alors que, dans l’émission, les portes royales de la cathédrale de la rue Daru s’ouvrent pour s’arrêter sur la participation de l’évêque Nestor (Sirotenko), accueilli en son temps par Mgr Serge (Konovaloff) avant d’être à la tête du diocèse de Chersonèse (patriarcat de Moscou), aujourd’hui en charge archiépiscopale à Madrid, en Espagne et au Portugal.

L’évolution moderne de l’Archevêché comme expression de l’histoire de l’Eglise orthodoxe russe en Europe occidentale est mise en relief dans les multiples intuitions d’Olivier Clément. Ses dialogues avec le patriarche Athénagoras, après à sa rencontre, alors inédite, avec le pape Paul VI à Jérusalem, sont le fruit d’une demande qui lui fut formulée à l’intérieur de l’Eglise de tradition russe. Une unité helléno-orthodoxe naturelle pour le théologien que la vie en Christ portait naturellement au dialogue, au nom d’une orthodoxie encore prisonnière de l’histoire dans la plupart de ses territoires originels (Grèce, pays communistes, dictatures en Egypte, Proche-Orient). La libération est venue tardivement comme le montre sa lecture du témoignage d’Alexandre Soljénitsyne ou l’évocation du métropolite Georges Khodr du Mont Liban.

Olivier Clément fut aussi un artisan d’ouverture sur des échanges que l’on hésite à définir aujourd’hui : furent-ils “oecuméniques” ? Le terme est galvaudé et mal perçu dans le monde orthodoxe. Nous sommes dans l’interreligieux. L’Orient chrétien est actuellement planétaire. Il n’y a plus de points cardinaux mais des structures ecclésiales en extension sur toutes les terres, en recherche de cohésions identitaires, linguistiques et inter-culturelles. Le professeur d’histoire a seulement entrevu ce qui,  au seuil de l’an 2020, se passe entre les Amériques, l’Europe, l’Australie, le Proche-Orient chrétiens et la marche du siècle de l’Eglise orthodoxe de Moscou.

Pendant quarante ans, Olivier Clément a enseigné à l’Institut de théologie orthodoxe russe de Saint-Serge. Il participa largement à la formation des fidèles, diacres, prêtres, évêques et patriarches de l’Orthodoxie de ce temps. Il faut le souligner. Le moine Jean (Renneteau), aujourd’hui archevêque de Charioupolis, Bordelais  fondateur de la paroisse francophone à Genève, y tenait la ciergerie avant d’assurer les émissions orthodoxes sur la chaîne publique française.

Michel Stavrou, professeur de théologie des dogmes à l’Institut Saint-Serge, proche d’Olivier Clément apporte, au cours de l’émission, des éléments importants pour comprendre l’itinéraire, les interrogations du jeune cévenole happé par le Christ et l’ouverture à la force de l’Esprit. Un témoignage précis qui instille avec justesse l’action du théologien orthodoxe français dans la culture du patriarcat oecuménique. La rencontre et le dialogue avec le patriarche Athénagoras procèdent du choc culturel : un jeune agrégé fréquentant les cafés parisiens du Quartier Latin et un homme de la tradition et de la foi en confrontation séculaire avec l’islam et l’effervescence balkanique, comme une grande partie de l’Europe orientale.

Tous deux cherchaient l’unité des chrétiens. Celle-ci est décisive pour l’unité du monde contemporain : “Le christianisme va s’unifier au niveau planétaire ou il va se diviser”. Tous deux croyaient au futur  “des Eglises sœurs et des peuples frères”. Une paix qui succédera à  la Guerre froide, frayant la voie aux racines profondes et eucharistiques,  fondée aux sources authentiques de la foi.

Il est indéniable qu’Olivier Clément souhaitait panser les brisures de l’Eglise. Il désirait ardemment, comme le patriarche de Constantinople, raccrocher des chaînes qui avaient été déliées jusqu’à perdre la vérité du témoignage. L’Eglise se trouve toujours devant l’urgence du dialogue authentique avec le monde contemporain.

L’émission fut diffusée sur France 2 ce dimanche 25 août 2019. Une date pleine de densité historique : entre la fête de Saint-Louis et le soixante-quinzième anniversaire de la libération de Paris. Paris résonne alors des paroles historiques du Général Charles de Gaulle sur le sens de la liberté.

L’Archevêché orthodoxe des paroisses de tradition russe en Europe occidentale entre dans une période historique et un agenda incontournable. L’émission a du cran à l’âme – elle parle franc sur l’histoire d’un théologien dont les vues étaient celles d’un poète de la beauté qui vibrait à l’appel d’une espérance visionnaire, prophétique.

Il y va aussi d’un pari. Un autre choix fut fait en montrant le parcours d’une personnalité aussi riche que celle d’Olivier Clément et de ses nombreux compagnons liés par le service de la foi : il serait vain de s’attaquer à la marche vers l’unité de l’Eglise.

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Comfort And Transfiguration

The Rav of Berdichev as all the Sages of the Jewish tradition have detailed at length how God’s loving-kindness covers all troubles, ruins and destructive forces with patience that humans feel as an overtime divine action and trustfulness. “Hope leads to redemption” and this intense belief is amazingly crossing throughout the history of Jewishness. Last Shabbat  Devarim  introduced to the memorial day of the Ninth of Av/Tisha BeAv that seems to collect and accumulate all the powers of destruction which ended up with the ruin of the two Temples and the process of recurring dispersion of the Jews, gargantuan despise and apparently useless deportations. Indeed diasporas allowed the Reign of God to reach till some remote regions of the Antiquity. It continued to accompany and witness to God when the (mostly) Gentile Christian Church spread over Europe and Persia till the limits of Japan and down to India.

Both Judaism and Christianity persist and breathe of some inescapable though diversified “absence” in terms of “tzimtzum\צימצום”, i.e. God’s eclipse, cache, sort of concealment. This Shabbat is called “Va’etchanan\ואתחנן – and I shall pray (implore, petition) You”.

The reading portion begins with a specific word used by Moses. He utters a special demand to God. He is recollecting all the actions that led from serfdom to the gates of entering the Land of Canaan/Israel. Then Moses speaks out his mind. This is an important moment because he is known for his humbleness and never asked nor begged for any personal favor. With regards to the attitude of the Israelites as the struggle he conducted against Pharaoh, Moses proved to have acted with a rare, singular spirit of equanimity and fortitude. But, now, he definitely feels that his own life must come to the end because God will not allow him to enter the land.

He thus prays, with much intensity, as to curve or metamorphose his own destiny and his deadline that might cause internal fears. He had frequented death all along the journey, but had brought Jacob’s descent out of the land of “death and idolatry”. He knows that humans are born to die but also that God truly is the Lord of the living Whose name in Hebrew clearly indicates that humankind is called to cross the barriers of dust of disappearance: “Ehyeh Asher Ehyeh\אהיה אשר אהיה – I am to be/become the whole One Who I will perpetually become”. And still, the move implies to depart and accept to be a defunct servant and leader, i.e. leave his service (Latin: officium, task, duty) and give up his body and soul to the Life-giving Lord. As if the certitude that there is a world-to-come and a resurrection from the dead could seemingly resemble to some place of concealment that indeed remains invisible.

“VaEtchanan\ואתחנן” belongs to the words used for depicting the posture of the faithful in the Temple during the offerings, a bow\חנן= to show loving-kindness”. Moses dedicated his life to the true emunah/faith and worship, thus prescribing the mitzvot to donning the tefillin/phylacteries and instructing how to build up the Mishkan/Tabernacle. “Tachanun\תחנון – supplication” later became the fervent petition pronounced every morning at Shaharit / Morning-dawn prayer and also Minchah-Arbit/ Dusk,Evening prayer, except on holidays and newness events (New Moon). It is more extensive on Mondays and Thursdays after the 18 Benedictions Amidah. These personal petitions seem to date back to the Temple Service and maybe earlier in the Tent of the Meeting.

It is a “nefillat apayim\נפילת אפים – falling on the face (nostrils) without prostration” to avoid any confusion with pagan rites, but it was substituted by reclining on the left and the right side (Megillah 23a; Avoda Zara 4,1). Tachanun became a sort of confession of sins and a plea for repentance and salvation (Daniel 9:3; Ezra 9:6; Nehemiah 1:4, cf. the reconstruction of the  Temple). “Chanan\חנן = to cover, caress, grace, favor” as in “You graciously endow man with knowledge (Amidah: “chonen dat”, Shabbat 104a).

It also means “to come to rest” (Berachot 30b) as in the Birkat Kohanim\ברכת כהנים / priestly blessing “vayichuneka\ויחנך = and cover you with His grace” (Num. 6:22). The blessing was peacefully used by Saint Francis of Assisi who used to make the sign of the “Tau-tav\ ת, last Hebrew letter on the forehead of his brethren. God told Moses to say a much peculiar detail to the Israelites: “You shall not prolong your days in the Land, but shall utterly be destroyed (“hishamed tishamedun\השמד תשמדון”). And the Lord shall scatter you among the nations and you shall be left few in number among the heathen, whither the Lord shall lead you” (Deut. 4:26-27).

Interestingly, tachanun introduces in the Jewish prayer the recitation of the Shema Israel-שמע ישראל/Hear Israel (Davarim 6:4) which is one of the major element of the weekly Torah portion. As regards the Ten Commandments that progressively were removed from the Jewish prayer in order to make a distinction with the Christian customs, the Mishney Torah introduces special elements to allow the Israelites to enhance their prayer after the sin of the golden calf.

The original Hebrew version of the repetition of the Ten Divrot/Paroles shows that 17 letters have been added to the text usually cited from Exodus 20. The tradition considers that it shows how “goodly” God is, i.e. “t(9)-o(6)-v(2)”. This also insinuates that, in the Mishney Torah or “repetition of the Torah” i.e. “Deutero-Nome”, God is willing to repair or give full capacities to the Israelites to repair their errors and track back to the first days of the creation, when He stated that the work of creation was “tov meod\טוב מאוד – very good “ (Gen. 1:31). Newness and constant renewal is the basic motto that keeps humans alert with regard to the blessing “mechadesh maasey vereshit\מחדש מעשי בראשית – (The Lord Who) permanently renews and makes new the acts of creation”.

Still how come that Moses presents to God such a petition? His brother Aaron died before and was also told that he could not enter the Land. Well, Aaron did not show any spirit of patience and immediately forgot about God when he saw that the Israelites were in need to marinate with an old-fashioned pagan golden calf worshiping flava. He was too much “outdoors” in this wilderness. But Moses is the model of true and unique humbleness for Judaism and it should also remain for the Christians.

In the name of God, Moses told the Israelites that few of them would reside in the Land and not for a long period of time. You bet! He even warns them about their future in the country, i.e. that they will be destroyed and scattered. What a great sign of hope and consolation! Let’s simply draw a parallel with Jesus of Nazareth.

Paul of Tarsus wrote about him: “He humbled himself and became obedient unto death, even the death of the cross (i.e. abomination)” (Philippians 2:8). This does correspond with the weekly portion that deals with “shmiyah\שמיה = obedience”; capacity to hear and act together and respecting God’s mitzvot).

Nonetheless, there is an real connection between the repetition of the Ten Divrot/Paroles and the sincere desire expressed by the Israelites to sanctify everything linked to the Land. Resting on Shabbat is matched with the exodus: “Remember that you were a servant in the land of Egypt and that the Lord your God brought you out of there through a mighty hand and by a stretched out arm: therefore the Lord your God commanded you to keep the Shabbat day” (Deuteronome 5:15). And thus comes the mitzvah to “honor your father and mother… that your days may be prolonged and that it may go well with you, in the land in which the Lord your God gives you” (Deut. 5:16). It is thus evident that the following commandment deals with slaying: “lo tirtzeach\לא תרצח – you shall not kill, remove life from any human being” (Deut. 5:16).

Here is the first point on the Shabbat after Tisha BeAv: hundreds and hundreds of years after Moses approached God with his personal petition to enter the Land of Canaan, God, in repeating with tenderness the code of the Ten Paroles obliges the Israelites to take into account the fact that He will never forget while humans may lose their memory and hide their misdeeds into some cache.

The Temple was the living House of God and the Romans razed it defiling the sanctity of the place and scattering the Jews. This was simply foretold to Moses as a possible consequence of the Israelites’ lack of respect for the Mitzvot. It is still pending at the present. Indeed, there is the Western Wall but the tachanun/supplication insists on the possible rise of the Living Beyt. “May it be Your Will, Lord… to have mercy on us, forgive all our sins, atone all our iniquities… that the Beyt HaMikdash (House of Sanctity) be rebuilt speedily and in our days, that we may offer before You the burnt-offering… as You have prescribed in Your Torah through Moses Your servant” (Shaharit/Morning prayer tahanun).

Can we only imagine God playing some role game and “Boo-yaa!”, Jews are damned for ever because others thought they survived and continue to outlive for the sake of some spiritual archaeology? Everything is prophetically on the move with God, gyrating and twirling ahead. Years ago, I explained to some Christian Church seminarists that we might one day– maybe not in our generation but this is not so important – really see the rebuilding of the Temple, not because of any Hollywood-like script and the salvation of some believers or for some political views.

It is clear in this sidra / portion that Jewish presence in the Land maybe endure or be stopped for the described compliance with the Mitzvot and certainly not because of flamboyant scenario mixing  power and might. And they were so young and lacking experience that their got scared: what would happen to them?! The problem was not about the Ulam HaGoyim/Hall of the Nations, but they were taught they were to become, as priests, the first and definite leaders in the name of God. My answer was awkward because of their total ignorance of Jewishness, not only Judaism. When Christian clergy and laity are taught that there is a strong link between Judaism and Christianity, they cannot help but think that Judaism is as “submitted” to the “newnesss of the Law of Jesus Christ and the subsequent tradition of the Church and the Fathers”. And they could not feel concerned by the question that is parallel to Moses’ petition: The Holy Sepulcher is the Empty Tomb, the Anastasis (place of Resurrection). Either Jesus is risen, but nobody can prove it, or others cannot believe that to the full.

It belongs to the intimate conviction of our souls. Jesus was condemned by the Jewish High Priest Kaipha and rejected by his first apostle Kaipha /Simon-Peter. (Matthew 26:74; Luke 22:61; John 18:27). He was then crucified by the pagan nations symbolized by the Romans.

God reproaches to Moses one act that He Himself subsequently accepted by blessing His servant: Moses had killed an Egyptian. This is the point. No man, no way is ever entitled to slay or take the life from any other human being. But then, let’s have a real look at us today. We love to mirror ourselves. But we are damned killers and still blessed survivors. This midrash from the time of the Amora’im shows that any human life, the life of any enemy can be compared to destroying the Temple and, in comparison, for the Christians, as nailing Jesus to the cross. We see how often, definitely daily, we slander, calumniate, attack in words people we know or even never met with.

As we advance without the House of Jerusalem, Christianity faces the time of the Empty Tomb.Still, we have the capacity to comfort as Prophet Isaiah wrote in his vision (40,1). The power of might is that God continues to trust in us. This is real breaking news: is it audible that He trusts in us and not that we trust in Him firstly. Are humans really like on swoll scrubs or, yes, hope is graven in our beings and we shall never wreck again, God forbid.

Consolation proceeds from our will or supposed tendency to show humanness. But humanness often turns to a merchandizing affair, a professional deal that can be exploit with the logo of “faith”. It is stunning how this allows to select individuals or groups and exclude others whilst defending personal priorities in the Name of a “built-up” “God”. It can use the Mysteries or Sacraments of the Church jurisdiction. The real petition is not when we cry out because we consider that we are strong or right. The petition is submitted to a self-abandonement. This can hardly be a goal, a human goal. It is the goal we only can achieve if our own body and soul have been transfigurated beyond what we ever can fathom. It is a flash in a life-time. Just a flash and a call: suddenly a change shows and may, only may enlighten us.